Tariq Ramadan

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Tariq Ramadan
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Tariq Ramadan en 2016

Naissance (54 ans)
Genève (Suisse)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français, anglais, arabe
Genres

Tariq Ramadan, né le à Genève[1], est un prédicateur musulman[2],[3], chargé de cours[4], et théologien. Islamologue suisse, il est d'origine égyptienne[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan est le fils de Wafa el-Banna et de Saïd Ramadan. Le couple, originaire d'Égypte, s'est réfugié en Suisse en 1954 — après l'assassinat, en 1949, de Hassan el-Banna grand-père maternel de Tariq, fondateur des Frères musulmans. Né en 1962, il est le dernier enfant d'une fratrie de six, et l'un de ses frères est Hani Ramadan. Tariq étudie l'islamologie et la littérature française à l'université de Genève. En 1991, il se rend avec sa femme et ses enfants au Caire — où il se lie d'amitié avec François Burgat — afin de poursuivre des cours d'études islamiques, il en repart fin 1992[6].

Entre 1988 et 1992, il occupe le poste de doyen (l'équivalent d'assistant chargé d'éducation en France) au collège de Saussure, à Genève. Ramadan étudie ensuite les sciences islamiques à l’université al-Azhar du Caire entre 1992-1993 puis 1994-1995[réf. souhaitée].

Il soutient une thèse de doctorat[Quand ?] intitulée Aux sources du renouveau islamique, consacrée à son grand-père, Hassan el-Banna, une figure de l'islamisme[7],[8]. D'après le site Mediapart, cette thèse « [a] été jugée en Suisse trop hagiographique et historiquement douteuse, ce qui lui [a] fermé les portes des universités prestigieuses »[9].

En janvier 2011, invité en direct sur i-Télé pour débattre de la révolution égyptienne de 2011, Tariq Ramadan raconte comment, après s'être rendu dans son pays d'origine pour y suivre ses études, il a failli être torturé par le pouvoir en place[10].

Le parcours universitaire et la manière dont il a obtenu ses diplômes ont fait l'objet d'une enquête de Ian Hamel, dans son ouvrage La Vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie, ouvrage considéré comme faisant référence et jamais démenti, malgré les reproches adressés par Ramadan à l'auteur, qui relève plusieurs inexactitudes dans le récit qu'en donne Ramadan[11].

Riposte laïque[non pertinent] n'hésite pas à le qualifier d'imposteur[12] et ajoute : « Il est certes actuellement titulaire d’une chaire d’islamologie à Oxford… chaire qui a été créée de toutes pièces et payée pour lui par l’émir du Qatar », rappelant aussi une déclaration d'Antoine Sfeir : « Ramadan est un imposteur, ce n’est pas un universitaire, c’est à peine un maître d’école. »[13]

Carrière[modifier | modifier le code]

À partir de 1992, il donne des conférences en France. Ainsi, il participe en 1993 et 1994 au congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF)[réf. nécessaire]. En 1995, dans le contexte des attentats commis par le Groupe islamique armé, le ministre de l’intérieur Charles Pasqua lance une interdiction de séjour à son encontre mais celle-ci est finalement levée car insuffisamment motivée[14]. Il est également chargé de cours d'islamologie à l'université de Fribourg de 1996 à 2003[15]. L'université catholique de Notre-Dame à South Bend dans l'Indiana lui offre au début de l'année 2004 une double chaire permanente de sciences islamiques (il est également attaché au Joan B. Kroc Institute pour enseigner sur « les relations entre les religions, les conflits et la promotion de la paix »)[16].

En 2005, il signe l'appel des Indigènes de la République, qui dénonce la France comme un État n'assumant pas son passé colonial[réf. souhaitée].

À la suite des attentats de Londres du 7 juillet 2005, Tariq Ramadan est invité à participer à un groupe de réflexion lancé par le Premier ministre Tony Blair sur le problème de l'extrémisme islamique au Royaume-Uni[14]. La même année, il obtient une bourse universitaire pour intégrer en tant que professeur invité le centre d'études proche-orientales (Middle East Center, MEC) du St Antony's College, Oxford (en)[14].

Tariq Ramadan est titulaire d'une chaire d'études islamiques contemporaines[a] à l'Institut oriental (en) de l'université d'Oxford, financée par la Fondation du Qatar[18]. D'après le chercheur à Sciences Po Lyon et spécialiste du Qatar, Haounes Seniguer, « c'est au prédicateur Youssef al-Qaradâwî que Tariq Ramadan doit en partie sa nomination en tant que professeur en études islamiques contemporaines au St Anthony’s College »[19],[20]. D'après Nicolas Beau et Jacques-marie Bourget cette chaire est échue en 2013[21].

Il est directeur du Centre de Recherche sur la Législation Islamique et l’Éthique (CILE), fondé en 2011 au sein de la Faculté des Études Islamiques, à Doha (Qatar), professeur invité à la Faculté d’Études islamiques (Qatar), à l’Université Mundiapolis (Maroc), où il enseigne la philosophie, chercheur (Research fellow (en)) à l’université Dōshisha (Kyoto, Japon)[22],[6],[23]. Il est également président du think tank European Muslim Network, membre de l’Union internationale des savants musulmans[14], et membre du groupe consultatif sur la liberté de religion ou de croyance du bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth[24].

Famille[modifier | modifier le code]

Marié en 1986 à une Française de 18 ans d'origine bretonne convertie à l'islam, Tariq Ramadan est père de quatre enfants de nationalité française[20],[14],[1].

Son frère, Hani Ramadan, réside à Genève où il dirige le Centre islamique de Genève. Il s'est fait remarquer après avoir publié un article sur la charia dans Le Monde, dans lequel il dit de la lapidation qu'« elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification[25] ». Tariq Ramadan s'est à plusieurs reprises distancié des propos de son frère, d'après Ian Hamel ; « Les deux frères ont des approches non seulement dissemblables mais opposées[11] ».

Idées et prises de position[modifier | modifier le code]

Identité musulmane et laïcité[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan se fait connaître en France[réf. nécessaire] en 1994, après la publication d'un ouvrage intitulé Les Musulmans dans la laïcité. Il plaide pour que les musulmans vivant en Occident ne se considèrent plus comme des étrangers, ou comme des résidents temporaires mais comme des citoyens à part entière. Selon lui, ce changement de mentalité doit éviter toute aliénation : il réclame le droit d'« être musulman européen » (titre d'un autre de ses livres), demandant aux parents immigrés de ne pas confondre culture et religion. Dans son livre « Peut-on vivre avec l'islam » il dit que le musulman ne se définit pas par ses croyances mais par ses pratiques, et que la pratique régulière, et en toute légalité, des rites musulmans en Europe, est à l'origine de tensions sociales parce qu'elle est ressentie comme un refus d'intégration plutôt que le contraire qui est l'auto-détermination en tant que musulman européen. Il considère que les musulmans devraient être des citoyens actifs, et agir contre l'injustice dans le cadre des différentes associations (syndicats, parents d'élève etc). Il ressent une sympathie pour certaines des analyses de Karl Marx (« Je n'arrête pas de dire qu'on a trop vite fait d'enterrer Marx »[26]).

Ramadan déclare ne voir aucun conflit entre « être musulman » et « être un citoyen à part entière » dans les pays occidentaux[réf. nécessaire]. Il préconise aussi que les intellectuels musulmans occidentaux soient versés dans les manières occidentales, et non uniquement dans des études religieuses provenant de pays musulmans[réf. nécessaire].

