Fugger

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Jacob Fugger (1459-1525), par Dürer
Christoph Fugger, par Christoph Amberger, 1541 (Alte Pinakothek, Munich)

La famille Fugger est une famille de marchands et de banquiers du Saint-Empire germanique, qui domina la finance européenne à la fin Moyen Âge et pendant la Renaissance[1]. Ils sont à l’origine de la pratique moderne de la banque et de la finance, avec la famille Welser. On considère que Jacob Fugger rassembla la plus grande fortune privée de son temps.

Origine[modifier | modifier le code]

Ils furent anoblis par l'empereur Maximilien Ier, en récompense des services qu'ils lui avaient rendus, et dont la postérité subsiste au XIXe siècle dans la branche des comtes de Fugger, établis en Souabe, et alliés aux plus illustres maisons d'Allemagne.

En 1508, les Fugger acquièrent le comté de Kirchberg et la seigneurie de Weissenhorn et sont élevés à la dignité de comte du Saint-Empire en 1514, en remerciement des prêts accordés au futur Charles Quint qui lui ont permis d'acheter les sept électeurs, par des lettres de change payables « après l'élection si Charles d'Espagne est élu ».

Ils sont enregistrés comme nobles, à Augsbourg, en 1530. Le titre de comte est étendu aux deux fils de Georg Fugger, Raymond Fugger (1489-1535), fondateur de la branche des comtes Fugger de Kirschberg et Weissenhorn et Antoine Fugger (1493-1560), seigneur de Glött (1536) et de Babenhausen (1538). Le fils aîné de ce dernier, Hans Fugger (1531-1598),fonde la branche des comtes Fugger de Glött.

En 1913, le chef de la branche reçoit le titre bavarois de prince Fugger de Glött.

Le fils cadet d'Antoine Fugger, Jacques Fugger (1542-1598) est l'auteur de la lignée des comtes puis princes (1803 et 1818, pour le chef de la branche) Fugger de Babenhausen.

Portraits[modifier | modifier le code]

Dominique Custos, graveur d'Anvers, a publié une suite de portraits des principaux personnages de cette maison, sous le titre suivant : Fuggerorum et Fuggerarum quœ in familia natœ, quœve infamiïiam iransivenmt, quoi extant, œre expressai imagines, in-fol[2]. Ce volume contient 127 portraits très bien graves sur cuivre, avec de courtes descriptions des titres et des qualités des personnes qu'ils représentent. Ce recueil a paru pour la première fois vers 1595 : les exemplaires du second tirage portent la date de 1618 ; ceux du troisième, celle de 1620 : les descriptions sont en allemand, et l'on y a ajouté deux portraits enfin les planches ont été retouchées et l'on en a fait un quatrième tirage à Ulm, en 1754, sous le titre de Pinacotheca.

Le plus ancien personnage dont le portrait se trouve dans ce recueil est Jacques Fugger, dit le Vieux, mort le 14 mars 1469.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Blason de Fugger

Les membres importants de la famille sont :

La famille donnera par la suite au Saint-Empire plusieurs banquiers impériaux et sera à l'origine de plusieurs branches de la haute noblesse. Elle est citée en exemple par Honoré de Balzac dans La Maison Nucingen, (1837) : « Comme le Temps, la Banque dévore ses enfants. Pour subsister, le banquier doit devenir noble, fonder une dynastie comme les prêteurs de Charles-Quint, les Fugger, créés princes de Babenhausen, et qui existent encore dans l'Almanach de Gotha[3]. »

Histoire familiale des Fugger[4][modifier | modifier le code]

Hans Fugger est tisserand à Gruben, près d'Augsbourg. Son fils également nommé Hans se lança dans le commerce de toile. Il commença à accumuler une fortune et se diversifia dans le commerce en particulier avec le Levant. Plus de cent ans plus tard, à la mort de Jacob Fugger en 1525, l'entreprise Fugger s'étendait sur toute l'Europe, présent sur la Baltique comme sur la Méditerranée, bien implanté à Anvers et à Lisbonne. Ils étaient également propriétaire de plusieurs mines en Europe centrale.

Banque Fugger[modifier | modifier le code]

En 1523, la fiscalité du Saint-Empire attaque en justice la Banque Fugger et d'autre firmes d'Augsbourg au motif de monopole[5].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

C'est pour rembourser un prêt contracté auprès de Jacob Fugger le Riche, pour s'attirer les bonnes grâces du pape Léon X et acquérir l'archevêché de Mayence, que le prince-archevêque de Magdeburg, Albert de Brandebourg eut recours à la vente d'indulgences que Martin Luther dénonça. Ce sera une des origines mineures du schisme entre catholiques et protestants.

Liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rabelais a donné une bien haute idée de l'opulence de cette famille, en disant qu'après les « Foucquers » (sic) d'Augsbourg, Philippe Strozzi est estimé le plus riche marchand de la chrétienté. On rapporte qu'à son retour de Tunis, Charles Quint, passant à Augsbourg, logea chez les Fugger, et qu'entre autres magnificences dont ils le régalèrent, ils firent mettre sous la cheminée de sa chambre un fagot de cannelle, et l'allumèrent avec la promesse d'une somme très considérable qu'ils avaient prêtée à l'empereur.
  2. C'est ce livre, sous le titre de Fuggerarum imagines que des bibliographes ont quelquefois classé, dans des catalogues parmi les ouvrages de botanique, comme s'il traitait de fougères.
  3. La Maison Nucingen, Édition Furne, vol.XI, p.11-12
  4. « La multinationale Fugger », in Les collections de L'Histoire, janvier-mars 2008
  5. Der Zeitgeist, Fugger, décembre 2009, p.5

Sources[modifier | modifier le code]