Tariq Ramadan

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Tariq Ramadan
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Tariq Ramadan en 2016.

Naissance (55 ans)
Genève (Suisse)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français, anglais, arabe
Genres

Tariq Ramadan né le à Genève, est un islamologue suisse, d'origine égyptienne.

Petit-fils du fondateur des Frères musulmans Hassan el-Banna, il est professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford et professeur invité au sein de plusieurs universités. Il est titulaire d'un doctorat de l'Université de Genève consacré à son grand-père, et de sept Ijazat en sciences islamiques[n 1] obtenues à l'Université al-Azhar du Caire.

Tariq Ramadan est également conférencier, prédicateur[1] et auteur de nombreux ouvrages sur le thème de l'islam et l'intégration.

Figure controversée, il est accusé par ses détracteurs d'être un adepte du « double discours », ce qu'il conteste en mettant leur analyse sur le compte d'une « double audition ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan est né en 1962 en Suisse[2]. Dernier enfant d'une fratrie de six, il est le fils de Saïd Ramadan et de Wafa el-Banna[3]. Le couple, originaire d'Égypte, s'est réfugié en Suisse en 1954 après l'assassinat en 1949 de Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans et grand-père maternel de Tariq[4]. Son père fut une figure emblématique des Frères musulmans dont il a fondé la branche palestinienne. Il est également le frère du prédicateur Hani Ramadan.

Tariq Ramadan étudie l'islamologie et la littérature française à l'université de Genève. Il se marie à 24 ans à une Française d'origine bretonne convertie à l'islam avec laquelle il aura quatre enfants[5],[6],[2].

Entre 1988 et 1992, il occupe un poste d'enseignant et d'éducateur au collège de Saussure, à Genève. Un collègue dit de lui : « Ce qui m’a tout de suite plu chez Tariq Ramadan –que je venais de rencontrer–, c’était la façon dont il parlait de ses élèves ou bien des toxicos dont il s’occupait. Les mots qu’il trouvait étaient justes et résonnaient très fort pour le jeune éducateur français que j’étais. Personne n’anticipait alors son ambition d’être le réformiste de l’islam du XXIe comme le fut son grand père au XXe »[7].

En 1991, il se rend avec sa femme et ses enfants au Caire afin de poursuivre des cours d'études islamiques où il se lie d'amitié avec l'islamologue François Burgat qui dit de lui : « Tariq est venu en Égypte pour suivre des cours de sciences islamiques et que ses enfants s’arabisent. Il redécouvrait le terroir social, politique et culturel de son grand père. Ce genre de retour est compliqué pour tout musulman occidental quel qu’il soit. Mais pour Tariq s’y ajoutait le fait d’être le petit fils de Hassan el-Banna, à l’égard duquel il ne semblait cependant pas éprouver de fascination »[7].

Il revient en Suisse pour soutenir une thèse de doctorat à l'Université de Genève[8] intitulée Aux sources du renouveau islamique, consacrée à son grand-père, Hassan el-Banna, une figure de l'islamisme[9],[10]. D'après Mathieu Magnaudeix, cette thèse « [a] été jugée en Suisse trop hagiographique et historiquement douteuse, ce qui lui [a] fermé les portes des universités prestigieuses »[11].

Entre 1992-1993, Ramadan étudie les sciences islamiques à l’université al-Azhar du Caire[12]. Il y obtient sept Ijazat (licences dont la détention est obligatoire pour enseigner dans différentes matières islamiques)[8].

Carrière[modifier | modifier le code]

À partir de 1992, il donne des conférences en France. Ainsi, il participe en 1993 et 1994 au congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF)[réf. nécessaire].

De 1996 à 2003, il est chargé de cours d'islamologie à l'université de Fribourg[13]. En 2004, l'université catholique de Notre-Dame à South Bend dans l'Indiana lui offre une double chaire permanente de sciences islamiques[14]. Il est également attaché au Joan B. Kroc Institute pour enseigner sur « les relations entre les religions, les conflits et la promotion de la paix »)[14].

En 2005, à la suite des attentats de Londres du 7 juillet), Tariq Ramadan est invité à participer à un groupe de réflexion lancé par le Premier ministre Tony Blair sur le problème de l'extrémisme islamique au Royaume-Uni[6]. La même année, il obtient une bourse universitaire pour intégrer en tant que professeur invité le centre d'études proche-orientales du St Antony's College de l'université d'Oxford[6]. Aujourd'hui, il y est titulaire de la chaire d'études islamiques contemporaines[15].

Bien que cette chaire ait été initialement financée par la Fondation du Qatar, Tariq Ramadan se défend de toute proximité avec l'État qatari, affirmant que « [n]i le Qatar n'est proche de moi, ni moi je ne suis proche du Qatar » et que « [s]a chaire d’Oxford est une chaire permanente, que le Qatar a certes financé, mais dont la gestion est sous l’autorité exclusive d’Oxford »[16]. D'après Haounes Seniguer[n 2], « c'est au prédicateur Youssef al-Qaradâwî que Tariq Ramadan doit en partie sa nomination en tant que professeur en études islamiques contemporaines au St Anthony’s College »[5].

Depuis 2011, Il est directeur du Centre de recherche sur la législation islamique et l’éthique (CILE), fondé en 2011 au sein de la Faculté des études islamiques, à Doha (Qatar), professeur invité à la même faculté qatari, à l’université Mundiapolis (Maroc), où il enseigne la philosophie, chercheur à l’université Dōshisha (Kyoto, Japon)[8],[17],[7],[18].

Il est également président du think tank European Muslim Network, membre de l’Union internationale des savants musulmans[6], et membre du groupe consultatif sur la liberté de religion ou de croyance du bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth[19].

Influences[modifier | modifier le code]

Selon Ian Hamel, Tariq Ramadan a été influencé par le déclin de son père, Saïd, qui « eut longtemps un rayonnement considérable dans le monde musulman » mais qu'il n'a jamais connu que comme « un homme seul, meurtri, oublié par ses anciens amis ». Une de ses motivations serait de « reprendre le flambeau qui a échappé des mains de son père »[4].

Une autre personnalité ayant influencé Ramadan selon Ian Hamel est Malcolm X : « un tribun extraordinaire, d’une intelligence vive, jouissant d’une immense popularité, (...) capable de se remettre en question [:] un vrai intellectuel [et un rebelle]. Tout ce que Tariq Ramadan aspire à être »[4].

Ian Hamel souligne que Tariq Ramadan ne remet en cause son grand-père dans aucun de ses écrits, lui ayant même consacré sa thèse universitaire intitulée « Aux sources du renouveau islamique »[9]. Selon Hamel, Hassan al-Banna apparaît même dans ce travail comme une sorte de « Gandhi musulman »[9]. Il met aussi en avant que lorsqu'il dirigeait le Foyer culturel musulman de Genève, Tariq Ramadan a baptisé son bulletin Jalons, renvoyant à Jalons sur le chemin de l'islam de l'idéologue Sayyid Qutb, le plus extrémiste des Frères musulmans égyptiens[9].

