Serge de Beketch

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Serge de Beketch
Image illustrative de l'article Serge de Beketch
Serge de Beketch en 2006.

Surnom Altamont Baker
Jacques Frantz
SdB
Nom de naissance Serge André Yourevitch Verebrussoff de Beketch
Naissance
Saint-Symphorien (Indre-et-Loire)
Décès (à 60 ans)
Clichy (Hauts-de-Seine)
Nationalité Drapeau de la France française
Profession Journaliste
Animateur de radio
Autres activités Écrivain
Scénariste de bande dessinée
Site internet Site officielVoir et modifier les données sur Wikidata
Médias
Presse écrite Minute
Pilote
Le Crapouillot
National-Hebdo
Le Libre journal de la France courtoise
Radio Radio Solidarité
Radio-Courtoisie

Serge de Beketch, né à Saint-Symphorien[n 1] le et mort à Clichy le , est un journaliste, animateur de radio, écrivain et militant d'extrême droite français. Il est également scénariste de bande dessinée dans les années 1970.

Il est en particulier cofondateur de Radio Courtoisie, où il est responsable d'une émission le mercredi soir jusqu'à sa mort, ainsi que fondateur et animateur du Libre Journal de la France courtoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Serge de Beketch est d'origine russe, avec une ascendance tatare[1]. Son grand-père maternel était colonel dans l'armée française. Son grand-père paternel était aide de camp du général Dénikine, chef des Armées blanches durant la guerre civile russe. Son père, Youri, sous-officier de Légion étrangère, est mort à la bataille de Diên Biên Phu, où il est enterré[2]. Sa mère, Jacqueline Higell, belge, est capitaine.

Après sa scolarité à l'École des pupilles de l'air de Grenoble, il exerce divers emplois (manœuvre du bâtiment, puis vendeur en librairie, etc.). En 1966, à l'âge de vingt ans, il entre comme pigiste de la page des spectacles à l'hebdomadaire Minute.

Il affirme s'être engagé dans l'armée de défense d'Israël en 1967, à l'occasion de la guerre des Six Jours[3], mais « les affrontements furent si rapides qu'il n'eut même pas le temps de revêtir l'uniforme[4] ».

En 1970, il est embauché par Havas Conseil, où il participe à la création d'un département des « médias spécifiques ».

Un temps membre de la franc-maçonnerie (Grande Loge de France, puis Grande Loge nationale française), il s'en éloigne très vite, comme il a eu l'occasion de le raconter à plusieurs reprises[5]. Il est également proche de Jacques Bergier et l'équipe de la revue Planète[6].

Dès 1969, René Goscinny l'invite à collaborer comme scénariste aux pages d'actualité de l'hebdomadaire Pilote. Il écrira en outre diverses histoires en bande dessinée, et rédigera pour les éditions Publicness les versions françaises des revues américaines Eerie, Creepy et Vampirella. Il collaborera également, sous le pseudonyme d'Altamont Baker, à la « revue internationale de l'image » Zoom.

En 1975, Serge de Beketch quitte Pilote à la suite du départ de René Goscinny ; il devient alors chef des informations.

Il est nommé rédacteur en chef de Minute en 1979, tout en pigeant au Crapouillot[6]. Il quitte cette publication en 1986 à la suite d'un désaccord avec la nouvelle direction et occupe, à la demande de Jean-Marie Le Pen, le poste de directeur de la rédaction de National-Hebdo[6]. Celui-ci l'approche également pour être candidat aux élections législatives de 1986, en vain[6].

En 1987, il participe activement avec Jean Ferré à la naissance de Radio Courtoisie, après avoir été évincé de Radio Solidarité[6]. Il y animera un Libre Journal hebdomadaire de trois heures le mercredi soir jusqu'à sa mort en 2007, assisté par Victoria.

En 1990, il revient prendre la direction de la rédaction de Minute, à la demande de Serge Martinez, nouveau propriétaire du titre. En 1993, il est démis de ses fonctions par l'équipe qui, ayant racheté le titre à Martinez, le juge trop engagé politiquement.

Le Libre Journal de la France courtoise[modifier | modifier le code]

Il fonde alors avec son épouse Danièle, le , son propre journal, Le Libre Journal de la France courtoise, qu'il définit comme un « décadaire de résistance française et catholique ».

Dirigé par Beketch, assisté de Patrick Gofman et de Danièle, il publie notamment, outre les siens propres, des articles de :

Diffusé, principalement par abonnement, à 3 000 exemplaires, il a également recours, à plusieurs reprises, à la collaboration de Greg, créateur du personnage d'Achille Talon[n 2].

Le responsable de la maquette du journal est Jean-Marie Molitor[7].

Positionnement, engagements et polémiques[modifier | modifier le code]

Il fut un grand ami du journaliste et romancier A. D. G., qu'il rencontra en 1974 à Minute, et qui s'inspira de Serge de Beketch pour camper son personnage de Sergueï Djerbitskine, alias Machin, journaliste alcoolique et anarchisant.

