Edmond Aman-Jean

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aman.
Edmond Aman-Jean
Edmond Aman-Jean 1918.jpg
Edmond Aman-Jean en 1918,
photographie de l'agence Meurisse.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Amand Edmond JeanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Lieu de travail
Enfants
Distinction

Edmond Aman-Jean, pseudonyme d'Amand Edmond Jean et signant ses œuvres Aman Jean[1],[2],[3], né à Chevry-Cossigny le et mort le à Paris, est un peintre, graveur et critique d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait au crayon Conté de Georges Seurat, représentant Edmond Aman-Jean en 1881-1882, New York, Metropolitan Museum of Art.
Georges Seurat, Portrait d'Edmond Aman-Jean (1882–1883), crayon Conté, New York, Metropolitan Museum of Art.

Amand Edmond Jean naît à Chevry-Cossigny le [4], fils d’Edmond Joseph Jean, industriel chaufournier, et de Céline Élisabeth Leblanc. Il adoptera plus tard le pseudonyme d'Aman-Jean.

Edmond Aman-Jean est l'élève d'Henri Lehmann[N 1] à l'École des beaux-arts de Paris, ainsi que le condisciple de Georges Seurat, avec lequel il partage un atelier[N 2]. Il se lie aussi avec les peintres symbolistes Alphonse Osbert et Alexandre Séon.

Il obtient en 1886 une bourse de voyage et part en Italie pour étudier les primitifs italiens avec Henri Martin et Ernest Laurent, ce qui renforce son goût pour les anciens et pour le décor. Avec Seurat, il travaille comme assistant à la réalisation du Le Bois sacré cher aux arts et aux muses de Puvis de Chavannes (1884, musée des Beaux-Arts de Lyon[5]), dont on retrouve notamment l'influence dans sa Sainte Geneviève devant Paris (1885, musée des Beaux-Arts de Brest[6]), acquise par le collectionneur parisien Simon Hayem[N 3].

Proche des milieux littéraires symbolistes, il exécute un portrait de Verlaine à l'hôpital Broussais[7], œuvre peinte en hiver à l'époque où le poète y soignait sa syphilis, témoignage de l'amitié qui lie les deux hommes depuis leur rencontre jusqu'à la mort du poète en 1896. Verlaine dédiera un sonnet à l'artiste pour le portrait qu'il a aimé, et séjournera les années suivantes chez le couple[8]. Il est l'un des premiers à répondre favorablement à Joséphin Peladan, auquel il écrivit en 1892 : « Vous êtes le seul en France à pouvoir parler Esthétique et Art[réf. nécessaire] ». Il expose aux deux premiers Salons de la Rose-Croix esthétique.

Edmond Aman-Jean épouse en 1892 à Paris Thadée Jacquet[N 4], fille d'un préfet de l'Empire, elle-même peintre, qu'il représenta dans plusieurs de ses tableaux, tout comme leurs deux enfants François Aman-Jean et Céline Aman-Jean.

Albert Besnard le fait nommer chevalier de la Légion d'honneur en 1900 et il est promu au grade de commandeur du même ordre en 1933[9].

Edmond Aman-Jean meurt à son domicile le dans le 5e arrondissement de Paris[10],[11]. Il repose au cimetière de Château-Thierry.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1900, sans en faire partie, il est proche du groupe de jeunes peintres de la Bande noire[N 5].

Ayant partagé un net intérêt avec Georges Seurat et Alexandre Séon pour les théories chromatiques et le divisionnisme, il pratique toutefois au début de sa carrière un synthétisme aux couleurs sourdes. Son goût pour la fresque et la tapisserie, auxquelles on compare souvent ses œuvres de cette période, l'incline à peindre sans modelé, alliant des à-plats aux teintes subtiles à des motifs décoratifs.

