Claire Bretécher

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Bretécher
Nom de naissance Claire Bretécher
Naissance (76 ans)[1]
Nantes (France)
Nationalité Drapeau de France Française
Profession
Conjoint
Guy Carcassonne (1951-2013)
Signature de Bretécher

Claire Bretécher (prononciation : [brəteʃe]), née le [1] à Nantes, est une auteure de bande dessinée humoristique et illustratrice française.

Après avoir collaboré aux principaux titres de la presse jeunesse franco-belge dans les années 1960 (Record, Tintin et Spirou), Bretécher participe à l'émergence de la bande dessinée adulte francophone en rejoignant Pilote en 1969 puis en co-fondant L'Écho des savanes en 1972. De 1973 à 1981, elle publie dans l'hebdomadaire d'information généraliste Le Nouvel Observateur une série de gags en une ou deux pages moquant les comportements de la gauche bourgeoise bien-pensante, Les Frustrés, première bande dessinée francophone à succès basée sur la critique sociale. Ensuite, tout en travaillant ponctuellement pour la presse, elle continue à se faire la sociologue des classes moyennes supérieures urbaines en consacrant des albums à la maternité, à la médecine, au tourisme, puis à l'adolescence avec sa deuxième œuvre phare, la série Agrippine (1988-2009).

Seule femme à avoir collaboré aux principaux périodiques francos-belges classiques, Claire Bretécher jouit d'une notoriété assez importante dès le début des années 1970, qui va s'accroissant tout au long de sa décennie grâce à sa collaboration au Nouvel Observateur. Régulièrement invitée dans les médias et traduite dans de nombreuses langues, cette auteure majeure de la bande dessinée francophone a reçu plusieurs prix importants, dont en 1982 un Grand Prix d'Angoulême spécial remis par les lauréats précédents. En 2015, elle a fait l'objet d'une exposition rétrospective à la Bibliothèque publique d'information du Centre Beaubourg, à Paris.

Parallèlement à ses bandes dessinées, Bretécher a beaucoup travaillé pour la publicité et a réalisé une œuvre peinte qui a fait l'objet de plusieurs recueils. C'est par ailleurs une pionnière de l'auto-édition d'albums de bande dessinée, qu'elle pratique de 1975 au milieu des années 2000. Les Frustrés (en 1975) et Agrippine (en 2001) ont été adaptés en dessin animé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts dans la presse jeunesse[modifier | modifier le code]

Claire Bretécher naît en à Nantes dans une famille catholique bourgeoise, d'un père juriste et d'une mère femme au foyer[2]. Elle commence très tôt à dessiner et suit des cours aux Beaux-Arts de Nantes durant son adolescence. Désireuse de quitter une ville qu'elle n'aime pas et un père violent, elle part s'installer à Paris à 19 ans[3]. Elle s'établit rue Gabrielle, dans le quartier de Montmartre, alors mal famé[4]. Dès son arrivée, elle tente de placer ses travaux dans diverses rédactions, tout en gagnant sa vie en gardant des enfants[5]. En 1960, elle enseigne également le dessin en lycée durant neuf mois[6], mais cette expérience n'est pas concluante[7]. Après avoir réussi à placer quelques illustrations dans Le Pèlerin, elle commence à collaborer avec les éditions Bayard qui publient ses dessins dans plusieurs de leurs magazines[6]. Dans la deuxième moitié des année 1960, elle travaille également pour Larousse, Hachette et pour la publicité[8].

Bretécher débute dans la bande dessinée en illustrant une histoire de René Goscinny, Facteur Rhésus, publiée en 1963 dans L'Os à Moelle, que Pierre Dac venait de relancer[8]. Bretécher éprouve de grandes difficultés à répondre aux attentes de Goscinny et la série est arrêtée après quelques mois[8]. En 1964, elle commence à collaborer au magazine Record et y publie plusieurs illustrations ou histoires courtes. De 1965 à 1967, elle travaille également pour l’hebdomadaire Tintin où elle crée le personnage humoristique Hector. En 1967, après l'acceptation par le rédacteur-en-chef Yvan Delporte de son histoire « Des navets dans le cosmos »[8], elle commence à travailler pour le journal Spirou où est publié à partir de décembre Les Gnangnan une série humoristique mettant en scène des bébés aux dialogues très matures. En 1968, elle crée dans Record Baratine et Molgaga. La même année débutent dans Spirou les séries Les Naufragés, sur des textes de Raoul Cauvin, puis Robin les foies, pourtant plus ancienne que les deux précédentes[8].