Tariq Ramadan enseigne un respect du Coran, lui-même entendu selon une lecture qui d'abord respecte la tradition et son sens fondamental, pour la distinguer d'une autre lecture, rationaliste, et qui pourrait s'accorder avec la tradition du rationalisme occidental et chercherait à s'accorder avec celle-ci. Pour lui le plus important, c'est l'effort d'interprétation - ijtihad - que doivent accomplir les musulmans, ne pas avoir une lecture du Coran littérale, mais au contraire, prendre compte du contexte historique et actuel des lois et traditions islamiques[27]. En effet, il déclare par exemple, en novembre 2003 sur la radio Beur FM : « Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafiste au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman. »

Dans son livre Les Musulmans dans la laïcité, il écrit : « Un musulman, résident ou citoyen, doit se considérer sous l'effet d'un contrat à la fois moral et social avec le pays où il séjourne. En d'autres termes, il se doit d'en respecter les lois. » Il est notamment critiqué par la journaliste et essayiste Caroline Fourest qui, dans son ouvrage Frère Tariq, rapporte que Tariq Ramadan, dans une cassette intitulée Vivre en Occident, estime qu'un musulman doit observer les lois du pays où il habite seulement dans la mesure où celles-ci ne s'opposent pas à un principe de l'islam. Tariq Ramadan soutient à ce sujet qu'il précise ultérieurement, dans la même cassette, que c'est le cas des démocraties occidentales. Voir pourtant l'article Déclaration des droits de l’homme en islam.

Tariq Ramadan considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d'organisation terroriste par l'Union européenne. Au printemps 2009, il signe la pétition de la Belge Nadine Rosa-Rosso intitulée : Appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes[28]. Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Tariq Ramadan s'est déclaré personnellement en faveur non de la solution dite de « deux États pour deux peuples », mais en faveur « d'un seul État, dans lequel tout le monde vit »[29].

La société plurielle est un fait[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Mon intime conviction publié en 2009, Ramadan explique qu'il refuse de jouer à ces jeux réducteurs, où il s'agit de dire clairement et sans nuance, si l'on est d'abord musulman, ou d'abord Européen. D'après lui, la question n'a pas de sens. « Dans l'ordre religieux et philosophique, celui qui donne sens à la vie, l'être humain est d'abord athée, bouddhiste, juif, chrétien et musulman : son passeport, sa nationalité ne répondent pas à la question existentielle. Quand il faut voter pour un candidat, l'individu a une identité citoyenne, et il est d'abord un Américain, un Italien, un Français ou un Britannique s'engageant dans les affaires de son pays. Selon l'ordre ou le champ d'activité, l'individu a donc d'abord telle ou telle identité, sans que cela soit contradictoire. »[30] À titre d'illustration, il explique qu'un poète végétarien interviendra, dans un cercle de poésie, en sa qualité de poète, mais s'identifiera ensuite comme un végétarien, quand il passera à table.

Ramadan va encore plus loin dans la définition de son identité personnelle. « Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d'adoption. »[31]

Pour Ramadan la société plurielle et pluraliste est un fait. Il ne s'agit plus d'être pour ou contre, mais de faire avec. « Le défi de la diversité exige des solutions pratiques et impose aux citoyens, aux intellectuels comme aux représentants religieux, de développer un esprit critique et nuancé, toujours ouvert à l'évolution, à l'analyse et, bien sûr, à l'autocritique.

Médiateur entre les univers occidentaux et islamique[modifier | modifier le code]

Ramadan explique qu'il s'intéresse à ces questions depuis plus de deux décennies, essayant de « construire des ponts, d'expliquer et de faire mieux comprendre l'islam au monde musulman autant qu'à l'Occident ».

Il se voit dans le rôle de médiateur entre les univers occidental et islamique, entre leurs cultures et leurs croyances religieuses respectives. Il assume pleinement sa religion musulmane et sa culture occidentale, et affirme que « les valeurs et les espoirs communs sont plus essentiels et plus nombreux que les différences. » Son objectif est « de montrer, théoriquement autant que pratiquement, que l'on peut être tout à la fois pleinement musulman et occidental et que, au-delà de nos différences apparentes, nous partageons beaucoup de valeurs à partir desquelles le « vivre ensemble » est possible dans nos sociétés pluralistes, multiculturelles, et où coexistent plusieurs religions. »[32]

Un message, il le sait bien, « difficile à faire entendre en ces temps de débats passionnés, où les voix se confondent et la surdité se généralise. »[33]

« Un médiateur », explique-t-il, « est un pont, et un pont n'appartient jamais à une seule rive. Il est toujours un peu trop de « l'autre côté », toujours soupçonné de « double » loyauté. Ainsi, j'étais toujours « un peu trop occidentalisé » pour certains musulmans, et « un peu trop musulman » pour quelques Occidentaux. Des deux côtés de la rivière, le médiateur doit donc prouver sa pleine appartenance. Lorsque la passion et l'émotivité l'emportent et colonisent les débats, l'intervention nuancée, critique et autocritique, devient suspecte, et la nuance est vite perçue comme de l'ambiguïté. Le médiateur se voit l'objet de projections qui sont parfois dues à une longue histoire, à des contentieux et des traumas profonds. Rien n'est simple : vous vous faites des « ennemis » des deux côtés, et l'on vous traite parfois de traître ou de « vendu », voire de manipulateur adepte du « double discours »[33].

Position sur l'identité nationale[modifier | modifier le code]

Pour Ramadan, il n'y a pas d'identité nationale. Il s'explique : « Nous avons des identités multiples et en mouvement, et rien ne s'oppose (religieusement, légalement ou culturellement) à ce qu'une femme ou un homme soit à la fois européen(ne) ou américain(e) et musulman(e). L'islam est bien sûr un et unique sur le plan des principes religieux fondateurs, mais il intègre diversité d'interprétations et pluralité des cultures. Son universalité provient d'ailleurs de cette capacité à intégrer la diversité dans son unicité fondatrice. »[34]

Le problème résulte du fait qu'il existe « une confusion de taille entre le donné culturel et la référence religieuse : pour beaucoup, être et rester musulmans signifie être musulmans comme ils l'avaient été au Maroc, en Algérie, en Égypte, au Liban, au Pakistan ou en Turquie. […] Pour beaucoup… il ne pouvait être question de prendre la nationalité du pays d'accueil puisqu'un jour ils retourneraient « chez eux »[35].

Mais, une ou deux générations après l'arrivée des premiers immigrés musulmans dans les pays occidentaux, en Europe et en Amérique, les choses ont, déjà, radicalement changé. La deuxième génération, puis la troisième, se sont imprégnées de la langue et de la culture du pays natal occidental, se considérant, sur le plan culturel, comme des Français, des Britanniques, des Américains ou des Canadiens. Ils se sentent chez eux dans cet environnement occidental, y font leur vie en fonction de leurs capacités et de leurs ambitions, et essaient d'y préparer un avenir encore meilleur pour leurs enfants[36].

« Les nouvelles générations sont, dans leur grande majorité, pleinement musulmanes quant à la religion, et pleinement occidentales quant à la culture. Cela ne leur pose aucun problème, » observe Ramadan[37]. « L'islam occidental est aujourd'hui une réalité. »[36]

Sur le plan religieux, la sécularisation et la laïcité qui prévalent dans les pays occidentaux assurent le pluralisme religieux. Les droits fondamentaux des individus en matière de liberté de conscience et de liberté de culte sont reconnus et protégés par les lois nationales. Les citoyens musulmans peuvent, de ce fait, librement exercer leur culte, à l'instar de toutes les autres religions pratiquées dans le pays. Ils doivent, en cas de besoin, s'assurer qu'à l'application, un traitement juste et égalitaire est effectivement respecté entre les différentes religions[38]. En contrepartie, ils doivent, de leur côté, respecter ces lois, évidemment. Pour Ramadan, « il appartient aux individus musulmans d'être – et de devenir – des citoyens engagés qui connaissent leurs responsabilités et leurs droits. Dépassant le réflexe minoritaire ou la tentation victimaire, ils ont les moyens d'accéder à une nouvelle ère de leur histoire. En effet, pour ceux qui sont nés en Occident – ou qui y sont des citoyens -, il n'est plus question d'« immigration », « d' « installation » ou d'« intégration », mais bien de « participation » et de « contribution ».