Son inspiration s'attarde sur des figures de femmes rêveuses, aux attitudes délicates. En 1896, Gustave Geffroy évoquait ses figures languissamment peintes dans des colorations effacées, ravivées par un détail, une fleur au corsage ou à la chevelure, des yeux trop translucides, enchâssés comme des pierres précieuses[12].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

France
  • Brest, musée des Beaux-Arts : Sainte Geneviève devant Paris, 1885, huile sur toile, 74 × 101 cm[13].
  • Dijon, musée des Beaux-Arts :
    • Femme au gant, vers 1900-1902, pastel ;
    • Portrait de Madame Ernest Chausson, 1902, huile sur toile, 125 × 104 cm[14]
    • Portrait de Line, fille de l'artiste, 1903, huile sur toile, 80[ × 65 cm[15]
    • Nature morte, vers 1905, huile sur bois ;
    • Femme en robe rose, pastel, 94 × 44 cm.
  • Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin :
    • Jeune femme aux yeux bleus, pastel ;
    • Femme au gant blanc, vers 1905, pastel ;
    • Jeune Femme à l'écharpe jaune, ou effets de manches flottantes, vers 1905, pastel ;
    • Femme au chapeau de paille, vers 1905, pastel ;
    • Portrait de M. Edmond Pigalle, bienfaiteur du Musée, vers 1906, fusain et pastel ;
    • Étude de nu : l'abandon, vers 1905, fusain et aquarelle sur carton ;
    • Étude de tête de femme, vers 1905, pastel, détrempe et fusain/bois blanc ;
    • Portrait de femme, vers 1907, fusain et pastel ;
    • Nu au chapeau, vers 1906, fusain et pastel ;
    • Nu à la pergola, fusain et pastel ;
    • Jeune fille aux fleurs, vers 1905, huile sur toile ;
    • La pierreuse, pastel.
    • La femme au grand chapeau et au gant blanc, lithographie ;
    • Étude de tête de femme, lithographie ;
    • La jeune fille aux fleurs, lithographie.
  • Carcassonne, musée des Beaux-Arts : Saint Julien l'Hospitalier, 1882, huile sur toile, 360 × 270 cm[16].
  • Paris :
  • Rouen, musée des Beaux-Arts : Les Baigneuses, huile sur toile, 92 × 73 cm.
Roumanie
Japon

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Henri Lehmann est un élève d'Ingres.
  2. Seurat exécutera plusieurs portraits de son ami.
  3. Dont le peintre Jules Bastien-Lepage a fait le portrait (musée municipal d'Hazebrouck).
  4. Voir le portrait à l'eau-forte par Albert Besnard, no 116 du catalogue Godefroy, et le buste par Charlotte Dubray.
  5. Composée de Lucien Simon, Charles Cottet, André Dauchez, Emile-René Ménard et René-Xavier Prinet, ainsi surnommés par la critique d'art car ils rejetaient les harmonies claires des toiles des peintres impressionnistes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Georges Seurat, 1859-1891, (lire en ligne), p. 399
  2. « Aman-Jean (forme internationale) », sur BnF.fr
  3. « Estampe dédicacée par Aman Jean »
  4. Archives départementales de Seine-et-Marne en ligne commune de Claye-Souilly, acte de naissance no 23, année 1858 (vue 187/253).
  5. « Le Bois sacré cher aux arts et aux muses », notice sur mba-lyon.fr.
  6. « Sainte Geneviève devant Paris », reproduction sur art.rmngp.fr.
  7. Verlaine à l'hôpital Broussais, 1892, huile sur toile, 125,5 × 70 cm, Metz, musées de la Cour d'or.
  8. De Puvis de Chavannes à Picasso, vers l'Art moderne, Flammarion.
  9. « Dossier dans l'ordre de la Légion d'honneur d'Amand Edmond Jean », base Léonore, ministère français de la Culture.
  10. Archives de Paris 5e, acte de décès no 80, année 1936 (vue 8/31).
  11. Karel 1992, p. 8.
  12. David-Jean Jumeau-Lafond, Les Peintres de l'Âme, le Symbolisme idéaliste en France.
  13. Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], Musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p.
  14. « Joconde - catalogue - dictionnaires », sur www2.culture.gouv.fr (consulté le 6 février 2019)
  15. « Joconde - catalogue - dictionnaires », sur www2.culture.gouv.fr (consulté le 6 février 2019)
  16. « Saint-Julien l'hospitalier », sur photo.rmn.fr (consulté le 24 juillet 2018).
  17. Notice sur le site du musée d'Orsay.
  18. Notice sur le site du musée d'Orsay.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]