De Pilote au Nouvel Observateur : une auteure majeure des années 1970[modifier | modifier le code]

À partir de 1969, elle participe au journal Pilote où elle crée le personnage de Cellulite et déploie un « humour plus adulte[6] ». Dans ce même journal, elle doit, comme la plupart des auteurs non établis, réaliser des histoires courtes inspirées par l'actualités, ce qu'elle n'apprécie pas jusqu'à ce que Goscinny la laisse y injecter l'aspect satirique qu'elle désirait y mettre[9] ; ces actualités deviennent alors une série de gags en une planche intitulée Salades de saison[6]. Elle publie également de nombreuses histoires courtes qu'elle scénarise presque toujours[10], et entre avril et juillet 1970 Tulipe et Minibus, récit de 28 pages qu'Hubuc, mourant, n'avait plus la force de dessiner[9]. Seule femme de la rédaction, elle y apprécie cependant l'atmosphère[5]. Fin 1971, elle retrouve Yvan Delporte avec lequel elle crée le personnage d'Alfred de Wees (Fernand l'orphelin) pour le magazine néerlandais Pep, qui en publie cinq histoires[11].

Au dernier trimestre 1972, tout en continuant à travailler pour Pilote, Bretécher participe également à la création avec Gotlib et Mandryka de L'Écho des savanes, à la demande de ce dernier[9]. Bien que Goscinny ne lui refusait jamais d'histoire dans Pilote, elle apprécie de pouvoir traiter dans L'Écho n'importe quel sujet[9]. Cette première expérience dans la presse pour adultes est suivie d'une collaboration au nouveau mensuel écologique Le Sauvage, qui publie dès son premier numéro en mai 1973 Le Bolot occidental[12], sa première incursion dans la presse généraliste[13].

Bretécher est ensuite engagée par l'hebdomadaire le Nouvel Observateur, qui publie chaque semaine à partir du numéro du une planche dans la rubrique sociétale « Notre époque », rapidement titrée « La Page des Frustrés »[12]. Dans la lignée des Salades de saison[6], elle y critique une certaine classe moyenne supérieure urbaine de gauche donneuse de leçon et nombriliste[14]. Accaparée par son travail pour le Nouvel Observateur, bien qu'elle ne s'implique pas dans la vie de la rédaction, elle cesse fin 1974 de travailler pour les revues de bande dessinée, sinon pour une histoire dans Fluide glacial début 1975 et quatre récits courts de Celullite publiés dans Pilote mensuel entre 1975 et 1977—décision rendue d'autant plus facile qu'elle est bien mieux payée par son nouvel employeur[15].

Le succès des Frustrés et un désir d'autonomie la décident à se lancer dans l'auto-édition pour en publier le premier recueil en 1975[7]. Cet album (qui reçoit le prix du scénariste français du festival d'Angoulême 1976) et les quatre suivants connaissent « un succès considérable » et sont traduits en plusieurs langues[6], ce qui la conduit à auto-éditer l'ensemble de ses nouveautés durant les 30 années suivantes. Une adaptation animée est diffusée à la télévision française en 1975[16], tandis qu'en 1976 sa grande amie Dominique Lavanant et Josiane Balasko créent la première de nombreuses adaptations théâtrales[17]. Dès le milieu de la décennie, Bretécher est reconnue « au-delà du seul lectorat de la bande dessinée[13] ».

En 1976, elle recueille dans Le Cordon infernal une grande partie de ses planches publiées dans L'Écho des savanes, et publie en 1980 un album consacré à Sainte Thérèse d'Avila, intitulé La Vie passionnée de Thérèse d'Avila, dont la prépublication dans Le Nouvel Observateur avait choqué certains chrétiens, alors que d'autres n'y avaient rien vu d'irrévérencieux[18]. Ressentant une certaine lassitude de travailler au Nouvel Observateur, elle cesse sa collaboration hebdomadaire au début de 1981, tout en réservant à la revue la prépublication de ses histoires suivantes[7].

Des Frustrés à Agrippine : les années 1980 et 1990[modifier | modifier le code]

En 1982, alors que nombre de ses amies sont alors enceintes, Bretécher publie Les Mères, album consacré à la maternité[19]. En juin de la même année, l'organisation du festival d'Angoulême demande aux premiers lauréats du Grand prix de la ville d'Angoulême d'élire un Grand Prix spécial pour co-présider en janvier suivant la dixième édition du festival avec Paul Gillon, élu Grand Prix par le jury lors de la neuvième édition[20]. Ceux-ci choisissent rapidement d'élire Claire Bretécher[20]. Son ami Dominique Bréchoteau monte pour ce dixième festival en janvier 1983 la première exposition d'ampleur de ses dessins[21]. Quelques mois plus tard, Bretécher continue à explorer la question de l'enfantement avec Le Destin de Monique, consacré aux mères porteuses, une question alors peu traitée. La même année, les éditions Denoël publient la première sélection de ses peintures, avec un avant-propose d'Umberto Eco et des commentaires de Daniel Arasse[22].

C'est également en 1983 qu'elle rencontre le juriste Guy Carcassonne, de onze ans son cadet et déjà père de deux filles[23], de qui elle tombe immédiatement enceinte alors qu'elle se pensait stérile[24]. Ils élèvent ensemble leur fils Martin et les deux filles de celui-ci, Marie et Nuria, et restent en couple jusqu'à la mort de Carcassonne en 2013[23].

