Maladie de Huntington

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Maladie de Huntington
Classification et ressources externes
Neuron with mHtt inclusion.jpg
Inclusions nucléaires liées à la Huntingtine mutée (en jaune orangé) dans le cadre de la maladie de Huntington.
CIM-10 G10, F02.2
CIM-9 333.4, 294.1
OMIM 143100
DiseasesDB 6060
MedlinePlus 000770
eMedicine article/1150165  article/792600
MeSH D006816
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La maladie de Huntington (parfois appelée chorée de Huntington) est une maladie héréditaire et orpheline, qui se traduit par une dégénérescence neurologique provoquant d’importants troubles moteurs et cognitifs, et, dans les formes les plus graves, la perte de l’autonomie et la mort. Plusieurs pistes de traitements sont en cours d’expérimentation.

La maladie se développe chez des personnes âgées en moyenne de 40 à 50 ans. Plus rarement, elle se manifeste sous une forme précoce avec l’apparition de premiers symptômes entre 15 et 25 ans.

On peut classer ces symptômes en trois grandes familles.

Ces derniers, qui ne sont pas tous présents chez tous les malades, diffèrent considérablement selon les cas, certains pouvant être très discrets -voire totalement absents chez les uns- d'autres plus flamboyants chez les autres :

  • symptômes moteurs (mouvements irrépressibles de type « chorée », troubles de l’équilibre, difficultés de l’appareil phonatoire avec notamment troubles de l’élocution et de la déglutition) ;
  • symptômes cognitifs (troubles de la mémoire, difficultés à organiser les tâches multiples, à manipuler les connaissances acquises, ralentissement du traitement de l'information, dégradation des facultés cognitives aboutissant à un syndrome de démence de type sous-corticale) ;
  • symptômes psychiatriques (très grande variété de troubles possibles : anxiété, dépression, désinhibition, agressivité, agitation…).

Histoire de la maladie[modifier | modifier le code]

Georges Huntington, médecin généraliste du XIXe siècle originaire de Long Island (États-Unis), fut l’un des premiers à décrire les symptômes de la maladie qui portera par la suite son nom, lors d’une conférence prononcée le 15 février 1872. Pendant cette conférence, il distingua cette maladie rare, touchant les adultes, héréditaire et incurable, de la chorée infantile d’origine infectieuse, beaucoup plus fréquente, acquise et curable, que l’on appelle aujourd’hui chorée de Sydenham, et que l’on a longtemps appelée danse de Saint-Guy.

Aujourd’hui, il convient de l’appeler « maladie de Huntington » et non « chorée de Huntington », dans la mesure où le terme « chorée » désignait cette maladie seulement par l'un de ses symptômes moteurs (qui d'ailleurs peut manquer dans le tableau d'un malade), alors qu'elle provoque en réalité tout un faisceau de symptômes, lesquels constituent une maladie, pas une chorée[1].

Prévalence[modifier | modifier le code]

La maladie de Huntington est une maladie rare dont la prévalence, stable, se maintient entre 5 à 7 malades pour 100 000 au sein de la population caucasienne[2]. On compte environ 6 000 malades en France. Sa prévalence est plus basse dans la plupart des pays asiatiques, et particulièrement au Japon où elle se situe entre 0 et 5 pour 100 000[3].

Une prévalence plus importante que la moyenne mondiale a en revanche été observée en Tasmanie[4] et au Venezuela[5], autour du lac Maracaibo – région où les recherches de terrain ont d’ailleurs permis d’aboutir à la localisation de l’anomalie du gène responsable de la maladie au début des années 1990[6].

Signes cliniques[modifier | modifier le code]

Cette maladie se déclare chez les adultes âgés en moyenne entre 35 et 50 ans. L’âge auquel elle diffère considérablement selon les individus. Il existe d’ailleurs des formes plus rares de la maladie précoces (moins de 21 ans), ou au contraire tardives (de 50 à 80 ans)[7].

La progression de la maladie suit un rythme et une forme extrêmement différents d’un individu à l’autre. Les études statistiques évoquent une durée en moyenne d'une vingtaine d’années depuis le début des symptômes moteurs jusqu’aux stades les plus avancés, lesquels impliquent de lourds handicaps moteurs et cognitifs[7].

