Bataille du Lechfeld

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Bataille du Lechfeld
La Bataille du Lechfeld, enluminure de 1457
La Bataille du Lechfeld, enluminure de 1457
Informations générales
Date 10 août 955
Lieu Plaines de Lechfeld, près de Augsbourg
Issue Victoire germaine décisive
Belligérants
Francie orientale
Bohême
Magyars
Commandants
Otton le Grand
Conrad le Roux
Hermann de Souabe
Bulcsú (de)
Lehel (en)
Súr
Forces en présence
3 500 à 4 000 cavaliers lourds 6 000 à 8 000 cavaliers légers

La bataille du Lechfeld (Schlacht auf dem Lechfeld en allemand, Augsburgi csata en hongrois) eut lieu le 10 août 955 en Souabe. Elle opposa les Magyars, cavaliers finno-ougriens installés depuis 895 à la place des Avars dans le bassin du moyen-Danube et commandés par leur horka (en) Bulcsú (de), aux armées carolingiennes commandées par le futur empereur Otton le Grand.

Contexte[modifier | modifier le code]

La bataille du Lechfeld s’inscrit dans la longue série d’affrontements qui ont émaillé l’histoire des empires de Rome, de Byzance, d'Occident ou de Chine, face aux Huns, aux Avars, aux Khazars, aux Onoghoures, aux Pétchénègues, aux Coumans, aux Tatars, aux Mongols et à bien d’autres peuples cavaliers venus des steppes à la recherche des richesses de ces empires. Originaires de l’Oural et passés par l’Etelköz (région steppique située au nord de la Mer Noire), les Magyars, après s’être installés en 895 à l’intérieur de l’arc carpatique, entreprirent, durant soixante ans, des campagnes de pillage en Moravie (gravement défaite à Bratislava en 907) et dans le domaine carolingien (passant par la trouée pannonienne et ravageant l’Allemagne, la vallée du Rhône et l’Italie, jusqu’au sud de la péninsule, en 922-24, 933 et 947), ramenant un énorme butin et d’innombrables prisonniers, dont ils firent leurs serfs. Il fallait mettre fin à cette guerre (dans le sens médiéval de harcèlement ) par une grande bataille décisive obligeant l’ennemi à négocier : celle-ci eut lieu près d’Augsbourg, entre les rivières Lech et Schmutter. Lechfeld signifie "champ de la Lech"[1].

La bataille[modifier | modifier le code]

Le Lechfeld vit s’affronter d'un coté environ 10 000 cavaliers lourds rassemblés, selon les sources d'époque, par Otton (en fait, probablement 3500 à 4000), et de l'autre environ 50 000 (plutôt 6000 à 8000) archers et cavalerie légère des Magyars.

À l’approche de l'ennemi, Otton fut pris de flanc par une partie des forces adverses : il se trouvait ainsi enserré par deux forces plus nombreuses, ce qui aurait pu causer sa défaite. Mais les Hongrois qui l’attaquaient sur son aile cédèrent à la tentation et mirent pied à terre pour faire main basse sur la caravane de bagages germaniques. C’est ce qui les perdit : Otton envoya alors une partie de ses forces contre ces pillards, et, une fois ceux-ci éliminés, ses cavaliers lourds se regroupèrent et chargèrent les lignes hongroises. Malgré les flèches magyares, en grande partie détournées par les boucliers et les armures germaniques, l’armée d’Otton frappa la ligne adverse et l’enfonça. Horka Bulcsu tenta de feindre la retraite pour attirer les Germains dans une éventuelle poursuite afin de les désorganiser, mais les troupes d’Otton maintinrent leur ligne et les mirent en déroute. Les prisonniers furent soit exécutés, soit libérés avec les oreilles et le nez coupés.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Leur défaite contraignit les Magyars à cesser leurs campagnes de pillage en Occident : la dynastie Arpadienne entreprit d’organiser son pays, de sédentariser les tribus magyares, puis se convertit au christianisme et, en 1001, leur chef Vajk se fit couronner roi, en accord avec la papauté. Il fut baptisé sous le nom d’Étienne et ultérieurement sanctifié (Szent István). Le couronnement d’Étienne Ier marque la fin de la période nomade du peuple Magyar et inaugure l’histoire de la Hongrie royale[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gyula Kristó : Histoire de la Hongrie Médiévale : Tome I Le Temps des Arpadiens, Presses Universitaires de Rennes, 2000, ISBN 2-86847-533-7
  2. Marie-Madeleine de Cevins : Saint Étienne de Hongrie ou l'ancrage des Magyars à l'Ouest, éd. Clio.