Mathilde Mauté

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Mathilde Mauté
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Mathilde Mauté, par Charles Gallot, vers 1883.
Nom de naissance Mathilde Sophie Marie Mauté
Alias
Mathilde Mauté de Fleurville
Naissance
Nogent-le-Rotrou
Décès
Nice
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence France, Belgique, Algérie
Ascendants
Théodore Mauté
Antoinette-Flore Chariat
Conjoint
Paul Verlaine
Bienvenu Auguste Delporte
Descendants
Georges Verlaine
Suzanne Delporte
Félix Delporte

Mathilde Mauté, parfois appelée Mauté de Fleurville, née à Nogent-le-Rotrou, le et morte à Nice, le fut la jeune épouse de Paul Verlaine avant qu'il ne rencontre Arthur Rimbaud, ce qui précipitera la déliquescence du couple qui se sépare en 1874[Note 1]. De cette union naît un fils, Georges Verlaine. Mathilde Mauté se remarie en 1886. Après la mort de Paul Verlaine survenue en 1896, elle écrit, en réponse à la biographie publiée par Edmond Lepelletier, en 1907, une autobiographie. Elle est publiée de manière posthume en 1935 sous le titre de Mémoires de ma vie.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Enfance (1853-1867)[modifier | modifier le code]

Mathilde Sophie Marie Mauté naît à Nogent-le-Rotrou[Note 2], le [1]. Son père, Théodore Jean Mauté[2], rentier, vit de ses propriétés et sa mère, Antoinette-Flore Chariat[2], est sans profession mais donne à l'occasion des leçons de piano[3]. Elle était veuve de Pierre Louis Sivry, décédé deux années à peine après leur union. De ce premier mariage était né un fils, frère utérin de Mathilde, Charles Sivry[4],[5].

À l'époque de sa naissance, les parents de Mathilde résident à Paris[Note 3]. Sa mère, Antoinette-Flore Chariat, pour accoucher, se rend à son invitation chez sa belle-mère, Rosalie Maugars, qui habite la demeure familiale à Nogent-le-Rotrou.

Théodore Mauté ou l'un de ses aïeuls, s'était, par coquetterie patronymique, adjoint la particule de Fleurville, Mathilde s'en accommodera également non sans dire à son père: « Mon petit papa, tu te fais appeler de Fleurville, tu es un gros vaniteux ». Et, de fait, la particule nobiliaire n’apparaît sur aucun acte officiel de Mathilde, ni sur son acte de naissance, ni sur son acte ou son contrat de mariage avec Paul Verlaine et pas davantage sur son acte de divorce ou tout autre document officiel[2],[Note 4].

Au printemps et à l'été, la famille de Mathilde prend ses quartiers à Nogent-le-Rotrou, ils sont rejoints par sa grand-mère maternelle, Sophie Leroy. Les deux aïeules qui s'entendent à merveille adorent leurs enfants[6]. En 1857, l'appartement de la rue Miromesnil étant devenu trop exigu, la famille déménage et s'installe à la rue de Suresnes dans un vaste appartement où madame Mauté organise des soirées musicales.

La maison au 14 de la rue Nicolet vers 1870.

En 1859, naît la sœur de Mathilde, Alice Marguerite.

En 1860, alors que Mathilde est âgée de 7 ans, sa grand-mère paternelle, Rosalie Maugars, meurt. Son grand-père, Jean René Mauté, étant décédé en 1851, la propriété est vendue[5]. Théodore Jean Mauté achète alors le 14 de la rue Nicolet et la famille s'établit à Montmartre[7].

L'enfance de Mathilde se déroule paisiblement dans l'insouciance et la gaieté. Sa maman est une intime du duc de Rohan et de ses filles[8], Mathilde fréquente ainsi le Château de Reynel où elle rencontre son amie, Osine de Beurges[Note 5]. Pendant quinze années, la famille Mauté, invitée, s'établit au château Reynel pour les trois mois de la période de chasse[9],[Note 6].

La mère de Mathilde est une pianiste confirmée, elle reçoit même en son temps, quelques leçons de Frédéric Chopin[10] et, par la suite, en donne elle-même, au jeune Claude Debussy pour préparer son entrée au Conservatoire de Paris[11]. Elle fréquente les communautés russe et polonaise et y rencontre de nombreux artistes[10], elle était ainsi très liée au couple des Wagner et c'est depuis leur loge qu'elle assiste à la déconvenue du compositeur lors de la représentation de son opéra Tannhäuser, en 1861[12].

Le père de Mathilde est très mondain. Après des études en droit, un projet d'engagement dans la marine[13], il a finalement fait le choix, parce que ses rentes le lui permettaient, de ne point travailler. Et contrairement à ce qu'en dit Edmond Lepelletier dans sa biographie de Verlaine[14], il ne fut jamais notaire[15]. « Il aimait la chasse, les voyages, le monde. Il ne s'est jamais occupé de gagner de l'argent et a vécu parfaitement heureux, disant que l'unique chagrin de sa vie avait été mon mariage avec Verlaine[15] ».

Madame Verlaine[modifier | modifier le code]

Mathilde Mauté, par Alphonse Liébert, vers 1870.

En 1868, son frère, Charles Sivry, surnommé Sivroche dans les milieux artistiques, souhaite présenter à sa mère de nouvelles amies rencontrées à Paris où elles tenaient salon, Nina de Callias et sa mère, Madame Gaillard. Chez elles, sans protocole ni mondanité, on y rencontre en toute intimité une foule de poètes, littérateurs, peintres, sculpteurs et musiciens de talent. Mathilde, alors âgée de quatorze ans accompagne sa mère et découvre ce qui est pour elle un nouveau monde. Elle y rencontre les frères Cros, Antoine-Hippolyte, Henry et Charles ; Léon Dierx ou encore Anatole France[16].

Mathilde s'intègre au groupe et y pousse même la chansonnette, accompagnée par son frère, musicien, en interprétant Avec mes Sabots, dondaine. Elles sont sur le point de prendre congé lorsque Verlaine fait son apparition. Mathilde le trouve « laid, mal habillé et l'air pauvre », hélas, écrit-elle, cette première impression ne devait pas durer[17].

Sa seconde rencontre avec Verlaine se déroule chez Madame Léon Bertaux tandis que Charles Sivry, son frère, organise une répétition pour un spectacle musical de son cru où Verlaine et Edmond Lepelletier seront amenés à chanter. Verlaine ne remarque pas davantage Mathilde qui avait 14 ans et, dit-elle, en paraissait douze[18]. C'est à cette époque que Charles Sivry vante les mérites de son nouvel ami auprès de sa sœur et lui donne à lire les Poèmes saturniens et Fêtes galantes[18].

Le temps des accordailles[modifier | modifier le code]

Paul Verlaine entre 1860 et 1870.

