Printemps républicain

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Printemps républicain
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Logo du Printemps républicain.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Domaine d'activité
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Financement
privé
Siège
Pays
Organisation
Président
Personnes clés
Denis Maillard (président de 2016 à 2017)
Laurent Bouvet (cofondateur)
Gilles Clavreul (cofondateur)
Idéologie
Défense de la laïcité
Opposition à l'islamisme et au communautarisme
Positionnement
Site web
Identifiants
RNA
SIREN

Le Printemps républicain est un mouvement politique français fondé en .

Fondé notamment par Laurent Bouvet et Gilles Clavreul, il est présidé depuis 2017 par Amine El Khatmi.

Selon son manifeste, il entend lutter contre « l'extrême droite comme l'islamisme politique » et défendre une laïcité « remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d'autres, ignorée de beaucoup par indifférence ». S'affirmant d'abord à gauche, il assume depuis de privilégier le clivage opposant « les républicains aux identitaires et aux communautaristes », plutôt que le clivage gauche-droite, et s'ouvre à la droite modérée.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La première réunion du Printemps républicain se tient officiellement début [3]. Le « manifeste pour un Printemps républicain » a été adressé via deux médias, l’un classé à gauche, Marianne, l’autre à droite, Causeur, par des personnalités de gauche[4]. Selon l'un des cofondateurs Marc Cohen, alors rédacteur en chef de Causeur, on y trouve « des twittos, des facebookers et des blogueurs de cinquante nuances de gauche, hier souvent fâchés et maintenant réunis parce que lassés de la lassitude et heureux de redécouvrir les joies simples de la colère, de la castagne et de l'union [...]. Le revient sans cesse dans les motivations des intervenants »[3]. Le mouvement est cofondé en notamment par Laurent Bouvet, Gilles Clavreul, Marc Cohen, Denis Maillard, Jérôme-Olivier Delb, Valérie Maupas, Yael Mellul et Amine El Khatmi[5],[6],[7].

Le même mois, son manifeste est publié dans les colonnes de Marianne et de Causeur[3]. Par ce manifeste, le mouvement entend lutter contre « l'extrême droite comme l'islamisme politique », et défendre une laïcité « remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d'autres, ignorée de beaucoup par indifférence »[3]. Pour Le Monde, « l’appel est surtout le dernier symptôme de la crise de la laïcité qui couve à gauche depuis les attentats de  »[8]. Selon Libération, lancé un an après l'attentat contre Charlie Hebdo, le Printemps républicain entend également « dénoncer le terrorisme islamiste [...] et récuser les discours de ceux qui invitent à se « ressaisir » en rappelant la « jeunesse misérable » des frères Kouachi »[9]. Philippe Guibert, essayiste, considère qu'il s'agit du « premier mouvement politique post-attentats, qui apporte une réponse idéologique — forcément discutable — mais une réponse, aux débats qui ont suivi le tragique mois de , quand les institutions politiques et partisanes se sont concentrées sur les réponses sécuritaires (loi renseignement ou état d’urgence) ». Il s'agit également, selon lui, d'« un mouvement néoféministe qui témoigne d’une réaction très défiante au retour du religieux (en l’occurrence musulman), vu comme une menace contre la liberté des femmes »[10].

Le manifeste est signé par environ sept mille personnes[11] dont une centaine de personnalités (Karim Akouche, Élisabeth Badinter, Guillaume Balas, Gérard Biard, Serge Blisko, Roland Castro, Laurent Cohen, Denis Collin, Brice Couturier, Frédéric Cuvillier, Frédéric Encel, Olivier Faure, André Gattolin, Marcel Gauchet, Jérôme Guedj, Cindy Léoni, Richard Malka, Emmanuel Maurel, François Morel, Fleur Pellerin, Marjane Satrapi, Anne Sinclair, Abderrahmane Sissako...)[3]. En 2019, Mediapart indique que certains des signataires de ce premier manifeste « affirment avoir pris leurs distances, d’autres disent même avoir purement et simplement coupé les ponts », dont Olivier Faure, Guillaume Balas et Emmanuel Maurel, ce dernier « [continuant] d’être globalement d’accord sur le fond, moins sur la forme »[12].