Ses signes cliniques sont de trois types : moteurs, cognitifs et psychiatriques.

Troubles moteurs[8][modifier | modifier le code]

  • Chorée : Elle est définie par la World Federation of Neurology comme une « succession de mouvements spontanés excessifs, abrupts, imprévisibles et irréguliers ». Le plus souvent, les malades en seraient inconscients. Au début de la maladie, ces mouvements involontaires peuvent alors être interprétés comme de la nervosité, des tics, de la maladresse. Ils sont exacerbés par la fatigue, le stress, l’état émotionnel. À un stade plus avancé, la chorée peut gagner tout le corps, y compris les muscles respiratoires ou laryngés, provoquant alors dyspnée (difficultés de la respiration), dysarthrie (parole saccadée, de débit irrégulier), troubles de déglutition…
  • Autres anomalies motrices : dystonie (mouvements anormaux distincts de la chorée), troubles de la coordination gestuelle, akinésie (difficulté pour déclencher le mouvement), troubles oculomoteurs (par exemple : fermeture des yeux intempestive), impersistance motrice (incapacité à maintenir une position fixe).

La survenue de ces troubles entraîne des difficultés croissantes de la marche (par exemple pour descendre des escaliers) et de l’équilibre.

Troubles cognitifs[8][modifier | modifier le code]

Les troubles cognitifs débutent discrètement. Ils ne commencent pas toujours en même temps que les troubles moteurs, et s’aggravent progressivement pour aboutir, au stade le plus avancé de la maladie, à une démence de type sous-corticale. On appelle ainsi la catégorie de démence qui implique des zones spécifiques du cerveau (substance blanche, ganglions de la base, thalamus et hypothalamus) et qui se retrouve également dans la maladie de Parkinson ou encore dans le syndrome de Korsakoff. Cette démence, d’installation très progressive, se manifeste essentiellement par un ralentissement de la pensée, des troubles de la mémoire, de l’attention (surtout des fonctions exécutives qui sont impliquées dans la réalisation des tâches complexes).

Symptômes comportementaux et psychiatriques[9][modifier | modifier le code]

Une très grande variabilité de troubles psychiatriques peut être rencontrée, la survenue de l’un ou l’autre de ces troubles et leur intensité variant considérablement d’un malade à l’autre, mais aussi en interaction étroite avec la situation dans laquelle il se trouve. Si l’aggravation motrice et cognitive est corrélée à l’évolution de la maladie, ce n’est pas le cas des troubles psychiatriques que l’on peut observer très en amont de la progression, comme la dépression et l’anxiété, pour les voir apparaître ensuite seulement épisodiquement, voire s’estomper dans certains cas[10].

Les symptômes comportementaux et psychiatriques les plus fréquemment rencontrés sont la dépression, l’irritabilité (avec agressivité selon les cas) et l’apathie.

Autres symptômes[modifier | modifier le code]

Troubles métaboliques, susceptibles de provoquer un amaigrissement du malade ; troubles sphinctériens, troubles du sommeil

Formes de la maladie de Huntington[modifier | modifier le code]

Forme juvénile[modifier | modifier le code]

La forme juvénile de la maladie de Huntington est rare. Elle commence avant l’âge de 21 ans. Elle correspond à un nombre élevé de répétition des nucléotides CAG (cytosine, adénine et guanine) qui codent pour l'acide aminé glutamine (supérieur à 60), dans le cadre du phénomène que l’on appelle « anticipation » en génétique, suivant lequel une augmentation du codon responsable de la maladie peut survenir au moment de la transmission héréditaire de l’anomalie.

La forme juvénile de la maladie de Huntington donne lieu à des troubles cognitivo-comportementaux, entraînant des difficultés scolaires, et pouvant faire suspecter des pathologies psychiatriques, par exemple une schizophrénie. L’épilepsie est fréquente. L’évolution est plus rapide que dans la forme classique de l’adulte, notamment au niveau de la détérioration cognitive[8].

