Bataille de Champigny
La bataille de Champigny également appelée bataille de Villiers[1] fut la principale tentative de sortie des armées de la Défense Nationale, menée sous les murs de Paris assiégée lors de la Guerre de 1870.
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Contexte [modifier]
Après la défaite de l'armée française à la première bataille du Bourget, et la nouvelle de la capitulation de Metz, le moral de la population parisienne décline. Pour remédier à cette situation et redonner espoir aux habitants de la capitale, le général Louis Trochu, gouverneur de Paris, décide d'organiser une percée des lignes allemandes. Une tentative qui doit permettre à l'armée de Paris de desserrer l'étau prussien et de rejoindre l'Armée de la Loire, renversant ainsi les rapports de force.
L'attaque française [modifier]
Un fantassin français mourant remet ses dernières cartouches à un clairon de mobiles.
Le 30 novembre, le général Auguste-Alexandre Ducrot mène 80 000 hommes vers les villages de Champigny et Bry-sur-Marne, à l'est de la Marne. Ce secteur des lignes allemandes est tenu par la division du Würtemberg, de la 3e armée prussienne. La veille, la Marne était sortie de son lit, faisant tourner au désastre une attaque française de reconnaissance, avec une perte de 1 300 hommes. L'offensive principale avait donc été décidée pour le lendemain, appuyée par une série de diversions. L'artillerie française repousse donc les unités allemandes des villages de Bry-sur-Marne et Champigny, permettant aux troupes de Ducrot de franchir la Marne sur des pontons prévus à cet effet. Ducrot établit une tête de pont sur le bord opposé de la rivière dans les deux villages et pousse vers Villiers. Mais la division du Würtemberg est si bien retranchée que l'artillerie française ne parvient pas à la déloger : l'attaque est stoppée. Ducrot appelle donc à la rescousse le IIIe corps du général d'Exéa, qui a franchi la Marne au nord de Bry-Sur-Marne pour attaquer Villiers par le nord. Mais le IIIe corps arrive trop tard. Ducrot doit se résoudre à adopter une position défensive.
La contre-attaque allemande [modifier]
L'offensive française parvient néanmoins à inquiéter le haut-commandement prussien. Albert de Saxe surtout, agace Helmuth von Moltke, le chef d'état-major, qui lui reproche sa circonspection dans l'envoi de renforts à la division du Würtemberg. Moltke charge alors Edouard von Fransecky de prendre le commandement des opérations, et de protéger la zone menacée avec son IIe corps. Cependant, Fransecky n'a pas été averti à temps de ces nouvelles dispositions : le 1er décembre, les deux armées concluent une trêve et enterrent leurs morts. Le 2 décembre, les Allemands semblent faire face à une situation similaire à celle de la bataille du Bourget : Fransecky estimant qu'une contre-attaque n'est pas nécessaire puisque les lignes allemandes n'ont pas été brisées, alors que de son côté Albert de Saxe pousse à la contre-attaque. La rapide offensive de Fransecky lui donne rapidement le contrôle de Champigny mais, les Français étant alors regroupés, les deux armées se font face sans parvenir à se déborder. Cette situation inquiète suffisamment Moltke pour qu'il prenne d'importantes dispositions au cas où les Français renouvelleraient leurs attaques le lendemain et parviendraient à percer. Mais de son côté, Ducrot a déjà abandonné l'idée d'une contre-attaque. Ses troupes ont particulièrement souffert, notamment du froid (-14 °C, sans couvertures), et bien qu'averti de l'avance de l'Armée de la Loire sur Paris, celui-ci ordonne le retrait des troupes dans la capitale le 4 décembre.
Conséquences [modifier]
Les deux armées ont payé un prix élevé lors de cette bataille. Les Français ont perdu environ 9 000 hommes tandis que les pertes allemandes s’élèvent à 3 000 morts. L'Armée de la Loire fut défaite à la bataille d'Orléans : Ducrot poussa alors Trochu et le ministre des affaires étrangères Jules Favre à entamer des pourparlers de paix avec la Prusse.
Liens internes [modifier]
Références [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Villiers » (voir la liste des auteurs)
- (en) Michael Eliot Howard, The Franco-Prussian War: The German Invasion of France, 1870-1871, Londres, Routledge, 2001, 2e éd. (ISBN 0-415-26671-8)