Le mouvement se lance lors d'une réunion publique en mars 2016 à La Bellevilloise[13], qui réunit huit cents participants selon les organisateurs dont Fadela Amara, Frédérique Calandra, Gilles Kepel, Patrick Kessel, Élisabeth Lévy, Richard Malka ou encore Fleur Pellerin[14],[11]. Plusieurs réunions publiques sont organisées dans la foulée à Marseille, à Nantes et à l’École normale supérieure de Paris[14].

Premières années après la formation[modifier | modifier le code]

Pour l'élection présidentielle de 2017, le Printemps républicain ne soutient aucun des candidats mais les appelle à « s'engager sur le clivage primordial, en exposant leur conception de la République et de la laïcité »[14].

Le , le Printemps républicain coorganise avec la Licra et le Comité Laïcité République, aux Folies Bergère, la journée Toujours Charlie pour défendre la liberté d'expression[15]. Participent notamment la maire de Paris Anne Hidalgo, l'ancien Premier ministre Manuel Valls, le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, ainsi que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo Gérard Biard[15].

En , le mouvement organise une réunion publique à La Bellevilloise, lors de laquelle s'expriment notamment Jean-Pierre Chevènement, Valérie Pécresse, Guillaume Lacroix, les philosophes Henri Pena Ruiz et Raphaël Enthoven[16], ainsi que les anciens ministres Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand (ces deux derniers par vidéo)[17]. Lors de sa prise de parole, Valérie Pécresse salue le Printemps républicain comme un « mouvement de résistance », estimant que « les républicains des deux rives doivent se retrouver contre les communautaristes »[2]. En clôture de cette réunion, Amine El Khatmi déclare son intention de « quitter le champ associatif pour le champ politique »[16].

Lors des municipales de 2020, n'ayant pu se constituer en parti, le mouvement propose aux listes candidates, en échange de son soutien, la signature d'une charte des valeurs républicaines proposant douze engagements, allant du « barrage au Rassemblement national ainsi qu'à toutes formations non républicaines pouvant présenter un risque d'entrisme » à « la diversification du commerce local » en encadrant notamment « la prolifération des commerces communautaires » : seule une petite dizaine de listes signent la charte, dont la plupart ont perdu[3]. Europe Écologie Les Verts, par la voix de sa porte-parole Sandra Regol, refuse toute présence des cadres du Printemps républicain sur ses listes[3].

Après avoir apporté son soutien à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2022, le Printemps républicain n'obtient qu'une seule circonscription pour les élections législatives qui suivent alors que le mouvement en espérait une dizaine[18],[19].

Idées et actions[modifier | modifier le code]

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Situation sur l'échiquier politique[modifier | modifier le code]

Se réclamant des valeurs de la « gauche républicaine », le Printemps républicain vise à rassembler de manière élargie une majorité de citoyens autour des valeurs fondamentales de la laïcité et du pacte républicain, et entend refonder le « commun » de la République par la défense de la laïcité, la nation et l'universalisme, en combattant le racisme et toutes formes de discrimination et en affirmant l'égalité homme - femme[20]. Le mouvement invoque notamment la figure de Georges Clemenceau[3].

Si le Printemps républicain revendique son ancrage à gauche à ses débuts, Laurent Bouvet et Amine El-Khatmi assument, à partir de 2019, de privilégier le clivage opposant « les républicains aux identitaires et aux communautaristes », plutôt que le clivage gauche-droite[3],[21]. Lors de l'annonce de la constitution du mouvement en parti, en 2019, Amine El Khatmi explique que le mouvement soutiendra tout « candidat qui serait un vrai républicain et qui tiendrait un discours ferme » sur les valeurs de la République, dans un échiquier « allant de l'aile sociale-démocrate à des personnalités de la droite, fidèle à ses principes »[17]. Dans le même temps, Le Monde indique que le mouvement « veut rassembler large – des sociaux démocrates et radicaux de gauche aux marcheurs et la droite modérée » ; le journal observe également que lors d'un de ses rassemblements, « la balance penche désormais plutôt du côté des ténors de la droite modérée »[2].