Forme tardive[modifier | modifier le code]

Les formes tardives débutent après l’âge de 50 ans. Elles correspondent à la présence d’un nombre relativement faible de triplets CAG. Leur évolution est la plupart du temps plus lente que les formes classiques.

Aspects génétiques[7][modifier | modifier le code]

La maladie de Huntington est une maladie génétique et héréditaire dont la transmission est autosomique dominante : il suffit qu’un seul allèle « morbide » soit présent pour que le phénotype soit transmis. Ce qui a pour conséquence que :

  • les personnes indemnes ne transmettent pas la maladie (qui ne saute donc pas de génération) ;
  • la probabilité pour une personne atteinte de transmettre le gène est de 50 % à chaque conception ; autrement dit une personne dont l’un des parents est atteint a une probabilité de 50 % d’être à son tour affectée.

La maladie de Huntington étant à pénétrance complète, il est admis que le porteur de ce gène développera la maladie au cours de sa vie.
Son gène (appelé gène HD) a été isolé en 1993. Il est situé sur le chromosome 4p16.3 et son rôle est de « coder » pour une grosse protéine appelée Huntingtine, laquelle a pour fonction de réguler diverses fonctions cellulaires[11] comme le trafic vésiculaire et la sécrétion de facteurs neurotrophiques comme le BDNF[12].

Causes génétiques de la maladie[modifier | modifier le code]

L’anomalie génétique qui provoque la maladie de Huntington est une augmentation, supérieure à la normale, de répétition de trois acides nucléiques (C, A et G – appelé triplet CAG) au sein du gène HD.

En situation normale, ce triplet CAG se répète 20 fois. La maladie de Huntington se développe à partir d’une répétition de CAG de 40 fois au moins.

Répétition de CAG et expression de la maladie, tableau de répartition[2]:

Nombre de répétitions de CAG Classification Expression de la maladie
<28 Normal Non affecté
28-35 Intermédiaire Non affecté
36-40 Pénétrance réduite Variablement affecté
>40 Pénétrance complète Affecté

Corrélation de l’âge du début de la maladie et du nombre de CAG : on observe que les personnes ayant un nombre de répétitions de CAG supérieur à 60 ont tendance à développer la maladie très tôt (moins de 20 ans). En ce qui concerne les personnes affectées par une répétition de taille inférieure, jusqu’à 55, la corrélation entre le nombre de répétitions de CAG et l’âge des débuts, beaucoup plus faible, ne permet pas de prévoir l’âge de déclenchement de la maladie.

Aspects anatomiques[modifier | modifier le code]

La maladie de Huntington cause une atrophie progressive et importante des neurones au niveau des ganglions de la base – zone profonde du cerveau impliquée dans les fonctions motrices, oculomotrices, cognitives et limbiques. Aux stades tardifs, cette atrophie touche tout l’encéphale (qui pèse alors 400 grammes de moins qu’un cerveau moyen de 1 300-1 400 g[13]).

Les différentes modalités de diagnostics et de tests de la maladie de Huntington[modifier | modifier le code]

Le diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est évoqué devant des troubles moteurs impliquant les mouvements volontaires et involontaires, des troubles cognitifs ou de l'humeur et une histoire familiale où la maladie est présente. La maladie peut toutefois être absente de l'histoire familiale dans des proportions variables pouvant aller jusqu'à 25 % des cas[14].

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Le diagnostic différentiel doit opérer une distinction entre cette maladie et les différentes maladies se manifestant par une démence héréditaire, ou par des mouvements choréiques, soit :

Les différents types de tests[modifier | modifier le code]

L’identification du gène responsable de la maladie en 1993 a rendu possible l’élaboration d’un test génétique permettant de déceler la présence de ce gène chez une personne à risque, que cette dernière soit ou non symptomatique.