En 1985 et 1986, Bretécher publie deux volumes de Docteur Ventouse, bobologue, où elle pose un regard moqueur sur les milieux médicaux parisiens[21]. En 1988, elle s'attaque au monde de l'adolescence avec Agrippine[7]. L'année suivante, elle moque l'appétence de la bourgeoisie intellectuelle pour les voyages lointains et dépaysants dans Tourista[25],[26] Comme Les Frustrés, la plupart de ces albums sont immédiatement traduits en plusieurs langues[27].

Le succès d’Agrippine conduit cependant Bretécher à en faire la série dans laquelle elle aborde tous les thèmes qui l'intéressent : après 1989, elle ne publie en effet qu'une seule bande dessinée hors de cet univers, Mouler démouler, en 1996, un recueil d'histoire courtes dans la lignée des Frustrés[28]. Trois albums d'Agrippine sortent ainsi entre 1991 et 1993, puis trois autres entre 1998 et 2004 [29]. La série est appréciée de la critique, qui décerne à son cinquième volume Agrippine et l'Ancêtre l'Alph-Art humour au festival d'Angoulême 1999. En 2001, Canal+ diffuse 26 épisodes d'une adaptation en dessin animé de la série, dans laquelle Bretécher s'est peu impliquée[30].

Parallèlement à ses activités d'auteure de bande dessinée, Bretécher travaille beaucoup dans les années 1980 et 1990 pour la publicité[31], notamment pour les yaourts BA de Besnier en 1993[32],[33] ou les supermarchés Huit à 8 entre 1995 et 1999[34],[35], peint[36] et illustre de nombreux ouvrages[37]. Elle soutient également en 1999 un mémoire de maîtrise en psychologie à l'université de Nantes intitulé « Existence d'un amorçage différencié selon la nature de l'humeur[38] ».

Fin de l'auto-édition et ralentissement de la production depuis le milieu des années 2000[modifier | modifier le code]

À partir de 2006, après plus de 30 ans d'auto-édition, Bretécher confie à Dargaud la gestion de son catalogue[39]. Dargaud en profite pour publier une version colorisée du Destin de Monique sous le nouveau titre Une saga génétique en 2006, un recueil d'inédits en 2007, et des intégrales des Frustrés puis d'Agrippine[39],[29]. Glénat publie également en 2006 un recueil des bande dessinée de jeunesse de l'auteure dont il avait conservé les droits[40] tandis que Dupuis Les Naufragés en 2008 dans une collection consacrée aux œuvres de jeunesse de Raoul Cauvin[41].

En 2009 Dargaud publie Agrippine déconfite, huitième tome de la série Agrippine[42] et dernier album de bande dessinée de Bretécher à ce jour. Celle-ci continue cependant à illustrer des ouvrages, dont un tarot divinatoire en 2011[43]. En mai 2013, le décès brusque de son mari alors qu'ils voyageaient à Saint-Pétersbourg la marque fortement[44]. En 2016, elle illustre un recueil de perles d'écoliers réunies par Dominique Resch[45].

Malgré ce ralentissement dans sa production, l'œuvre de Bretécher continue à être reconnue, comme en témoignent la diffusion en 2012 sur la radio France Culture d'adaptations en cinq épisodes des Frustrés et d'Agrippine suivies en 2014 d'une deuxième saison des Frustrés[46] puis l'exposition monographique que lui consacre la Bibliothèque publique d'information du centre Georges Pompidou, à Paris, du au , plus la grande rétrospective jamais consacrée à Bretécher[47]. À cette occasion, Dargaud publie deux compilations de cent pages[48].

L'œuvre de Bretécher[modifier | modifier le code]

Une simplicité graphique au service de l'expressivité et de l'humour[modifier | modifier le code]

Dans son enfance, Bretécher lit des revues pour filles (La Semaine de Suzette) et des hebdomadaires de bande dessinée franco-belge (Tintin, Spirou, etc.) dont elle recopie et adapte assidûment ses histoires préférées[3], celles d'Hergé notamment[49]. À Paris dans les années 1960, elle découvre des auteurs américains qui influencent sa carrière professionnelle : Le Magicien d'Id de Johnny Hart et Brant Parker est ainsi une inspiration graphique majeure pour ses séries Robin les Foies, Baratine et Molgaga et Cellulite[50], tandis que les comic strip de Jules Feiffer lui font prendre conscience qu'un style « lâché » est un bon moyen de moquer en bande dessinée les travers de ses contemporains[5],[51]. Hors de la bande dessinée, elle est également influencée par l'Anglais Ronald Searle, autre dessinateur au style très expressif[3], son premier « Dieu[52] » graphique.

Bretécher est à ses débuts critiquée pour la qualité de son dessin, notamment de la part de René Goscinny[44], et elle reconnaît avoir parfois « pillé » les auteurs qu'elle admirait durant sa période de formation[53]. Toutefois, profitant de travailler le plus souvent sans collaborateur, Bretécher affine rapidement son style pour l'adapter le mieux possible à son propos et développer dès le début des années 1970 un dessin « nerveux et efficace[7] ». Ce style, faussement simple, confère à ses personnages, selon son collègue Martin Veyron, « une souplesse et une vie exemplaires[44] ». Cette « conjugaison de la simplification et de l'exagération[54] » rattache donc Bretécher à la caricature.