Au lancement du mouvement en 2016, Regards le situe du côté d'une « une gauche autoritaire et intolérante », et estime que « le FN fait figure de grand absent parmi les cibles désignées, malgré tout ce qu’il y aurait à dire sur le parti d’extrême droite et la laïcité »[13]. Interrogeant Gilles Clavreul en 2019, Mediapart indique au contraire que le seul objet de l'association « serait, à l’entendre, de lutter contre le Rassemblement national »[12].

À l'occasion du second tour des élections régionales de 2021 en Île-de-France, le président du Printemps républicain Amine El Khatmi annonce qu'il votera pour la liste de droite dirigée par Valérie Pécresse, qui affronte une liste de gauche dirigée par Julien Bayou et une liste LREM dirigée par Laurent Saint-Martin[22].

D'après La Voix du Nord, lors de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle française de 2022, des membres du Printemps républicain auraient préparé des fiches pour la campagne de Marine Le Pen[23].

Proximité avec Manuel Valls[modifier | modifier le code]

En 2018, Manuel Valls fait part de son soutien au mouvement, estimant ne plus se sentir seul à mener le « combat de [sa] vie » et saluant Laurent Bouvet comme un « lanceur d'alerte »[24]. Ce dernier reconnaît « des convergences » entre le mouvement et Manuel Valls mais assure ne pas être « d'accord sur tout, par exemple sur l'interdiction du voile à l'université »[24],[25]. Les deux hommes sont proches à partir des attentats de 2015[24].

Proximité avec Emmanuel Macron[modifier | modifier le code]

Emmanuel Macron, qui connaît de longue date Laurent Bouvet, fondateur du Printemps républicain, condamne en décembre 2017 une « radicalisation de la laïcité » en visant, sans les nommer, le Printemps républicain et Manuel Valls, avant de reprendre à son compte la ligne du mouvement en octobre 2020, lorsqu'il déclare dans un discours aux Mureaux : « Il y a une forme d'insécurité qui s'est installée, que certains ont qualifiée d'insécurité culturelle, je crois à juste titre, parce que notre société est percluse de fractures »[24],[26]. Les proches du philosophe Paul Ricoeur, dont Emmanuel Macron fut proche, reprochent à ce dernier d'avoir abandonné la défense d'une « laïcité ouverte » pour « privilégier les idées du Printemps républicain »[27].

Slate relève en 2021 que « les têtes de pont du Printemps républicain ont lié des affinités et trouvé des partenaires dans certains ministères et dans la majorité présidentielle », en particulier le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer et la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa[3],[28]. Par ailleurs, l'épouse de Laurent Bouvet, Astrid Panosyan, est cofondatrice d'En marche, devenu La République en marche, parti politique lancé en avril 2016 par Emmanuel Macron, et fut conseillère de ce dernier lorsqu'il était ministre de l'Économie[24].

Le Printemps républicain apporte son soutien à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2022 : Amine El-Khatmi indique alors que le mouvement a été « critique vis-à-vis d'Emmanuel Macron, notamment lors de son discours au collège des Bernardins » — lorsque le président avait dit en 2018 vouloir « réparer le lien entre l'Église et l'État » — mais salue son « évolution, notamment avec le discours des Mureaux et la loi contre le séparatisme ». Il justifie le refus de soutenir Anne Hidalgo en raison « des années d'égarement et (d')un manque de préparation » du Parti socialiste, tout en saluant son positionnement « irréprochable »[29].

