Bataille de Champigny

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Bataille de Champigny
Champigny, prise du four à chaux (détail), par Alphonse de Neuville
Champigny, prise du four à chaux (détail), par Alphonse de Neuville
Informations générales
Date 29 novembre3 décembre 1870
Lieu Champigny-sur-Marne, Bry-sur-Marne et Villiers-sur-Marne, France
Issue Victoire prussienne
Belligérants
drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse Drapeau de France France
Commandants
Albert de Saxe
Edouard von Fransecky
Auguste-Alexandre Ducrot
Forces en présence
Division du Würtemberg 80 000 hommes
Pertes
3 529 morts et blessés 9 477 morts et blessés
Guerre franco-prussienne de 1870
Batailles
Sarrebruck (08-1870) - Wissembourg (08-1870)Forbach-Spicheren (08-1870)Wœrth (08-1870)Siège de Bitche (08-1870)Borny-Colombey (08-1870)Mars-la-Tour (08-1870)Siège de Toul (08-1870)Gravelotte (08-1870)Siège de Metz (08-1870)Siège de Strasbourg (08-1870)Beaumont (08-1870)Noisseville (08-1870)Sedan (08-1870)Siège de Paris et Chronologie (09-1870)Bellevue (10-1870)Châteaudun (10-1870)Dijon (10-1870)Siège de Belfort (11-1870)Bouvet et Météor (navale) (11-1870)Coulmiers (11-1870)Amiens (11-1870)Beaune-la-Rolande (11-1870)Champigny (11-1870)Orléans (12-1870)Loigny (12-1870)l’Hallue (12-1870)Bapaume (01-1871)Villersexel (01-1871)Le Mans (01-1871)Héricourt (01-1871)Saint-Quentin (01-1871)

La bataille de Champigny également appelée bataille de Villiers[1] fut la principale tentative de sortie des armées de la Défense Nationale, menée sous les murs de Paris assiégée lors de la Guerre de 1870.

Sommaire

Contexte [modifier]

Après la défaite de l'armée française à la première bataille du Bourget, et la nouvelle de la capitulation de Metz, le moral de la population parisienne décline. Pour remédier à cette situation et redonner espoir aux habitants de la capitale, le général Louis Trochu, gouverneur de Paris, décide d'organiser une percée des lignes allemandes. Une tentative qui doit permettre à l'armée de Paris de desserrer l'étau prussien et de rejoindre l'Armée de la Loire, renversant ainsi les rapports de force.

L'attaque française [modifier]

Le fond de la Giberne, 1882, Par Alphonse de Neuville.
Un fantassin français mourant remet ses dernières cartouches à un clairon de mobiles.

Le 30 novembre, le général Auguste-Alexandre Ducrot mène 80 000 hommes vers les villages de Champigny et Bry-sur-Marne, à l'est de la Marne. Ce secteur des lignes allemandes est tenu par la division du Würtemberg, de la 3e armée prussienne. La veille, la Marne était sortie de son lit, faisant tourner au désastre une attaque française de reconnaissance, avec une perte de 1 300 hommes. L'offensive principale avait donc été décidée pour le lendemain, appuyée par une série de diversions. L'artillerie française repousse donc les unités allemandes des villages de Bry-sur-Marne et Champigny, permettant aux troupes de Ducrot de franchir la Marne sur des pontons prévus à cet effet. Ducrot établit une tête de pont sur le bord opposé de la rivière dans les deux villages et pousse vers Villiers. Mais la division du Würtemberg est si bien retranchée que l'artillerie française ne parvient pas à la déloger : l'attaque est stoppée. Ducrot appelle donc à la rescousse le IIIe corps du général d'Exéa, qui a franchi la Marne au nord de Bry-Sur-Marne pour attaquer Villiers par le nord. Mais le IIIe corps arrive trop tard. Ducrot doit se résoudre à adopter une position défensive.

La contre-attaque allemande [modifier]

Plan de la bataille

L'offensive française parvient néanmoins à inquiéter le haut-commandement prussien. Albert de Saxe surtout, agace Helmuth von Moltke, le chef d'état-major, qui lui reproche sa circonspection dans l'envoi de renforts à la division du Würtemberg. Moltke charge alors Edouard von Fransecky de prendre le commandement des opérations, et de protéger la zone menacée avec son IIe corps. Cependant, Fransecky n'a pas été averti à temps de ces nouvelles dispositions : le 1er décembre, les deux armées concluent une trêve et enterrent leurs morts. Le 2 décembre, les Allemands semblent faire face à une situation similaire à celle de la bataille du Bourget : Fransecky estimant qu'une contre-attaque n'est pas nécessaire puisque les lignes allemandes n'ont pas été brisées, alors que de son côté Albert de Saxe pousse à la contre-attaque. La rapide offensive de Fransecky lui donne rapidement le contrôle de Champigny mais, les Français étant alors regroupés, les deux armées se font face sans parvenir à se déborder. Cette situation inquiète suffisamment Moltke pour qu'il prenne d'importantes dispositions au cas où les Français renouvelleraient leurs attaques le lendemain et parviendraient à percer. Mais de son côté, Ducrot a déjà abandonné l'idée d'une contre-attaque. Ses troupes ont particulièrement souffert, notamment du froid (-14 °C, sans couvertures), et bien qu'averti de l'avance de l'Armée de la Loire sur Paris, celui-ci ordonne le retrait des troupes dans la capitale le 4 décembre.

Conséquences [modifier]

Les deux armées ont payé un prix élevé lors de cette bataille. Les Français ont perdu environ 9 000 hommes tandis que les pertes allemandes s’élèvent à 3 000 morts. L'Armée de la Loire fut défaite à la bataille d'Orléans : Ducrot poussa alors Trochu et le ministre des affaires étrangères Jules Favre à entamer des pourparlers de paix avec la Prusse.

Liens internes [modifier]

Références [modifier]

  1. Villiers-sur-Marne