«nous sommes passés, et que nous devons passer, à l'ère du discours de la « post-intégration » : il faut désormais établir un sens profond et assumé de l'appartenance. C'est le nouveau « nous » que j'appelle de mes vœux, et qui déjà est une réalité dans certaines expériences locales. »[39]

Défis que les Occidentaux musulmans doivent relever[modifier | modifier le code]

Dans Mon intime conviction, Ramadan passe en revue, entre autres, les défis auxquels les musulmans sont confrontés dans les pays occidentaux. Les vrais défis se situent, pour lui, dans de tout autres domaines que ceux des mosquées, des imams ou des écoles privées musulmanes.

En tout premier lieu se pose la question de la charia. D'après lui, cette dernière n'est ni un « système », ni un « corps de lois islamiques fermées »[40], mais bien plutôt la « Voie de la fidélité aux objectifs de l'Islam » (qui sont de protéger la vie, la dignité, la justice, l'égalité, la paix, la nature, etc.). Toutes les lois qui protègent la vie et la dignité humaines, promeuvent la justice et l'égalité, imposent le respect de la nature, etc. sont, d'après Ramadan, « ma shari'a appliquée dans ma société même si celle-ci n'est pas majoritairement musulmane ou que ces lois n'ont pas été pensées et produites par des savants musulmans. Je suis dans la Voie puisque ces lois me permettent d'être fidèle à ses objectifs fondamentaux et donc d'être fidèle au message et aux principes de l'islam. »[41]

En deuxième lieu, les musulmans qui sont déjà des citoyens d'un pays européen ne doivent plus se laisser traiter de « minorités » car, souligne Ramadan, il n'existe pas, en droit européen, de « citoyenneté minoritaire » ! Ils sont des citoyens à part entière, quelle que soit leur religion et leur culture. Ils doivent donc lutter contre cette mentalité de « minoritaires » et s'inscrire pleinement dans la participation citoyenne sur un pied d'égalité avec la « majorité » de la population[42]. Ils doivent établir clairement qu'ils sont chez eux en Occident, et qu'il s'agit de suivre la Voie de la fidélité aux principes supérieurs de l'islam ici comme ailleurs. Ils doivent, de cette manière, se prendre en charge et se libérer de la mentalité de victime[43].

Au lieu de blâmer constamment « la-société-qui-ne-nous-aime-pas », « l'islamophobie », ou encore le « racisme », justifiant ainsi leur passivité face aux défis auxquels ils sont confrontés, ils doivent « s'engager en tant que citoyens et lutter contre les injustices, le racisme, la discrimination, les discours populistes de stigmatisation et les hypocrisies. »[43]

Ils ne doivent pas, à cet égard, se limiter aux questions qui concernent spécifiquement la religion ou la communauté musulmanes, mais s'intéresser plus généralement à toutes les questions de société qui concernent l'ensemble de la population (telles que les questions sociales, l'enseignement, le chômage et l'emploi, la délinquance, la violence urbaine, les activités des partis politiques, les relations internationales, etc.)[44]

Ils doivent également repenser l'éducation islamique donnée à leurs enfants, tant dans son contenu que dans sa forme, afin de la replacer dans le contexte de leur environnement occidental, en tenant spécifiquement compte des nombreux défis qui se posent aux musulmans d'Occident. Ils doivent, dans ce contexte, se préoccuper de comprendre les facteurs qui poussent les jeunes à adopter des interprétations extrémistes de la religion, voire à s'engager parfois dans des actes de violence.

Droits légitimes de la femme musulmane[modifier | modifier le code]

Par cette formule, Ramadan précise que « l'islam n'a pas de problème avec les femmes »[45]. À son avis, les théologiens ont procédé, au cours des siècles, à une lecture littéraliste du Coran et des traditions du Prophète. Ils ont figé le Texte hors de son contexte, ne tenant guère compte, ce faisant, des finalités du message global de la Révélation[46].

Les coutumes et traditions ont été confondues avec les prescriptions religieuses, et on en est arrivé à justifier des pratiques culturelles qui n'étaient pas « islamiques » telles que l'excision des femmes, les mariages forcés ou les crimes d'honneur[47].

Ramadan estime que les femmes doivent s'engager elles-mêmes dans un travail critique approfondi de leur situation dans la communauté musulmane, « en acquérant les connaissances religieuses nécessaires pour développer des lectures féminines nouvelles. Il faut qu'elles soient présentes dans les espaces de décision de la communauté religieuse, dans les organisations, les conseils de gestion des mosquées, etc. On doit bousculer les choses pour que les femmes trouvent leur juste place, mais elles doivent aussi se mobiliser : elles n'obtiendront rien si, de leur côté, elles cultivent une attitude de victimes. On le voit aujourd'hui, partout où les femmes ont accès à l'instruction, à l'éducation islamique, et même à l'engagement communautaire et social, elles font mieux que les hommes : meilleurs résultats, plus d'engagement, plus de rigueur et de sérieux. La réalité et les chiffres parlent d'eux-mêmes. »[48]

Les femmes doivent avoir accès au travail et obtenir un salaire égal à celui des hommes, à compétence égale. Les discriminations à l'emploi des femmes, pour les raisons les plus diverses, doivent être refusées et combattues. Ce combat pour la reconnaissance des droits des femmes musulmanes doit être mené de l'intérieur du système islamique pour avoir quelque chance de succès, et doit mobiliser les efforts de l'ensemble des membres de la communauté. Les hommes doivent accepter, à cet égard, le fait que « garantir la liberté de la femme signifie accepter que celle-ci puisse faire un choix que l'on comprend ou un autre que l'on ne comprend pas »[49].

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

Dans une tribune du Monde du , intitulée « Existe-t-il un antisémitisme islamique ? », Tariq Ramadan écrit :

« Les musulmans, au nom de leur conscience et de leur foi, se doivent de prendre une position claire en refusant qu'une atmosphère délétère s'installe en France. Rien dans l'islam ne peut légitimer la xénophobie et le rejet d'un être humain par le seul fait de sa religion ou de son appartenance. Ce qu'il faut dire avec force et détermination, c'est que l'antisémitisme est inacceptable et indéfendable. Le message de l'islam impose le respect de la religion et de la spiritualité juives, considérées comme la noble expression des “gens du Livre”[50]. »

Loi sur les signes religieux[modifier | modifier le code]

Sur la laïcité, Tariq Ramadan déclare : « Ma pensée a évolué. Je considère que la loi de 1905 convient parfaitement à l'intégration de l'islam. Il suffit de l'appliquer de manière simple et égalitaire. »

Peu après, Tariq Ramadan intervient dans les débats concernant la loi française sur les signes religieux : avant le vote de ladite loi, il engage ceux qui le suivent à s'opposer à cette loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur oumma.com[51], il déclare :

« La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. […] il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé. »

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur — à l'époque, Nicolas Sarkozy — lors de l'émission 100 minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « elles peuvent enlever le voile » ; alors que Sarkozy le coupe en demandant « on peut, ou on doit ? », Ramadan répond que le point de vue de Nicolas Sarkozy « ne correspond pas à la loi de 1905 » ni à l'arrêt du Conseil d'État de 1989[52].

