Anne Sinclair

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sinclair.
Anne Sinclair
Image illustrative de l'article Anne Sinclair

Nom de naissance Anne Élise Schwartz[1]
Naissance (69 ans)
New York (NY - Drapeau des États-UnisÉtats-Unis)
Nationalité Drapeau : France Française
Drapeau : États-Unis Américaine
Profession Journaliste
Autres activités Femme d'affaires
Médias
Pays Drapeau de la France France
Télévision 7 sur 7 sur TF1 (1984 à 1997)
Fonction Directrice éditoriale du
site Le Huffington Post (depuis 2012)

Anne Sinclair, née le à New York, est une journaliste franco-américaine.

Elle est connue pour avoir animé plusieurs émissions d'information, dont le célèbre magazine politique 7 sur 7 sur TF1 de 1984 à 1997, ainsi que Questions à domicile de 1985 à 1989.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Anne-Élise Sinclair[2], est la fille unique de Micheline Nanette Rosenberg[3],[4] — femme passionnée de peinture représentée sur une toile de Pablo Picasso[5] — et de Joseph-Robert Schwartz (devenu Sinclair en 1949[6]) — industriel en cosmétiques et homme d'affaires. Son grand-père maternel Paul Rosenberg est un célèbre marchand d'art parisien, londonien puis new-yorkais, dont elle est l'une des héritières (elle possède une partie de sa collection de tableaux d'une valeur de plusieurs dizaines de millions d'euros)[7],[8].

Née à New York, elle y vit pendant trois ans avant le retour de sa famille à Paris en 1951, toutefois elle y revient tous les ans, y passant toutes ses vacances de Noël, de l'âge de 4 à 15 ans[9]. Elle suit sa scolarité au Cours Hattemer-Prignet, très fameuse institution laïque. Élève modèle, elle y dispute la première place avec Jean-Jacques Chaban-Delmas, fils de Jacques Chaban-Delmas et a également dans sa classe, en 6e, Véronique Sanson[10]. A 8 ans, elle veut devenir danseuse classique et chanteuse à l'opéra, mais dès l'âge de 10 ans sait qu'elle veut devenir journaliste[11], écoutant chaque jour Europe 1 en rentrant du collège.

Carrière[modifier | modifier le code]

Licenciée en droit, diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (filière Politique et Social, 1972), elle commence sa carrière de journaliste à Europe 1 en 1973 puis intègre FR3 en 1976[12].

Affichant ses convictions de gauche, elle participe au spot officiel de François Mitterrand lors de la campagne officielle de l'élection présidentielle française de 1981[13].

En janvier 1982, elle est engagée par TF1 pour présenter l'émission Les Visiteurs du jour en remplacement de Midi Première présentée par Danièle Gilbert dans la tranche 12 h-13 h. Faute de succès, l'émission est arrêtée au bout de six mois en juillet 1982[14]. Elle rebondit et le 30 novembre 1983 présente sur TF1 Édition spéciale[15].

Après dix-huit mois de chômage, elle refuse la proposition du Premier ministre Laurent Fabius de diriger la communication de Matignon[13].

En septembre 1984, sur TF1, elle arrive à la présentation du magazine politique hebdomadaire 7 sur 7, créé trois ans plus tôt. Elle devient alors une personnalité très populaire du petit écran. Elle présente tout d'abord l'émission en alternance avec Jean Lanzi du 16 septembre 1984 à juin 1987 puis seule à partir de septembre 1987. 7 sur 7 et Anne Sinclair ont été récompensés de plusieurs Sept d'or. En 1985, l'émission obtient le Sept d'or du meilleur magazine d'actualité ou de débat. Anne Sinclair obtient en 1986 le Sept d'or du (de la) meilleur(e) journaliste ou reporter ; puis en 1988 et 1990, celui de meilleur(e) animateur(trice) de débats. En parallèle, de mars 1985 à mai 1989, elle co-présente l'émission politique mensuelle Questions à domicile, d'abord avec Pierre-Luc Séguillon (1985 à 1989) puis avec Jean-Marie Colombani (1987 à 1989). L'émission connaîtra également un franc succès.

Après la privatisation de TF1 en 1986, elle est nommée directrice adjointe de l'information de la chaîne, en plus de l'animation de ses émissions, puis directrice générale de TF1 Entreprise[13].

