Chapelle expiatoire

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Chapelle expiatoire
Image illustrative de l'article Chapelle expiatoire
Façade de la chapelle expiatoire
Présentation
Culte Catholique romain
Type Chapelle
Style dominant néoclassique
Protection Logo monument historique Classé MH (1914)
Site web chapelle-expiatoire.monuments-nationaux.fr/en/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 52′ 25″ N 2° 19′ 22″ E / 48.873611, 2.322778 ()48° 52′ 25″ Nord 2° 19′ 22″ Est / 48.873611, 2.322778 ()  

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Chapelle expiatoire

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Chapelle expiatoire

La chapelle expiatoire est une chapelle du 8e arrondissement de Paris, située au 29 rue Pasquier, construite dans le square Louis-XVI, à l’emplacement de l’ancien cimetière de la Madeleine où avaient été inhumés les corps de Louis XVI et de Marie-Antoinette avant leur transfert à la basilique Saint-Denis le 21 janvier 1815[1]. Certains gardes suisses tués lors de la prise du palais des Tuileries, le 10 août 1792 y sont aussi inhumés.

Cette chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 22 juillet 1914[2].

Présentation[modifier | modifier le code]

Sosthènes de La Rochefoucauld duc de Doudeauville (1785-1864), aide-de-camp du Comte d'Artois, futur Charles X, proposa le premier, à la fin de l'année 1815, la création d'un monument expiatoire en mémoire du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette. Louis XVIII avait alors décidé d’élever à ses frais (3 millions de livres) une chapelle commémorative (l’adjectif « expiatoire » ne fut jamais employé officiellement). Il la commanda à Pierre-François-Léonard Fontaine qui poursuivait une carrière officielle[3] commencée sous le Consulat qui ne devait s'achever que sous le Second Empire.

Le monument fut élevé de 1815 à 1826. Pierre-François-Léonard Fontaine s'est adjoint les services de son élève Louis-Hippolyte Lebas (1782-1867) comme inspecteur, se séparant pour l'occasion de son acolyte Charles Percier qui n'approuvait pas le projet. Il construit notamment sur un jardin élevé de 2 mètres une cour d'honneur bordée de cénotaphes dédiés aux gardes suisses tués en 1792, lors de l'arrestation du roi, cour qui mène au fond à la chapelle[4].

En 1862, les cyprès qui entouraient la chapelle ont été coupés, et un parc public (le square Louis-XVI) a été créé autour du complexe, remplaçant l'allée centrale qui menait à la chapelle et constituant une oasis de paix dans une ville animée. En mai 1871, la Commune exigea que la chapelle soit démolie, mais cette résolution n'a jamais été mise en vigueur.

La manifestation traditionnelle du légitimisme est la messe commémorative annuelle donnée le 21 janvier pour le repos de Louis XVI et Marie Antoinette à la chapelle expiatoire, dont les légitimistes ont obtenu la réouverture.

La chapelle a été gravement endommagée par une tempête en 2009.

Composition[modifier | modifier le code]

Vue intérieure de la chapelle expiatoire
Louis XVI, auquel un ange montre le ciel, de François Joseph Bosio.

La composition de la chapelle expiatoire est un peu inspirée du Couvent de la Reine élevé par Richard Mique à Versailles.

De l'extérieur, l’édifice se présente comme une enceinte fermée avec portail donnant accès à une esplanade surélevée encadrée de deux galeries de cloître, petit campo santo, zone d'isolement et de recueillement. Au fond, un portique tétrastyle à fronton de style dorique donnant accès à la chapelle. Le plan centré (en référence aux Martyria) avait paru ici le plus approprié à un édifice commémoratif. Ainsi le plan est-il en croix grecque, et l'on en goûte l’harmonie équilibrée née de la coupole et des demi-coupoles entourant le massif cubique adouci par le péristyle.

L’intérieur affirme la science constructive impeccable de Pierre-François-Léonard Fontaine. Trois voûtes, en cul de four à caissons et éclairés par un oculus dans leur partie supérieure, contrebutent la coupole centrale également à caissons et ajourée, reposant sur des pendentifs. L’éclairage naturel, seulement dispensé par les oculi des voûtes, est sépulcral à souhait.

L'autel de la crypte, en marbre noir et blanc, marque l'endroit exact de l'inhumation de Louis XVI.

C'est peut-être l’édifice religieux le plus original de l'époque[réf. nécessaire]. Avec son aptitude à traiter les sujets les plus divers, Pierre-François-Léonard Fontaine a créé là une architecture rigoureuse et hiératique, propre à exalter le souvenir, sans se priver d'un vocabulaire antiquisant.

Statuaire[modifier | modifier le code]

L'édifice abrite deux groupes sculptés en marbre blanc montrant les souverains en attitude extatique : « Louis XVI, auquel un ange montre le ciel », de François Joseph Bosio, et « Marie-Antoinette soutenue par la Religion » de Jean-Pierre Cortot. Antoine-François Gérard, qui a réalisé d'autres sculptures, a notamment sculpté un bas-relief montrant l'exhumation du roi et de la reine de la basilique Saint-Denis. Les « testaments » des deux souverains sont reproduits sur leur socle[5].

Regards critiques[modifier | modifier le code]

Chateaubriand considérera la chapelle expiatoire comme « peut-être le monument le plus remarquable de Paris »[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Félix Faure, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris, 2003, p. 265
  2. « Notice no PA00088809 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Nommé premier architecte de l'Empereur (25 avril 1813) sous l'Empire, Pierre-François-Léonard Fontaine devient architecte du Roi (24 décembre 1814) sous la Restauration.
  4. Gilles Marchand, Dictionnaire des monuments de Paris, Jean-paul Gisserot,‎ 2003 (lire en ligne), p. 66
  5. Nostalgie de la monarchie dans l'église de la Madeleine à Paris et dans son quartier
  6. Visite du monument, un texte à la disposition des visiteurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Savornin, Notice historique sur les faits et particularités qui se rattachent à la Chapelle expiatoire de Louis XVI et de la Reine Marie-Antonette, d’après documents officiels pleins d’émouvantes révélations, éd. du Patrimoine,‎ 1865, 343 p.
  • Jean Marie Darnis, Les monuments expiatoires du supplice de Louis XXI et de Marie-Antoinette sous l'Empire et la Restauration 1812-1830, éd. J-M Darnis,‎ 1981, 224 p.
  • Jean-Philippe Garric, La Chapelle expiatoire, Paris, éd. du Patrimoine, coll. « Itinéraires du patrimoine »,‎ 2006, 55 p. (ISBN 2-85822-877-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]