Son frère, Hani Ramadan, réside à Genève où il dirige le Centre islamique de Genève. Il s'est fait connaître après avoir publié un article sur la charia dans Le Monde, dans lequel il dit de la lapidation qu'« elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification[20] ». D'après Ian Hamel, « les deux frères ont des approches non seulement dissemblables mais opposées[4] ».

Idées et prises de position[modifier | modifier le code]

Dans son livre Mon intime conviction paru en 2009, Tariq Ramadan développe ses différentes idées et positions.

Sur l'intégration[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan explique qu'il s'intéresse à cette question depuis plus de deux décennies, essayant de « construire des ponts, d'expliquer et de faire mieux comprendre l'islam au monde musulman autant qu'à l'Occident ». Il se voit dans le rôle de médiateur entre les univers occidental et islamique, entre leurs cultures et leurs croyances religieuses respectives. Il assume pleinement sa religion musulmane et sa culture occidentale, et affirme que « les valeurs et les espoirs communs sont plus essentiels et plus nombreux que les différences. »

Son objectif est « de montrer, théoriquement autant que pratiquement, que l'on peut être tout à la fois pleinement musulman et occidental et que, au-delà de nos différences apparentes, nous partageons beaucoup de valeurs à partir desquelles le « vivre ensemble » est possible dans nos sociétés pluralistes, multiculturelles, et où coexistent plusieurs religions. »[21] Il estime cependant que son message est « difficile à faire entendre en ces temps de débats passionnés, où les voix se confondent et la surdité se généralise »[22].

La société plurielle est un fait[modifier | modifier le code]

Pour Ramadan la société plurielle et pluraliste est un fait. Il ne s'agit plus d'être pour ou contre, mais de faire avec. « Le défi de la diversité exige des solutions pratiques et impose aux citoyens, aux intellectuels comme aux représentants religieux, de développer un esprit critique et nuancé, toujours ouvert à l'évolution, à l'analyse et, bien sûr, à l'autocritique. »[réf. souhaitée]

Dans son ouvrage Mon intime conviction publié en 2009, Ramadan explique qu'il refuse de jouer à ces jeux réducteurs, où il s'agirait de devoir choisir sans nuance, si l'on est d'abord musulman, ou d'abord Européen. D'après lui, la question n'a pas de sens :

« Dans l'ordre religieux et philosophique, celui qui donne sens à la vie, l'être humain est d'abord athée, bouddhiste, juif, chrétien et musulman : son passeport, sa nationalité ne répondent pas à la question existentielle. Quand il faut voter pour un candidat, l'individu a une identité citoyenne, et il est d'abord un Américain, un Italien, un Français ou un Britannique s'engageant dans les affaires de son pays. Selon l'ordre ou le champ d'activité, l'individu a donc d'abord telle ou telle identité, sans que cela soit contradictoire. »[23]

À titre d'illustration, il explique qu'un poète végétarien interviendra, dans un cercle de poésie, en sa qualité de poète, mais s'identifiera ensuite comme un végétarien, quand il passera à table.

Dans ce contexte de société plurielle et multi-culturelle, il déclare le concernant :

« Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d'adoption. »[24]

Identité musulmane et laïcité[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan se fait connaître en France en 1994, après la publication d'un ouvrage intitulé Les Musulmans dans la laïcité. Il plaide pour que les musulmans vivant en Occident ne se considèrent plus comme des étrangers, ou comme des résidents temporaires mais comme des citoyens à part entière. Selon lui, ce changement de mentalité doit éviter toute aliénation : il réclame le droit d'« être musulman européen » (titre d'un autre de ses livres), demandant aux parents immigrés de ne pas confondre culture et religion. Il y écrit : « Un musulman, résident ou citoyen, doit se considérer sous l'effet d'un contrat à la fois moral et social avec le pays où il séjourne. En d'autres termes, il se doit d'en respecter les lois. »

Dans son livre « Peut-on vivre avec l'islam », il dit que le musulman ne se définit pas par ses croyances mais par ses pratiques, et que la pratique régulière, et en toute légalité, des rites musulmans en Europe, est à l'origine de tensions sociales parce qu'elle est ressentie comme un refus d'intégration plutôt que le contraire qui est l'auto-détermination en tant que musulman européen. Il considère que les musulmans devraient être des citoyens actifs, et agir contre l'injustice dans le cadre des différentes associations (syndicats, parents d'élève etc).

Tariq Ramadan enseigne un respect du Coran, lui-même entendu selon une lecture qui d'abord respecte la tradition et son sens fondamental, pour la distinguer d'une autre lecture, rationaliste, et qui pourrait s'accorder avec la tradition du rationalisme occidental et chercherait à s'accorder avec celle-ci[25]. Il déclare par exemple en novembre 2003 sur la radio Beur FM : « Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafiste au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman. » Pour lui le plus important, c'est l'effort d'interprétation - ijtihad - que doivent accomplir les musulmans, ne pas avoir une lecture du Coran littérale, mais au contraire, prendre compte du contexte historique et actuel des lois et traditions islamiques[25].

Position sur l'identité nationale[modifier | modifier le code]

Pour Ramadan, il n'y a pas d'identité nationale :

« Nous avons des identités multiples et en mouvement, et rien ne s'oppose (religieusement, légalement ou culturellement) à ce qu'une femme ou un homme soit à la fois européen(ne) ou américain(e) et musulman(e). L'islam est bien sûr un et unique sur le plan des principes religieux fondateurs, mais il intègre diversité d'interprétations et pluralité des cultures. Son universalité provient d'ailleurs de cette capacité à intégrer la diversité dans son unicité fondatrice[26]. »

Le problème résulte du fait qu'il existe « une confusion de taille entre le donné culturel et la référence religieuse : pour beaucoup, être et rester musulmans signifie être musulmans comme ils l'avaient été au Maroc, en Algérie, en Égypte, au Liban, au Pakistan ou en Turquie. […] Pour beaucoup… il ne pouvait être question de prendre la nationalité du pays d'accueil puisqu'un jour ils retourneraient « “chez eux”[27]. »

Mais, une ou deux générations après l'arrivée des premiers immigrés musulmans dans les pays occidentaux, en Europe et en Amérique, les choses ont, déjà, radicalement changé. La deuxième génération, puis la troisième, se sont imprégnées de la langue et de la culture du pays natal occidental, se considérant, sur le plan culturel, comme des Français, des Britanniques, des Américains ou des Canadiens. Ils se sentent chez eux dans cet environnement occidental, y font leur vie en fonction de leurs capacités et de leurs ambitions, et essaient d'y préparer un avenir encore meilleur pour leurs enfants[28].