Mathilde apprend certains poèmes de Verlaine que son frère a mis en musique. Plusieurs mois se sont écoulés lorsqu'un jour, son frère étant rentré tard d'une soirée chez Nina de Callias, n'est pas encore descendu. Elle monte à sa chambre et tombe nez-à-nez avec Verlaine avec lequel elle engage la conversation : « J'étais déjà habituée à son visage et, disons-le, à sa laideur. Ce fut donc en souriant que je lui dis gentiment bonjour et que, tout naturellement, j'engageai la conversation avec lui, ne pensant qu'à lui faire un aimable accueil, comme je le faisais pour les autres amis de Charles ». Elle lui parle de certains de ses poèmes qui lui avaient particulièrement plu[19]. Mathilde note à cet instant un changement dans son comportement, jusqu'à sa physionomie, son visage apparaissant comme éclairé par une joie intérieure et, confie-t-elle, à cet instant, il cessa d'être laid[20],[Note 7]. Huit jours plus tard, Verlaine écrit à Charles afin de l'informer qu'il était épris de sa sœur et de s'enquérir s'il y avait des raisons d'espérer qu'une demande en mariage ne soit repoussée[21].

Charles montre la lettre à Mathilde, ils vont ensuite la montrer à Madame Mauté pour aller ensuite à trois trouver le père et lui demander ce qu'il en pense. L'accueil est pour le moins mitigé et le paternel se refuse d'envisager le moindre engagement pour sa — encore très jeune — fille. Nous sommes en , Mathilde vient d'avoir seize ans[21],[Note 8]. Charles rejoint alors Verlaine qui résidait à Fampoux chez un oncle pour lui expliquer qu'il y avait bel et bien des raisons d'espérer mais qu'un engagement devrait encore attendre. C'est lors de la visite de Charles Sivry que Verlaine commence à composer La Bonne Chanson que lui inspire la jeune Mathilde avec laquelle il aspire couler des jours heureux[22].

« Toute grâce et toutes nuances,
Dans l'éclat doux de ses seize ans,
Elle a la candeur des enfances
Et les manèges innocents.
La Bonne Chanson - P. Verlaine. »

Verlaine fait parvenir à Mathilde son recueil par l'intermédiaire de son frère. Mathilde est ravie, elle demande à sa mère si elle peut répondre à son auteur pour l'en remercier, sa mère acquiesce finalement mais toutes deux décident de n'en souffler mot au père[23].

De proche en proche, Verlaine est en visite chez les Mauté, le lendemain, il revient présenter sa mère qui, prenant congé, demande à Monsieur Mauté de lui rendre visite le lendemain pour parler affaire, il accepta poliment de s'y rendre, mais trouvait cela prématuré et inopportun tout en lui donnant le sentiment que l'on tentait de lui forcer la main[24]. La mère intervient alors : son amour semble sincère, il occupe un poste, certes modeste, à l'Hôtel de ville et puis il a du talent et surement un avenir… Monsieur Mauté, ne voulant que le bonheur de sa fille, se laisse amadouer[25]. Paul Verlaine est désormais autorisé à faire sa cour à sa promise et le mariage est fixé à deux années plus tard[26].

L'hiver 1869 s'écoule rapidement pour Mathilde de soirées entre amis chez la mère de Verlaine, en visite chez Nina de Callias et non sans avoir à éconduire deux-trois nouveaux prétendants[Note 9] Mais Paul Verlaine n'a qu'une hâte, celle de voir ses épousailles précipitées dans le temps. En avril, il se montre davantage encore insistant. Sous les assauts de Mathilde appuyés par sa mère Monsieur Mauté accepte qu'un mariage soit programmé pour le mois de . Outre les soirées, Verlaine passe désormais ses dimanches au côté de Mathilde à la rue Nicolet[27]. Ils s'emploient à dénicher un appartement et vont de visite en visite. Madame Verlaine mère invite à la prudence financière mais Mathilde qui se sait pouvoir compter sur le soutien de son père fait opter pour un appartement spacieux à l'angle de la rue du Cardinal-Lemoine et du Quai de la Tournelle dont le balcon s'ouvre largement sur la Seine, Notre-Dame et l'Hôtel de ville[28].

Le temps des épousailles[modifier | modifier le code]

La nef et l'orgue de l'Église Notre-Dame de Clignancourt où leur mariage est célébré, le .

En , Mathilde et Verlaine signent un contrat de mariage sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts et fixent leurs épousailles au [29]. La date doit cependant être reportée au , Mathilde a contracté la variole. À sa suite, sa mère qui la soignait contracte la petite vérole à son tour. Verlaine se montre attentionné mais craint la contamination et s'il prend des nouvelles de sa future à la porte du jardin, il préfère finalement s'établir un temps à la campagne, à Moissy[30].

Le , la guerre est déclarée et tous les hommes non mariés, ne faisant pas partie du contingent, sont appelés sous les drapeaux. Verlaine en est très affecté et affolé, pensant que son mariage n'aurait pas lieu, il appréhende et sanglote toute la nuit comme un enfant[31].

La célébration du mariage se déroule cependant comme prévu dans l'église Église Notre-Dame de Clignancourt, le . Le témoin de Mathilde est Paul Foucher, et, un ami de son père, l'orientaliste Louis-Pierre-Eugène Sédillot ; ceux de Verlaine, Léon Valade et le peu sympathique M. Istace, ami de ma belle-mère. En raison de la guerre, peu de monde assiste au mariage mais leurs proches, leurs connaissances se montrent néanmoins présent par des attentions. Ainsi, Louise Michel, amie de la famille, adresse un touchant poème à Mathilde[32].

Dans un premier temps, leur appartement n'étant pas encore tout à fait prêt, le couple s'installe chez les Mauté, rue Nicolet. Le couple file des jours heureux, Verlaine étant gentil, doux, affectueux, bon enfant et cette lune de miel, dit Mathilde, devait durer sans nuage quatorze mois[33]. L'appartement est situé en face de l'hôtel de ville, Paul Verlaine y rentre pendant son temps de midi : « Après le déjeuner, nous prenions le café sur le balcon, avec ce beau panorama sous les yeux ; puis, on envoyait la petite bonne chercher du tabac ou autre chose pour pouvoir s'embrasser à l'aise… [34] ».

Peu avant le mariage de Mathilde, Charles se fiance à Emma Comiot rencontrée chez Nina de Callias. Elle vit chez sa sœur qui avait épousé un Autrichien, le couple avait du fuir en 1870 si bien que la jeune orpheline se retrouvait seule. Charles, tiré au sort, est enrôlé, il demande à sa mère d'accueillir sa dulcinée. Charles contracte ensuite la petite vérole qui fait des ravages à cette époque et est autorisé à rentrer chez lui en convalescence[35]. Durant le siège de Paris, la famille Mauté quitte Montmartre trop exposée et s'installe Boulevard Saint-Germain face au square de Cluny. La grand-mère maternelle de Mathilde et Charles, toujours convalescent, les accompagnent. Monsieur Mauté, quant à lui, est resté rue Nicolet où il installe une ambulance[36]. Malgré les rigueurs de l'hiver 1870, la difficulté de rassembler des denrées, les amis de Charles se réunissent volontiers autour de lui. C'est lors d'une de ces soirées que Charles Cros écrit sous forme de farce pour se moquer gentiment de Villiers de L'Isle-Adam qui avait apporté dans cette auberge espagnole un hareng, Le Hareng saur[36].