Son histoire familiale conditionne son engagement politique à droite, puis à l'extrême droite, classification à laquelle il préfère celle de « royaliste-tendance-dure ». Son engagement politique s'est nettement radicalisé avec les années ; ainsi, le , il réplique à Philippe Guilhaume, ancien président d'Antenne 2 et FR3, qu'il n'est, lui-même, « ni démocrate, ni libéral[8] ». Selon Le Monde, « ses calembours suintent l'antisémitisme et il ne rate jamais une allusion au génocide juif pour en relativiser l'ampleur[9] ». Emmanuel Ratier le dit « très ami avec les fascistes[6] ».

Il se présente comme créationniste en affirmant qu'il ne « croi[t] pas à l'évolution », que « le monde n'est pas vieux de plus d'une dizaine de milliers d'années » et que « le Déluge, l'arche de Noé, la tour de Babel sont des faits historiques[10] ».

Pour « échapper aux diktats de la pensée unique » et « décaper les neurones », il conseille la lecture du « révisionniste » Robert Faurisson[10].

Dans son émission de radio, il vitupère « l'État socialiste avorteur », « les territoires occupés » (les banlieues), « la saloperie de Karl Zéro et son émission anal-pute » (Canal +), les « cloportes merdeux » (les journalistes), les « imbéciles qui lisent Libé », les « batteurs d'estrade » (comme Guy Bedos, Jean-Jacques Goldman) auxquels « autrefois on ne donnait même pas une sépulture chrétienne[9] ».

En 1995, il est, après la mort de Jean-Claude Poulet-Dachary, directeur de la communication de la mairie de Toulon, alors dirigée par le FN Jean-Marie Le Chevallier. Il dira avoir mis de son propre chef un terme à cette collaboration au bout de quatre mois, considérant que l'incompétence de l'équipe municipale nuit à l'image du FN. Cependant, selon une autre version de son départ à l'issue de son court séjour, « il devait subir des examens médicaux dans un hôpital marseillais » et il était de surcroît « notoire au sein du mouvement lepéniste » que les relations avec Jean-Marie Le Chevallier avaient « rapidement viré à l'aigre »[11].

Il fut également directeur du Patriote du Var. Lors du conflit qui oppose Bruno Mégret et Jean-Marie Le Pen en 1998-1999, il prend position position pour ce premier et, lors d'un « dîner de la presse nationaliste[n 3] », se brouille avec Le Pen[6].

Dans ses émissions, il a souvent défendu des thérapies non reconnues qu'il utilisait, comme celles proposées par Mirko Beljanski et Loïc Le Ribault[réf. souhaitée].

Ses prises de position lui ont valu de nombreuses comparutions en justice et plusieurs condamnations : il a été notamment condamné deux fois le , pour diffamation envers Olivier Biffaud, journaliste au quotidien Le Monde. Dans la première affaire, Serge de Beketch a été condamné à verser un franc symbolique de dommages-intérêts, ainsi que 8 000 francs de frais de justice. Dans la seconde, il a été condamné à payer 80 000 francs de dommages-intérêts, ainsi que, là encore, 8 000 francs de frais de justice pour « atteinte à la délicatesse et à la dignité de la personne visée[12] ».

Serge de Beketch, vice-président de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), dont il est membre jusqu'à sa mort, a également fondé le cercle d'amitié française juive et chrétienne avec Bernard Antony, Alain Sanders, Jean-Pierre Cohen et Pierre Semour.

En 2006, il est signataire de l'« appel des 25 », réclamant la grâce de Michel Lajoye par le président de la République[réf. nécessaire].

Avant l'été 2007, dans l'un de ses derniers éditos du Libre Journal, il dénonce « ligne Aliot-Marine », à l'influence croissante, selon lui, au FN[13].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Époux de Danièle Lebeau, il a deux fils, dont l'un est journaliste à Valeurs actuelles[14].

Mort[modifier | modifier le code]

Serge de Beketch meurt à l'hôpital Beaujon à Clichy, le peu avant minuit[15], des suites d'un streptocoque contracté à l'hôpital en soignant son hépatite B qu'il avait contractée quinze ans plus tôt en soignant sa maladie de Hodgkin.

Ses obsèques sont célébrées le par le père Jean-Paul Argouac'h[16],[17] en l'église Sainte-Odile à Paris, en présence de plus de deux mille personnes parmi lesquelles des personnalités comme Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, Bruno Mégret, Jean Picollec et Jean Raspail. Il est inhumé à la 39e division du cimetière du Père-Lachaise.

Le dernier numéro du Libre Journal de la France courtoise paraît, en son hommage, le .