« Les nouvelles générations sont, dans leur grande majorité, pleinement musulmanes quant à la religion, et pleinement occidentales quant à la culture. Cela ne leur pose aucun problème, » observe Ramadan[29]. « L'islam occidental est aujourd'hui une réalité. »[28]

Sur le plan religieux, la sécularisation et la laïcité qui prévalent dans les pays occidentaux assurent le pluralisme religieux. Les droits fondamentaux des individus en matière de liberté de conscience et de liberté de culte sont reconnus et protégés par les lois nationales. Les citoyens musulmans peuvent, de ce fait, librement exercer leur culte, à l'instar de toutes les autres religions pratiquées dans le pays. Ils doivent, en cas de besoin, s'assurer qu'à l'application, un traitement juste et égalitaire est effectivement respecté entre les différentes religions[30]. En contrepartie, ils doivent, de leur côté, respecter ces lois, évidemment. Pour Ramadan, « il appartient aux individus musulmans d'être – et de devenir – des citoyens engagés qui connaissent leurs responsabilités et leurs droits. Dépassant le réflexe minoritaire ou la tentation victimaire, ils ont les moyens d'accéder à une nouvelle ère de leur histoire. En effet, pour ceux qui sont nés en Occident – ou qui y sont des citoyens -, il n'est plus question d'« immigration », « d' « installation » ou d'« intégration », mais bien de « participation » et de « contribution ».

«nous sommes passés, et que nous devons passer, à l'ère du discours de la « post-intégration » : il faut désormais établir un sens profond et assumé de l'appartenance. C'est le nouveau « nous » que j'appelle de mes vœux, et qui déjà est une réalité dans certaines expériences locales. »[31]

Défis que les Occidentaux musulmans doivent relever[modifier | modifier le code]

Dans Mon intime conviction, Ramadan passe en revue, entre autres, les défis auxquels les musulmans sont confrontés dans les pays occidentaux. Les vrais défis se situent, pour lui, dans de tout autres domaines que ceux des mosquées, des imams ou des écoles privées musulmanes :

  • En tout premier lieu se pose la question de la charia. D'après lui, cette dernière n'est ni un « système », ni un « corps de lois islamiques fermées »[32], mais bien plutôt la « Voie de la fidélité aux objectifs de l'Islam » (qui sont de protéger la vie, la dignité, la justice, l'égalité, la paix, la nature, etc.). Toutes les lois qui protègent la vie et la dignité humaines, promeuvent la justice et l'égalité, imposent le respect de la nature, ... sont, d'après Ramadan, « ma shari'a appliquée dans ma société même si celle-ci n'est pas majoritairement musulmane ou que ces lois n'ont pas été pensées et produites par des savants musulmans. Je suis dans la Voie puisque ces lois me permettent d'être fidèle à ses objectifs fondamentaux et donc d'être fidèle au message et aux principes de l'islam. »[33]
  • En deuxième lieu, les musulmans qui sont déjà des citoyens d'un pays européen ne doivent plus se laisser traiter de « minorités » car, souligne Ramadan, il n'existe pas, en droit européen, de « citoyenneté minoritaire » ! Ils sont des citoyens à part entière, quelle que soit leur religion et leur culture. Ils doivent donc lutter contre cette mentalité de « minoritaires » et s'inscrire pleinement dans la participation citoyenne sur un pied d'égalité avec la « majorité » de la population[34]. Ils doivent établir clairement qu'ils sont chez eux en Occident, et qu'il s'agit de suivre la Voie de la fidélité aux principes supérieurs de l'islam ici comme ailleurs. Ils doivent, de cette manière, se prendre en charge et se libérer de la mentalité de victime[35].
    Au lieu de blâmer constamment « la-société-qui-ne-nous-aime-pas », « l'islamophobie », ou encore le « racisme », justifiant ainsi leur passivité face aux défis auxquels ils sont confrontés, ils doivent « s'engager en tant que citoyens et lutter contre les injustices, le racisme, la discrimination, les discours populistes de stigmatisation et les hypocrisies. »[35] Ils ne doivent pas, à cet égard, se limiter aux questions qui concernent spécifiquement la religion ou la communauté musulmanes, mais s'intéresser plus généralement à toutes les questions de société qui concernent l'ensemble de la population (telles que les questions sociales, l'enseignement, le chômage et l'emploi, la délinquance, la violence urbaine, les activités des partis politiques, les relations internationales, etc.)[36]
  • Ils doivent également repenser l'éducation islamique donnée à leurs enfants, tant dans son contenu que dans sa forme, afin de la replacer dans le contexte de leur environnement occidental, en tenant spécifiquement compte des nombreux défis qui se posent aux musulmans d'Occident. Ils doivent, dans ce contexte, se préoccuper de comprendre les facteurs qui poussent les jeunes à adopter des interprétations extrémistes de la religion, voire à s'engager parfois dans des actes de violence.

Droits légitimes et rôle de la femme musulmane[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan estime que les coutumes et traditions ont été confondues avec les prescriptions religieuses, et oqu'n en est arrivé à justifier des pratiques culturelles qui n'étaient pas « islamiques » telles que l'excision des femmes, les mariages forcés ou les crimes d'honneur[37]. Il précise que « l'islam [en soi] n'a pas de problème avec les femmes »[38] mais que les théologiens ont procédé, au cours des siècles, à une lecture trop littéraliste du Coran et des traditions du Prophète et que ce faisant, ils ont figé le Texte hors de son contexte, ne tenant guère compte, ce faisant, des finalités du message global de la Révélation[39].

Les femmes doivent avoir accès au travail et obtenir un salaire égal à celui des hommes, à compétence égale. Les discriminations à l'emploi des femmes, pour les raisons les plus diverses, doivent être refusées et combattues. Ce combat pour la reconnaissance des droits des femmes musulmanes doit être mené de l'intérieur du système islamique pour avoir quelque chance de succès, et doit mobiliser les efforts de l'ensemble des membres de la communauté. Les hommes doivent accepter, à cet égard, le fait que « garantir la liberté de la femme signifie accepter que celle-ci puisse faire un choix que l'on comprend ou un autre que l'on ne comprend pas »[40].

Ramadan estime également que les femmes doivent s'engager elles-mêmes dans un travail critique approfondi de leur situation dans la communauté musulmane, « en acquérant les connaissances religieuses nécessaires pour développer des lectures féminines nouvelles. Il faut qu'elles soient présentes dans les espaces de décision de la communauté religieuse, dans les organisations, les conseils de gestion des mosquées, etc. On doit bousculer les choses pour que les femmes trouvent leur juste place, mais elles doivent aussi se mobiliser : elles n'obtiendront rien si, de leur côté, elles cultivent une attitude de victimes. On le voit aujourd'hui, partout où les femmes ont accès à l'instruction, à l'éducation islamique, et même à l'engagement communautaire et social, elles font mieux que les hommes : meilleurs résultats, plus d'engagement, plus de rigueur et de sérieux. La réalité et les chiffres parlent d'eux-mêmes[41]. »

Sujets d'actualités[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan s'est exprimé sur des sujets d'actualité lié à l'intégration des musulmans ou à des différences culturelles.