Depuis le début de la guerre franco-allemande, Verlaine fulmine à l'encontre des bellicistes. Un jour, il manque de se faire écharper en plein boulevard pour avoir crié un « Vive la paix » tandis que la foule scandait « À Berlin ». Mathilde a beau lui expliquer qu'il est nécessaire de défendre la Patrie, il objecte « on voit bien que tu n'es pas obligée d'y aller » et qu'il n'avait pas envie de se faire casser la gueule pour les autres[37]. En qualité d'homme marié, Verlaine a été enrôlé dans la Garde nationale de Paris, c'était par conséquent un Pantouflard comme il était convenu d'appeler ces conscrits à l'époque. Le rigoureux hiver de 1870 rend cependant ses gardes pénibles, il tente alors de se faire porter pâle en remettant un certificat de son médecin au médecin-major qui l'approuve mais son sergent-major refuse, sur cette base, de l'exempter de son tour de garde. Pour Mathilde, explique-t-elle dans ses mémoires, il s'agit là d'un acte de poltronnerie et elle le prie de ne pas se laisser aller à de tels propos devant ses parents qui sont de fervent patriotes[38]. Par la suite, Verlaine pense avoir trouvé la parade pour échapper à son devoir. Il fait porter par Mathilde à son capitaine de bataillon un mot par lequel il l'informe être retenu à l'Hôtel de Ville pour une tâche urgente. Par ailleurs, il informe également son employer qu'il est de garde et ne se présente in fine ni à l'un, ni à l'autre. Un voisin, membre également de la Garde nationale, perce à jour le petit manège de Verlaine qui se voit condamner à deux journées d'emprisonnement à la Prison militaire du cherche-midi, ce qui fit pouffer de rire Mathilde et finalement Verlaine. À sa sortie, Verlaine, arguant de motifs liés à leur sécurité, imposa à Mathilde d'aller s'installer chez sa mère aux Batignolles. Après quoi, il écrivit à son Capitaine qu'ayant déménagé et changé de quartier, il est affecté à une autre garnison. Il ne reparaîtra plus sous les drapeaux[39].

Après la guerre, les Mauté réintègrent la rue Nicolet et Verlaine et Mathilde, la rue du Cardinal-Lemoine[40]. Sa grand-mère, Sophie Leroy, meurt un peu plus tard, en . Son enterrement est gêné par les barricades dont le tout-Paris se hérisse déjà[41]. Le , son frère, Charles de Sivry, épouse sa promise, Emma Comiot.

En , sa belle-sœur doit effectuer un petit voyage, elle demande à Mathilde si elle peut héberger Charles durant cette courte période. Mathilde et Paul Verlaine en sont ravis et Verlaine passe même prendre son ami à son travail pour le ramener chez eux. Verlaine a alors bu un peu et son humeur est devenue maussade au point de faire des remarques désobligeantes à son épouse devant son frère qui, pensant que les tensions au sein du couple sont liées à sa présence, propose de s'en aller. Verlaine s'y oppose. Cette nuit là, Mathilde, qui ignore encore sa grossesse, fait un malaise. Le lendemain, Verlaine, pleurant à chaudes larmes, demande à Mathilde de le pardonner. Mathilde demande ensuite à son frère de n'en rien dire aux parents pour ne pas les inquiéter[42].

, coin de la place de l'Hôtel de Ville et de la rue de Rivoli.
L'hôtel de ville de Paris détruit par les flammes en 1871.

En , les troupes de Versailles sont à Paris et sont parvenues à l'Arc de triomphe, d'où elles bombardent le Quartier des Batignolles où réside la mère de Paul Verlaine. Verlaine passe alors la nuit à pleurer et à se lamenter sur le sort de sa pauvre mère. À cinq heure du matin, Mathilde lui propose de partir ensemble en voiture pour aller la chercher. « Il objecta que s'il sortait, il s'exposait à être pris par les fédérés forcé à faire le coup de feu sur les barricades »[43]. Mathilde propose alors de s'y rendre seule ce qui semble soulager Verlaine tout reconnaissant. Mathilde se met en route, traverse plusieurs barricades, des coups de feux éclatent de toutes parts. Un peu plus tard, une balle morte tombe au pied de Mathilde qui s'en saisi avant de se dire qu'elle ferait mieux de se mettre à couvert en se rendant chez ses parents, ce qu'elle fait prestement. Arrivée rue Nicolet, elle n'a aucun moyen de prévenir son mari de la situation dans laquelle elle se trouve[44]. Le père apprenant le motif de cette sortie inconsidérée de sa fille en est fort mécontent. Les coups de feux se raréfiant vers cinq heures du soir, Mathilde et son père se remettent en route. La Chaussée de Clignancourt est jonchée de cadavres. C'est trop dangereux, ils sont contraints de rebrousser chemin et Mathilde de dormir à Montmartre. Le lendemain, il se remettent en route de bon heure, la situation semblant plus calme, Monsieur Mauté laisse sa fille poursuivre, seule, sa route. L'Hôtel de ville, les Tuileries, la Cour des comptes sont en feu. Mathilde est une nouvelle fois contrainte de rebrousser chemin, elle atterrit finalement chez son frère qui lui dit de rentrer à Monmartre tandis qu'il envoie Emma, sa femme prévenir la belle-mère de Mathilde de se rendre au domicile de son fils dès qu'elle le peut. L'accueil qu'Emma reçut est assez mauvais et Mathilde est récriminée pour avoir abandonné son mari en pareilles circonstances. Le troisième jour, elle parvient enfin à rentrer chez elle, sa belle-mère l'avait devancée d'une heure[45].

En , les Verlaine partent s'installer à la campagne, à Fampoux, ils y demeurent chez l'oncle de Paul, sa femme et ses enfants durant trois mois[46]. Leur exil campagnard est troublé par l'arrestation comme Communard de Charles de Sivry à Néris-les-Bains. Il est incarcéré à la prison de Satory. Emma est alors à nouveau hébergée rue Nicolet. Charles n'est cependant pas inquiété et est rapidement relâché. Mathilde était confiante mais Verlaine pense qu'ayant offert un poste à Charles à la commune, il est, lui aussi exposé à des poursuites. C'est à cette occasion qu'il renonce à son emploi à l'Hôtel de ville de Paris. En , Mathilde explique à son père que les appointements de Paul Verlaine feront désormais défaut, il lui propose de venir s'installer au second étage de la rue Nicolet, ce qu'elle accepte volontiers. Verlaine est ravi de la proposition qui les rendaient plus riches qu'avant mais il se désintéresse de leur installation dans leurs nouveaux appartements laissant à Mathilde, sur le point de s'accoucher, le soin de s'en occuper[47].

Rimbaud: le temps de la discorde[modifier | modifier le code]

Arthur Rimbaud vers 1871.

Pendant 26 mois, Paul Verlaine avait été sobre, probablement par amour, explique Mathilde dans ses mémoires. Bien sûr, à l'une où l'autre reprise, elle l'avait retrouvé un peu grisé, il devenait alors grognon, de mauvaise humeur, taquin jusqu'à la cruauté[48]. Il s'était ainsi montré désobligeant envers le repas de disette concocté par Mathilde comportant, comme souvent, de la viande de cheval. Il avait été particulièrement désobligeant mais Mathilde pris son mal en patience. C'est à l'occasion de cette petite querelle que Verlaine situe la première gifle[49].