Châtiments corporels[modifier | modifier le code]

Sur le thème de la lapidation, il affirme : « Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique. » Il le rappelle en 2007, dans un débat avec Philippe de Villiers, dans l'émission française Ripostes. Tariq Ramadan condamne les lapidations dans cette même émission et déclare : « La position qui est la mienne aujourd'hui, c'est de faire en sorte que dans le monde musulman, on puisse cesser cela tout de suite. » À l'occasion de la même émission et pour être plus précis encore, c'est contre tous les châtiments corporels que Tariq Ramadan s'est opposé à savoir donc la lapidation contre les femmes, mais aussi contre les hommes ; contre la peine de mort et contre la torture.

Il défend sa position de moratoire en arguant ainsi : « Les pays musulmans prennent ces textes très au sérieux [...] il ne suffit pas de condamner pour faire avancer les choses [...] il faut ouvrir le débat et trouver une pédagogie [...] Ma position est l'arrêt total des châtiments corporels. »[53]

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Sur l'homosexualité, Tariq Ramadan rappelle que l'islam condamne de telles pratiques. Cependant, pour Ramadan, « on peut être en désaccord avec le comportement d'une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être ». Selon lui, « une personne qui prononce l'attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l'homosexualité, il n'appartient à personne de la sortir de l'islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu »[54]. Dans son livre Peut-on vivre avec l'islam, il souligne le fait qu'il existe un discours de rejet de l'homosexualité dans la plupart des grandes religions, qui n'hésitent pas à qualifier ce comportement de « perturbation » ou de « déséquilibre »[55]. Haouès Seniguer et Bakary Sambe considèrent toutefois que les déclarations de Ramadan demandant à ne pas juger les homosexuels ne constituent qu'une « des multiples stratégies marketing déployées de longue date par T. Ramadan » bien davantage à destination de ses détracteurs en France qu'à destination de ses interlocuteurs apparents et relèveraient du double langage dont il est selon eux coutumier[56].

Le 17 avril 2014, dans l'émission Bourdin Direct, Tariq Ramadan déclare : « La question de l’homosexualité doit être posée dans des termes de philosophie de vie : je pense que ce n'est pas ce que je considère comme le projet divin, je pense que c’est quelque chose qui va à l’encontre de ma foi »[57]

Mariage mixte[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan distingue deux dimensions au mariage : le mariage entre deux personnes de religions différentes et l’union de deux cultures différentes. Concernant la dimension religieuse, pour lui les règles coraniques sont claires : le musulman peut se marier avec une juive ou une chrétienne mais la musulmane ne peut se marier qu'avec un musulman[58]. Cependant il ne faut pas frapper d’ostracisme une femme musulmane mariée avec un non-musulman : « elles sont et demeurent musulmanes et il n’y a lieu ni de les condamner ni de les juger ». Quant à l’union de deux cultures différentes Tariq Ramadan met en avant la difficulté de construire un couple à travers des cultures différentes et appelle à la prudence et au discernement mais il ajoute que « chacun est en droit de faire librement ses choix et ceux-ci doivent être respectés. »[59]

Position par rapport à l'État islamique[modifier | modifier le code]

Dans un entretien accordé le 28 septembre 2014 à la RTS, Tariq Ramadan condamne avec fermeté l'État islamique. Pour lui, la première des choses à faire est de ne pas assimiler l'État islamique à l'islam ; il pense que « le Qatar ou l'Arabie saoudite financent surtout des groupements salafistes qui sont en amont de ce qui peut par la suite entrainer la dérive vers la violence »[60].

Question du genre[modifier | modifier le code]

Le 17 avril 2014, dans l'émission Bourdin Direct, diffusée simultanément sur BFM TV et RMC, Tariq Ramadan déclare : « Oui, moi je suis absolument contre cette façon de faire [les Journées de retrait de l'école], je pense que ça ne résout rien, je pense que la question du genre il faut la poser. [...] J'ai entendu même qu'au nom de ce qui se passe à l'école, on retire les enfants. Mais non ! [...] Aujourd'hui, sur la question du genre, quand [à] moi, on me pose cette question-là, je dis : "mais même du point de vue de la référence musulmane, de toutes les références religieuses d'ailleurs (chrétiennes, juives…), qu'est-ce qu'on dit ? On dit : il y a des différences dans l'essence, dans la biologie, et puis il y a des constructions qui sont des constructions culturelles. Aujourd’hui, en tant que musulman, j’ai un vrai problème, moi, avec la construction culturelle des sociétés patriarcales qui font de ma religion une lecture plus patriarcale qu’effectivement islamique. »[57].

Controverses liées à ses prises de position[modifier | modifier le code]

Selon Mathieu Magnaudeix, Tariq Ramadan est, en France, un penseur entouré d'un « halo de soupçon [qui] provoque des polémiques comme nulle part ailleurs », « Depuis 1995, il est honni par une grande partie de l’establishment français qui le soupçonne de communautarisme et d'islamisme radical »[61].

Il est entre autres critiqué par des intellectuels et hommes politiques et organisations de droite comme de gauche[62]. Lui sont reprochés un « double langage », des ambiguïtés — notamment sur les droits des femmes, homosexualité, la lapidation et les châtiments corporels — qui masqueraient son fondamentalisme, ou des propos antisémites (cf. la polémique sur les « nouveaux intellectuels communautaires »). Ses critiques vont de l'extrême-gauche à la droite : Lutte ouvrière, Bernard Cassen (Attac), Max Gallo, Manuel Valls (PS), Alexandre del Valle (UMP), des organisations féministes comme le mouvement pro-choix .

Tariq Ramadan est défendu par d'autres personnalités, comme François Burgat[63] qui estime qu'il n'est ni sexiste, ni antisémite, ni islamiste. Le journaliste Ian Hamel estime en janvier 2005 qu'il existe en France une campagne anti-Ramadan[64]. Cela n'a pas empêché Tariq Ramadan de critiquer vivement la biographie que Hamel lui avait consacré, reprochant notamment au journaliste de qualifier les Frères musulmans « d'idéologie totalitaire ».

Accusation de double discours[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de journalistes et d'essayistes lui reprochent la contradiction suivante : il prône la stricte observance du Coran et des Hadîths, alors que par ailleurs il prétend concilier l'appartenance musulmane avec le mode de vie et les lois laïcs des sociétés européennes [65]. D'autre lui reproche d'être un « maître du double langage » en déclarant une chose au public non musulman et une autre, différente, au public musulman . Accusations reprises entre autres par les journalistes Caroline Fourest, Soheib Bencheikh, Antoine Sfeir ou Mohamed Sifaoui[66].

En 2002, Le politologue et journaliste Antoine Sfeir écrit dans une revue lyonnaise que Ramadan est un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur » et un « spécialiste du double langage ». Tariq Ramadan répond en lui intentant un procès en diffamation][67] . À l'audience des témoins appuient l'accusation de double discours dont le journaliste Mohamed Sifaoui, pour qui « ce que dit Antoine Sfeir est en deçà de la réalité ». Le tribunal en première instance et en appel relaxe le journaliste au bénéfice de la bonne foi.

