Émile Eudes

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Émile François Désiré Eudes

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Portrait

Naissance 12 septembre 1843
Roncey
Décès 5 août 1888 (à 44 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France

Émile François Désiré Eudes, dit le général Eudes[1], né à Roncey (Manche) le 12 septembre 1843 à Roncey[2] et mort le 5 août 1888 à Paris (19e arrondissement)[3] est un leader blanquiste élu membre du comité central et général de la Commune de Paris.

Fils de Jean-Baptiste Eudes, maréchal-ferrant originaire d'Ouville et de Céleste Potier, blanchisseuse originaire de Granville, il est le dernier enfant d'une fratrie de six. Il commence ses études au collège de Saint-Lô, devient bachelier à dix-sept ans et poursuit des études de pharmacie à Paris. Il habite alors à Plaisance[4].

Il fréquente les milieux révolutionnaires, se définissant comme blanquiste, libre-penseur et anticlérical engagé. Pendant quelque temps, il tient une librairie et il devient gérant de la "Libre Pensée" fin 1866.

Début août 1870, il participe à la vaine attaque blanquiste contre la caserne des pompiers de La Villette, afin de trouver des armes, ce qui lui valut d'être condamné à mort une première fois malgré la défense de Gambetta. Il fut sauvé in extremis par la défaite de Sedan.

Durant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871), il devient membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements, et capitaine du 138e bataillon de la Garde nationale mais il est destitué pour avoir participé à l'insurrection populaire du 31 octobre.

Le 18 mars 1871, à la tête du bataillon de Belleville, il s'empare de l'hôtel de ville. Le 24 mars, le Comité Central de la Garde Nationale le nomme délégué à la guerre. Le 26 mars, il est élu membre du comité central de la Commune dans le 11e arrondissement par 19 276 voix sur 25 183 votants. C'est sur sa proposition que l'Assemblée prend le nom de la Commune (18 mars-27 mai 1871). À partir du 3 avril, il se cantonne dans un rôle essentiellement militaire.

Tombe d'Émile Eudes au cimetière du Père-Lachaise.

Promu général et durant la « semaine sanglante » (21-28 mai 1871) Émile Eudes se battit vaillamment sur les barricades de la rue de Rennes, au carrefour de la Croix Rouge (actuelle Place Michel-Debré), avant de se replier à la mairie du 11e arrondissement. Le 28 mai, la résistance a cessé, la répression continue.

Il échappe de justesse à la répression versaillaise et parvint à s'enfuir en Suisse avec femme et enfants. Condamné à mort par contumace, il se réfugia ensuite à Londres où il se lia d'amitié avec Karl Marx. Pour vivre, il gagne Édimbourg et devient, sous le nom de Robert, professeur de français à l’école royale navale de Yarmouth, institution réservée à l'élite de la jeunesse aristocratique britannique.

Après l'amnistie du 3 mars 1879, il rentre à Paris où il s'empressa de reprendre ses activités révolutionnaires en fondant l'association « Ni Dieu, ni maître » et en devenant vice-président de la « Ligue pour l'abolition de l'armée permanente ». Grâce à la générosité d'Henri Rochefort, il devint rédacteur en chef de « L'Homme libre » et poursuivit son combat révolutionnaire jusqu'à son dernier souffle. Il mourut en effet d'une crise cardiaque en prononçant un discours enflammé devant des terrassiers en grève. Ses obsèques au cimetière du Père-Lachaise (91e division)[5] furent suivies par une foule immense et, sur sa tombe Louise Michel et bien d'autres lui rendirent le dernier hommage[6].

Le 16 mars 1889, une concession gratuite à perpétuité fut octroyée par arrêté préfectoral[7].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Jean-Louis Ménard, Emile Eudes (1843-1888) : général de la Commune et blanquiste, Dittmar, 2005, 293 p. ; André Boizard et Guy Poirier « Roncey, 900 ans d'histoire », Saint-Lô, Imprimerie Le Rachinel, 1983.
  2. État-civil de Roncey.
  3. Archives de Paris, État-civil numérisé du 19e arrondissement, registre des décès de l'année 1888, acte no 1791.
  4. Jean-Louis Robert : Plaisance près Montparnasse. Quartier parisien 1840-1985, 2012, Publications de la Sorbonne.
  5. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 318.
  6. Les journaux de l'époque, l'Intransigeant ou le Cri du Peuple ont estimé à 500 000 personnes le nombre de personnes présentes aux obsèques.
  7. Henry Jouin, « La Sculpture dans les cimetières de Paris : Cimetière de l'Est (Le Père-Lachaise) », Nouvelles Archives de l'art français, Paris, vol. 13,‎ 1897, p. 191 (lire en ligne).