Ce test consiste en un prélèvement sanguin sur lequel est menée une étude génétique visant à compter le nombre de répétitions de CAG existant sur le locus du gène concerné par la MH. Cette procédure se déroule dans le cadre d’un protocole médical strictement régulé par des équipes agréées et pluridisciplinaires en neurologie et génétique (il existe une quinzaine de centres de dépistage en France[15]).
Il peut être effectué selon trois modalités différentes selon la situation de la personne concernée[16] :
Le conseil génétique est chargé d'informer et d'aider les personnes à envisager de passer les tests génétiques et est devenu un modèle pour d'autres maladies génétiquement dominantes.

  • Le diagnostic de confirmation pose un diagnostic chez une personne qui est déjà symptomatique. Pour les personnes qui ne connaissent pas leur statut génétique avant de contracter la maladie, le diagnostic est habituellement évoqué à partir de l’observation des symptômes caractéristiques présents chez la personne, et confirmé par la mise en évidence de l'anomalie génétique sur le prélèvement sanguin. Dans ce cadre-là, la démarche ne requiert pas une consultation pluridisciplinaire comme pour le diagnostic pré-symptomatique. Cependant, une telle confirmation génétique est loin de représenter une simple formalité, surtout pour les patients qui connaissent leur risque familial et redoutent depuis longtemps d'être un jour atteints par la maladie. Il est donc très important d'éviter toute précipitation, d'accompagner les malades avant et après leur résultat, et de ne pas leur délivrer un diagnostic sans propositions de prise en charge.
  • Le diagnostic pré-symptomatique concerne une personne qui n’a pas de symptôme mais qui est à risque du fait de la présence de la MH dans la famille.
Que le résultat soit positif ou négatif, le fait de passer le test pré-symptomatique peut avoir des conséquences dramatiques dans la vie de la personne à risque. Un adulte qui apprend soudainement qu’il est à risque peut trouver insupportable de rester dans le doute. Cet état de stress majeur correspond à une étape dans la prise de conscience de la situation, laquelle peut évoluer avec le temps, parvenant à s’atténuer, à mieux s’articuler avec ce qui compose le reste de son existence. C’est pourquoi il convient, avant de prendre toute décision de passer le test, de s’octroyer un long moment de réflexion, notamment soutenu par les équipes spécialisées des protocoles, et éventuellement de différer sa décision afin qu’elle soit prise à un moment qui ne corresponde pas à un état de choc[17].
Des enquêtes montrent qu’une grande majorité de personnes à risque décident de ne pas faire le test : les personnes à risque sont par exemple moins de 10 % à passer le test aux États-Unis[18], ainsi qu'en Europe[19], ce refus étant lié à l'absence de traitement et aux conséquences psychologiques liées au dépistage pré-symptomatique. Le risque de suicide lors de l'annonce de ce dernier n'est d'ailleurs pas négligeable[20].
  • Alternative au diagnostic pré-natal (DPN), le diagnostic pré-implantatoire (DPI) s’adresse aux couples dont l'un des membres est « à risque », et qui souhaitent connaître le statut génétique de leurs embryons, obtenus par fécondation in vitro, avant leur implantation. Les embryons qui sont porteurs du gène HD ne sont pas implantés. Ce diagnostic s’adresse autant aux personnes à risque qui ont déjà fait le test et qui se savent porteuses, qu’aux personnes qui ne souhaitent pas savoir, pour lesquelles on procède alors par DPI d’exclusion. En France, le DPI est réalisé dans un nombre limité de centres agréés[21].

Soin et prise en charge[modifier | modifier le code]

S’il n’existe pas aujourd’hui de traitement curatif de la maladie de Huntington, les espoirs de vaincre la maladie existent (voir plus bas les pistes thérapeutiques), tandis que plusieurs stratégies thérapeutiques sont aujourd’hui utilisées pour soulager un grand nombre de ses symptômes dans le cadre de traitements dits symptomatiques[22]. Une prise en charge multidisciplinaire (neurologue, psychiatre, orthophoniste, kinésithérapeute, aides soignants, etc.), si elle est bien coordonnée et constamment réadaptée en fonction des besoins de cette maladie qui a la particularité d’être très fluctuante, permet d’améliorer considérablement le bien être du malade.