Opposition à l'islamisme et au communautarisme[modifier | modifier le code]

Le mouvement dénonce les « islamo-gauchistes » et « le racisme qui diabolise les arabo-musulmans »[8]. Selon l'AFP, le Printemps républicain s'oppose à « un nouvel antiracisme dénoncé comme communautariste, un féminisme engagé à l'intersection de différentes luttes, les "entrepreneurs identitaires" réputés proches des Frères musulmans ou du salafisme... »[25]. Slate estime que le Printemps républicain procède à des dénonciations de « dérives réelles ou supposées parmi le personnel politique, les fonctionnaires, les intellectuels et les journalistes », et à des distributions de « bons et mauvais points, n'hésitant pas à appeler à la mise à l'index de leurs contradicteurs, inventeurs d'un nouveau délit de blasphème — le blasphème contre la République — et d'un nouveau délit d'intention — le soupçon de dérive communautaire »[3].

L'universitaire Philippe Corcuff considère le Printemps républicain comme « une officine idéologique manichéenne qui a détourné le magnifique mouvement « Je suis Charlie » en faveur de la liberté d’expression et de la préservation d’une société pluriculturelle contre la terreur djihadiste [...] en diabolisant les musulmans », et le situe à « l’extrême centre gauche du confusionnisme », notion qu'il définit comme « un espace de discours qui crée des interférences et des proximités entre des postures (comme le « politiquement incorrect » ou le conspirationnisme) et des thèmes (comme le nationalisme économique, l’essentialisation du peuple sur une base nationale ou la relativisation de la frontière symbolique avec l’extrême droite) qui viennent de l’extrême droite, de la droite, de la gauche modérée et de la gauche radicale »[30].

Le mouvement se montre hostile à l'usage du terme d'islamophobie — sous sa pression, l’université Lumière-Lyon-II annule un colloque sur l’islamophobie[21] — ainsi qu'au port du hijab dans l'espace public[13]. En février 2018, plusieurs membres du Printemps républicain prennent part à des attaques également menées par l'extrême droite contre Mennel, candidate de l'émission The Voice portant le turban et chantant en arabe[21],[31]. En 2019, le mouvement se mobilise contre la commercialisation d’un hijab de course par Décathlon[32]. Le Printemps républicain prend régulièrement à partie les défenseurs du port du voile dans l'espace public, les députés Aurélien Taché et Fiona Lazaar, l'Observatoire de la laïcité — dont la conception est éloignée de la sienne —, Edwy Plenel et Mediapart — accusés notamment d’avoir banalisé les propos de Tariq Ramadan —, ou encore Rokhaya Diallo, accusée de communautarisme[24],[12],[3].

Conception de la laïcité[modifier | modifier le code]

Slate estime qu'« avant le traumatisme du 13-Novembre, les questions de laïcité n'étaient ni une préoccupation dominante, ni un champ d'action, ni un domaine d'étude des leaders du Printemps républicain » dont le nouvel intérêt pour celles-ci « [s'est] traduit peu à peu par la fréquentation de certains interlocuteurs loin d'être perçus comme les plus crédibles sur les sujets de l'islam, de l'islamisme et de la laïcité », tout en se désintéressant ou en rejetant les spécialistes reconnus de la laïcité tels que Jean Baubérot, Philippe Portier, Valentine Zuber, Patrick Weil ou Jean-Marc Sauvé[33].

Selon Jean Baubérot, historien spécialiste de la laïcité, « ils se revendiquent de la loi de 1905, mais ils l'instrumentalisent. Ils sont dans la filiation d'un courant combiste, radical-socialiste, qui a été battu en 1905. Ils défendent une laïcité gallicane, c'est-à-dire une laïcité antireligieuse, qui tend vers la religion civile »[33]. Selon Sophie Guérard de Latour, maître de conférences en philosophie politique, le Printemps républicain fait partie de mouvements qui ne se contentent pas de dire qu’on ne peut pas faire société sans être une communauté politique, mais « donnent à cette communauté un contenu tellement substantiel qu’il en devient exclusif », au risque paradoxal de donner un tour communautariste, fût-il majoritaire, à leur républicanisme[32].