Loi sur les signes religieux[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan déclare[réf. souhaitée] : « Je considère que la loi de 1905 convient parfaitement à l'intégration de l'islam. Il suffit de l'appliquer de manière simple et égalitaire. »

Peu après[Quand ?], Tariq Ramadan intervient dans les débats concernant la loi française sur les signes religieux : avant le vote de ladite loi, il engage ceux qui le suivent à s'opposer à cette loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur oumma.com[42], il déclare :

« La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. […] il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé. »

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur — à l'époque, Nicolas Sarkozy — lors de l'émission 100 minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « elles peuvent enlever le voile » ; alors que Sarkozy le coupe en demandant « on peut, ou on doit ? », Ramadan répond que le point de vue de Nicolas Sarkozy « ne correspond pas à la loi de 1905 » ni à l'arrêt du Conseil d'État de 1989[43].

Mariage mixte[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan distingue deux dimensions au mariage : le mariage entre deux personnes de religions différentes et l’union de deux cultures différentes.

Concernant la dimension religieuse, il rappelle les règles coraniques : le musulman peut se marier avec une juive ou une chrétienne mais la musulmane ne peut se marier qu'avec un musulman[44]. Cependant, il rappelle qu'il ne faut pas frapper d’ostracisme une femme musulmane mariée avec un non-musulman : « elles sont et demeurent musulmanes et il n’y a lieu ni de les condamner ni de les juger ».

Quant à l’union de deux cultures différentes Tariq Ramadan met en avant la difficulté de construire un couple à travers des cultures différentes et appelle à la prudence et au discernement mais il ajoute que « chacun est en droit de faire librement ses choix et ceux-ci doivent être respectés. »[45]

Conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Tariq Ramadan s'est déclaré personnellement en faveur non de la solution dite de « deux États pour deux peuples », mais en faveur « d'un seul État, dans lequel tout le monde vit »[46].

Tariq Ramadan considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d'organisation terroriste par l'Union européenne. Au printemps 2009, il signe la pétition de la Belge Nadine Rosa-Rosso intitulée : Appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes[47].

Sujets polémiques[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de controverses, Tariq Ramadan est appelé à s'exprimer sur des accusations à son encontre ou à clarifier des nuances ou points de vue dans son discours.

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan a été accusé d'antisémitisme[48]. Il déclare de son côté que :

« Les musulmans, au nom de leur conscience et de leur foi, se doivent de prendre une position claire en refusant qu'une atmosphère délétère s'installe en France. Rien dans l'islam ne peut légitimer la xénophobie et le rejet d'un être humain par le seul fait de sa religion ou de son appartenance. Ce qu'il faut dire avec force et détermination, c'est que l'antisémitisme est inacceptable et indéfendable. Le message de l'islam impose le respect de la religion et de la spiritualité juives, considérées comme la noble expression des “gens du Livre”[49]. »

Châtiments corporels[modifier | modifier le code]

Dans Frère Tariq, Caroline Fourest accuse Tariq Ramadan notamment de ne pas condamner la lapidation, ce qui l'a amené à s'exprimer sur ce thème.

Il déclare : « Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique »[réf. souhaitée]. Il défend sa position de moratoire en arguant ainsi : « Les pays musulmans prennent ces textes très au sérieux [...] il ne suffit pas de condamner pour faire avancer les choses [...]. Il faut ouvrir le débat et trouver une pédagogie [...]. Ma position est l'arrêt total des châtiments corporels »[50].

En 2007, dans un débat avec Philippe de Villiers, dans l'émission française Ripostes. Tariq Ramadan condamne la lapidation et déclare : « La position qui est la mienne aujourd'hui, c'est de faire en sorte que dans le monde musulman, on puisse cesser cela tout de suite. » À l'occasion de la même émission, il précise que c'est à tous les châtiments corporels qu'il s'oppose : « la lapidation contre les femmes, mais aussi contre les hommes ; contre la peine de mort et contre la torture ».[réf. souhaitée]

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Dans Frère Tariq et dans des polémiques engagées par la suite, Caroline Fourest[51] et d'autres personnalités également accusent Tariq Ramadan d'homophobie[52]. Caroline Fourest souligne ainsi que dans son livre Peut-on vivre avec l'islam ?, Tariq Ramadan écrit qu'il existe un discours de rejet de l'homosexualité dans la plupart des grandes religions, qui n'hésitent pas à qualifier ce comportement de « perturbation » ou de « déséquilibre »[53].

Sur l'homosexualité, Tariq Ramadan rappelle que l'islam condamne de telles pratiques. Cependant, pour Ramadan, « on peut être en désaccord avec le comportement d'une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être ». Selon lui, « une personne qui prononce l'attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l'homosexualité, il n'appartient à personne de la sortir de l'islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu »[54]. Le 17 avril 2014, dans l'émission Bourdin Direct, Tariq Ramadan déclare : « La question de l’homosexualité doit être posée dans des termes de philosophie de vie : je pense que ce n'est pas ce que je considère comme le projet divin, je pense que c’est quelque chose qui va à l’encontre de ma foi. »[55]

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon Mathieu Magnaudeix, Tariq Ramadan est en France un penseur entouré d'un « halo de soupçon [qui] provoque des polémiques comme nulle part ailleurs. [...] Depuis 1995, il est honni par une grande partie de l’establishment français qui le soupçonne de communautarisme et d'islamisme radical »[56]. Il est critiqué par des intellectuels et hommes politiques et organisations de droite comme de gauche[57]. Ses critiques vont de l'extrême-gauche à la droite : Lutte ouvrière, Bernard Cassen (Attac), Max Gallo, Manuel Valls (PS), Alexandre del Valle, Caroline Fourest...

Tariq Ramadan est défendu par d'autres personnalités, comme François Burgat[58] qui estime qu'il n'est ni sexiste, ni antisémite, ni islamiste ou Pascal Boniface[59]. Selon Ian Hamel, Tariq Ramadan est un bouc émissaire des journalistes et politiciens en particulier français : « [i]l est connu. Son nom est facile à retenir, il s’appelle Ramadan comme le ramadan. Il ne dit pas « Oui missié » en baissant la tête lorsqu’il parle aux autres intellectuels français, et surtout il est le petit-fils d’Hassan Al-Banna. (...) Je constate que les Britanniques, mais aussi les Suisses, les Belges, les Hollandais, se montrent nettement plus ouverts que les “intellectuels“ français »[4].

Critique envers les « intellectuels communautaires »[modifier | modifier le code]

Invité au Forum social européen (FSE) de Paris en 2003, Tariq Ramadan y publie un texte polémique, qui fait naître l'accusation d'antisémitisme portée contre lui. Ce texte, Critiques des (nouveaux) intellectuels communautaires[60], avait dans un premier temps été envoyé aux quotidiens Le Monde et Libération, qui en avaient refusé la publication.