En , Verlaine, reçoit une lettre d'un inconnu qui lui était adressée depuis Charleville. Elle est accompagnée de deux poèmes qui plaisent beaucoup à Verlaine et à Charles Cros à qui il les montre. Son auteur, un certain Arthur Rimbaud, âgé de dix-sept ans — le même âge que Mathilde —, ne tarde pas à vouloir rallier Paris. Désargenté, Verlaine lui envoie un mandat et la maman de Mathilde propose d'héberger le jeune poète tant que Monsieur Mauté, parti à la chasse, est absent.

Mathilde et sa mère accueillent Rimbaud à son arrivée de la gare. Verlaine qui était allé le chercher le trouve à son retour dans le petit salon : « C'était un grand et solide garçon à la figure rougeaude, un paysan. Il avait l'aspect d'un jeune potache ayant grandi trop vite, car son pantalon écourté laissait voir des chaussettes de coton bleu tricotés par les soins maternels. Les cheveux hirsutes, une cravate en corde, une mise négligée. Les yeux étaient bleus, assez beaux, mais il avait une expression sournoise que, dans notre indulgence, nous prîmes pour de la timidité. Il était arrivé sans aucun bagage, pas même une valise, ni linge, ni vêtements autres que ceux qu'il avait sur lui[50]. »

Paul Verlaine le prend alors sous son aile, le présente à tous ses amis. Ils partaient après le déjeuner et, souvent, ne rentraient pas pour dîner. Rimbaud commet de nombreuses indélicatesses qui indispose Mathilde et sa mère qui invoque le retour prochain de monsieur Mauté pour que Verlaine trouve à héberger son protégé ailleurs. Les nouveaux amis de Rimbaud se cotisent pour lui louer une chambre. Rimbaud ne reparaît dès lors que très peu rue Nicolet et, pour tout dire, Verlaine pas beaucoup plus[51].

Dans son souvenir, Verlaine situait leur première querelle durant la commune. Dans ses mémoires, Mathilde rectifie, le premier passage à l'acte violent à son encontre a lieu huit jours avant qu'elle n'accouche, le [52]. Verlaine lui avait raconté que pour avoir accès à la littérature, Rimbaud était contraint de subtiliser les ouvrages dans les librairies pour les y replacer ensuite puis, craignant d'être pris, pour les revendre une fois lus. Mathilde commente: « Cela prouve que ton ami est peu délicat »[51]. Verlaine empoigne alors Mathilde par les deux bras et la jette au bas du lit où elle vient de se coucher. Le vacarme interpelle Charles, qui loge là parce qu'Emma, elle-même, est sur le point d'accoucher, il lance un: « que se passe t'il là haut ? » mettant un terme à cette violence. Mathilde confie qu'il devrait, hélàs, encore y avoir maints épisodes analogues[53].

Edmond Lepelletier, ami de Verlaine et premier biographe (1907).

Le lendemain, Emma accouche, mais l'enfant ne survit pas. Huit jours plus tard, Mathilde met au monde, Georges: « Ce jour-là, Verlaine partit le matin et ne rentra qu'à minuit ; il parut content d'avoir un fils, m'embrassa, ainsi que l'enfant, et alla se coucher dans sa chambre, voisinne de la mienne[54]. »

Quatre jours plus tard, Verlaine rentre ivre-mort à deux heures du matin, l'air méchant et faisant des menaces. La garde malade qui loge dans la chambre de Mathilde supplie Verlaine de regagner sa chambre mais Verlaine n'en a cure et s'installe, tout habillé, chapeau sur la tête et ses pieds tout crottés sur l'oreiller qui jouxtait la figure de Mathilde. C'est ce tableau que découvre sa mère, le matin, en entrant dans la chambre de sa fille. Verlaine, sentant la remontrance maternelle fondre sur lui, se lève et quitte la maisonnée sans même se changer ni même faire de toilette. Et c'est ainsi qu'il parait le soir au Théâtre-français au bras de Mademoiselle Rimbaud comme l'écrit sarcastiquement et pour lui faire la leçon, Edmond Lepelletier dans le Journal des Simond[55]. Le lendemain, il rentre à trois heures du matin, plus ivre que la veille et beaucoup plus méchant. « La voilà l'abandonnée ! C'est dégoûtant le succès de Coppée. Mais ma femme et mes enfants, ce sont mes otages et je vais les tuer ![56] » La garde s'interpose et parvient à grand peine à le faire réintégrer sa chambre mais ce ne sera qu'un court répis, Verlaine revient à la charge et la garde malade doit brandir sous son nez une pincette qu'elle avait fait rougir au feu pour obtenir que le forcené se calme[55]. Le lendemain, Madame Mauté a une discussion avec son gendre à l'issue de laquelle, « il pleura, se mit à genou près de mon lit, me baisa les main, me demanda pardon, assura qu'il m'aimait toujours, mais que la boisson lui avait troublé l'esprit[57]. »

La mère de Verlaine, en concertation avec Mathilde, organise un souper en vue de faire réintégrer Verlaine à l'Hôtel de ville. Une douzaine de convives sont réunis dont son potentiel chef de bureau. Verlaine se présente avec trois-quarts d'heure de retard, ivre-mort et tient des propos d'ivrogne sur les femmes, les enfants, sur son mariage… Autant dire que la manigance ne produit pas les effets escomptés[58].

mi-, c'est cette fois à son enfant, qu'il délaisse au demeurant totalement, qu'il s'en prend, l'arrachant des bras de sa mère pour le jeter au mur. Madeleine pousse alors un cri déchirant qui interpelle ses parents qui débarquent immédiatement dans la chambre. Paul est à genoux sur Mathilde et lui enserre le cou de toutes ses forces. Monsieur Mauté s'en saisit et le remet d'un geste sur ses pieds. Sans demander son reste, Verlaine quitte alors la maison et ne reparaît point préférant aller loger chez sa mère[59]. On se préoccupe de Georges qui semble aller bien malgré la violence qui lui fut faite et on discute avec Mathilde qui pour la première fois explique à ses parents l'enfer qu'est devenu son quotidien au côté de son ivrogne de mari[59]. Monsieur Mauté fait constater les ecchymose par un médecin et il est décidé que le père et la fille se rendrait à Périgueux pour permettre à celle-ci de trouver, selon le prescrit du docteur, un repos physique et moral absolu. Ils y restent six semaines[60].

Verlaine disparaît deux jours puis, envoie une missive à la rue Nicolet et, ne recevant pas de réponse, s'y présente deux jours plus tard. Madame Mauté lui explique le besoin impérieux de repos de sa fille et se garde bien de lui révéler l'endroit où elle se trouve. Elle lui dit néanmoins qu'elle ferait suivre ses lettres. Verlaine supplie Mathilde de rentrer et cette dernière — qui de son propre aveu l'aime encore — serait prête à y consentir mais conditionne son retour au départ de Rimbaud dont la mauvaise influence sur Verlaine lui parait manifeste. Verlaine refuse. Monsieur Mauté contacte alors son avocat, Maître Guyot-Sionnest, qu'il charge d'introduire une demande en séparation de biens et une assignation pour coups, sévices et injures graves. La réaction ne se fait pas attendre, Verlaine obtempère et Rimbaud quitte Paris. Le couple, tous deux heureux, se retrouve[61].