Le philosophe Jean-Yves Pranchère évoque « une véritable dérive, qui affaiblit les principes laïques sans fournir pour autant le moindre point d'appui à l'indispensable lutte contre le fanatisme »[33]. Le chercheur Haoues Heniguer estime que « malgré ses dénégations, le Printemps républicain signe une victoire culturelle du Rassemblement national »[33]. Samuel Laurent, responsable des Décodeurs au quotidien Le Monde, estime qu'« à leur corps défendant, leurs croisades sont souvent les mêmes que celles de la droite identitaire »[25]. Dans le magazine Slate, la journaliste Aude Lorriaux estime que le Printemps républicain relève de la « gauche identitaire »[34].

Pour le politologue Stéphane Rozès, le Printemps républicain a le mérite « de ne pas entériner l'idée que la laïcité, la République et la nation soient des discours de droite », « ce qui fait la singularité des républicains, et avant, des chevènementistes » ; le mouvement occupe selon lui « un terrain inoccupé à l'intérieur de la gauche politique »[33].

Gouvernance et services publics[modifier | modifier le code]

Lors de leur réunion publique à La Bellevilloise en novembre 2019, les chefs de file du mouvement déclarent vouloir développer d’autres thématiques que celle de l’islam et de la laïcité, intégrant notamment « la question des services publics », en particulier « dans les quartiers populaires »[35]. Le mois suivant, leur président Amine El Khatmi déclare dans une interview à La Dépêche du Midi qu'il propose une « mise sous tutelle des villes dans lesquelles les élus locaux ont failli, où les taux de pauvreté et de délinquance sont importants »[36]. Cette mesure concernerait un échantillon de « 80 à 100 quartiers », principalement en banlieue parisienne mais aussi notamment la Reynerie à Toulouse, dans lesquels les moyens seraient augmentés pour améliorer les conditions de vie des populations, les services publics notamment l'éducation, et lutter contre la délinquance[36].

Autres prises de position[modifier | modifier le code]

Laurent Bouvet indique que le Printemps républicain a « joué un rôle de manière voulue » sur l'affaire Mehdi Meklat et la controverse entre Mediapart et Charlie Hebdo autour de l'affaire Tariq Ramadan[25]. Le Monde relève en 2021 que le mouvement a salué le « talent » et le « regard décalé » de Mathieu Bock-Côté, essayiste québécois proche d'Éric Zemmour, qui « fut un défenseur indéfectible de la loi sur la laïcité adoptée en 2019 par le Québec – un texte considéré comme « raciste » par le reste du continent nord-américain »[37].

Organisation[modifier | modifier le code]

Denis Maillard est le premier président du Printemps républicain[6]. Amine El Khatmi lui succède en juillet 2017[3]. Selon le musicien et dramaturge Benjamin Sire, membre du conseil d'administration, le Printemps républicain était un mouvement informel lors de sa création et a commencé à se structurer après l'élection d'Amine El Khatmi[38]. Il peut depuis lors être considéré autant comme une association, un think-tank et un parti politique[38].

En 2019, Gilles Clavreul évoque « une trentaine de bénévoles » et indique que l'association n'a ni locaux, ni permanents, ni moyens financiers[12]. La même année, Libération indique que le mouvement « compte 600 membres, en majorité « de gauche » »[9]. Des groupes locaux se créent (par exemple dans le Haut-Rhin[39]). En 2021, Slate évalue le nombre d'adhérents entre 700 et 1 000 et indique que « quelques groupes locaux (Lyon, Bordeaux, Grenoble, Occitanie...) se contentent de communiquer sur les réseaux sociaux et d'organiser épisodiquement quelques rassemblements »[3]. La même année, le mouvement déclare compter environ 1 200 membres, tous bénévoles, et 22 antennes régionales[38].

Selon Slate, « le mouvement se structure autour d'une cinquantaine de convaincus venus d'horizons politiques différents, des partisans de l'intégration européenne aux défenseurs du souverainisme », mais « repose sur un noyau idéologique, issu du groupe dit de la « Gauche populaire » qui avait plaidé en 2012 pour la reconquête des catégories populaires en réaction à la publication d'un rapport de Terra Nova appelant la gauche à abandonner les classes laborieuses pour s'orienter vers un nouvel électorat composé des diplômés, des jeunes, des minorités et des femmes »[3]. Il est composé quasi exclusivement de cadres, de déçus ou de sympathisants du Parti socialiste, ayant pour la plupart soutenu Manuel Valls, ainsi que de quelques intellectuels[3],[40],[1].