Cette apparente simplicité formelle assumée[a] n'est pas liée à des limitations techniques puisque Bretécher déploie par ailleurs « une extrême variété de techniques mises à l’épreuve dans les esquisses, croquis, peintures de portraits, etc.[55] », lesquels permettent d'apprécier « sa virtuosité de dessinatrice[55] ». Ce style n'est pas non plus lié à une appétence particulière pour les croquis ou le dessin d'après nature chez celle qui ne se considère « pas une graphomane, comme Cabu », et peut passer de longues périodes sans dessiner[5].

Ce graphisme efficace et expressif est associé à une grande maîtrise de l'art de la composition[50], par exemple des effets de gradation comique[56], et des « techniques traditionnelles de la bande dessinée[57] ». Ainsi, dans la lignée de Feiffer, Bretécher utilise généralement dans Les Frustrés une disposition des cases extrêmement régulière (gaufrier) et des dessins qui se répètent beaucoup (itération iconique) ce qui permet mieux mettre en valeur les rares variations de postures des personnages et ainsi de maximiser l'effet humoristique porté par le texte[58], tout en montrant la monotonie et les redondances des positions défendues par ses personnages[59]. La simplicité des décors accentue ces effets[60].

L'efficacité de Bretécher se retrouve également dans ses textes. René Pétillon a ainsi déclaré en 2015 : « Les dialogues sont époustouflants. La langue qu'elle emploie ne ressemble à rien d'autre. Elle a inventé une syntaxe et puise aussi bien dans le français classique du XVIIIe que dans l'argot ou le verlan. Ça devient la langue Bretécher[44]. ». Bretécher ayant du mal à construire des gags à chute traditionnels[9], elle préfère en effet placer l'humour dans des dialogues à la ponctuation limitée, presque toujours dépourvus de virgules, comme pour mieux montrer l'incapacité de ses personnages à cesser de parler[61]. À partir du début des années 1970, avec Salades de saison et Les Frustrés, ses dialogues parodient les tics de langage, manières et la langue de bois de la bourgeoisie intellectuelle urbaine française des années 1970, ce qui plaît à ce milieu, friand des « représentations de ses mœurs et de ses tics[62] ». Dans ses ouvrages ultérieurs, notamment ceux de la série Agrippine, elle a amélioré et amplifié ce procédé parodique, allant « bien au-delà de la caricature[63] » en mettant en scène la langue française à travers un argot français contemporain non seulement restitué mais également en grande partie inventé, et porteur d'une grande charge humoristique[63].

L'accumulation d'effets graphiques et textuels variés parfois novateurs, parfois empruntés à la bande dessinée franco-belge ou la caricature classique[64] permet donc à Bretécher de déployer un humour référentiel, plein d'esprit, qu'elle privilégie à l'humour de situation[65].

Une pionnière de la critique sociale en bande dessinée[modifier | modifier le code]

Cette capacité à saisir la langue d'une certaine population, ainsi qu'à inventer des façons de parler allant « toujours dans le sens où va la langue elle-même[66] », se rattache plus globalement à ses qualités souvent louées d'« observatrice très fine de ses contemporains[55] ». Intéressée par la description des relations humaines, Bretécher a en effet accompagné l'évolution de la société française des années 1970 aux années 2000, en particulier l'évolution des mœurs[5], ce qui l'a conduit à aborder « avec audace des sujets qui demeurent aujourd’hui encore source de vives dissensions[55] », comme la libération sexuelle, l'homosexualité, la contraception, le clonage, la psychanalyse, etc[67],[14]. Depuis les années 1970, Bretécher jouit ainsi d'une réputation de sociologue de la bande dessinée, image confortée par les propos d'intellectuels comme Roland Barthes, qui l'a qualifiée en 1976 de « meilleure sociologue de l’année » pour sa page des Frustrés[68], ou Pierre Bourdieu, qui a loué en Agrippine une « évocation (...) rigoureuse, quasi ethnographique[69] ».

Bretécher ne se cantonne cependant pas à la description : en montrant les contradictions et la vacuité de personnages passant leur vie à s'interroger et à déblatérer[63], elle « déconstruit les mythes de la classe moyenne bourgeoise[70] », ce qui en fait une pionnière de la « dérision sociale[71] » en bande dessinée, à une époque où celle-ci était peu pratiquée en France[b]. Sa cible de prédilection est, depuis les Salades de saison, la « bourgeoisie intellectuelle parisienne[69] » de gauche, dont elle a mis à jour toutes les contradictions avant de s'attaquer dans Agrippine à l'égoïsme et la superficialité adolescentes[13] de ses enfants.

Si ses personnages s'avèrent bien de véritables « archétypes sociaux[63] », leur traitement est assez fin pour conférer à ses histoires un aspect à la fois « intemporel[72] » et international[14]. Certains critiques ont ainsi vu dans son travail, notamment Les Frustrés, l'œuvre d'une moraliste plus que d'une sociologue[51],[73]Yves-Marie Labé l'a ainsi qualifiée en 1997 de « moderne Saint-Simon de la bande dessinée[28] ». Bretécher a cependant toujours récusé l'une ou l'autre de ces qualifications[67],[2]. Elle ne se met d'ailleurs jamais elle-même en scène dans ses bandes dessinées, à l'inverse d'auteurs satiriques comme Roz Chast[74].