En 2003 la philosophe Cynthia Fleury et l'essayiste Emmanuel Lemieux dénonce ce qu'ils appellent "l'entrisme" de Tariq Ramadan dans un long article parut dans libération : Pour déconstruire la "spiritualité" de Tariq Ramadan, il faut rappeler qu'il désire qu'elle fasse "autorité" sur la société ; que son "espace de témoignage" n'a rien d'un lieu de débats entre non-musulmans et musulmans, mais tout d'une islamisation de l'Occident, véritable nom de l'occidentalisation de l'islam »[68] .

En 2010 , Le chercheur Pierre-André Taguieff (conseiller du Conseil représentatif des institutions juives de France) voit en Tariq Ramadan un homme au « double visage »[69] et relève ces propos diffusés par cassette audio : « La crainte pour les musulmans en Occident, c'est que les musulmans répondent à l'Occident et ne répondent pas à Dieu. Or il faut répondre à Dieu et ce sera notre réponse à l'Occident[70]. »

À propos de l'attentat de Paris contre Charlie Hebdo en janvier 2015, le quotidien genevois Le Temps accuse l'islamologue de traiter " Charlie Hebdo" sur les radios étrangères "comme un journal de lâcheté et de faire de l'argent sur l'islam", alors qu'en France paradoxalement, il prône l'apaisement en déclarant à propos des caricatures du même journal "Même si notre cœur est blessé, notre intelligence doit avoir la dignité de ne pas répondre et de regarder au-delà " [71].

Aux accusations de double discours, Tariq Ramadan répond qu’il est confronté à un auditoire varié et du fait de cette diversité (musulmans, non-musulmans, groupes sociaux ) ses propos restent inchangés mais son langage et ses références sont adaptés à son public et ses interlocuteurs. Il explique que certains de ces accusateurs ne s’en tiennent qu’à l’énoncé littéral des sources qu’il donne, sans prendre en compte son avis sur ces mêmes sources. Tariq Ramadan affirme qu'il n'a pas de double discours mais plutôt que ces accusateurs ont une double audition, qu'ils voient dans l'islam une religion archaïque et violente, et que par conséquent, ils sont rétifs à la notion d’un islam ouvert[72]

Controverse avec la journaliste Caroline Fourest[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest publie en octobre 2004 Frère Tariq[73] dans lequel elle affirme que, dans la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées sous forme de cassettes, Tariq Ramadan est fondamentalement plus intégriste que réformiste. Tariq Ramadan a répondu[74] que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte. Il estime également que l’ouvrage de Caroline Fourest comporte un certain nombre de contre-vérités.

En 2005, la journaliste dénonce dans les colonnes du journal Le Monde l’hypocrisie de l'appel de Tariq Ramadan appelant à un moratoire sur la lapidation. elle l'accuse de contribuer "à donner le sentiment aux musulmans européens (les seuls sur qui il a une emprise) qu'on peut tergiverser pour savoir s'il faut, ou non, lapider des adultères et battre sa femme"[75].

Un débat a confronté les deux protagonistes au cours de l'émission de fin de soirée, Ce soir (ou jamais !), présentée par Frédéric Taddeï sur France 3 et dans une émission documentaire de France Culture, Sur les docks intitulé « Tariq Ramadan et son Double » animée par Caroline Fourest [76].

Le , dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier, Tariq Ramadan met vivement en cause Caroline Fourest. la journaliste répond en affirmant que Tariq Ramadan aurait menti cinq fois au cours de cette émission, y compris à son sujet et au sujet de son livre [77] : « Tariq Ramadan prétend que j’ai déformé ses propos sur l’homosexualité en vue de lui donner un sens opposé à ses idées. C’est totalement faux. En lisant l’intégralité du passage en question, vous vous rendrez compte que, loin de désapprouver la position des fondamentalistes homophobes, Ramadan se contente de ne pas approuver le fait que l’on aille jusqu’à traiter les homosexuels de « malades »… tout en considérant l’homosexualité comme un déséquilibre à combattre[55]. » Tariq Ramadan dit dans le débat qui l'a opposé à Caroline Fourest qu'il faut absolument respecter les homosexuels et que personne ne peut les juger. Cependant, il ajoute qu'en tant qu' homme de religion, il ne peut pas approuver l'homosexualité, bien qu'il respecte leurs « choix »[78].

Accusation d'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Ramadan a entretenu des liens avec le mouvement altermondialiste. Invité au Forum social européen (FSE) de Paris en 2003, il publie sur le forum de discussion du FSE un texte polémique, qui fait naître l'accusation d'antisémitisme portée contre lui. Ce texte, Critiques des (nouveaux) intellectuels communautaires[79], avait dans un premier temps été envoyé aux quotidiens Le Monde et Libération, qui en avaient refusé la publication. Ramadan y affirme que plusieurs intellectuels juifs (comme Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann ou Bernard Kouchner) ne seraient plus des intellectuels universalistes défendant les droits de l'homme universels, mais développeraient des analyses communautaristes, dictées uniquement par le soutien à Israël (« On perçoit clairement que leur positionnement politique répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël »). Ce soutien les aurait amenés à soutenir la guerre d'Irak. Établissant une équivalence entre terrorisme islamiste et politique en Israël, il écrit : « S’il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu’ils condamnent, au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l’antisémitisme et les États musulmans dictatoriaux de l’Arabie saoudite au Pakistan ; on n’en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu’ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l’État d’Israël. »

Cette dénonciation d'intellectuels, sa forme, la globalisation de ses critiques (Pierre-André Taguieff n'a pas d'origines juives mais dont « tous les amis de la famille étaient des Juifs d'Europe de l’Est, marqués par l'expérience nazie ») et ce qu'il attribue à chacune des personnalités citées lui ont valu des réponses critiques de plusieurs intellectuels et éditorialistes, dont Alain Finkielkraut[80] ou Bernard-Henri Lévy[81] ; Lévy lui reproche notamment de produire des « énoncés antisémites » et invite les mouvements altermondialistes à prendre leurs distances avec lui. André Glucksmann répond dans l'article « Une obsession antisémite »[82]. Toujours dans le Nouvel Observateur, trois responsables du PS, Manuel Valls, Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon demandent — en vain — l'exclusion de Tariq Ramadan du Forum social européen[83].

Dans la polémique, Tariq Ramadan a également trouvé des défenseurs, dont Alain Gresh, Edgar Morin, Sonia Dayan, Raphaël Liogier, José Bové, le journaliste Daniel Mermet, Noël Mamère[84], Denis Sieffert, directeur de rédaction de l'hebdomadaire Politis, qui reprenait à son compte une partie de ses arguments :

«  Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels « juifs français », ou « nationalistes », « de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice ». Il leur reproche une indignation sélective. Or, c'est un fait que l'on n'a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore Taguieff condamner la politique de répression de Sharon. »

Tariq Ramadan expliquera dans son entretien avec le journaliste Aziz Zemouri, que si les journaux Le Monde et Libération ont refusé le texte, les deux journaux n'ont pas invoqué le caractère antisémite[85].

Controverse aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

En 2007, l’université de Leyde des Pays-Bas lui propose d'occuper la chaire d’islamologie financée par le sultanat d'Oman[86]. Tariq Ramadan refuse ce poste, mais la même année, il est recruté comme consultant sur les questions d'intégration par la mairie de Rotterdam et comme "professeur invité" par l'université de cette ville.

Son poste à la mairie est menacé une première fois, en , lorsqu'un média néerlandais lui attribue des propos homophobes et sexistes. Son contrat de conseiller de la municipalité de Rotterdam, chargé de « stimuler » le débat sur l'immigration, est au cœur d'une vive polémique qui entraîne une scission au sein de la coalition qui gouverne la ville. Ses propos au sujet des homosexuels et des femmes, son rôle réel dans la communauté musulmane et ses conceptions quant à la place de l'islam dans les sociétés européennes sont au cœur de cette polémique[87]. Mais après enquête, la mairie de Rotterdam lui renouvelle sa confiance, considérant que les propos rapportés par Gay Krant sont inexacts, incomplets et sortis de leur contexte [88].