En , le Printemps républicain annonce qu'il souhaite devenir un parti politique[12] après les élections municipales françaises de 2020. Les dirigeants entendent attirer des personnalités telles que Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, François Baroin ou Aurore Bergé[2].

Laurent Bouvet est considéré comme l'intellectuel principal du mouvement[14],[3]. Selon Slate, Marcel Gauchet et Jean-Claude Michéa sont les « philosophes phares du mouvement »[3]. Selon le chercheur Haoues Seniguer, Gilles Clavreul est « le véritable idéologue » du Printemps républicain[33].

Réception[modifier | modifier le code]

Présence et activisme médiatiques[modifier | modifier le code]

Selon l'AFP, « le Printemps républicain jouit d'emblée d'un fort intérêt médiatique, avec des relais à gauche, principalement l'hebdomadaire Marianne, comme à droite, dans les colonnes du mensuel Causeur »[25]. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel indique concernant le Printemps républicain que « les chaînes n'ont pas déclaré de temps de parole au titre du mouvement politique concerné qui, à ce jour, a une activité et un agenda limités, mais parfois, pour certains de ses membres, sous l'appellation générique "divers gauche" »[3].

En 2018, Regards indique que les membres actifs au nom de l'association sur les réseaux sociaux sont rares et se limitent à Amine El Khatmi, Laurent Bouvet, Gilles Clavreul et Nassim Seddiki (membre du PS parisien)[40]. Selon Orient XXI, « le nombre d'abonnés sur Twitter de Laurent Bouvet, Gilles Clavreul et Amine El-Khatmi (respectivement 25 000, 23 000 et 36 000 en 2021) n'a rien de renversant, mais est suffisant pour faire du bruit »[28]. Pour Politis, le Printemps républicain a « développé une capacité de nuisance dans les débats publics au moyen des réseaux sociaux, où son noyau dirigeant est hyperactif »[21]. Selon Le Monde, les réseaux sociaux constituent le « nerf de la guerre » du Printemps républicain, où le mouvement s'emploie à « disqualifier ses contradicteurs et fournir des flèches prêtes à l’emploi »[24].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Au lancement du mouvement, les initiateurs du Printemps républicain sont pris pour cible par les sites d'extrême droite Riposte laïque et Fdesouche, qui les accusent d’être de faux laïques, ainsi que par le site communautaire Al-kanz.org, qui les accuse d’islamophobie[4].

En février 2021, le magazine Slate publie une enquête en plusieurs volets, dénonçant principalement la stratégie de communication d'influence du Printemps républicain, qui « bénéficie d'une surface médiatique sans rapport avec son poids politique », notamment « grâce au soutien d'une partie des milieux francs-maçons, en particulier du Grand Orient de France (GODF) et du Comité Laïcité République »[3]. En outre, Slate reproche aux membres du Printemps républicain leur agressivité et leur trolling sur les réseaux sociaux à l'égard de personnalités ciblées en raison d'un « laxisme envers l'islamisme », passant par des insultes, des citations tronquées, la divulgation de données personnelles, ou encore des dénonciations à l'employeur[7]. L'universitaire Jean Baubérot déplore la démarche « maccarthyste » du Printemps républicain, estimant qu'« ils tendent à créer des réactions identitaires virulentes »[24].

En janvier 2022, à l’occasion d'un hommage à Charlie Hebdo organisé par le Parti communiste français, la députée Elsa Faucillon met en cause la présence de « figures controversées » proches du Printemps républicain comme la journaliste Caroline Fourest ou le dessinateur Xavier Gorce. Un proche de Fabien Roussel, secrétaire national du parti et candidat à l'élection présidentielle, dénonce en réaction le « sectarisme » d'Elsa Faucillon[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]