Chanson d'automne

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Chanson d'automne
Paul Verlaine - Chanson d'automne - Pieterskerkhof 4, Leiden.JPG
Texte de Chanson d'automne inscrit sur un mur à Leyde, aux Pays-Bas.
Informations générales
Titre
Chanson d’automneVoir et modifier les données sur Wikidata
Auteur
Création
Publication
Contenu
Incipit
« Les sanglots longs… »Voir et modifier les données sur Wikidata

Chanson d'automne est un des plus célèbres poèmes de Paul Verlaine. Il est paru dans le livre Poèmes saturniens en 1866.

Postérité[modifier | modifier le code]

Utilisation par Radio Londres[modifier | modifier le code]

Sa première strophe, légèrement altérée, a été utilisée par Radio Londres au début du mois de pour ordonner aux saboteurs ferroviaires du réseau VENTRILOQUIST de Philippe de Vomécourt, agent français du Special Operations Executive, de faire sauter leurs objectifs. Il s'agissait d'un message parmi les 354 qui furent alors adressés aux différents réseaux du SOE en France. Ces vers de Verlaine étaient destinés à VENTRILOQUIST uniquement, chaque réseau ayant reçu des messages spécifiques[1].

Le 1er juin, « Les sanglots longs des violons d'automne » indique aux saboteurs membres du réseau de se tenir prêts. Le , à 21 h 15, sont envoyées les deuxièmes parties des messages, ordonnant le passage à l'acte : pour VENTRILOQUIST, il s'agit de « Bercent mon cœur d'une langueur monotone ». Il est à noter que les deux messages reçus par VENTRILOQUIST diffèrent du texte de Verlaine, qui écrit « de l'automne » et « blessent » (Radio Londres aurait remplacé « blessent » par « bercent » sous l'influence de la version chantée en 1939 par Charles Trenet)[2].

Une légende tenace, popularisée dans les années 1960 par le journaliste Cornelius Ryan, présente ce message en deux parties comme l'annonce qui aurait été faite à l'ensemble de la Résistance française que le débarquement de Normandie aurait lieu dans les heures suivantes. En référence à cette légende, les deux premières strophes du poème de Verlaine sont présentes sur l'avers de la pièce de 2 euros commémorative française émise à l'occasion de la célébration du 70e anniversaire du débarquement de Normandie le .

Citations et modifications[modifier | modifier le code]

Le poème commence ainsi :

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Cette citation est souvent utilisée à tort avec les termes « bercent mon cœur ». Charles Trenet a notamment réalisé une chanson qu'il nomme Verlaine[3] à partir de ce poème, où il a choisi de dire « bercent mon cœur », probablement pour rendre le texte plus consensuel. Georges Brassens, ayant repris la chanson de Trenet, y remettra la strophe originale. Ce choix fut aussi celui de Léo Ferré pour l'adaptation du même poème dans Verlaine et Rimbaud ; cependant, dans l'enregistrement public du DVD Léo Ferré chante les poètes, Ferré dit aussi « bercent » dans le premier couplet, et « blessent » dans sa reprise en fin de chanson.

Cette citation est aussi utilisée au début d'une chanson du groupe québécois Aut'Chose intitulée Chanson d'automne.

Avant cela, on trouve l'erreur dans Histoire de la littérature française d'Émile Faguet, datant de 1900-1905, et sur une épreuve d'une lithographie de Frédéric-Auguste Cazals[4], où elle est corrigée.

La suite du poème se compose des deux strophes suivantes :

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Ce poème est également cité par :

  • Serge Gainsbourg, en 1973, à plusieurs reprises tout au long de la chanson Je suis venu te dire que je m'en vais (« comme dit si bien Verlaine “au vent mauvais” », etc.) ;
  • Boby Lapointe dans Monsieur l'agent (« Au violon mes sanglots longs / Bercent ma peine / J'ai reçu des coups près du colon / J'ai mal vers l'aine ! ») ;
  • Pierre Perret dans la chanson Les Seins (« Mes airs mélodieux faisaient jaillir de ses yeux ronds / Des gros sanglots longs sur ses violons ») ;
  • Charles Trenet dans Chanson d'automne, où le poème fait de même office de paroles ;
  • Alain Barrière dans Elle était si jolie, qui se déroule elle aussi à l'automne, dans une réminiscence du poème verlainien par l'usage de la même expression « au vent mauvais » ; dans le même couplet, le chanteur « pleure souvent », ce qui n'est pas sans rappeler les « sanglots longs » de Verlaine ;
  • Dooz Kawa, dans Tristement Célèbre (« Les sanglots longs des violons / de l'automne m'isolent / débarquement au bloc B / et les feuilles sont tombées / et séchées sur le sol... »).
  • Les Discrets, un groupe de shoegazing français, a également repris ce poème en intégralité en guise de paroles pour une de leurs chansons[5],[6].
  • Oksana Zaboujko, dans son roman Le Musée des Secrets abandonnés.
  • Dionysos, dans leur album Vampire en pyjama pour introduire l'album sur le titre Chanson d'été.
  • Girls und Panzer Der Film : les deux premières strophes sont citées dans le film pour annoncer l'aide des différents lycées envers le lycée Ooarai.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réseau Canopé, Concours National de la Résistance et de la déportation
  2. (en)Michael R. D. Foot, SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.Michael R. D. Foot. Traduction française par Rachel Bouyssou : Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8), (EAN 9782847343298).
  3. « Chanson d'automne, poème de Paul Verlaine »
  4. Lithographie de Frédéric-Auguste Cazals publiée dans Verlaine de Jacques-Henri-Bernecque (Seuil, 1966), p. 38.
  5. « Les Discrets-Septembre et Ses Dernières Pensées », sur Spirit Of Metal
  6. Les Discrets - Chanson D'automne, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Verlaine, Poèmes saturniens, Paris, Le Livre de poche, , présentés par Martine Bercot
  • Paul Verlaine, Fêtes galantes, Romances sans paroles, précédés de Poèmes saturniens, Paris, Gallimard Poésie, , annotateur : Jacques Borel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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