Alexis Mérodack-Jeanneau

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Alexis Mérodack-Jeanneau
Alexis Merodack Jeaneau Selfportrait 1904.png
Autoportrait (1904), huile sur toile — musée des beaux-arts d'Angers.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Alexis Louis Michel Jeaneau
Nationalité
Activités
Autres activités
Maître
Mouvement
Influencé par

Alexis Mérodack-Jeanneau[1], né en 1873 à Angers où il est mort en 1919, est un peintre et sculpteur français, associé au mouvement fauviste.

Il est à l'origine de la première exposition parisienne de Vassily Kandinsky en 1904, et a dirigé une revue d'art ouverte à l'avant-garde artistique, Les Tendances nouvelles (1904-1914).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Angers, Alexis Jeanneau (ou Jeaneau) suit d'abord l'enseignement de l'école des beaux-arts d'Angers sous l'égide du paysagiste Eugène Brunclair (1832-1918)[2].

Puis, vers 1890, à Paris, il entre comme élève libre dans l'atelier de Gustave Moreau où il rencontre Henri Matisse, Henri Manguin et Albert Marquet[3]. Il y fera également la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec et du Douanier Rousseau. Il reste en lien avec sa ville natale puisqu'il expose au salon de la Société des amis des arts d'Angers en 1892, 1893 et 1894[2].

Il participe à d'autres expositions collectives, notamment au Salon des indépendants, dès 1896, et en devient membre cette année-là[4]. Il y exposera jusqu'en 1914.

Il réalise sa première exposition personnelle en 1899 à la galerie La Bodinière (Paris). Sous l'influence du mouvement Rose-Croix, il accole, à son patronyme, le nom « Mérodack »[2]. Il collabore à partir de 1900 à des périodiques comme Les Partisans, revue de combat, d'art et de sociologie de Paul Ferniot et Paul Redonnel, et à La Revue verlainienne (1901-1902) dirigée par Léon Deubel et Hector Fleischmann[5], lequel le qualifie de « peintre de l'angoisse » dans la revue Le Beffroi en janvier 1902[6]. En 1901, il illustre pour les Éditions de la Maison d'art, L'Homme-fourmi de Han Ryner, un proche de Redonnel[2].

Table des matières du premier numéro de Les Tendances nouvelles (mai 1904) — Source INHA.

De mai 1904 à 1914, il édite la revue Les Tendances nouvelles qu'il dirige avec Charles-Félix Le Gendre, assisté de Jean Varin, et qui compte 65 livraisons dans lesquelles sont éditées des gravures sur bois de Vassily Kandinsky, des motifs de Lyonel Feininger, entre autres[7]. Cette revue mensuelle, qui tire jusqu'à 5 000 exemplaires (1905-1906), se veut l'organe officiel de l'Union internationale des beaux-arts, des lettres, des sciences et de l'industrie (Paris), dont les présidents sont Paul Adam, Auguste Rodin et Vincent d'Indy.

Fin 1904, il expose au Salon d'automne (Paris) trois toiles intitulées Coupeur de tête, Femme qui rit et Tête d'homme. Son adresse personnelle est mentionnée au 9 rue du Val-de-Grâce[8].

Réputé pour ses conflits ouverts avec le monde de l'art et son marché en particulier[réf. nécessaire], il crée en même temps sa propre galerie au 20 rue Le Peletier à Paris, qu'il nomme « Groupe d'art des Tendances nouvelles », où il vend directement ses toiles aux acheteurs. Il organise également les premières expositions de Kandinsky et Alexander Archipenko[2].

En 1907, dans le cadre de l'Union internationale, Mérodack-Jeanneau organise une grande exposition internationale d'art moderne à Angers, intitulée Le Musée du peuple et comprenant plus de 1 200 œuvres dont des toiles importantes de Paul Cézanne, du douanier Rousseau, et de Kandinsky.

Vers 1910, il se consacre à la sculpture[2].

Sa peinture, relativement méconnue, est directement associée au mouvement fauviste et au synthétisme de Paul Gauguin, dont il se veut le théoricien. Il fut collectionné par Guillaume Apollinaire.