  • Traitement médicamenteux (psychotropes), par le psychiatre et/ou le neurologue. Différents types de médicaments sont proposés au malade, en fonction de ses symptômes et en tenant compte de leurs effets secondaires, qui peuvent être relativement gênants :
– pour atténuer les mouvements anormaux, essentiellement des neuroleptiques : Tétrabénazine, Rispéridone, Olanzapine ;
– pour les symptômes dépressifs : Citalopram, Fluoxétine ;
– d’autres psychotropes peuvent être également proposés en contre point, notamment pour réguler l’humeur, l’anxiété, le sommeil, l’appétit, les addictions éventuellement associées.
  • Suivi neurologique régulier : pour évaluer l’évolution de la maladie et adapter en permanence les différents soins.
  • Suivi orthophonique régulier : pour les difficultés de la parole.
  • Suivi diététique régulier : pour les difficultés de la dysphagie et les gavages (si nécessaire).
  • Suivi kinésithérapique et psychomoteur régulier : pour les troubles moteurs et de l’équilibre.
  • Prise en charge psychosociale : à partir d’un certain développement des troubles, l’intervention de travailleurs sociaux est indispensable pour adapter la situation du malade, l’aider dans sa vie quotidienne à domicile, organiser les soins, etc. Le psychologue est également requis pour évaluer la détresse des malades et de ses proches, et chercher les aménagements à mettre en œuvre pour les soulager.

S’il est indéniable que la maladie de Huntington est chronique et évolutive, il est également indéniable qu’une prise en charge soutenue et adaptée soulage et améliore le bien-être du malade, occasionnant des moments de trêve et de répit. Au contraire, une prise en charge inadaptée, incomplète, interrompue, entraîne immédiatement un surcroît de symptômes.
Une aide psychologique, familiale ou non, peut également être requise pour soutenir les proches et les aider à composer avec cette maladie.
La présence et l’action d’associations de malades et de proches permet enfin de renforcer et de potentialiser l’accompagnement des malades et de leurs proches, ainsi que de dynamiser la recherche thérapeutique.

Ces organisations d'entraide, dont la première a été fondée dans les années 1960, augmentent en nombre. Elles travaillent pour accroître la sensibilité du public, pour fournir un soutien aux individus et à leurs familles et pour promouvoir la recherche. Aux États-Unis, ces organisations ont joué un rôle primordial dans la recherche du gène en 1993[6].

Pistes thérapeutiques expérimentales[modifier | modifier le code]

Plusieurs pistes sont explorées[22].

Des voies de thérapies géniques sont actuellement[Quand ?] en cours d’exploration et d’expérimentation sur des animaux : chiens (beagles), mouches et souris transgéniques. Ces thérapies cherchent à intervenir très en amont du développement de la maladie, soit pour protéger la protéine altérée par la maladie de manière à ce qu’elle ne soit pas altérée (neuroprotection), soit en visant la « réparation » de la cellule altérée (réparation cellulaire). En particulier, l'inhibition de la production de huntingtine par le ARN anti-sens serait prometteur[23].

Dans le cas de la neuroprotection, il s’agit d’empêcher la maladie d’altérer le codage du génome, en utilisant un agent ADN susceptible de la neutraliser.

Dans le cas de la réparation cellulaire, il s’agit d’implanter des neurones issus d’embryon humain dans le striatum affecté du malade. Cette approche, qui aurait montré des résultats encourageants, doit cependant faire face à une série de problèmes pratiques et éthiques.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Certaines personnalités telles que Sophie Daumier, Philippe Bedos (fils de Sophie Daumier) et Woody Guthrie (avant son fils Arlo Guthrie) ont été atteints de la maladie de Huntington.