De nouvelles démarches accomplies par sa mère débouchent sur l'engagement de Verlaine par la filiale belge de la compagnie d'assurance Lloyd[62]. Ceci dura quelques jours, puis les scènes imbibées d'alcool d'absinthe reprirent de plus belle. Un soir, Verlaine emmène de force son fils chez sa mère — il était encore en nourrice —, un autre il fait mine de menacer d'un couteau Eustache[Note 10] Mathilde à chaque fois que la mère de Verlaine quittait la pièce[63].

Peu de temps après, Verlaine disparaît sans dire à quiconque où il se rend. Mathilde souffrante demande à son père de le retrouver, ce dernier se rend chez sa mère qui n'est pas au courant ; à la Lloyd où on lui dit qu'il est absent depuis huit jours ; Monsieur Mauté cherche dans les commissariats, les hôpitaux, la morgue même. Verlaine a disparu. Quelque jour plus tard, Mathilde reçoit un courrier de Bruxelles : « Ma pauvre Mathilde, n'aie pas de chagrin, ne pleure pas ; je fais un mauvais rêve, je reviendrai un jour[64]. »

Le Mathilde informe ses parents qu'elle part le lendemain pour Bruxelles pour une ultime tentative pour ramener son mari. Sa mère se propose de l'accompagner. Verlaine en est informé et rendez-vous est fixé à l'hôtel Liégeois où il était descendu. Dans le train de Paris à Bruxelles, Mathilde envisage de planifier un grand voyage en Nouvelle-Calédonie où de nombreux amis vivent désormais dont Louise Michel, ils s'y installeraient pour deux années loin des turpitudes passées, c'est du moins dans cet état d'esprit qu'elle arrive à Bruxelles[65].

À son arrivée à l'hôtel à cinq heures du matin, Madame Mauté et Mathilde apprennent que Verlaine et son ami n'y logent plus mais que Verlaine s'y présentera à 8 heures. Verlaine explique qu'il ne peut se résoudre à quitter Rimbaud, que c'est trop tard. Mathilde lui parle alors de son projet de voyage qui éveille l'enthousiasme de son mari. Rendez-vous est fixé dans un jardin proche de la gare à cinq heures du soir. Verlaine s'y présente bien mais, ayant revu Rimbaud, il était ivre. Les trois montent dans le train et Verlaine dévore à pleine main un poulet acheté à Bruxelles sous les yeux médusés d'élégants voyageurs. Verlaine s'endort mais lors de la halte au passage de la frontière, éveillé, il se ravise et descend du train. Madame Mauté tente bien de le convaincre d'y remonter. Le train quitte la Belgique, Verlaine reste sur le quai. Mathilde ne le reverra plus jamais[66].

Verlaine et Rimbaud à Bruxelles en 1873.

Mathilde de retour à Paris reçoit un message de Verlaine posté à la gare même où il avait décidé de rester:

« Misérable fée carotte, princesse souris, punaise qu'attendent les deux doigts et le pot, vous m'avez fait tout, vous avez peut-être tué le cœur de mon ami ; je rejoins Rimbaud, s'il veut encore de moi après cette trahison que vous m'avez fait faire[67]. »

Mathilde, atteinte d'une pneumonie qui la fera souffrir de longs mois, charge son père et son avoué, Maître Guyot-Sionnest, de s'occuper de la séparation en veillant à l'en préserver. Elle reçoit des lettres de Verlaine mais ne les lit pas. Verlaine et Rimbaud sont à Londres, ils se disputent fréquemment. Un jour Verlaine abandonne son ami à Londres sans un sou et regagne Bruxelles. Mais, rongé de remords, Verlaine fait parvenir de l'argent à Rimbaud pour qu'il rallie Bruxelles. Rimbaud en veut à son ami et c'est à cette époque que Verlaine tirera sur Rimbaud plusieurs coups de revolver le blessant au poignet et le poursuivant en ville ce qui conduira à son arrestation et à sa condamnation[68].

Quelques jours avant son arrestation, Verlaine écrit à Victor Hugo pour qu'il intercède en sa faveur auprès de Mathilde qu'il recevait régulièrement chez lui. Victor Hugo qui en avait longuement parlé avec Mathilde lui fit la réponse suivante : « Mon pauvre poète, Je verrai votre charmante femme et lui parlerai en votre faveur au nom de votre tout petit garçon. Courage et revenez au vrai[69]. »

Incarcéré le jour même dans un centre de détention provisoire, il est inculpé pour son geste et stigmatisé pour son homosexualité. Il est condamné à deux ans de prison le , même si Rimbaud a retiré sa plainte, la pédérastie étant un élément aggravant[70]. La sentence est confirmée en appel le et Verlaine est incarcéré à la prison de Bruxelles[71]. il est transféré à la prison de Mons en .

Dans Confessions (1895), Verlaine parle de sa dépendance à l'alcool : « Puisque décidément je suis entré dans la Via dolorosa des plus intimes aveux et que je me plais dorénavant à cette franchise qui fait l'honnête homme, parlons du peut-être seul vice impardonnable que j'ai parmi tant d'autres : la manie, la fureur de boire[72] ».

Mathilde, de ses deux années de mariage retient ceci :

« C'est que moi seule ai connu un Verlaine tout différent de ce qu'il était avec les autres : Verlaine, amoureux, c'est à dire, transfiguré au moral et au physique. J'ai expliqué plus haut qu'en me regardant, sa physionomie devenait autre et qu'il cessait d'être laid. Au moral, le changement fut presque aussi complet. Pendant les quatorze mois de nos fiançailles, et pendant la première année de notre mariage, Verlaine fut doux, tendre, affectueux et gai ; oui, gai, d'une bonne gaieté saine et communicative. Il cessa si bien de boire que ceux qui l'avaient connu avant son mariage le crurent à jamais corrigé, et que ni mes parents ni moi n’eûmes le soupçon qu'il avait été un ivrogne. Nous ne l'avons appris que trop tard hélas ! Car après ces deux bonnes années, Verlaine devint un être mauvais, lâche, hypocrite, d'une méchanceté noire et raffinée. Il employait son intelligence à faire le mal, et je puis dire aussi que personne n'a connu un Verlaine semblable à celui-là. Ceci dura d' à , époque de son départ.
Un an de paradis, un an d'enfer et de souffrances continuelles, voilà ce que furent mes deux années de mariage.
Que s'était-il passé ? Quelles furent les causes de mon malheur, de ma vie brisée et, plus tard, de la triste et aventureuse existence de Verlaine ? Rimbaud ! l'absinthe ![73]. »

Après Verlaine[modifier | modifier le code]

Georges Verlaine, vers 1892 (par Paul Boyer).
Mathilde Delporte-Mauté et ses deux enfants, Felix et Suzanne, vers 1910.

