Henri II du Saint-Empire

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Henri II du Saint-Empire
Couronnement d'Henri II, sacramentaire, Bibliothèque d'État de Bavière, Clm4456, f.11
Couronnement d'Henri II, sacramentaire, Bibliothèque d'État de Bavière, Clm4456, f.11
Titre
Duc de Bavière
9951017(sauf de 1004 à 1009)
Prédécesseur Henri II de Bavière
Successeur Henri V de Bavière
Roi de Francie Orientale (Germanie)
10021024
Couronnement à Mayence
Prédécesseur Otton III du Saint-Empire
Successeur Conrad II le Salique
Roi d'Italie
10041024
Couronnement à Pavie
Prédécesseur Arduin d’Ivrée
Successeur Conrad II le Salique
Empereur du Saint Empire
10141024
Couronnement à la Basilique Saint-Pierre à Rome
Prédécesseur Otton III du Saint-Empire
Successeur Conrad II le Salique
Biographie
Dynastie Ottoniens
Date de naissance
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Göttingen Germanie
Père Henri II de Bavière
Mère Gisèle de Bourgogne
Conjoint Cunégonde de Luxembourg

Henri II, dit « le Boiteux » ou « le Saint », né en mai 973 (selon le nécrologe de Merseburg, le 6 mai) et mort en 1024, est le sixième et dernier roi de Germanie ou empereur romain germanique de la dynastie saxonne et ottonienne.

Duc de Bavière de 995 à 1004 et de 1009 à 1017, Roi de Francie Orientale (Germanie) en 1002, roi d'Italie en 1004, élu empereur romain germanique en 1002, couronné à Rome par le pape Benoît VIII en 1014. Il épousa Cunégonde, fille du comte du Luxembourg, qui avait fait vœu de chasteté et qu'il associa à son gouvernement.

Menant une vie pieuse, il développa le monachisme, créa, en 1007, sur des terres qui lui appartenaient en propre depuis 995, l'évêché de Bamberg, et eut à combattre Boleslas Ier, duc puis roi de Pologne.

Mort en 1024 à Göttingen en Saxe, enseveli à Bamberg, il est canonisé en 1146. L'impératrice le fut en 1200.

L'Église Catholique le célèbre le 13 juillet (anciennement le 15 juillet).

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Henri le Querelleur, duc de Bavière et de Gisèle de Bourgogne, fille du roi Conrad III de Bourgogne. Enfant, Henri est pris en main par l’Église, d’abord par l’évêque Abraham de Freising, puis pour y être instruit, à l’école cathédrale de Hildesheim. Il succède à son père comme duc de Bavière en 995 sous le nom d’Henri IV de Bavière.

Roi de Germanie[modifier | modifier le code]

Il est en route vers Rome pour y secourir son cousin (issu de germain) l'empereur Otton III, quand celui-ci meurt, en janvier 1002. Il s’empare des insignes de roi de Germanie rapidement, pour faire face à ceux qui s’opposent à ce qu’il succède à son cousin. Il est toutefois élu roi de Germanie à Mayence le . Ses rivaux, Eckhard de Meissen et le duc Hermann II de Souabe contestent cette élection, mais il est couronné le à Aix-la-Chapelle grâce à l’appui de l’archevêque de Mayence, Willigis.

Henri II et Cunégonde de Luxembourg

Il passe les années suivantes à consolider son pouvoir en campagnes sur les frontières. Il doit d'abord faire face aux attaques polonaises de Boleslas Chrobry, qu’il bat. Il part ensuite en Italie pour affronter Arduin d’Ivrée, auto-proclamé roi d’Italie et qui mène la révolte contre les Allemands (incendie du palais impérial de Pavie). Il s’y fait couronner roi le et parvient à restaurer l'essentiel de l'autorité germanique dans le nord de la péninsule mais une partie de la noblesse italienne refusera longtemps de le reconnaître. Il doit abandonner cette campagne difficile et pleine d’atrocités pour retourner en Pologne combattre Boleslas, s'alliant aux païens Lituaniens contre les Polonais chrétiens. Ces campagnes s'éternisent jusqu’à la paix de Bautzen en 1018, par laquelle Boleslas conserve la Lusace et la Misnie mais doit abandonner la Bohême.

En 1006, il fait fermer le dernier marché d’esclaves de l’Empire qui était tenu à Mecklenburg[1].

Empereur germanique[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Bamberg (état actuel)

Henri II mène une nouvelle campagne en Italie en 1013 et parvient jusqu'à Rome, où le pape Benoît VIII le couronne empereur le . Il intervient comme ses prédécesseurs, dans les affaires de l'Église. C’est d’ailleurs dans le domaine des relations entre l’Empire et l’Église, et dans le fonctionnement interne de l’Église que se situent ses interventions les plus significatives. Il soutient les évêques contre le clergé régulier, qui parviennent à concilier leur pouvoir séculier sur leurs territoires avec leur pouvoir spirituel. Il renforce l’obligation de célibat du clergé, de façon à ce que les dons de terre n’aillent pas aux héritiers, ce qui lui garantit des évêques fidèles et donc un appui contre les nobles rebelles et les familles ambitieuses. Il fonde l’évêché de Bamberg en 1007, qui devient rapidement un centre de culture. En 1020, le pape consacre cette nouvelle cathédrale et le convainc de revenir pour une troisième et dernière campagne en Italie.

En 1022, l'empereur conduit une puissante armée sur la côte adriatique. L’archevêque Pilgrim de Cologne descend le long de la côte tyrrhénienne pour soumettre Capoue, ce qu’il fait en capturant le prince, Pandolf IV. Une troisième armée, plus petite, commandée par Poppon d'Aquilée, suit les Apennins. Les trois armées se rejoignent pour le siège de Troia, la nouvelle forteresse byzantine, défendue par le catapan Basil Boiannes. Henri y fait exécuter le prince félon de Capoue, tout en repoussant le moment fatidique jusqu'au dernier moment. Il échoue dans le siège de Troia, mais le sud de l’Italie passe sous son autorité. Sur le chemin du retour, il participe à un synode à Pavie, où il défend la réforme de l’Église.

En 1023, à l’entrevue d'Yvois, près de l'abbaye de Mouzon (du 6 au 13 août), il renonce à demander du roi de France Robert II le Pieux un hommage, probablement par humilité[2].

Il travaille ensuite avec le pape à un nouveau concile pour confirmer le nouveau mode de fonctionnement entre l’Église et l’Empire, mais il meurt soudainement le .

Aucun enfant n'étant né de son mariage avec Cunégonde de Luxembourg, l'union du couple fut généralement considérée comme virginale, ce qui entraîna la canonisation des souverains et la nécessité d'une nouvelle élection lors de la succession. C'est Conrad le Salique qui, non sans tumulte, est choisi.

Réputé pour sa piété et son rôle dans la réforme de l'Église, il est canonisé en 1146 ; il est le seul empereur germanique à l'avoir été (Charlemagne fut canonisé en 1165 par l'anti-pape Pascal III. La Curie romaine n'a jamais validé ni infirmé cette mesure. Le culte est toléré, et le statut de bienheureux reconnu par Benoit XIV[3]).

La Saint-Henri dans les almanachs[modifier | modifier le code]

  • Dicton : Quand reviendra la Saint-Henri (13 juillet), tu planteras ton céleri.
  • Fête : le 13 juillet (le 15 juillet précédemment).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Helmut Söring, Die Karriere eines Bayern
  2. Régine Pernoud, Les saints au Moyen Âge, Paris Librairie Plon, 1984, p.  214
  3. Charlemagne sur le site Nominis

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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