Littérature et médias[modifier | modifier le code]

  • Dr House, où l'un des personnages, qui apparaît à partir de la saison 4, le Dr Remy Hadley, alias Numéro Treize, dont la mère et le frère sont atteints de la maladie, effectue le test en fin de saison. Celui-ci s'étant révélé positif, elle fait face à sa maladie dans la saison 5 en effectuant des tests cliniques avec le docteur Eric Foreman afin d'en déterminer l'évolution. Dans la saison 7, House se propose pour l'aider « à la fin » (suicide assisté).
  • (en) Alice Wexler, Mapping Fate – A Memoir of Family, Risk, and Genetic Research, University of California Press, 1995. Retrace l'histoire de la maladie et surtout de la « découverte » du gène en 1993. Document incontournable sur la manière dont une famille a pu saisir les autorités et les chercheurs pour faire progresser la connaissance sur la maladie.
  • (en) Alice Wexler, The Woman Who Walked into the Sea. Huntington's and the Making of a Genetic Disease Yale University Press, 2008. Histoire de la maladie et de la manière dont elle a été « découverte » par Georges Huntington, à Long Island, au XIXe siècle.
  • Le Test. Livre de Jean Baréma (éditions Lattès, 2002). Jean Baréma (nom d'emprunt) raconte dans cette autobiographie la trajectoire qui l'amène à faire le test de dépistage de la maladie.
  • 10 ans avant ma mort, par Frédéric B. Récit autobiographique.
  • Maudit gène, un documentaire de Anne Georget (2007). La réalisatrice suit le quotidien d'une famille touchée par la maladie et donne la parole à des médecins et chercheurs travaillant sur cette maladie (site du film [consulté le 26 janvier 2008] ; fiche du film sur l'IMDb).
  • Scrubs, où une des patientes du Dr Dorian (Zach Braff), dans le dernier épisode de la saison 8, est emmenée à l'hôpital par son voisin et montre des signes de démence visant son fils Dan, qui ne le reconnait plus. Dan décide quant à lui de ne pas faire les tests de dépistage pour la maladie lorsqu'on lui annonce les symptômes et les évolutions de la maladie.
  • Grey's Anatomy, saison 7 épidode 4, une patiente dont la mère est morte de la maladie doit subir une intervention chirurgicale. Elle sait qu'elle a le gène de la maladie et est victime d'un premier symptôme : un tremblement incontrôlé de la main droite.
  • Darkness, un film de Jaume Balaguero dans lequel le personnage principal est atteint du syndrome de Huntington.
  • Private Practice, saison 1 épisode 6, une patiente cherche à savoir si elle possède cette maladie en faisant des tests à l'Ocean Wellness grâce à l'aide du médecin Addison Montgomery (Kate Walsh).
  • Quatre filles et un jean, de Ann Brashares, une des quatre filles, Tibby en est atteinte et succombe.
  • Breaking Bad, saison 4 épisode 10, Walter White rappelle à son fils Walter White Jr que son père à lui était atteint de la Chorée de Huntington.
  • La Pieuvre un film de Laetitia Carton (2009, h 29). Dans la famille de Laetitia, on apprend à grandir et vivre avec la maladie de Huntington. Depuis plus de sept générations, la maladie a emporté beaucoup des membres de sa famille, dont son grand-père et aujourd'hui sa mère. La réalisatrice a grandi avec la peur de la maladie, il existe aujourd’hui un test pour savoir si elle est porteuse du gène. Une chance sur deux. Journal « intime » de ce long périple qu’est le test présymptomatique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Such changes, unlike chorea, directly impair function, a finding that is, in part, indicated by the modern preference for the terminology Huntington’s disease rather than Huntington’s chorea. » www.thelancet.com vol. 369 20 janvier 2007, Seminar on Huntington’s Disease, Francis O Walker, p. 219.
  2. a et b (en) Francis O. Walker, « Seminar on Huntington’s Disease », The Lancet, vol. 369, 20 janvier 2007.
  3. (en) Takano H, Cancel G, Ikeuchi T, et al. Close associations between prevalences of dominantly inherited spinocerebellar ataxias with CAG-repeat expansions and frequencies of large normal CAG alleles in Japanese and Caucasian populations. Am J Hum Genet 1998; 63: 1060–66.