L'incarcération de Verlaine précipite le prononcé de la séparation qui était restée en sommeil une année durant et une séparation de corps et de biens est prononcée, le .[74].

En 1878, le fils de Verlaine, Georges est gravement souffrant. Verlaine, alors professeur au Collège Notre Dame de Rethel, l'apprend et adresse une lettre à ses beaux-parents pour pouvoir voir l'enfant. Les Parents de Mathilde acceptent ce qui le rendit heureux. En prison, Verlaine s'était converti et, dit Mathilde dans ses mémoires, elle n'a aucune raison de douter que cela fut sincère[75]. Verlaine écrit à l'une ou l'autre occasion à Madame Mauté dont il obtient des nouvelles de son fils. Puis, plus rien. Verlaine avait quitté Réthel; Il avait rencontré un jeune collégien, Lucien Létinois[76].

Mathilde, quant à elle, se reconstruit et vit une vie heureuse et gaie, fréquente de nombreux amis dans le milieu artistique mais ne songe pas à se remarier n'étant pas encore divorcée, d'ailleurs[77].

Sa mère, Antoinette Flore Chariat, paralysée depuis deux ans, meurt rue Nicolet, 14 à Paris, le [78].

La loi sur le divorce ayant été promulguée, Mathilde est officiellement divorcée de Verlaine, le [79].

Sur les conseils de son père[80], Mathilde épouse en seconde noces, , toujours à Paris (18e arrondissement), Bienvenu Auguste Delporte, un ingénieur, entrepreneur en bâtiment, belge, lui-même divorcé[Note 11],[74].

Le père de Mathilde, Théodore Jean Mauté, meurt un an plus tard, le , à Paris. Louise Michel fut la première à venir rendre hommage à son vieil ami. La rue Nicolet est revendue[81].

De cette seconde union avec Bienvenu Delporte, naissent deux enfants, Felix Théodore Delporte, né à Bruxelles en 1893. Il meurt à 25 ans, le [Note 12] et Suzanne, morte le [74]. Le couple s'installe tout d'abord à Paris, dans le quartier de l'Étoile avant de s'établir à Bruxelles, Avenue Louise, en 1890[74].

En 1896, Mathilde est à Bruxelles lorsqu'elle apprend la mort de Verlaine, survenue de manière déplorable dans un petit hôtel du Quartier latin. Par presse interposée, on reproche à Mathilde de n'avoir pas permis à son fils de prendre part aux obsèques de son père. Mathilde s'en défend et sa lettre adressée à Madame Ernest Lefèvre est publiée dans Le Rappel et son amie Marguerite Dauphin la fait paraître dans la revue La Plume[82]. À cette époque, Georges accompli son service militaire et, souffrant, il était admis à l'hôpital et par conséquent incapable de se rendre aux funérailles[82].

Le , son frère, Charles Sivry, meurt[83] Fin 1900, la famille part s'installer à Alger[84],[85]. Mathilde retrouve l'amie de son père, Louise Michel qui, en convalescence, s'installe un temps chez elle pour terminer ses Mémoires[85].

Le second couple de Mathilde périclite et un divorce est prononcé par le tribunal civil d'Alger, le , il est retranscrit, le [84]. Divorcée pour la seconde fois, elle s'établit par la suite dans une pension de famille Place Masséna à Nice[Note 13].

Autobiographie et décès (1907-1914)[modifier | modifier le code]

Les mémoires de Mathilde Mauté publiées chez Ernest Flammarion en 1935 avec la préface de François Porché.

En 1907, paraît, sous la plume d'Edmond Lepelletier, ami de Paul Verlaine, une biographie du poète : Paul Verlaine : sa vie, son œuvre[14]. À sa lecture, Mathilde Mauté estime qu'elle y est faussement représentée sous un jour défavorable[86].

Elle débute ainsi son autobiographie :

« Après la mort de Verlaine, qui fut mon premier mari, ses amis créèrent autour de lui une sorte de légende où je suis trop souvent représentée sous des couleurs peu flatteuses. On m'y dépeint comme une petite personne (presque une enfant) gâtée par ses parents et devenue pour le pauvre poète cruelle et sans pitié. Il paraît avoir été la victime, et moi, le bourreau[87]. »

Elle écrit dans ces mémoires :

« Aujourd'hui que je ne suis plus une jeune femme, je puis affirmer, sans aucune vanité, que je n'ai jamais ressemblé à la petite personne sèche, querelleuse et acariâtre que Verlaine a dépeinte dans des moments de mauvaise humeur et de rancune. On verra par la suite de cette histoire que j'ai eu au contraire toute patience. Parmi les amis de Verlaine, ceux qui m'ont bien connue me rendaient cette justice : malheureusement, beaucoup d'entre eux ont disparu ; les frères Cros, le doux Valade, Villiers de L'Isle-Adam, Cabaner, Philippe Burty sont morts ; j'ai très peu connu François Coppée, Albert Mérat et Anatole France mais je suis bien sûre que Léon Dierx, Camille Pelletan, Félix Régamey, Jean Aicard et ceux qui m'ont vue souvent, soit chez Victor Hugo, soit chez mon frère, ont du trouver qu'Edmond Lepelletier, dans son livre sur Paul Verlaine, a été injuste envers moi. D'ailleurs, il ne m'a connue que de manière assez superficielle, et son amitié pour Verlaine l'a induit en erreur sur bien des points[88]. »

Elle meurt à Nice, âgée de 61 ans, le .

Postérité et publication des mémoires de Mathilde[modifier | modifier le code]

L'Intransigeant du - Lettre de Mathilde Delporte à Maurice-Verne

Après avoir tenté durant plusieurs années de faire publier ses mémoires et voir chacun de ses projets échouer, Mathilde, renonce à toute idée de publication tandis qu'elle était sur le point d'y parvenir. La presse avait déjà fait écho à de larges extraits qui avaient suscités maints débats quand ce n'était pas l'indignation des familles Verlaine et Rimbaud et Mathilde entendait par ce renoncement, explique-t-elle, préserver son fils. Dans l'édition de L'Intransigeant du , Maurice-Verne retranscrit une lettre que lui a adressée Mathilde Delporte, ex-Madame Paul Verlaine. Elle y explique renoncer à ses projets de publication:

« Mon fils Georges, un brave et honnête garçon, s’est toujours montré pour moi un fils respectueux , et affectueux. Je serais désolée de lui causer, la moindre peine et, voyant que cela le contrarierait, que je fasse paraître ce livre, il y a déjà plusieurs mois que je lui avais dit y avoir renoncé. Au moins pour l’instant; C'est même à cause de cela que j'ai repris mon manuscrit des mains de l'éditeur que Georges avait choisi, et je suis restée en bons termes avec cet éditeur. « Je suis seulement peinée que ceux qui n'ont pas lu mon livre se figurent qu’il est une œuvre de rancune et contient des choses pouvant nuire à la mémoire du grand poète ; d’autres espèrent y trouver matière à scandale. Rien de tout cela n’est vrai, c’est une simple mise au point. Après la mort de mon premier mari, les biographes, dont la plupart ne me connaissent pas, ont parlé de mon ménage d’une manière fantaisiste, inexacte et parfois malveillante pour moi. C’est pour faire connaître la vérité que j’ai écrit ce livre. Sur les deux années de mon ménage, la première fut heureuse, l’autre terrible, mais le récit de cette dernière, s'il est attristant, n’est nullement fait de colère, de haine, de rancune, et encore moins de choses pouvant nuire à la mémoire du pauvre mort. Ce livre ne contenait donc rien dont la pitié de Georges pusse s’alarmer. MM. Franc-Nohain, Fernand Vandérem, Georges Maurevert, qui ont lu le manuscrit, peuvent l’affirmer. Je vous suis extrêmement reconnaissante et à ces écrivains, de ce qu’ils ont écrit sur moi. Mais mon désir actuel est, qu’on ne parle plus ni de mes mémoires, ni de moi-même. Quant au poète: son œuvre est trop grande et trop belle pour qu'on s'occupe d'autre chose que de cette oeuvre même. »