Ramadan y affirme que plusieurs intellectuels juifs (comme Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann ou Bernard Kouchner) ne seraient plus des intellectuels universalistes défendant les droits de l'homme universels, mais développeraient des analyses communautaristes, dictées uniquement par le soutien à Israël (« On perçoit clairement que leur positionnement politique répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël »). Ce soutien les aurait amenés à soutenir la guerre d'Irak. Établissant une équivalence entre terrorisme islamiste et politique en Israël, il écrit : « S’il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu’ils condamnent, au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l’antisémitisme et les États musulmans dictatoriaux de l’Arabie saoudite au Pakistan ; on n’en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu’ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l’État d’Israël. »

Cette dénonciation d'intellectuels, sa forme, la globalisation de ses critiques (Pierre-André Taguieff n'a pas d'origines juives mais dont « tous les amis de la famille étaient des Juifs d'Europe de l’Est, marqués par l'expérience nazie ») et ce qu'il attribue à chacune des personnalités citées lui ont valu des réponses critiques de plusieurs intellectuels et éditorialistes, dont Alain Finkielkraut[61] ou Bernard-Henri Lévy[62] ; Lévy lui reproche notamment de produire des « énoncés antisémites » et invite les mouvements altermondialistes à prendre leurs distances avec lui. André Glucksmann répond dans l'article « Une obsession antisémite »[63]. Toujours dans le Nouvel Observateur, trois responsables du PS, Manuel Valls, Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon demandent — en vain — l'exclusion de Tariq Ramadan du Forum social européen[64].

Dans la polémique, Tariq Ramadan a également trouvé des défenseurs, dont Alain Gresh, Edgar Morin, Sonia Dayan, Raphaël Liogier, José Bové, le journaliste Daniel Mermet, Noël Mamère[65], Denis Sieffert, directeur de rédaction de l'hebdomadaire Politis, qui reprenait à son compte une partie de ses arguments :

«  Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels « juifs français », ou « nationalistes », « de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice ». Il leur reproche une indignation sélective. Or, c'est un fait que l'on n'a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore Taguieff condamner la politique de répression de Sharon. »

Tariq Ramadan expliquera dans son entretien avec le journaliste Aziz Zemouri, que si les journaux Le Monde et Libération ont refusé le texte, les deux journaux n'ont pas invoqué le caractère antisémite[66].

Controverses avec la journaliste Caroline Fourest[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest publie en octobre 2004 Frère Tariq[67] dans lequel elle affirme que, dans la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées sous forme de cassettes, Tariq Ramadan est fondamentalement plus intégriste que réformiste.

Tariq Ramadan a répondu[68] que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte. Il estime également que l’ouvrage de Caroline Fourest comporte un certain nombre de contre-vérités. Selon Amara Bamba, le « Frère Tariq » de Caroline Fourest est « un pamphlet écrit dans le style de la rhétorique Salafiste-Jihadiste appliquée à l'idéologie de gauche. Le pire dans cette rhétorique est la bonne foi des auteurs. Le tout donne un livre qui en dit plus sur Caroline Fourest que sur Tariq Ramadan[10]. »

En 2005, la journaliste dénonce dans les colonnes du journal Le Monde l’hypocrisie de l'appel de Tariq Ramadan appelant à un moratoire sur la lapidation. elle l'accuse de contribuer « à donner le sentiment aux musulmans européens (les seuls sur qui il a une emprise) qu'on peut tergiverser pour savoir s'il faut, ou non, lapider des adultères et battre sa femme[69]. »

Plusieurs débats ont opposé Caroline Fourest et Tariq Ramadan[n 3].

Le , dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier, Tariq Ramadan met vivement en cause Caroline Fourest. La journaliste répond en affirmant que Tariq Ramadan aurait menti cinq fois au cours de cette émission, y compris à son sujet et au sujet de son livre [70].

« Double discours » ou « double audition » ?[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de journalistes et d'essayistes lui reprochent de prôner à la fois la stricte observance du Coran et des Hadîths et par ailleurs de prétendre concilier l'appartenance musulmane avec le mode de vie et les lois laïcs des sociétés européennes [71],[72],[73]. Les journalistes Caroline Fourest, Soheib Bencheikh, Antoine Sfeir ou Mohamed Sifaoui lui reprochent également de tenir un « double langage »[74].

Par exemple :

  • En 2002, le politologue et journaliste Antoine Sfeir écrit dans une revue lyonnaise que Ramadan est un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur » et un « spécialiste du double langage ». Tariq Ramadan le poursuit en diffamation. Le tribunal en première instance et en appel relaxe le journaliste au bénéfice de la bonne foi[75].
  • En 2003, la philosophe Cynthia Fleury et l'essayiste Emmanuel Lemieux dénoncent ce qu'ils appellent « l'entrisme » de Tariq Ramadan dans un long article paru dans Libération : « Pour déconstruire la "spiritualité" de Tariq Ramadan, il faut rappeler qu'il désire qu'elle fasse "autorité" sur la société ; que son "espace de témoignage" n'a rien d'un lieu de débats entre non-musulmans et musulmans, mais tout d'une islamisation de l'Occident, véritable nom de l'occidentalisation de l'islam »[76].
  • En 2010, Pierre-André Taguieff voit en Tariq Ramadan un homme au « double visage »[77] et relève ces propos diffusés par cassette audio : « La crainte pour les musulmans en Occident, c'est que les musulmans répondent à l'Occident et ne répondent pas à Dieu. Or il faut répondre à Dieu et ce sera notre réponse à l'Occident[78]. »
  • À propos de l'attentat de Paris contre Charlie Hebdo en janvier 2015, le quotidien genevois Le Temps accuse l'islamologue de traiter Charlie Hebdo sur les radios étrangères « comme un journal de lâcheté et de faire de l'argent sur l'islam », alors qu'en France paradoxalement, il prône l'apaisement en déclarant à propos des caricatures du même journal : « Même si notre cœur est blessé, notre intelligence doit avoir la dignité de ne pas répondre et de regarder au-delà[79]. »

Selon Ian Hamel, « les pamphlets de 400 pages sur Tariq Ramadan ne décrivent jamais une situation précise : lieu, date, heure, contexte, dans lesquels Tariq Ramadan aurait appelé à la lapidation des femmes adultères ou à la guerre contre l’Occident. C’est très clair pour moi, je l’ai dit à la télévision suisse récemment, Tariq Ramadan n’a pas de double discours »[4].

Dans Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, Aziz Zemouri explique que Tariq Ramadan est confronté à un auditoire varié et du fait de cette diversité (musulmans, non-musulmans, groupes sociaux) ses propos restent inchangés mais son langage et ses références sont adaptés à son public et ses interlocuteurs. Il explique que certains de ces accusateurs ne s’en tiennent qu’à l’énoncé littéral des sources qu’il donne, sans prendre en compte son avis sur ces mêmes sources. Tariq Ramadan affirme qu'il n'a pas de « double discours » mais plutôt que ces accusateurs ont une « double audition », qu'ils voient dans l'islam une religion archaïque et violente, et que par conséquent, ils sont rétifs à la notion d’un islam ouvert[80].

Stéphane Lacroix[n 4] adopte une analyse comparable en relevant que, confronté à des publics différents, Ramadan est obligé d'adapter sa parole sans « que celle-ci ne varie réellement sur le fond ». Pour François Burgat ; « il est stupide de parler de double discours à l'heure des réseaux sociaux et de YouTube quand tout est enregistré »[81].