  4. (en) Pridmore SA. The large Huntington’s disease family of Tasmania. Med J Aust 1990; 153: 593–95.
  5. (en) Young AB, Shoulson I, Penney JB, et al. Huntington’s disease in Venezuela: neurologic features and functional decline. Neurology 1986; 36: 244–49.
  6. a et b (en) Alice Wexler, Mapping Fate – A Memoir of Family, Risk, and Genetic Research, University of California Press, 1995.
  7. a, b et c (en) Richard H. Myers, « Huntington’s Disease Genetics », The Journal of the American Society for Experimental NeuroTherapeutics, vol. 1, 255–262, Avril 2004.
  8. a, b et c « La maladie de Huntington, Les chorées - 1re partie », dossier coordonné par Luc Defebvre, « Les aspects cliniques de la maladie de Huntington, Troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques », par Clémence Simonin et Pierre Krystkowiak, Neurologies, vol. 12, numéro 14, 2009.
  9. (en) Craufurd D, Thompson JC, Snowden JS. Behavioral changes in Huntington Disease. Neuropsychiatry Neuropsychol Behav Neurol 2001 ; 14 : 219-26.
  10. (en) Paulsen JS, Langbehn DR, Stout JC et al. Detection of Huntington's disease decades before diagnosis: the Predict-HD study. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2008 ; 79 : 874-880.
  11. Aurélien Davranche, Étude des mécanismes moléculaires responsables des interactions aberrantes de la Huntingtine dans la maladie de Huntington, thèse de doctorat, Université de Strasbourg, Sciences du vivant, sous la direction du Dr Yvon Trottier, 2010.
  12. http://www.dailymotion.com/video/xbx3e5_patrick-pla-la-maladie-de-huntingto_tech
  13. (en) Ira Shoulson et Anne B. Young, « Milestones in Huntington Disease », Movement Disorders, vol. 26, no 6, 2011.
  14. (en) High incidence rate and absent family histories in one quarter of patients newly diagnosed with Huntington disease in British Columbia, EW Almqvist, DS Elterman, PM MacLeod, MR Hayden, Clinical Genetics 2001;60(3);198–205.
  15. http://huntington.fr/wp/la-maladie-de-huntington/le-test-predictif/
  16. La maladie de Huntington, Les chorées - 1re partie », dossier coordonné par Luc Defebvre, « Les aspects cliniques de la maladie de Huntington, Troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques », par Clémence Simonin et Pierre Krystkowiak, Neurologies, vol. 12, numéro 14, 2009.
  17. (en) Richard H. Myers, « Huntington’s Disease Genetics », The Journal of the American Society for Experimental NeuroTherapeutics, vol. 1, 255–262, Avril 2004, p. 259.
  18. (en) Ira Shoulson et Anne B. Young, « Milestones in Huntington Disease », Movement Disorders, vol. 26, no 6, 2011, p. 1130.
  19. (en) DNA analysis of Huntington’s disease : Five years of experience in Germany, Austria, and Switzerland, F. Laccone, U. Engel, E. Holinski–Feder, M. Weigell–Weber, K. Marczinek, D. Nolte, D. J. Morris–Rosendahl, C. Zühlke, K. Fuchs, H. Weirich–Schwaiger, G. Schlüter, G. von Beust, A. M. M. Vieira–Saecker, B. H. F. Weber, O. Riess, Neurology 1999;53:801.
  20. (en) A Worldwide assessment of the frequency of suicide, suicide attempts, or psychiatric hospitalization after predictive testing for Huntington disease, Elisabeth W. Almqvist, Maurice Bloch, Ryan Brinkman, David Craufurd, Michael R. Hayden, Am. J. Hum. Genet., 1999;64:1293-1304.
  21. Le diagnostic préimplantatoire, site de l’Association Huntington France.
  22. a et b (en) « The Current Clinical Management of Huntington’s Disease », Wendy Phillips, Kathleen M. Shannon, et Roger A. Barker, Movement Disorders vol. 23, no 11, 2008, p. 1491–1504.
  23. (en) Kordasiewicz HB, Stanek LM, Wancewicz EV et al. Sustained therapeutic reversal of Huntington's disease by transient repression of huntingtin synthesis, Neuron, 2012;74:1031-1044.
  • (en) Brendan Haigh, Mahbubul Huq, Michael R Hayden, Huntington Disease GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1993-2005 [1]
  • (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number:143100 [2]
  • Orphanet [PDF]

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