En Les deux institutions (la mairie et l'université) le renvoient en raison de sa participation aux programmes de Press TV, une chaîne de télévision financée par le régime iranien[89]. Ramadan, en réponse, accuse ses détracteurs de se servir de son cas à des fins électoralistes[90]. Un certain nombre de fonctionnaires de l’Université Erasmus protestent contre la façon dont l’université uni ses forces avec la municipalité de Rotterdam pour renvoyer Tariq Ramadan : selon eux il s’agit d’une atteinte à la liberté académique[91]. Dans un communiqué cosigné par plusieurs professeurs et chercheurs, il est dit que « l'université doit représenter le raisonnement objectif même lorsque les émotions sont vives. Un débat s’impose et non un licenciement » affirmant que « Ramadan est un homme qui croit dans un débat ouvert et constructif en toutes circonstances » et rappelant que « le programme [mis en cause] ne fait aucune propagande en faveur du régime d’Ahmadinejad ; Ramadan a d’ailleurs condamné la politique de répression de ce gouvernement. »[92] »[93],[94].

Le 11 août 2010, le tribunal de Rotterdam statue et estime que le licenciement de Tariq Ramadan est conforme : l'intéressé n'était pas fondé à réclamer des dommages et intérêts pour la mise en cause de son honneur et de sa réputation tout en considérant que la ville avait pu, à juste titre, invoquer « l'agitation sociale » résultant de l'affaire, sans qu'il faille considérer les propos comme offensants[95]. Tariq Ramadan, en réponse, reproche au tribunal de ne pas avoir pris en compte ses arguments (la promptitude de son licenciement, dû au climat populiste de l'époque alors qu’il était absent, la non prise en compte de la nature de l’émission, ainsi que de ses critiques à l’égard du régime iranien, et, donc, de son indépendance vis-à-vis de ce dernier), il accuse clairement le tribunal d'avoir pris une décision tendancieuse motivée par « un climat politique malsain », ainsi que par le fait qu'il est musulman, et annonce qu'il fera appel de cette décision[96].

Le 8 novembre 2012, le Tribunal de Rotterdam donne raison à Tariq Ramadan, et statue que l’Université avait agi en contrevenant à ses droits. Cette dernière devra, non seulement couvrir les frais de justice mais également l’indemniser pour les dommages subis[97]. Le 19 mars 2013, le Tribunal de La Haye donne également raison à Tariq Ramadan contre la Ville de Rotterdam et demande à la Municipalité de l'indemniser pour les dommages subis.

Interdiction de séjour aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En août 2004, le gouvernement fédéral des États-Unis annule son visa de travail (obtenu en mai 2004) sans fournir d'explication, arguant que le Patriot Act autorise les États-Unis à prendre des mesures en cas de soupçon d'activité terroriste[réf. nécessaire]. D'après Mediapart, ce refus s'explique par « un don de 1 336 dollars à une association humanitaire proche du Hamas palestinien »[9]. À la suite de ce refus, de nombreux intellectuels américains, tels Noam Chomsky, signent une pétition pour dénoncer cette entrave à la liberté académique[réf. nécessaire]. Le , une cour d'appel de Manhattan donne raison à Tariq Ramadan sur cette affaire en estimant que les accusations portées à l'endroit du plaignant sont non-fondées[98]. Le , le département d'État des États-Unis prend la décision, dans un document signé par la secrétaire d'État Hillary Clinton, de ne plus considérer comme recevables les raisons qui empêchaient Tariq Ramadan d’entrer aux États-Unis[99].

Controverse sur sa demande de nationalité française[modifier | modifier le code]

Après avoir longtemps exclu de solliciter l'acquisition de la nationalité française pour ne « pas donner le sentiment [qu'il avait] quelque ambition » en France[14], il annonce sa volonté de la demander en février 2016[100],[101] afin de « donner un exemple concret et positif d'adhésion aux valeurs de la République », dans le contexte du projet de réforme sur la déchéance de la nationalité qu'il qualifie de « désastre constitutionnel »[14]. Certains éditorialistes y voient une provocation[102]. Le Premier ministre Manuel Valls répond en mai 2016 affirmant qu'il n'y a « aucune raison » pour que cette démarche soit acceptée, estimant que Ramadan ne partage pas les « valeurs » de la République[103].

Controverses sur la tenue de ses conférences en France[modifier | modifier le code]

En 2016, plusieurs maires ou associations s'opposent à sa venue pour des conférences. Ainsi, le PS, à Orléans, le 13 mars, Michel Thooris, à Nice, le 20 mars, et Alain Juppé, le 27 mars, à Bordeaux qui déclare : « les propos de Tariq Ramadan sont ambigus et dangereux. Il n'est pas le bienvenu à Bordeaux »[104],[105],[106].

En mars 2016, un juge administratif est saisi pour la première fois, par le Front national, sur la tenue d'une de ses conférences, qu'il autorise en rejetant le risque de trouble à l'ordre public[14].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

  • Récompensé d'une étoile de distinction dans le Publishers Weekly pour What I believe (traduction en anglais de Mon intime conviction)