Dans Mon intime conviction, Tariq Ramadan répond à ceux qui l'accusent de tenir un double discours[22] :

« Un médiateur est un pont, et un pont n'appartient jamais à une seule rive. Il est toujours un peu trop de “l'autre côté”, toujours soupçonné de “double” loyauté. Ainsi, j'étais toujours “un peu trop occidentalisé” pour certains musulmans, et “un peu trop musulman” pour quelques Occidentaux. Des deux côtés de la rivière, le médiateur doit donc prouver sa pleine appartenance. Lorsque la passion et l'émotivité l'emportent et colonisent les débats, l'intervention nuancée, critique et autocritique, devient suspecte, et la nuance est vite perçue comme de l'ambiguïté. Le médiateur se voit l'objet de projections qui sont parfois dues à une longue histoire, à des contentieux et des traumas profonds. Rien n'est simple : vous vous faites des “ennemis” des deux côtés, et l'on vous traite parfois de traître ou de “vendu”, voire de manipulateur adepte du “double discours”[22]. »

Thèses complotistes[modifier | modifier le code]

Plusieurs commentateurs dénoncent ou déplorent que Tariq Ramadan ait colporté à plusieurs reprises des thèses complotistes. Ainsi, selon Michel Danthe, s'il y a « des thèses complotistes brutes de décoffrage [qui] fleurissent (...) sur les réseaux sociaux et sont portées par des quidams sans titre de crédibilité à faire valoir [, il] existe [aussi] une version plus soft de ces théories du complot. Une version qui suggère, qui laisse entendre, qui s’interroge en rafales pour laisser ensuite l’imagination des récepteurs faire le reste. (...) Cette version plus édulcorée est portée, elle, par des figures publiques nettement plus médiatiques, comme en témoignent les récentes déclarations de Jean-Marie Le Pen et de Tariq Ramadan »[82].

Rudy Reichstadt, de Conspiracy Watch, s'insurge ainsi de déclarations complotistes de Tariq Ramadan comme quand il déclare que plusieurs bavures policières seraient le résultat d’une politique d’insécurité « entretenue » de longue date par les pouvoirs publics[83], que Mohammed Merah aurait été manipulé par les services secrets français[84], que les slogans antisémites entendus lors de manifestations pro-palestiniennes auraient été tenus par de faux manifestants infiltrés, voire par « des groupuscules étrangers, types LDJ »[84]... Alain Léauthier dénonce également l'attitude de Tariq Ramadan qui, de manière précautionneuse, en vertu de « légitimes questions », « feint de s’étonner » de la présence des djihadistes dans le Sahel, se questionnant sur qui pourraient les avoir « encouragés et orientés » à s'installer là-bas, accusant la France ou les États-Unis d'avoir un « usage utile des terroristes »[85].

Pascal Boniface prend la défense de Tariq Ramadan. Il estime qu'il ne faut pas confondre des thèses complotistes stupides (comme l'idée que le printemps arabe serait le fait de la CIA) avec une réflexion légitime sur le « storytelling » des différentes puissances (comme pour les armes de destruction massive irakiennes, ou quand on s'interroge sur la stratégie que les États-Unis mettent en place pour contrôler le Moyen-Orient). Il voit un côté unidirectionnel chez ceux qui dénoncent des « théories du complot », qui s'en prennent toujours ceux qui s'interrogent sur les puissants. Il critique dans ce contexte Caroline Fourest qui s'attaque à Tariq Ramadan ainsi qu'à lui, mais qui n'a jamais dénoncé la théorie du complot contre Charles Enderlin accusé d'avoir mis en scène la mort de Mohammed al-Dura[59].

Soupçons de lien avec le terrorisme islamiste[modifier | modifier le code]

En août 2004, le gouvernement fédéral des États-Unis annule le visa de travail de Tariq Ramadan (obtenu trois mois plus tôt) sans fournir d'explication, arguant que le Patriot Act autorise les États-Unis à prendre des mesures en cas de soupçon d'activité terroriste[réf. nécessaire]. D'après Mediapart, ce refus s'explique par « un don de 1 336 dollars à une association humanitaire proche du Hamas palestinien »[11]. À la suite de ce refus, de nombreux intellectuels américains, tels Noam Chomsky, signent une pétition pour dénoncer cette entrave à la liberté académique[réf. nécessaire]. Le , une cour d'appel de Manhattan donne raison à Tariq Ramadan sur cette affaire en estimant que les accusations portées à l'endroit du plaignant sont non-fondées[86]. Le , le département d'État des États-Unis prend la décision, dans un document signé par la secrétaire d'État Hillary Clinton, de ne plus considérer comme recevables les raisons qui empêchaient Tariq Ramadan d’entrer aux États-Unis[87].

En 1995, dans le contexte des attentats commis par le Groupe islamique armé, le ministre de l’intérieur Charles Pasqua lance une interdiction de séjour à son encontre mais celle-ci est finalement levée car insuffisamment motivée[6].

Dans un entretien accordé le 28 septembre 2014 à la RTS, Tariq Ramadan condamne l'État islamique. Pour lui, la première des choses à faire est de ne pas assimiler l'État islamique à l'islam ; il pense que « le Qatar ou l'Arabie saoudite financent surtout des groupements salafistes qui sont en amont de ce qui peut par la suite entrainer la dérive vers la violence »[88].

Conflit avec la ville et l'université de Rotterdam[modifier | modifier le code]

En 2007, l’université de Leyde des Pays-Bas lui propose d'occuper la chaire d’islamologie financée par le sultanat d'Oman[89]. Tariq Ramadan refuse ce poste, mais la même année, il est recruté comme consultant sur les questions d'intégration par la mairie de Rotterdam et comme "professeur invité" par l'université de cette ville.

Son poste à la mairie est menacé une première fois, en , lorsqu'un média néerlandais lui attribue des propos homophobes et sexistes. Son contrat de conseiller de la municipalité de Rotterdam, chargé de « stimuler » le débat sur l'immigration, est au cœur d'une vive polémique qui entraîne une scission au sein de la coalition qui gouverne la ville. Ses propos au sujet des homosexuels et des femmes, son rôle réel dans la communauté musulmane et ses conceptions quant à la place de l'islam dans les sociétés européennes sont au cœur de cette polémique[90]. Mais après enquête, la mairie de Rotterdam lui renouvelle sa confiance, considérant que les propos rapportés par Gay Krant sont inexacts, incomplets et sortis de leur contexte [91].

En , les deux institutions (la mairie et l'université) le renvoient en raison de sa participation aux programmes de Press TV, une chaîne de télévision financée par le régime iranien[92]. Ramadan, en réponse, accuse ses détracteurs de se servir de son cas à des fins électoralistes[93]. Un certain nombre de fonctionnaires de l’Université Erasmus protestent contre la façon dont l’université uni ses forces avec la municipalité de Rotterdam pour renvoyer Tariq Ramadan : selon eux il s’agit d’une atteinte à la liberté académique[94]. Dans un communiqué cosigné par plusieurs professeurs et chercheurs, il est dit que « l'université doit représenter le raisonnement objectif même lorsque les émotions sont vives. Un débat s’impose et non un licenciement » affirmant que « Ramadan est un homme qui croit dans un débat ouvert et constructif en toutes circonstances » et rappelant que « le programme [mis en cause] ne fait aucune propagande en faveur du régime d’Ahmadinejad ; Ramadan a d’ailleurs condamné la politique de répression de ce gouvernement. »[95] »[96],[97].