Les trois enfants de Mathilde moururent assez précocement, Félix meurt à 25 ans, des suites d'une pneumonie, le . Suzanne, de santé fragile, le suit en 1923. Georges Verlaine meurt en 1926, âgé de cinquante-deux ans, sans laisser de postérité[74]. Seule reste Augusta Delporte, belle-fille de Mathilde, née de Bienvenu Delporte et de sa première épouse. C'est elle qui conservera les documents, lettres et manuscrits de Mathilde Mauté.

En 1933, au moment où François Porché rédige son « Verlaine tel qu'il fût », il puise certains éléments dans les « Mémoires de ma vie » de Mathilde qu'il n'estimait pourtant pas tant, selon lui, la qualité littéraire était médiocre. D'accord avec Franc-Nohain, il estimait que ce défaut de qualité les rendaient impropres à une publication intégrale mais en 1934, Les Mémoires sont néanmoins publiés. Un appareil critique censé introduire le propos est rédigé par François Porché[89].

Ce long préambule de vingt pages s'intitule: Examen du manuscrit, présentation de l'ouvrage et portrait de Mathilde : Introduction aux Mémoires de Mathilde Mauté. Dans ces prolégomènes, François Porché, le biographe de Paul Verlaine, dresse, en 1934, un portrait sans concession de Mathilde, lui si prompt à, certes nommer les travers violents et alcooliques de son mentor pour saluer ensuite dans un même mouvement son génie, écrit:

« Mathilde est une enfant. Par l'âge, elle en est une quand elle rencontra Verlaine ; elle en était une encore lorsqu'il l'abandonna. Par le caractère, elle en demeura une toute sa vie. Une enfant pas très développée, avec beaucoup de naïveté, beaucoup de vanité mais aussi beaucoup de courage, beaucoup de gentillesse et pas l'ombre de méchanceté, toutes ses qualités, comme tous ses défauts, portent cette même marque d'infantilisme. Je prie de n'attacher au terme aucune importance de raillerie. C'est au sens où les psychiatres l'entendent qu'il faut ici prendre le mot[1]. »

Dans sa conclusion, après de nombreuses précautions oratoires et prétéritions, il dit :

« Et maintenant, lorsqu'on aura lu les Mémoires de Mathilde, si l'on considère l'ensemble de cette vie, peut-être pensera-t-on, comme moi, que l'union qui en fit le malheur en fut aussi l'unique et exceptionnel intérêt. Depuis les fiançailles jusqu'à la rupture, trois ans, à peine, s'écoulent. Dans les années qui précèdent, tout est médiocre. Dans les années qui suivent, tout redevient médiocre, et l'existence, qui dure soixante et une années, s'achève dans la platitude[90]. »

Ce parti pris, dénigrant, s'exprime notamment lorsqu'il remet en question le passage où Mathilde évoque son arrière-grand mère, Charlotte Hubertine Pierron, guillotinée lors de la Révolution française[91],[92]. Il dit:

« J'estime Mathilde incapable d'avoir forgé cette histoire de toutes pièces : elle était dépourvue d'imagination, voire de la plus banale. Là encore, elle aura — non sans ravissement — accueilli comme parole d'Évangile les contes de sa maman, née Chariat, laquelle, ne voulant pas être en reste de noblesse avec ce bon Monsieur de Fleurville, son époux, ne manquait pas de faire valoir, à toute occasion, cette geôle et ce fatal couperet, ainsi que maints autres épisodes, de préférence vendéens[90]. »

En 1864, Auguste Paris, dans son Histoire de Joseph Le Bon et des Tribunaux révolutionnaires d'Arras et de Cambrai, avait pourtant confirmé la véracité du fait :

« [le] 26 floréal [an II] - 15 mai [1794], Le tribunal révolutionnaire […] appliqua la peine de mort à Charlotte Hubertine Joséphine Piéron, 41 ans, née à Arras, femme de Jean Pierre Le Roy d'Honnecourt détenue à Compiègne. Mme Le Roy avait enterré ou fait enterrer des titres féodaux. Son fils Henry comparut à ses côtés sous la prévention de bris de scellés, il n'avait que douze ans, il fut acquitté[93]. »

La publication intégrale des Mémoires de Mathilde, en 1935, est liée à l'action d'Augusta Delporte intentée contre François Porché. Augusta Delporte, belle-fille de Mathilde, est dépositaire des mémoires de Mathilde. Elle souhaite intenter un procès à François Porché pour avoir publié sans se préoccuper des droits d'auteur partie des mémoires de Mathilde dans son Verlaine, tel qu'il fut et, de surcroît, de l'avoir fait sans y apporter les nuances que Mathilde y avait mise. Dernière enfant encore en vie depuis le décès de Georges survenu en 1926 qui lui avait abandonné ses droits sur les papiers de sa mère en 1924[94]. Pour éviter un procès, L'éditeur et François Porché acceptent une transaction : Flammarion publiera les Mémoires de Mathilde et François Porché en réalisera la préface[95]. Et dans son préambule, le biographe de Verlaine n'aura de cesse de ternir l'image de la défunte épouse de Verlaine et de sa famille, de mettre en cause la qualité littéraire du manuscrit voire, sur certains aspects et de déloyale façon, sa véracité même.

En 2015, dans son ouvrage, Verlaine en Belgique, Bernard Bousmanne conclut après avoir évoqué l'hypothétique autodafé que Mathilde aurait commis en détruisant une, non moins hypothétique, oeuvre de Rimbaud, La Chasse spirituelle: « Pour cela, une littérature sans inulgence peut lui demander des comptes. Pour le reste, on hésitera à lui jeter la pierre. Toujours est-il que les souvenirs de Mathilde s'avèrent souvent plus fiables que les réminiscences et affabulations justificatrices de Lepelletier[96]. »

Ouvrage[modifier | modifier le code]