Quoique « sans concession[55] » et « âpre[51] », sa vision s'accompagne souvent d'une certaine tendresse, ce qui témoigne d'un positionnement politique complexe. Solitaire, sceptique face aux groupes[2]— « raisonnablement misanthrope[5] » selon ses propres mots —, Bretécher a régulièrement affirmé que la politique ne l'intéressait guère[2], et ne la commentait d'ailleurs guère dans ses histoires[51]. Elle a toujours aimé se moquer du gauchisme, même en mai 1968, période durant laquelle elle préfère travailler sur ses planches à livrer pour Spirou qu'aller manifester avec ceux qu'elle qualifie d'« étudiants dorés sur la tranche[2] ». Elle a également toujours assumé d'être passée de Pilote au Nouvel Observateur non seulement pour avoir un public plus large, mais également car cela était mieux payé[15], tout comme de travailler pour la publicité, activité lucrative[2]. Très opposée au racisme et à la xénophobie[15], Bretécher a cependant toujours affirmé se sentir « profondément de gauche[2] ». Cette position complexe se retrouve dans son rapport au féminisme.

Bretécher, le féminisme et la place des femmes dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Bretécher est considérée comme une auteure de bande dessinée féministe, à la fois pour son œuvre et pour son rôle pionner. Elle a en effet été l'une des rares femmes à travailler à la fois pour Tintin et Spirou[c], puis la première à devenir un auteur vedette de Pilote. En co-fondant L'Écho des savanes, elle participe à la naissance symbolique de la bande dessinée adulte en France. Et la notoriété que lui apporte Les Frustrés en font la première auteure francophone, et l'une des premières en Occident, à acquérir un statut de star médiatique. Son succès a poussé de nombreuses dessinatrices à se lancer dans la bande dessinée et elle a directement influencé de nombreuses auteures et auteurs, comme Maitena Burundarena ou Hélène Bruller[75]. À l'instar de sa collègue de Pilote Annie Goetzinger, Bretécher ne participe cependant pas au trimestriel féminin de bande dessinée Ah ! Nana (1976-1979), où contribuent la plupart des autres grandes auteures françaises d'alors (Chantal Montellier, Florence Cestac ou Nicole Claveloux, etc.), et elle n'a jamais cherché à s'investir pour défendre la place des femmes dans la bande dessinée et affirme n'avoir jamais été victime de misogynie dans le milieu de la bande dessinée[5].

Bretécher entretient en effet un rapport complexe avec le féminisme. Dans son enfance sa mère, malgré son milieu social, l'encourage à l'autonomie et l'indépendance[5], et Bretécher se considère dans les années 1960 comme « violemment féministe[30] ». Son « dégoût[5] » du militantisme l'empêche cependant de s'investir dans des mouvements précis pour privilégier la défense du féminisme dans son entourage[30]. Ce regard critique sur le féminisme militant, ne l'empêche pas de déclarer en 1974 partager « de A à Z » les « points de vue » de Gisèle Halimi[76] ou d'illustrer en 1976 une affiche du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception[77] et, plus généralement, de défendre la cause des femmes tout au long de son œuvre[78],[79], en évoquant de très nombreux sujets polémiques : contraception, chirurgie esthétique, maternité et poids de la famille, sexualité, fécondation in-vitro, esclavage domestique, machisme, inégalités professionnelles, etc[80].

Bretécher innove également en termes de représentation des femmes dans la bande dessinée. En créant en 1969 Cellulite dans Pilote, elle est la première à proposer une série dont l'héroïne ne corresponde pas aux canons de la presse enfantine et adolescente de l'époque : « soit des fillettes assexuées, soit des bonnes femmes monstrueuses et ridicules[81] ». Dans Les Frustrés et ses histoires ultérieures, elle continue à montrer les corps et attitudes des femmes—ainsi que d'ailleurs que des hommes—avec un réalisme « d'une variété sans équivalent » pour les années 1970 et 1980[82]. Cette représentation fidèle permet aux lectrices un grand degré d'identification qui participe au succès de l'œuvre de Bretécher[79].