Le , un mois après la nomination de son époux Dominique Strauss-Kahn au ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement Jospin, elle décide d'arrêter l'émission 7 sur 7. Après l'arrêt de l'émission, elle présente au premier semestre 1998 le magazine d'information 1 mois, 1 heure sur TF1[16].

Elle devient directrice générale de e-TF1, la filiale internet du groupe, puis vice-présidente. Le , elle est limogée du groupe TF1 à la suite de désaccords avec Patrick Le Lay, le PDG du groupe, et Étienne Mougeotte, le vice-président et directeur d'antenne, qui lui reprochent sa franchise de ton et ses nombreuses amitiés à gauche. Elle saisit les prud'hommes et la chaîne est condamnée à lui verser des indemnités de 1,86 million d'euros[17].

Elle entre ensuite dans le groupe Netgem, puis à RTL en 2002 où elle interviewe de grands patrons[18], elle anime en 2002 un magazine culturel sur France 3 : Le Choc des Cultures qui sera arrêté en faute d'audience[19], puis collabore au magazine Paris Match et anime chaque dimanche, de 2003 à 2007, sur France Inter Libre Cours, une émission où des étudiants rencontrent des professionnels.

Elle participe, en 2008, à l'émission Le Grand Journal sur Canal+ en tant que correspondante aux États-Unis en vue de l'élection présidentielle américaine de 2008, en alternance avec Laurence Haïm.

En , elle intègre le conseil d'administration du musée national Pablo Picasso[8],[20].

Elle est la directrice éditoriale du site français d'actualité, Le Huffington Post, lancé le [21]. En mai 2012, elle co-anime les soirées électorales spéciales élection présidentielle 2012 sur BFM TV, avec Alain Marschall, Ruth Elkrief, Olivier Mazerolle notamment[22],[23].

Elle est membre du Club du Siècle[24].

Depuis la rentrée 2014, elle interviewe des personnalités qui font l'actualité, dans la matinale du week-end d'Europe 1 menée par Maxime Switek[25].

D'après le journaliste Nicolas Domenach, et selon son propre aveu, elle décline la proposition de François Hollande de devenir ministre de la Culture dans le gouvernement Manuel Valls en février 2016[26],[27],[26].

À partir de septembre 2017, Anne Sinclair tient un billet hebdomadaire dans Le JDD[28].

Vie privée[modifier | modifier le code]

D'une première union le avec le journaliste Ivan Levaï, Anne Sinclair est la mère de deux enfants, David et Élie.

Dans les années 1980, Anne Sinclair avait déclaré « Je n’aurais jamais pu épouser un non-juif »[29]. Cette phrase d'Anne Sinclair avait été qualifiée : « d'attitude qu’on pourrait un peu hâtivement taxer de racisme » par l'humoriste Pierre Desproges[30].

Elle rencontre Dominique Strauss-Kahn lors de l'émission Questions à domicile du et entame peu après une liaison avec l'homme politique socialiste. Divorcée, elle épouse le Dominique Strauss-Kahn, devenu ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur du gouvernement Édith Cresson, à la mairie du 16e arrondissement de Paris, au cours d'une cérémonie civile[31].

Lorsque Dominique Strauss-Kahn est impliqué en dans une affaire d'agression sexuelle portée devant la justice américaine par Nafissatou Diallo, Anne Sinclair prend la défense de son époux, en affirmant dans un communiqué publié le qu'elle : « […] ne croit pas une seule seconde aux accusations portées à l'encontre de [son] époux, Dominique Strauss-Kahn. » Sa présence auprès de son mari, de même que le rôle qu'elle a joué auprès de lui durant cette affaire furent commentés par des journalistes dans des livres, dans la presse écrite et dans d'autres médias. Anne Sinclair est désignée femme de l'année 2011 par un sondage CSA publié dans Terrafemina[32].

En août 2012, Anne Sinclair déclare être séparée de Dominique Strauss-Kahn, dont elle divorce en mars 2013[33]. Depuis, elle est en couple avec l'historien Pierre Nora[34],[35].