En 1869, Paul Verlaine dédicace un exemplaire des Poèmes saturniens à Mademoiselle Mauté de Fleurville.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La séparation de corps et de biens est prononcée, le , elle sera transformée en divorce, le - François Porché 1934, p. 18.
  2. Rue Charronnerie - François Porché 1934, p. 8.
  3. au 45 de la rue Miromesnil - Mathilde Mauté 1992, p. 34.
  4. Théodore Jean Mauté fera plusieurs tentatives, toutes vaines, pour faire homologuer cette particule arguant du fait qu'il fut porté par une de ses aïeules dont la branche s'est éteinte (cf. Le Moniteur universel du , du ou le Mémorial de la noblesse, 1864, p. 452)
  5. Joséphine Marie Louise de Beurges (1853-1877) Mathilde Mauté 1992, p. 47-48, fille d'Henri Charles Louis de Beurges (1822-1912) et d'Alexandrine de Rohan-Chabot (1831-1907)
  6. François Porché dans son appareil critique écrit en 1934 émet une hypothèse qu'il n'étaie pas selon laquelle, la famille n'était pas présente en tant qu'invitée mais plutôt en qualité de domestiques qu'il faut entendre au sens élargi « d'intendants, de gouverneurs, gouvernantes, de secrétaires, de dames ou demoiselles de compagnie » François Porché 1934, p. 10
  7. Verlaine relate cet épisode dans Confessions, II, 5, 1895
  8. Dans ses mémoires, elle écrit qu'elle vient d'avoir quinze ans Mathilde Mauté 1992, p. 72
  9. Elle dira à la mère de l'un d'entre eux qu'elle n'était pas pressée de se marier et que son père, de toute façon, refusait de lui donner une dot. Avec humour, elle signale que la bonne dame s'enfuit et court encore ! - Mathilde Mauté 1992, p. 88
  10. Le couteau avait été dérobé par Rimbaud à Monsieur Mauté tandis qu'il était hébergé chez lui
  11. d'Irma Rosalie Long avec laquelle il avait eu une fille, Augusta Marie Ernestine Delporte - François Porché 1934, p. 18.
  12. Sépulture dans le carré militaire de Saint-Jean-Cap-Ferrat, mort pour la France.
  13. Au quatrième étage d'un immeuble sis Place Masséna, 1 - François Porché 1934, p. 19,Mathilde Mauté 1992, p. 248.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b François Porché 1934, p. 4.
  2. a b et c François Porché 1934, p. 8.
  3. François Porché 1934, p. 10.
  4. Mathilde Mauté 2019, p. 23.
  5. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 34.
  6. Mathilde Mauté 1992, p. 40.
  7. Mathilde Mauté 1992, p. 36.
  8. Mathilde Mauté 1992, p. 49.
  9. Mathilde Mauté 1992, p. 49 et 53.
  10. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 43.
  11. Mathilde Mauté 1992, p. 138.
  12. Mathilde Mauté 1992, p. 44.
  13. Mathilde Mauté 1992, p. 46.
  14. a et b Edmond Lepelletier 1907.
  15. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 45.
  16. Mathilde Mauté 2019, p. 26.
  17. Mathilde Mauté 2019, p. 26-27.
  18. a et b Mathilde mauté 1992, p. 66.
  19. Mathilde Mauté 1992, p. 67.
  20. Mathilde Mauté 1992, p. 69.
  21. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 72.
  22. Mathilde Mauté 1992, p. 73-75.
  23. Mathilde Mauté 1992, p. 78-79.
  24. Mathilde Mauté 1992, p. 84.
  25. Mathilde Mauté 1992, p. 85.
  26. Mathilde Mauté 1992, p. 88.
  27. Mathilde Mauté 1992, p. 93.
  28. Mathilde Mauté 1992, p. 94.
  29. Mathilde Mauté 1992, p. 95.
  30. Mathilde Mauté 1992, p. 95-96.
  31. Mathilde Mauté 1992, p. 96.
  32. Mathilde Mauté 1992, p. 97.
  33. Mathilde Mauté 1992, p. 99.
  34. Mathilde Mauté 1992, p. 99-100.
  35. Mathilde Mauté 1992, p. 100.
  36. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 102.
  37. Mathilde Mauté 1992, p. 113.
  38. Mathilde Mauté 1992, p. 113-114.
  39. Mathilde Mauté 1992, p. 115-116.
  40. Mathilde Mauté 1992, p. 118-120.
  41. Mathilde Mauté 1992, p. 120.
  42. Mathilde Mauté 1992, p. 127.
  43. Mathilde Mauté 1992, p. 128.
  44. Mathilde Mauté 1992, p. 129.
  45. Mathilde Mauté 1992, p. 129-131.
  46. Mathilde Mauté 1992, p. 135.
  47. Mathilde Mauté 1992, p. 136-137.
  48. Mathilde Mauté 1992, p. 111.
  49. Verlaine, Confessions, II, 15 ; CML, II, 1209
  50. Mathilde Mauté 1992, p. 140.
  51. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 141.
  52. Mathilde Mauté 1992, p. 112.
  53. Mathilde Mauté 1992, p. 141-142.
  54. Mathilde Mauté 1992, p. 142.
  55. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 144.
  56. Mathilde Mauté 1992, p. 145.
  57. Mathilde Mauté 1992, p. 146.
  58. Mathilde Mauté 1992, p. 149.
  59. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 153.
  60. Mathilde Mauté 1992, p. 155.
  61. Mathilde Mauté 1992, p. 157.
  62. Mathilde Mauté 1992, p. 158.
  63. Mathilde Mauté 1992, p. 158-161.
  64. Mathilde Mauté 1992, p. 162.
  65. Mathilde Mauté 1992, p. 166-167.
  66. Mathilde Mauté 1992, p. 169.
  67. Mathilde Mauté 1992, p. 170.
  68. Mathilde Mauté 1992, p. 171-174.
  69. Mathilde Mauté 1992, p. 175.
  70. David Caviglioli, « Sodomie, alcool et revolver à six coups », sur Le Nouvel Obs,
  71. Bernard Bousmanne et René Guitton, « Reviens, reviens cher ami » : Rimbaud-Verlaine, l'affaire de Bruxelles, Calmann-Lévy, (ISBN 2702137210), p. 169
  72. Mathilde Mauté 1992, p. 110.
  73. Mathilde Mauté 1992, p. 76.
  74. a b c d et e François Porché 1934, p. 18.
  75. Mathilde Mauté 1992, p. 184-185.
  76. Mathilde Mauté 1992, p. 186.
  77. Mathilde Mauté 1992, p. 189.
  78. Mathilde Mauté 1992, p. 280.
  79. Mathilde Mauté 1992, p. 193.
  80. François Porché 1934, p. 197.
  81. Mathilde Mauté 1992, p. 198.
  82. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 201.
  83. Mathilde Mauté 1992, p. 209.
  84. a et b François Porché 1934, p. 19.
  85. a et b Mathilde Mauté 1992, p. 212.
  86. François Porché 1934, p. 5.
  87. Mathilde Mauté 2019, p. 21.
  88. Mathilde Mauté 1992, p. 68.
  89. Michael Pakenham in Mathilde Mauté 1992, p. 25-26
  90. a et b François Porché 1934, p. 20.
  91. Mathilde Mauté 2019, p. 34.
  92. Mathilde Mauté 1992, p. 40-41.
  93. Auguste Paris 1864, p. 107.
  94. Abel Manouvriez 5 octobre 1933, p. 1.
  95. Abel Manouvriez 17 mai 1934, p. 1.
  96. Bousmanne 2015, p. 254.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]