Œuvres[modifier | modifier le code]

BD[modifier | modifier le code]

  • avec Loro, Thorkaël I. L'œil du dieu, dessins de Loro, texte de Serge de Beketch, Tury SERG, « Classiques de l'Âge d'or », 1976. (ISBN 2-85869-018-9) (rééd. 1982).
  • avec Loro, Thorkaël II. La Porte de Taï-Matsu, dessins de Loro, texte de Serge de Beketch, Tury, SERG, « Classiques de l'Âge d'or » 1977. (ISBN 2-85869-023-5) ; (rééd. 1982).
  • avec Loro, Déboires d'outre-tombe I, dessins de Loro, texte de Serge de Beketch, Paris, Le Cygne, « BD Cygne », 1981.
  • avec Loro, Déboires d'outre-tombe II, dessins de Loro, texte de Serge de Beketch, Paris, Le Cygne, « BD Cygne », 1982. (ISBN 2-902748-10-8)
  • avec Loro, Le Bourbon malté, épisode de la série Abel Dopeulapeul, paru dans l'album Du vent dans les poils, Universal Press, 1976.
  • Diverses histoires courts pour le journal Pilote, dont, avec Jacques Tardi, Un hussard en hiver, et La voiture maudite, deux histoires en 4 pages, 1972

Essais et pamphlets[modifier | modifier le code]

  • avec Denis Maraval et Jean Piverd, Les Grandes Découvertes archéologiques du XXe siècle. L'Histoire arrachée à la terre, présentées par Jean Dumont, enquêtes et textes de Serge de Beketch, Denis Maraval, Jean Piverd, Genève, Famot, 1979.
  • avec Alain Sanders, La Nuit de Jericho I : la Révolte du lieutenant Poignard, Paris, Les Vilains hardis, 1991. (ISBN 2-9506220-0-3)
  • Préface à Gérard Letailleur, Les Arcanes de l’Histoire : l’influence de la Franc-Maçonnerie et des sectes dans l’histoire de France, Dualpha, 2002, 328 p.  (ISBN 2-912476-53-4)
  • Dictionnaire de la colère, Paris, Les Vilains hardis, 2005, 270 p. 
    Recueil de chroniques parues dans Le Libre Journal de la France courtoise.
  • Catalogue des nuisibles, Paris, Les Vilains hardis, 2006, 190 p.  (ISBN 9782952842907)
  • Préface à Philippe Randa, Présumé coupable politique : chroniques barbares, vol. 4, Coulommiers, Dualpha, « Politiquement incorrect », 2007. (ISBN 978-2-35374-024-6)
  • À l'appel de Dénikine, Renaissance catholique, 2007, 310 p.  (ISBN 978-2916951058) (interventions de Serge de Beketch lors des universités d'été de Renaissance catholique ; parution posthume) (présentation en ligne)
  • Mémoires inachevés, Les Vilains hardis, 2009, 196 p.  (ISBN 978-2-9528429-0-7)

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • coréalisation et commentaires avec Patrick Buisson et Anne-Sophie Druet, Le Pen sur le front, Patrick Buisson, Paris, Édition et distribution Intervalles, 1985. Description : 1 cassette vidéo (VHS) (SECAM, couleur, 1 h 15 min).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Commune rattachée ensuite à Tours.
  2. Ainsi, Achillon Talon fait la couverture du journal les (no 100) et (no 171) puis, à l'occasion de la mort de Greg, le , dans le no 193.
  3. Organisé chez lui en présence de François Brigneau, Jean-Claude Varanne, Jean Madiran, Camille Galic, Claude Giraud, Emmanuel Ratier et Martin Peltier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sa grand-mère paternelle était une Tatare de Crimée.
  2. Le Libre Journal des Lycéens, diffusé sur Radio Courtoisie le 1er Décembre 2001 (Serge de Beketch parle de ses origines à partir de la 5e minute d'émission).
  3. « En 67, moi je me suis engagé pour aller me battre dans les rangs de Tsahal », déclaration de Serge de Beketch le à Radio Courtoisie.
  4. Notice mortuaire de Serge de Beketch par Jean Auguy, in Lectures françaises no 607, novembre 2007, p. 24
  5. La première fois dans une lettre publiée par Lectures françaises, no 470.
  6. a, b, c, d, e, f et g http://www.meridien-zero.com/archive/2011/11/04/emission-n-69-serge-de-beketch-le-gentilhomme-polemiste.html
  7. http://fr.scribd.com/doc/45470813/Libre-Journal-de-la-France-Courtoise-N-018#scribd
  8. « Le Front national, vingt ans après — Radio-Courtoisie » par Olivier Biffaud, Le Monde du 12 février 1992
  9. a et b « Radio-Courtoisie… à démontrer », Le Monde du 4 janvier 1998
  10. a et b "Quartier%20Libre"%20(2001) Entretien avec le magazine "Quartier Libre" (2001)
  11. Le Chevallier à découvert, Jean-Pierre Thiollet, 1998, p. 25. ISBN 2 911838 51 3
  12. « Pour injure envers un journaliste du Monde, Serge de Beketch et Radio Courtoisie sont condamnés par le tribunal de Paris », paru dans Le Monde du 19 juin 1993
  13. http://blog.rc.free.fr/blog_presse/serge%20de%20beketch%20rivarol%202.gif (Rivarol, ?)
  14. Auguy 2007, p. 27.
  15. http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-13016144.html
  16. http://blog.rc.free.fr/blog_presse/serge%20de%20beketch%20rivarol%201.gif (Rivarol, ?)
  17. http://blog.rc.free.fr/blog_presse/serge%20de%20beketch%20present%205.pdf (Présent, ?)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sitographie[modifier | modifier le code]

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