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Être occidental et musulman aujourd’hui, Presses du Châtelet, septembre 2015 (ISBN 2845924186)
  • Au péril des idées, Edgard Morin/ Tariq Ramadan
  • Introduction à l'éthique islamique, Presses du Châtelet, avril 2015 (ISBN 9782845926073)
  • L'Islam et le Réveil arabe, Éd. Presses du Châtelet, novembre 2011 (ISBN 9782845923294)
  • Mon intime conviction, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2009, 183 p. (ISBN 9782845922907)
  • L'Autre en nous pour une philosophie du pluralisme, Éd. Presses du Châtelet, avril 2009, 278 p. (ISBN 2845922825)
  • Islam, la réforme radicale, éthique et libération, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 417 p. (ISBN 9782845922662)
  • Muhammad, Vie du Prophète, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 382 p. (ISBN 2845922019)
  • Mondialisation Résistances musulmanes, Éd. Tawhid, novembre 2003, 153 p. (ISBN 2848620161)
  • Les Musulmans d'occident et l'Avenir de l'islam, Éd. Sindbad, janvier 2003, 383 p. (ISBN 2742740058)
  • Jihâd, violence, guerre et paix en Islam, Questions Contemporaines no 5, Éd. Tawhid, décembre 2002, 79 p. (ISBN 284862048X)
  • Dar ash-shahada : L'Occident, espace du témoignage, Questions Contemporaines no 4, Éd. Tawhid, septembre 2002 (2e éd. juin 2004), 79 p. (ISBN 2848620471)
  • La Foi, la Voie et la Résistance, Questions Contemporaines no 3, Éd. Tawhid, septembre 2002 (2e éd. juin 2004), 79 p. (ISBN 2848620463)
  • Musulmans d'Occident : Construire et Contribuer, Questions Contemporaines no 2, Éd. Tawhid, septembre 2002 (2e éd. juin 2004), 69 p. (ISBN 2848620455)
  • De l'Islam, Éd. Tawhid, septembre 2002 (ISBN 2909087808)
  • Aux sources du renouveau musulman - D'al-Afghâni à Hassan al-Bannâ, un siècle de réformisme islamique, Éd. Tawhid, septembre 2002, 478 p. (ISBN 2909087972)
  • Entre l'Homme et son cœur…, Éd. Tawhid, septembre 2001 (2e éd. janvier 2005), 112 p. (ISBN 2909087670)
  • Islam : le face à face des civilisations - Quel projet pour quelle modernité ?, Éd. Tawhid, septembre 2001 (2e éd. janvier 2005), 385 p. (ISBN 2848620498)
  • L'Islam en questions, Éd. Actes Sud, oct. 2000, 231 p. (ISBN 2742737626)
  • Ouvrage collectif, La Spiritualité, un défi pour notre société - Convictions en dialogue et responsabilités communes, Éd. Tawhid & Réveil Publications, septembre 2000, 97 p. (ISBN 9782909087597)
  • L’Islam et les Musulmans, grandeur et décadence, Éd. Al Bouraq, avril 2000, 100 p. (ISBN 284161008X)
  • avec Jacques Neirynck, Peut-on vivre avec l'islam ? Le choc de la religion musulmane et des sociétés laïques et chrétiennes, Éd. Favre, avril 2000 (2e éd. mars 2004), 263 p. (ISBN 2828907848)
  • Être musulman européen : Étude des sources islamiques à la lumière du contexte européen, Éd. Tawhid, septembre 1999 (ISBN 2909087433)
  • Les Musulmans dans la laïcité : Responsabilités et droits des Musulmans dans les sociétés occidentales, Éd. Tawhid, 1994 (2e éd. septembre 1998), 217 p. (ISBN 2909087379)
  • Postface et annexes (avec Thierry Meyssan) de Yasser Arafat, intime d'Isabel Pisano, éditions Demi-lune, 2009 (ISBN 9782917112069)
  • Ouvrage collectif, Le Coran : Nouvelle traduction française du sens de ses versets, Éd. Tawhid, novembre 2006, 760 p. (ISBN 2848620854)
  • Traduction Le Saint Coran - Chapitre Amma avec la traduction en langue française du sens de ses versets (par Tariq Ramadan) et la translittération phonétique en caractères latins, Éd. Tawhid, septembre 2003 (ISBN 284862003X)
  • Yusuf Islam (trad. T. Ramadan), La Vie du dernier prophète, Éd. Tawhid, septembre 1999 (ISBN 2909087492)
  • (en) The Messenger, Éd. A.Lane (ISBN 0713999608)
  • (en) Western Muslims And the Future of Islam, Éd. Oxford University Press, États-Unis (ISBN 0195183568)
  • (en) Islam, the West, and Challenges of Modernity, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860373118)
  • (en) To Be a European Muslim, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860373002)
  • (en) Muslims in France, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860372995)
  • (en) In the Footsteps of the Prophet: Lessons from the Life of Muhammad, Éd. Oxford University Press, États-Unis (ISBN 0195308808)
  • (es) Reformismo Musulman, El - Desde Sus Origenes, Éd. Bellaterra (ISBN 8472901459)

