Piotr Lavrov

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Piotr Lavrovitch Lavrov en uniforme dans les années 1860-70.

Piotr Lavrovitch Lavrov (ou Pierre Lavroff, aussi orthographié Pierre Lavrov, en russe : Пётр Лаврович Лавров) (1823 dans l'Empire russe-1900 à Paris) est un écrivain russe, mathématicien, philosophe et sociologue, colonel qui fut destitué en raison de ses affinités avec les socialistes révolutionnaires et fut contraint de s'exiler en France en 1870.

Biographie[modifier | modifier le code]

Piotr Lavrovitch Lavrov

Issu d'une famille de la région de Pskov, il devient professeur de mathématiques à Saint-Pétersbourg à l'âge de vingt et un ans. Il collabore au Dictionnaire encyclopédique russe (1864).

Influencé par Nicolaï Tchernychevski, il adhère au mouvement Zemlia i Volia (Terre et Liberté). Professeur à l'Académie militaire de Saint-Pétersbourg, il fut destitué et condamné à la relégation pour ses écrits révolutionnaires, les Lettres historiques[1],[2]. Il est arrêté à la suite d'un attentat en 1866 [réf. nécessaire]. Déporté [réf. nécessaire], il envoie à la revue Nedelja (La Semaine) ses Lettres historiques (1869) sous le nom de Mirtov.

Pour échapper à la relégation, il s'exila en France en 1870[2], juste avant la Commune, et s'affilie à la Première Internationale. Il prend part à la Commune dont il est un des délégués à Bruxelles et à Londres. Il se réfugie à Genève où il crée la revue Vpered (En avant).

En 1877, de retour à Paris, il devint membre de la Société d'anthropologie de Paris, laquelle lui rendit hommage à sa mort[1]. Il fonde Le Messager de la volonté du peuple, revue dans laquelle il prône l'abandon du « terrorisme » [réf. nécessaire]. En 1882 il est expulsé de France pour avoir créé une société de secours aux prisonniers politiques et déportés russes. Il collabore à Matériaux pour l'histoire du mouvement socialiste (1892-1896). À sa mort, il travaillait à une œuvre philosophique, Essai sur l'histoire de la pensée dans les temps modernes.

Les lettres à Jules Huret (1897)[modifier | modifier le code]

Lavroff fut interviewé notamment par le journaliste Jules Huret, du Figaro, qui le présentait en 1897 comme le « Chef spirituel et moral des socialistes russes (...) connu dans le monde savant par un important ouvrage, L'Essai sur l'Histoire de la Pensée humaine [2]».

Au cours de cette lettre, datée du , Lavroff prit soin de distinguer les « partisans du terrorisme révolutionnaire en Russie » de la « propagande par le fait », inscrivant les attentats commis par les socialistes-révolutionnaires contre le régime tsariste dans la lignée des tyrannicides, soutenus par le peuple et comme n'étant pas des « crimes » [3]. Il pensait possible un soulèvement moujik, « à la condition que l'initiative de ce mouvement vint d'un parti révolutionnaire bien organisé dans les villes » [4]. L'entretien traite aussi du nihilisme, qualifié de « recherche de la vérité » faite « au nom des sciences naturelles et de la philosophie de Hegel », « de la lutte contre l'asservissement du paysan et de la dignité personnelle, de l'émancipation de la femme et de la dette à payer par la classe civilisée et pensant au peuple, qui lui avait fourni par ses souffrances et son travail toutes les ressources de la civilisation et de la pensée[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b 719e séance. — 15 février 1900, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série. Tome 1, 1900. pp. 99-104.
  2. a, b et c Jules Huret, Enquête sur la question sociale en Europe (1897), p.260 Texte en ligne sur Gallica
  3. Jules Huret, Enquête sur la question sociale en Europe, Paris, 1897, p.271, cité par Henry Laurens, « Le terrorisme, personnage historique », in Terrorismes : Histoire et droit, dir. Henry Laurens et Mireille Delmas-Marty, CNRS éditions, 2010
  4. Lettre publiée par Jules Huret, op. cit., p. 262
  5. op. cit., p. 266

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]