Le 11 août 2010, le tribunal de Rotterdam statue et estime que le licenciement de Tariq Ramadan est conforme : l'intéressé n'était pas fondé à réclamer des dommages et intérêts pour la mise en cause de son honneur et de sa réputation tout en considérant que la ville avait pu, à juste titre, invoquer « l'agitation sociale » résultant de l'affaire, sans qu'il faille considérer les propos comme offensants[98]. Tariq Ramadan, en réponse, reproche au tribunal de ne pas avoir pris en compte ses arguments (la promptitude de son licenciement, dû au climat populiste de l'époque alors qu’il était absent, la non prise en compte de la nature de l’émission, ainsi que de ses critiques à l’égard du régime iranien, et, donc, de son indépendance vis-à-vis de ce dernier), il accuse clairement le tribunal d'avoir pris une décision tendancieuse motivée par « un climat politique malsain », ainsi que par le fait qu'il est musulman, et annonce qu'il fera appel de cette décision[99].

Le 8 novembre 2012, le Tribunal de Rotterdam donne raison à Tariq Ramadan, et statue que l’Université avait agi en contrevenant à ses droits. Cette dernière devra, non seulement couvrir les frais de justice mais également l’indemniser pour les dommages subis[100]. Le 19 mars 2013, le Tribunal de La Haye donne également raison à Tariq Ramadan contre la Ville de Rotterdam et demande à la Municipalité de l'indemniser pour les dommages subis.

Controverse sur sa demande de nationalité française[modifier | modifier le code]

Après avoir longtemps exclu de solliciter l'acquisition de la nationalité française pour ne « pas donner le sentiment [qu'il avait] quelque ambition » en France[6], il annonce sa volonté de la demander en février 2016[101],[102] afin de « donner un exemple concret et positif d'adhésion aux valeurs de la République », dans le contexte du projet de réforme sur la déchéance de la nationalité qu'il qualifie de « désastre constitutionnel »[6].

Certains éditorialistes y voient une provocation[103]. Le Premier ministre Manuel Valls répond en mai 2016 affirmant qu'il n'y a « aucune raison » pour que cette démarche soit acceptée, estimant que Ramadan ne partage pas les « valeurs » de la République[104].

Opposition à la tenue de ses conférences en France et dans plusieurs pays musulmans[modifier | modifier le code]

En 2016, plusieurs maires ou associations s'opposent à sa venue pour des conférences. Ainsi, le PS, à Orléans, le 13 mars, Michel Thooris, à Nice, le 20 mars, et Alain Juppé, le 27 mars, à Bordeaux qui déclare : « les propos de Tariq Ramadan sont ambigus et dangereux. Il n'est pas le bienvenu à Bordeaux »[105],[106],[107].

En mars 2016, un juge administratif est saisi pour la première fois, par le Front national, sur la tenue d'une de ses conférences, qu'il autorise en rejetant le risque de trouble à l'ordre public[6].

Le 16 juillet 2016, Tariq Ramadan s'est vu refuser l'entrée sur le territoire mauritanien lors de son arrivée à l'aéroport international de Nouakchott-Oumtounsy. Il avait été invité pour donner des conférences dans le pays. Ramadan a affirmé que la décision est venue directement de la présidence et que c'est la huitième fois qu'il se voit refuser l'entrée d« 'un pays dit musulman »[108],[109].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le génie de l'islam, Presses du Châtelet, janvier 2016 (ISBN 2845926316)
  • Être occidental et musulman aujourd’hui, Presses du Châtelet, septembre 2015 (ISBN 2845924186)
  • Au péril des idées, Edgard Morin/ Tariq Ramadan
  • Introduction à l'éthique islamique, Presses du Châtelet, avril 2015 (ISBN 9782845926073)
  • L'Islam et le Réveil arabe, Éd. Presses du Châtelet, novembre 2011 (ISBN 9782845923294)
  • Mon intime conviction, Presses du Châtelet, , 183 p. (ISBN 9782845922907)
  • L'Autre en nous pour une philosophie du pluralisme, Éd. Presses du Châtelet, avril 2009, 278 p. (ISBN 2845922825)
  • Islam, la réforme radicale, éthique et libération, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 417 p. (ISBN 9782845922662)
  • Muhammad, Vie du Prophète, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 382 p. (ISBN 2845922019)
  • Mondialisation Résistances musulmanes, Éd. Tawhid, novembre 2003, 153 p. (ISBN 2848620161)
  • Les Musulmans d'occident et l'Avenir de l'islam, Éd. Sindbad, janvier 2003, 383 p. (ISBN 2742740058)
  • Jihâd, violence, guerre et paix en Islam, Questions Contemporaines no 5, Éd. Tawhid, décembre 2002, 79 p. (ISBN 284862048X)
  • Dar ash-shahada : L'Occident, espace du témoignage, Questions Contemporaines no 4, Éd. Tawhid, septembre 2002 (2e éd. juin 2004), 79 p. (ISBN 2848620471)
  • La Foi, la Voie et la Résistance, Questions Contemporaines no 3, Éd. Tawhid, septembre 2002 (2e éd. juin 2004), 79 p. (ISBN 2848620463)
  • Musulmans d'Occident : Construire et Contribuer, Questions Contemporaines no 2, Éd. Tawhid, septembre 2002 (2e éd. juin 2004), 69 p. (ISBN 2848620455)
  • De l'Islam, Éd. Tawhid, septembre 2002 (ISBN 2909087808)
  • Aux sources du renouveau musulman - D'al-Afghâni à Hassan al-Bannâ, un siècle de réformisme islamique, Éd. Tawhid, septembre 2002, 478 p. (ISBN 2909087972)
  • Entre l'Homme et son cœur…, Éd. Tawhid, septembre 2001 (2e éd. janvier 2005), 112 p. (ISBN 2909087670)
  • Islam : le face à face des civilisations - Quel projet pour quelle modernité ?, Éd. Tawhid, septembre 2001 (2e éd. janvier 2005), 385 p. (ISBN 2848620498)
  • L'Islam en questions, Éd. Actes Sud, oct. 2000, 231 p. (ISBN 2742737626)
  • Ouvrage collectif, La Spiritualité, un défi pour notre société - Convictions en dialogue et responsabilités communes, Éd. Tawhid & Réveil Publications, septembre 2000, 97 p. (ISBN 9782909087597)
  • L’Islam et les Musulmans, grandeur et décadence, Éd. Al Bouraq, avril 2000, 100 p. (ISBN 284161008X)
  • avec Jacques Neirynck, Peut-on vivre avec l'islam ? Le choc de la religion musulmane et des sociétés laïques et chrétiennes, Éd. Favre, avril 2000 (2e éd. mars 2004), 263 p. (ISBN 2828907848)
  • Être musulman européen : Étude des sources islamiques à la lumière du contexte européen, Éd. Tawhid, septembre 1999 (ISBN 2909087433)
  • Les Musulmans dans la laïcité : Responsabilités et droits des Musulmans dans les sociétés occidentales, Éd. Tawhid, 1994 (2e éd. septembre 1998), 217 p. (ISBN 2909087379)
  • Postface et annexes (avec Thierry Meyssan) de Yasser Arafat, intime d'Isabel Pisano, éditions Demi-lune, 2009 (ISBN 9782917112069)
  • Ouvrage collectif, Le Coran : Nouvelle traduction française du sens de ses versets, Éd. Tawhid, novembre 2006, 760 p. (ISBN 2848620854)
  • Traduction Le Saint Coran - Chapitre Amma avec la traduction en langue française du sens de ses versets (par Tariq Ramadan) et la translittération phonétique en caractères latins, Éd. Tawhid, septembre 2003 (ISBN 284862003X)
  • Yusuf Islam (trad. T. Ramadan), La Vie du dernier prophète, Éd. Tawhid, septembre 1999 (ISBN 2909087492)
  • (en) The Messenger, Éd. A.Lane (ISBN 0713999608)
  • (en) Western Muslims And the Future of Islam, Éd. Oxford University Press, États-Unis (ISBN 0195183568)
  • (en) Islam, the West, and Challenges of Modernity, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860373118)
  • (en) To Be a European Muslim, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860373002)
  • (en) Muslims in France, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860372995)
  • (en) In the Footsteps of the Prophet: Lessons from the Life of Muhammad, Éd. Oxford University Press, États-Unis (ISBN 0195308808)
  • (es) Reformismo Musulman, El - Desde Sus Origenes, Éd. Bellaterra (ISBN 8472901459)