Une artiste populaire et influente[modifier | modifier le code]

Une pionnière de l'auto-édition en bande dessinée[modifier | modifier le code]

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Bandeau apposé par Kokonino (lui écrire) • 21 mars 2017

Une auteure majeure célébrée au-delà du champ de la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Qualifiée de « Grande dame du monde de la BD » (« grande dame of the BD world[83] ») ou d'« auteure essentielle de la bande dessinée francophone[13] », Bretécher a connu tout au long de sa carrière un succès public comme critique continu dont témoignent les trois prix reçus entre 1976 et 1999 au festival d'Angoulême, dont elle reste en 2017 l'une des deux seules femmes Grand Prix avec Florence Cestac. Son succès s'étend également à l'étranger : ses œuvres sont traduites dès les années 1970 en anglais (dans Viva et par National Lampoon[14]), néerlandais (dans Gummi), allemand, italien (dans Linus puis Alter de 1973 à 1979[84]) et serbo-croate[14] et elles l'ont également été en espagnol, danois, suédois[85]. Ces multiples traductions témoignent du caractère universel de son œuvre[14]. Elle a reçu les deux plus grandes distinctions décernées en Suède et en Allemagne à des auteurs étrangers, respectivement le Prix Adamson du meilleur auteur international en 1987 et le Prix Max et Moritz spécial récompensant une œuvre remarquable en 2016. Sa notoriété dépasse cependant le simple cercle des amateurs de bande dessinée.

Régulièrement invitée à Tac au tac lorsqu'elle travaillait pour Pilote, Bretécher est en effet très présente à la télévision et dans les médias français durant les années 1970 et 1980, ce qui témoigne « de son statut de star (...) et de la fascination qu’elle exerçait sur les médias, seule femme, belle de surcroît, au milieu d’un groupe de dessinateurs[55] ». En 1981, elle arrive 26e ex-æquo d'un classement des intellectuels francophones contemporains les plus influents « sur l'évolution des idées, des lettres, des arts, des sciences, etc. » établi par le magazine Lire[86]. En 1984, elle devient la première auteure à figurer dans un tube de l'été quand Joëlle Kopf, la parolière du groupe Cookie Dingler, inclut parmi les caractéristiques de leur « femme libérée » le fait de ne lire que Bretécher dans le Nouvel Obs—douze ans plus tard, c'est la chanteuse Juliette qui cite cette « belle harangère » dans sa chanson Rimes féminines parmi les femmes qu'elle aurait voulu être[87].

Des penseurs aussi différents que Pierre Bourdieu, Roland Barthes, Umberto Eco ou Daniel Arasse l'ont célébrée[55], et ses œuvres ont fait l'objet de plusieurs études universitaires[55]. Malgré cette notoriété, ce n'est qu'à l'hiver 2015-2016 qu'à été organisée la première exposition rétrospective d'ampleur sur son œuvre, à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou, à Paris. À cette époque, aucune monographie ne lui avait cependant été consacrée, ce que la commissaire de l'exposition attribuait à « sa personnalité farouche, peu encline aux mondanités, et à sa modestie[55] ».

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Œuvres de Claire Bretécher.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

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Illustration[modifier | modifier le code]

La longue carrière de dessinatrice de Claire Bretécher l'a conduite à réaliser des illustrations pour des magazines (y compris en couverture) ou des ouvrages (le plus souvent humoristiques ou didactiques), à concevoir des affiches (comme celle de la pièce de théâtre Le Prénom en 2010[89]) et à participer à de nombreuses campagnes publicitaires[31]. Il s'agit le plus souvent d'illustrations humoristiques.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Peinture et dessin[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son activité de bédéaste et d'illustratrice sur commande, Bretécher pratique pour son plaisir la peinture, en particulier des portraits en gros plan en couleur qui témoignent selon Patrick Gaumer de son « talent[7] ». Éric Aeschimann a loué des « acryliques (...) aux couleurs splendides de fermeté[92] ». Quatre recueils de ces peintures et un tarot divinatoire illustré ont ainsi été publiés :

  • Portraits, Denoël, 1983. Recueil de portraits peints commentés par Daniel Arasse et introduits par Umberto Eco[22].
    • (sv) Porträtt (trad. Christina Sohlberg), Stockholm : Storken, 1984. (ISBN 9186152068)
  • Moments de lassitude, Hyphen, 1999. Catalogue d'une exposition de peintures à la galerie Christian Desbois[93].
  • Portraits sentimentaux, La Martinière, 2004. Recueil de portraits peints préfacé par Pierre Encrevé[94].
  • Claire Bretécher : Dessins et peintures, Éditions du Chêne, 2011. Recueil d’illustrations et peintures avec des textes de René Pétillon, Martin Veyron, Jérôme Godeau, etc[95].
  • Le Tarot divinatoire de Claire Bretécher, Éditions du Chêne, 2011. Tarot divinatoire avec des textes de Sabine Sikarcioglu[43].

Adaptations des œuvres de Bretécher[modifier | modifier le code]

  • En 1975, onze courts-métrages animés adaptés des Frustrés sont diffusés à la télévision française[16].
  • En novembre 2001, Canal + diffuse la série Agrippine sous la forme de 26 épisodes de 26 minutes, produits par Ellipse Animation.
  • En 2012, Christèle Wurmser a adapté les Frustrés (5 épisodes de 8 minutes) et Agrippine (5 épisodes de 25 minutes) pour France Culture. En 2014, cinq nouveaux épisodes des Frustrés ont été diffusés[46]. Ces épisodes ont été réalisés par Christine Bernard-Sugy.