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Cessons d'entretenir la méfiance sur la révolte des peuples musulmans. Les Occidentaux ont trop souvent soutenu les dictateurs pour donner des leçons », in Le Monde, samedi 12 février 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Domaines de recherche : « questions islamiques contemporaines liées au droit islamique, à la politique, à l'identité, à l'immigration, à l'éthique, au soufisme et aux défis contemporains islamiques dans les pays à majorité musulmane et à l'Ouest »[17]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sabrina Champenois, « Tariq Ramadan, versant inoffensif » sur Libération, 3 janvier 2016
  2. Edwy Plenel-Tariq Ramadan, entre démocratie et charia sur marianne.net
  3. Rappel à loi pour les Femen ayant perturbé une conférence de Tariq Ramadan sur lexpress.fr
  4. http://www.sant.ox.ac.uk/people/tariq-ramadan
  5. Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie, éditions Favre, 2007 ; voir sur saphirnews.com.
  6. a et b Ariane Bonzon, « Tariq Ramadan, une histoire très française », sur slate.fr, (consulté le 21 mai 2017)
  7. Ian Hamel, « Les deux visages de Tariq Ramadan », sur lepoint.fr,
  8. Amara Bamba, « La vérité sur Tariq Ramadan : Un excellent livre d'enquête », sur saphirnews.com,
  9. a et b Mathieu Magnaudeix, « Tariq Ramadan, «vitrine» consentante du Qatar (5/5) », sur mediapart.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  10. « Je suis de nationalité suisse mais d'origine égyptienne. Quand je suis rentré moi-même en Égypte au moment où je faisais mes études là-bas et que je critiquais ce pouvoir qui était anti-démocratique, on allait me frapper et me torturer en prison. C'est alors que le type dit à son collègue : “Non, non, lui il est étranger, il est Suisse.” Et qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont pris un homme devant moi, qu'ils ont massacré sous mes yeux pour me dire comment est-ce que l'on traite les Égyptiens » « Égypte : La crise égyptienne, Tariq Ramadan sur i TELE » [vidéo], sur youtube.com (consulté le 1er février 2011)
  11. a et b Ian Hamel : « Tariq Ramadan n’a pas de double discours. », Oumma.com, 30 janvier 2007
  12. http://ripostelaique.com/pretentions-ronflantes-de-tariq-ramadan.html
  13. Témoignage d'Antoine Sfeir à l'Assemblée Nationale sur Tariq Ramadan
  14. a, b, c, d, e, f, g et h Mathieu Magnaudeix, « Tariq Ramadan, enquête sur un épouvantail (1/5) », sur mediapart.fr, (consulté le 18 avril 2016).
  15. biographie sur un de ses livres
  16. La Croix, 29/01/2004.
  17. (en) « Tariq Ramadan », sur le site de la Faculty of oriental studies (Oxford), (consulté le 25 mai 2017)
  18. Willy Le Devin, « Tariq Ramadan : Je ne reçois aucune rémunération du Qatar », sur liberation.fr, , « Ma chaire d’Oxford est une chaire permanente, que le Qatar a certes financé, mais dont la gestion est sous l’autorité exclusive d’Oxford »
  19. « Ce qui est sûr, c'est que Tariq Ramadan ment effrontément en réfutant toute proximité avec le Qatar. Comme le rappelle un long portrait publié le mois dernier par Le Monde, c'est l'émirat qui a financé - par un don de deux millions de livres - la chaire de sciences islamiques contemporaines de l'université d'Oxford. » https://www.marianne.net/societe/tariq-ramadan-assure-quil-nest-pas-proche-du-qatar-sans-rire
  20. a et b Raphaëlle Bacqué et Besma Lahouri, « Tariq Ramadan, le sphinx », sur lemonde.fr,
  21. Le Vilain Petit Qatar: Cet ami qui nous veut du mal. Nicolas Beau, Jacques-Marie Bourget Fayard, 2013, page 201 (cité par Pierre Péan et Vanessa Ratignier dans «Une France sous influence: Quand le Qatar fait de notre pays son terrain de jeu», éditions Fayard, 2014
  22. « Tariq Ramadan : Directeur », sur cilecenter.org (consulté le 22 mai 2017)
  23. Hanan Ben Rhouma, « Tariq Ramadan : “La réforme radicale” passera par le Centre de recherche pour l'éthique au Qatar », in Saphir News.com, 16/02/2012, article en ligne
  24. (en) « Foreign Office Advisory Group on freedom of religion or belief », sur gov.uk,
  25. Hani Ramadan, « La charia incomprise »,
  26. in Socialisme international, no 12, mars 2005 Interview de Tarik Ramadan
  27. Conférence de Tariq Ramadan : « Réponses aux salafs »
  28. Interview Nadine Rosa-Rosso
  29. (article Nord Éclair, 8 janvier 2009) Gaza : depuis Lille, Tariq Ramadan appelle au « réveil des consciences » - Nord Éclair, l'actualité quotidienne du Nord-Pas-de-Calais, de la métropole lilloise à l'Artois
  30. Mon intime conviction, p. 57
  31. Mon intime conviction, p. 58
  32. Mon intime conviction, p. 37-38
  33. a et b Mon intime conviction, p. 30
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  41. Mon intime conviction, p. 86-87
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  48. Mon intime conviction, p. 96-97
  49. Mon intime conviction, p. 97
  50. Voir les archives du monde.fr du 22 décembre 2001 (version abonnée).
  51. Manifester pourquoi ?, 14 janvier 2004.
  52. YouTube - Sarkozy contre Tariq Ramadan (2).
  53. Tariq Ramadan, Émission : On n'est pas couché 27/09/09
  54. Tariq Ramadan, « Islam et Homosexualité », sur tariqramadan.com, (consulté le 1er février 2011)
  55. a et b Caroline Fourest, « Tariq Ramadan déforme ses propres citations… », sur wordpress.com,
  56. Tariq Ramadan et l'homosexualité, Haouès Seniguer & Bakary Sambe, Huffington Post, 21 juillet 2013
  57. a et b http://www.bfmtv.com/video/bfmtv/bourdin-direct/bourdin-direct-tariq-ramadan-17-04-191465/
  58. « Mariage mixte : que dit vraiment le Coran ? », sur http://oumma.com, (consulté le 26 septembre 2016)
  59. Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, Aziz Zemouri, éditions l'Archipel, p. 67 et 68
  60. [1] [2] [réf. incomplète]
  61. Mathieu Magnaudeix, 2016, « Tariq Ramadan, enquête sur un épouvantail (1/5) »
  62. Mathieu Magnaudeix, 2016, p. 1 : « Pour l’extrême droite, la droite et une grande partie de la gauche, il reste infréquentable et nourrit tous les fantasmes »
  63. « L'affaire Tariq Ramadan ... par François Burgat », sur forum.aufeminin.com (consulté le 11 février 2011)
  64. Article disponible en ligne à cette adresse
  65. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 416 et suivantes.
  66. Source
  67. Nicolas Mom, « Lyon Mag’ et Antoine Sfeir relaxés ! », sur SaphirNews, (consulté le 19 novembre 2009)
  68. « L'entrisme de Tariq Ramadan », sur http://www.liberation.fr/tribune/2003, (consulté le 25 septembre 2016)
  69. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 417 et suivantes.
  70. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2010, p. 422, et note 57 p. 662.
  71. « charlie-hebdo-docteur-tariq-et-mister-ramadan », sur Le point.fr, (consulté le 17 janvier 2015)
  72. Faut-il faire taire Tariq Ramadan?, Aziz Zemouri, édition l'Archipel, p.  65-71
  73. Frère Tariq, Prochoix, la revue pour le droit de choisir
  74. voir sur Oumma.com
  75. « Pour un "moratoire" sur Ramadan », sur http://www.lemonde.fr/idees, (consulté le 25 septembre 2016)
  76. Site sur France Culture. Écoutez l'émission.
  77. Le dernier show de Tariq Ramadan chez Ruquier, carolinefourest.wordpress.com
  78. Dailymotion - Tariq RAMADAN Vs Caroline FOUREST - 16/11/2009 - 1/4 - - une vidéo Actu et Politique
  79. Tariq Ramadan, « Critique des nouveaux intellectuels communautaires », (consulté le 30 juin 2008)
  80. in Le Figaro, 31 octobre 2003.
  81. Le Point www.lepoint.fr, Le Point.
  82. hebdo.nouvelobs.com, le Nouvel Observateur.
  83. Jean-Luc Mélenchon, Vincent Peillon et Manuel Valls, « Monsieur Ramadan ne peut pas être des nôtres », sur tempsreel.nouvelobs.com,
  84. Oumma.com
  85. Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan?, édition l'Archipel, p. 263-264
  86. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 422 et note 59, p. 662 : référence à Sabine Cessou, « Tariq Ramadan professeur aux Pays-Bas », Libération du 9/11/2007
  87. Le Monde.fr, Polémique autour de Tariq Ramadan, conseiller de la mairie de Rotterdam
  88. (nl) Site gay néerlandais, La municipalité de Rotterdam choisit le côté de Tariq Ramadan
  89. Rotterdam rompt avec Tariq Ramadan, Le Figaro
  90. Lettre ouverte à mes détracteurs aux Pays-Bas, site personnel de Tariq Ramadan
  91. Dutchnews.nl
  92. Tariqramadan.com
  93. Parool.nl
  94. Tariqramadan.com
  95. Tariq Ramadan débouté dans son procès contre la ville de Rotterdam, Le Monde en ligne, 11 août 2010
  96. Tariqramadan.com
  97. http://www.tariqramadan.com/spip.php?article12613
  98. investigativeproject.org
  99. http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10984
  100. « Soudain, Tariq Ramadan se prend de passion pour la nationalité française », sur L'Obs,
  101. « À Lille Tariq Ramadan exhorte les musulmans à prendre leurs responsabilités » sur msn.com.
  102. « Ces fois où Tariq Ramadan a donné "un exemple positif" de républicanisme », sur http://www.marianne.ne, (consulté le 26 septembre 2016)
  103. Arthur Berdah, « Manuel Valls dénonce à son tour l'«islamo-gauchisme» », lefigaro.fr, (consulté le 22 mai 2016)
  104. « Faut- il brûler Tariq Ramadan? », sur http://www.magcentre.fr, (consulté le 27 mars 2016)
  105. « Alain Juppé s'oppose à la venue de Tariq Ramadan à Bordeaux », sur http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2016/03/25/25005-20160325ARTFIG00174-alain-juppe-s-oppose-a-la-venue-de-tariq-ramadan-a-bordeaux.php, http://www.lefigaro.fr (consulté le 28 mars 2016)
  106. « Conférence de Tariq Ramadan pas interdite: "Le préfet était de son côté", accuse un élu FN », sur http://www.nicematin.com, (consulté le 27 mars 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire mondial de l'islamisme, ouvrage collectif, Éditions Plon, 2002, 438 p. (ISBN 2259197604)
  • Jack-Alain Léger, Tartuffe fait Ramadan, Éditions Denoël, 2003
  • Caroline Fourest, Frère Tariq : Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan, Éditions Grasset & Fasquelle, 2004, 450 p. (ISBN 2246667917)
  • Jack-Alain Léger, À contre Coran, éditions HC, collection « Hors de moi », mars 2004
  • Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L'Archipel, 2005, 382 p. (ISBN 2841876470)
  • Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 416-424
  • Paul Landau, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquête de l'Europe, Éditions du Rocher, 2005, 230 p. (ISBN 978-2268053172)
  • Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie, Éditions Favre, 2007, 364 p. (ISBN 2-8289-0941-7)
  • Mâamar Metmati, Tarik Ramadan, un imposteur du XXIe siècle : Édition français-anglais-arabe,

Éditions La Lanterne, 2010.

Articles[modifier | modifier le code]

  • La Croix, 29 janvier 2004
  • Lionel Favrot, « Tariq Ramadan dévoilé », hors-série de Lyon Mag, 2004, 297 p.
  • Raphaëlle Bacqué et Besma Lahouri, « Tariq Ramadan, le sphinx », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Mathieu Magnaudeix, « Enquête sur Tariq Ramadan : En cinq volets, Mediapart revient sur les faits mais aussi les fantasmes qui entourent l'islamologue », Mediapart,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]