En 1910, il a publié, dans sa revue Les Tendances nouvelles, le Manifeste de l’Excessivisme qui se moquait du mouvement futuriste de Marinetti. Mais il s’est rapproché ensuite du futurisme dont il a reproposé, avec enthousiasme, quelques manifestes parmi les plus polémiques. En 1913, il a fait paraître dans le journal Gil Blas le manifeste Bombe, éléphant, carafé ! en considérant que le manifeste-synthèse d’Apollinaire L’Antitradition futuriste n’était qu’une reprise du synthétisme qu’il théorisait depuis longue date. Il avait en effet adhéré au programme avant-gardiste de la revue L’Idée synthétique fondée en 1901, pour défendre « le mouvement jeune et les tendances nouvelles », par son ami Hector Fleischmann[9].

Il écrit parfois sous le pseudonyme de Baphomet ou de Gérôme-Maësse. Il fait paraître en décembre 1913 un manifeste intitulé Le Synthétisme, fondée originellement en 1889, et dans lequel il résume l'histoire de l'art de façon assez novatrice et met en lumières des artistes situés dans l'avant-garde[2],[10].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

La Danseuse jaune (1912).
  • Musée des beaux-arts d'Angers :
    • Place Blanche, 1897, dessin
    • Angevine assise, 1898, dessin
    • La persécution, 1899, dessin
    • Espagnoles, retour de marché, 1901-1902
    • Inquiète, vers 1898-1905, pastel et pierre noire
    • Étude pour le tableau l'Écuyère verte, 1910, dessin encre de Chine sur papier, ancienne vente Guillaume Apollinaire
    • La Gare en chantier, 1910, gouache sur papier
    • La Femme à la coupe d'oranges, vers 1910
    • La Créole au perroquet, vers 1910
    • La Montreuse de singe, 1911
    • La Danseuse jaune, 1912
    • L'Écuyère verte, 1913
    • La Maine à Angers, 1913, gouache sur papier

Galerie[modifier | modifier le code]

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Postérité[modifier | modifier le code]

Dans le Mercure de France d'avril 1926[11], Gustave Kahn rappelle que « [ce] fidèle des Indépendant, y apporta souvent par le tableau ou la statue, des affirmations qui paraissaient audacieuses, mais qui ont souvent été reprises, soit par des artistes au fait de son œuvre, soit par des artistes, qui, l'ignorant, prenaient la même route et prenaient les mêmes points de vue. [Merodack Jeaneau] se manifesta par des statues ingénieusement polychromées, toujours d'un rythme assez intéressant, et par des gouaches sur thèmes de vie moderne, paysages de ville, scènes de cabaret, de foirails, d'un beau dessin résumé et d'une belle sonorité de couleurs, teintes plates ingénieusement agencées. C'était une tentative de synthèse, raisonnées et antérieure à d'autres similaires, ou trouvées au nom des même principes, qui s'imposaient pour la recherche d'un art pareillement elliptique et suggestif. »

Du 28 mars au 22 juin 1997, est organisée au musée des beaux-arts d'Angers une rétrospective de son œuvre, conduite par Patrick Le Nouëne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois orthographié Mérodack-Jeaneau
  2. a b c d e f et g « Alexis Michel Louis Mérodack-Jeaneau », notice (2010) sur marquesdecollections.fr, en ligne.
  3. Les « petits maîtres » du XIXe siècle dans L'Œil, n° 547, mai 2003.
  4. Angevins célèbres sur le site de la Mairie d'Angers
  5. « Mérodack-Jeanneau par Hector Fleischmann », in Livrenblog, 19 février 2009.
  6. Le Beffroi janvier 1902, 5e série, Paris, Ch. Tallandier — lire sur Gallica.
  7. Les Tendances nouvelles, notice de la bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou — en ligne.
  8. Base Salons, musée d'Orsay, en ligne.
  9. Cf. Giovanni Lista, Le Futurisme : textes et manifestes, Éditions Champ Vallon, Ceyzérieu, 2015, p. 195, 198, 246, 384, 453, 469, 571.
  10. La Lanterne, du 26 janvier 1914, p. 1 — sur Gallica.
  11. Mercure de France, Paris, avril 1926, p. 205 — sur Gallica.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]