Distinction[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Une année particulière (1982)
  • Deux ou trois choses que je sais d'eux (1997)
  • Caméra subjective (2002)
  • 21 Rue La Boétie (2012)
  • Chronique d’une France blessée (2017)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal officiel de la République française, .
  2. Alain Hertoghe, Marc Tronchot, Anne Sinclair. Femme de tête, dame de cœur, Calmann-Lévy, , p. 11.
  3. (en) Michael J. Bazyler, Holocaust Justice : The Battle for Restitution in America's Courts.
  4. (en) « Sam To Return Matisse Stolen During Wwii », The Seattle Times, 15 juin 1999.
  5. Dation Madame Micheline Sinclair-Rosenberg, septembre 2008.
  6. Sinclair étant son nom de combattant (sous-officier des Forces françaises libres) du général de Gaulle, choisi en 1941 lors de son arrivée à New-York et adopté comme patronyme par insertion au Journal officiel du 9 août 1949.
  7. « Strauss-Kahn à découvert », L'Express, 16 mars 2000.
  8. a et b Judith Benhamou-Huet, « Une héritière très réservée », lepoint.fr, 10 février 2011.
  9. Télé 7 Jours n°1478, semaine du 24 au 30 septembre 1988, page 126, article de Franklin Didi.
  10. Télé 7 Jours n°1478, semaine du 24 au 30 septembre 1988, pages 126 et 127 : "Anne Sainclair : Véro ma copine de classe", publié à l'occasion de la diffusion de l'émission "Avis de recherche".
  11. Télé 7 Jours no 1478, semaine du 24 au 30 septembre 1988, page 157 : « Dès l'âge de 10 ans, j'ai su que je serai journaliste et rien d'autre. Et j'avais déjà choisi où : Europe 1. » Interview de Franklin Didi.
  12. David Buxton, Francis James, Vulgarisateurs, essayistes, animateurs, Éditions L'Harmattan, , p. 44
  13. a, b et c Laurent Delahousse, « Anne Sinclair, le prix de la liberté », émission Un jour, un destin, 22 avril 2014.
  14. Anne Sinclair quitte TF1, Nouvel Obs 06-06-2001
  15. Élise Karlin, « Anne Sinclair, une femme d'influence », sur L'Express,
  16. 166 - TF1 - 28.01.1998 - 22:54:00 - 01:12:00 - 1 mois, 1 heure, sur le site inatheque.ina.fr
  17. Renaud Revel, « Comment TF 1 a viré Anne Sinclair en 2001 », sur L'Express,
  18. France 3 Sinclair et « Le choc des cultures » Sœur Anne voit venir, sur le site Lesoir.be du 5 septembre 2002
  19. Sinclair arrête le «Choc des cultures», sur le site 20minutes.fr du 6 mars 2006
  20. « Musée Picasso : Anne Sinclair au conseil d'administration », leparisien.fr, 3 novembre 2010.
  21. Anne Sinclair : «Je suis une femme libre !», sur le site Leparisien.fr du 18 janvier 2012
  22. Anne Sinclair revient à la télévision, Le Figaro, 7 avril 2012.
  23. Anne Sinclair sur le plateau de BFMTV pour la présidentielle, Le Figaro, 8 avril 2012.
  24. Le Siècle, La République des Lettres, 3 février 2011.
  25. Anne Sinclair aux commandes d’une grande interview le samedi à la rentrée sur Europe 1
  26. a et b Aveu d'Anne Sinclair à ce sujet dans l'émission Stupéfiant!, 6 Mars 2017
  27. « Zapping du "Point" : Hollande a-t-il proposé la Culture à Anne Sinclair ? », (consulté le 14 février 2016).
  28. Kevin Boucher, « Anne Sinclair devient chroniqueuse au JDD » sur PureMédias, 27 août 2017
  29. « DSK : la triste sortie d’Ivan Levaï », Le Soir, 10 octobre 2011.
  30. Sketch Les juifs, joué en particulier au théâtre Grévin en 1986.
  31. Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Qui est qui en France, J. Lafitte, , p. 1411
  32. « Anne Sinclair, sacrée femme de l'année devant Christine Lagarde et Martine Aubry », sur le site Terrafemina.com du 19 décembre 2011.
  33. Divorce en mars 2013 sur Voici.
  34. Philippe Martinat et Marc Pellerin, « Anne Sinclair : “Je vais très bien, merci” » sur Le Parisien, 31 août 2012.
  35. Danièle Georget, « Anne Sinclair. Pierre, son nouvel amour », sur Paris Match, .
  36. Décret du 5 avril 2015 portant promotion et nomination.
  37. Anne-Claire Huet avec l'AFP, « Jacqueline Bisset jouera Anne Sinclair dans le film sur DSK » sur le site de TF1, 22 mars 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]