Articles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. L'Université al-Azhar est le centre de référence des sciences islamiques dans le monde sunnite. Elle y forme notamment les enseignants officiels. À l'issue de leur parcours, ceux-ci se voient délivrer une « autorisation » à enseigner à leur tour : une ijaza. Chaque matière en nécessite une.
  2. H. Seniguer, chercheur à l'institut d'études politiques de Lyon est spécialiste du Qatar.
  3. Par exemple « Tariq Ramadan - Fourest / Ramadan : le débat tant attendu » [vidéo], , dans l'émission Ce soir ou jamais (France 3), présentée par Frédéric Taddeï, durée 1:02:39
  4. S. Lacroix, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI)[81]
  • Références
  1. « Tariq Ramadan dirige la prière de Djouma à la Mosquée Salam du Plateau », sur news.abidjan.net, (consulté le 22 août 2017)
  2. a et b Sabrina Champenois, « Tariq Ramadan, versant inoffensif » sur Libération, 3 janvier 2016
  3. Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie, éditions Favre, 2007 ; voir sur saphirnews.com.
  4. a, b, c, d, e et f Ian Hamel, « Tariq Ramadan n’a pas de double discours », sur Oumma.com,
  5. a et b Raphaëlle Bacqué et Besma Lahouri, « Tariq Ramadan, le sphinx », sur lemonde.fr,
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Mathieu Magnaudeix, « Tariq Ramadan, enquête sur un épouvantail (1/5) », sur mediapart.fr, (consulté le 18 avril 2016).
  7. a, b et c Ariane Bonzon, « Tariq Ramadan, une histoire très française », sur slate.fr, (consulté le 21 mai 2017)
  8. a, b et c Éléments de biographie sur le site de Tariq Ramadan.
  9. a, b, c et d Ian Hamel, « Les deux visages de Tariq Ramadan », sur lepoint.fr,
  10. a et b Amara Bamba, « La vérité sur Tariq Ramadan : Un excellent livre d'enquête », sur saphirnews.com,
  11. a et b Mathieu Magnaudeix, « Tariq Ramadan, «vitrine» consentante du Qatar (5/5) », sur mediapart.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  12. Brigitte Maréchal et Farid El Asri, Islam belge au pluriel, Presses universitaires de Louvain, 2012, p. 150.
  13. biographie sur un de ses livres
  14. a et b La Croix, 29/01/2004.
  15. (en) « Tariq Ramadan », sur le site de la Faculty of oriental studies (Oxford), (consulté le 25 mai 2017)
  16. Willy Le Devin, « Tariq Ramadan : Je ne reçois aucune rémunération du Qatar », sur liberation.fr, , « Ma chaire d’Oxford est une chaire permanente, que le Qatar a certes financé, mais dont la gestion est sous l’autorité exclusive d’Oxford »
  17. « Tariq Ramadan : Directeur », sur cilecenter.org (consulté le 22 mai 2017)
  18. Hanan Ben Rhouma, « Tariq Ramadan : “La réforme radicale” passera par le Centre de recherche pour l'éthique au Qatar », in Saphir News.com, 16/02/2012, article en ligne
  19. (en) « Foreign Office Advisory Group on freedom of religion or belief », sur gov.uk, .
  20. Hani Ramadan, « La charia incomprise »,
  21. Mon intime conviction, p. 37-38
  22. a, b et c Mon intime conviction, p. 30
  23. 'Mon intime conviction, p. 57
  24. Mon intime conviction, p. 58
  25. a et b Conférence de Tariq Ramadan : « Réponses aux salafs »
  26. Mon intime conviction, p. 19.
  27. Mon intime conviction, p. 50.
  28. a et b Mon intime conviction, p. 67
  29. Mon intime conviction, p. 65
  30. Mon intime conviction, p. 78
  31. Mon intime conviction, p. 20
  32. Mon intime conviction, p. 86.
  33. Mon intime conviction, p. 86-87
  34. Mon intime conviction, p. 87
  35. a et b Mon intime conviction, p. 88
  36. Mon intime conviction, p. 89
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire mondial de l'islamisme, ouvrage collectif, Éditions Plon, 2002, 438 p. (ISBN 2259197604)
  • Jack-Alain Léger, Tartuffe fait Ramadan, Éditions Denoël, 2003
  • Caroline Fourest, Frère Tariq : Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan, Éditions Grasset & Fasquelle, 2004, 450 p. (ISBN 2246667917)
  • Jack-Alain Léger, À contre Coran, éditions HC, collection « Hors de moi », mars 2004
  • Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L'Archipel, 2005, 382 p. (ISBN 2841876470)
  • Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 416-424
  • Paul Landau, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquête de l'Europe, Éditions du Rocher, 2005, 230 p. (ISBN 978-2268053172)
  • Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie, Éditions Favre, 2007, 364 p. (ISBN 2-8289-0941-7)
  • Mâamar Metmati, Tarik Ramadan, un imposteur du XXIe siècle : Édition français-anglais-arabe,

Éditions La Lanterne, 2010.

Articles[modifier | modifier le code]

  • La Croix, 29 janvier 2004
  • Lionel Favrot, « Tariq Ramadan dévoilé », hors-série de Lyon Mag, 2004, 297 p.
  • Raphaëlle Bacqué et Besma Lahouri, « Tariq Ramadan, le sphinx », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Mathieu Magnaudeix, « Enquête sur Tariq Ramadan : En cinq volets, Mediapart revient sur les faits mais aussi les fantasmes qui entourent l'islamologue », Mediapart,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]