Traductions[modifier | modifier le code]

Les albums de Bretécher et de nombreux ouvrages qu'elle a illustré ont été traduits dans les principales langues européennes. Les Frustrés ont par ailleurs servi de support à un manuel de français allemand en deux volumes publiés en 1988 et 1989[96] et des histoires de Bretécher ont été incluses dans diverses compilations ou collectifs n'existant pas en français.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

Articles et ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Bastian-Dupleix, Dossier de presse : Exposition Claire Bretécher, Paris, Bibliothèque publique d'Information Centre Pompidou, , 25 p. (lire en ligne).
  • Florie Boy, Les femmes dans la bande dessinée d'auteur depuis les années 1970. : Itinéraires croisées : Claire Bretécher, Chantal Montellier, Marjane Satrapi (mémoire de master), Lyon, Université Lumière-Lyon-II, (lire en ligne).
  • Maryse Fauvel, « Bretécher moraliste », Sites: The Journal of Twentieth-Century/Contemporary French Studies, vol. 1, no 1,‎ , p. 323-326 (ISSN 1740-9306, lire en ligne).
  • Patrick Gaumer, « Bretécher Claire », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, , 954 p. (ISBN 9782035843319), p. 117.
  • Marie-Ange Guillaume, « Claire Bretécher : Portrait », dans Collectif, Morceaux choisis, Paris, Dargaud, (ISBN 9782505065180), p. 5-15.
  • (en) Libbie McQuillan, « “I live my body, I am my body”. Claire Bretécher’s Comic Bodies », dans Julia Prest et Hannah Thompson (dir.), Corporeal Practices. (Re)figuring the Body in French Studies, Oxford, Peter Lang, , p. 91-103.
  • Christophe Quillien, « Bretécher, Claire », dans Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber et Béatrice Didier (dir.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des femmes, (ISBN 9782721006318, lire en ligne).
  • Ingeborg Rabenstein-Michel, « Petite sociologie de la frustration chez Claire Bretécher, ou: la médiation franco-allemande par la BD », dans Dietmar Hüser et Ulrich Pfeil (dir.), Populärkultur und deutsch-französische Mittler/Culture de masse et médiateurs franco-allemands : Akteure, Medien, Ausdrucksformen/Acteurs, médias, articulations, Bielefeld, Transcript, , p. 87-98.
  • (en) Mireille Rosello, « Claire Bretécher's Les Frustrés », dans Infiltrating Culture : Power and Identity in Contemporary Women's Writing, Manchester, Manchester University Press, (ISBN 0-7190-4875-3, lire en ligne), p. 23-52.
  • (en) Dina Sherzer, « Claire Bretécher. Queen of BD », The Journal of Popular Culture, vol. 14, no 3,‎ , p. 394-404 (ISSN 1540-5931, lire en ligne).
  • Marina Yaguello, « Bretécher prend vapeur », Lecture jeune, no 77,‎ , p. 23-4 (ISSN 1163-4987).

Ressources audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « J’aimerais que mon dessin ait l’air torché, rapide, comme mes brouillons qui sont toujours bien meilleurs que le résultat final. » Laurence Le Saux, « Agrippine #8 *** », sur Bodoï,‎ (consulté le 18 octobre 2016).
  2. Son proche ami et collègue chez Pilote Gérard Lauzier n'a ainsi commencé à publier qu'en 1974 ses Tranches de vie satiriques.
  3. Liliane Funcken (1927-2015) l'avait fait avant Bretécher mais toujours en collaboration étroite avec son mari Fred (1921-2013).
  4. Décerné le 18 juin 1982 par les anciens grands prix d'Angoulême en vue de la dixième édition du festival en 1983. Nicolas Albert, « Case Départ raconte Angoulême : 1982, premières visites ministérielles », sur nrblog.fr,‎ .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b D'autres sources donnent le 17 avril.
  2. a, b, c, d, e, f et g Françoise-Marie Santucci, « Claire Bretécher, 58 ans, rare réussite féminine de la BD. Bien dans sa coquille, elle sort son cinquième «Agrippine». Fine de claire », Libération,‎ (lire en ligne).
  3. a, b et c Guillaume 2015, p. 5.
  4. Claire Bretécher, B. dessineuse, 6 min 35.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Claire Bretécher: "Je suis raisonnablement misanthrope" », sur lexpress.fr,‎ (consulté le 19 octobre 2016).
  6. a, b, c, d, e et f Bastian-Dupleix 2015, p. 9.
  7. a, b, c, d, e et f Gaumer 2010.
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  10. Cance, Teller et Sadoul 1974, p. 42.
  11. a et b (nl) « Alfred de Wees », sur depepsite.nl
  12. a et b Cance, Teller et Sadoul 1974, p. 43.
  13. a, b, c et d Quillien 2013
  14. a, b, c, d, e et f Sherzer 1980, p. 394.
  15. a, b et c Bretécher 1974, p. 13.
  16. a et b « Les Frustrés par Bretécher », sur ina.fr.
  17. Claire Bretécher, B. Dessineuse, 41 min
  18. Natalie Zemon Davis (trad. Luce Girard), « La Quête de Michel de Certeau », Esprit, no 423,‎ mars/avril 2016, p. 279 (ISSN 0014-0759, lire en ligne).
  19. Philippe Kaeppelin, « À propos des Mères de Claire Bretécher », Éducation 2000, no 21,‎ , p. 40-44
  20. a et b Nicolas Albert, « Case Départ raconte Angoulême : 1982, premières visites ministérielles », sur nrblog.fr,‎
  21. a et b Bastian-Dupleix 2015, p. 10.
  22. a et b « Notice bibliographique Portraits », sur bnf.fr.
  23. a et b Olivier Duhamel, « Guy Carcassonne : "la réussite d'un étudiant "fils de rien"" »,‎ (consulté le 19 mai 2015).
  24. Liliane Roudière, « Claire Bretécher, 50 ans de BD et toujours dans sa bulle », Causette, no 19,‎ (lire en ligne).
  25. « Tourista », sur dargaud.com.
  26. « Tourista », sur bedetheque.com.
  27. Voir plus bas la section « Traductions ».
  28. a et b Yves-Marie Labé, « Bretécherons un peu ! », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  29. a, b et c « Agrippine », sur bedetheque.com.
  30. a, b et c Claire Bretécher, « Claire Bretécher: «Il n'y a pas le moindre sexisme dans Agrippine» », sur liberation.fr,‎ (consulté le 19 octobre 2016).
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  32. Sandrine L'Herminier, « Yaourts santé : la nouvelle bataille de l'ultrafrais », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  33. « Notice bibliographique BA », sur bnf.fr.
  34. « La BD rajeunit 8 à Huit », sur lsa-conso.fr,‎ .
  35. « (AUT) Bretécher -Pub- 1995 1999 8 à huit au cœur de la pub ! », sur bedetheque.com.
  36. Voir plus bas la section « Peinture et dessin ».
  37. Voir plus bas la section « Illustration » et l'article détaillé Œuvres de Claire Bretécher#Illustration.
  38. (SUDOC 072811927)
  39. a et b Yves-Marie Labé (intervieweur) et Claire Bretécher (Interviewée), « "La récompense, pour un album, ce sont ses lecteurs" », Le Monde des livres,‎ (lire en ligne).
  40. a, b, c, d, e et f « Décollage délicat », sur bedetheque.com.
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  42. Laurence Le Saux, « Agrippine #8 *** », sur Bodoï,‎ (consulté le 18 octobre 2016).
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  44. a, b, c et d « BD : jamais frustrés avec Bretécher ! », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
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  47. Monique Younès et Mathilde Cesbron, « L'oeuvre de la créatrice d'"Agrippine" au centre Pompidou », sur rtl.fr,‎ .
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  68. Didier Pasamonik et Jean Daniel, « Jean Daniel (Fondateur du Nouvel Observateur) : "Claire Bretécher faisait partie de l’ADN du journal !" », sur actuabd.com,‎ (consulté le 10 octobre 2016)
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  70. « She deconstructs middle-class bourgeois myths ». Sherzer 1980, p. 396.
  71. Bruno Frappiat, « Le « Neuvième Art » : La bande dessinée a tenu à Angoulême son premier Salon », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  72. Guillaume 2015, p. 10.
  73. Fauvel 1997.
  74. Audrey Mefford, Funny or French: How Humor Varies Between Cultures , mémoire de l'Université du Tennessee à Chattanooga, p. 19.
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  83. (en) Laurence Grove, Comics in French : The European bande dessinée in context, New York, Berghahn Books, coll. « Polygons », (ISBN 9781845455880), p. 265.
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  85. Ainsi que plus sporadiquement en finnois, hongrois, catalan et norvégien. « Résultats pour 'au:Claire Bretécher' », sur WorldCat.
  86. Pierre Bourdieu, « Le hit-parade des intellectuels français ou qui sera juge de la légitimité des juges ? », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 52, no 1,‎ , p. 95-100.
  87. « Paroles Juliette Rimes féminines », sur paroles-musique.com.
  88. « Fernand l'orphelin », sur bdoubliees.com.
  89. « Notice bibliographique Le prénom », sur bnf.fr.
  90. « Notice bibliographique Frissons sur le secteur », sur bnf.fr.
  91. « Notice bibliographique Auguste Premier ou Masculin-Féminin », sur bnf.fr.
  92. Éric Aeschimann, « Et Bretécher créa à la femme », Le Nouvel Observateur,‎ ([bibliobs.nouvelobs.com/bd/20111124.OBS5269/et-bretecher-dessina-la-femme.html lire en ligne]).
  93. « Notice bibliographique Moments de lassitude », sur bnf.fr.
  94. « Notice bibliographique Portraits sentimentaux », sur bnf.fr.
  95. « Notice bibliographique Claire Bretécher : Dessins et peintures », sur bnf.fr.
  96. Le Français avec les Frustrés et Plus de français avec les Frustrés, Rowohlt (ISBN 3499184230 et 3499185393).
  97. Yves-Marie Labé, « C. Bretécher, B. dessineuse », Le Monde,‎ (lire en ligne).