François Schuiten

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François Schuiten
François Schuiten 01.jpg
François Schuiten
au Festival de Solliès-Ville.
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François Schuiten (prononciation : « s’cueille-teun »[1], [skœj.'tœn]), né le 26 avril 1956[2] à Bruxelles, est un dessinateur de bande dessinée et scénographe belge. Rendu célèbre par la série de bande dessinée fantastique Les Cités obscures réalisée en collaboration avec le scénariste Benoît Peeters.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Robert Schuiten, était un architecte très en vue à Bruxelles dans les années 1950-1960.

Premiers pas dans la BD (années 1970-1980)[modifier | modifier le code]

François Schuiten a publié sa première histoire, intitulée Mutation, dans l’édition belge de Pilote, alors qu’il avait 16 ans. Il a étudié à l’atelier bande dessinée de l’Institut Saint-Luc, animé par Claude Renard. En 1977-1980, il a collaboré aux trois volumes du 9ème Rêve d’où émergent les principaux artisans du renouveau de la bande dessinée belge.

En collaboration avec son frère aîné Luc Schuiten, il publie ses premiers récits dans Métal hurlant à partir de 1977. Ils sont recueillis en 1981 dans l’album Carapaces. Parallèlement, il lance dans la même revue en 1979 Aux médianes de Cymbiola, en collaboration avec Claude Renard, avec lequel il produit également Le Rail en 1981. Les albums sortent respectivement en 1980 et 1982.

Dès ses débuts en albums, Schuiten réussit à « imposer un univers fantasmatique d’une rare cohérence[3] », variation autour de motifs invariables (la construction, le vol, etc.), témoignant « de l’impérieuse nécessité d’une œuvre qui ne doit rien à l’opportunisme et qui se développe selon une logique interne plus ou moins consciemment maîtrisée ».

En 1983, il entame une longue collaboration avec son ami Benoît Peeters lorsque paraît dans la collection (À suivre), chez Casterman, Les Murailles de Samaris, la première histoire de la série Les Cités obscures.

Cette série est située dans un univers parallèle au nôtre mais avec de nombreux passages vers le monde réel. Traduite en une dizaine de langues, la série Les Cités obscures a obtenu de nombreux prix, dont le Grand prix Manga au Japan Media Arts Festival en 2013[réf. nécessaire].

En 1984, il co-dessine Les Machinistes avec Claude Renard aux Humanoïdes Associés. Nouvel album chez le même éditeur en 1989, Plagiat, avec Alain Goffin. En 1991, il retrouve Casterman et Benoît Peeters pour un one-shot dessiné par Anne Baltus.

Diversification (années 1990-2000)[modifier | modifier le code]

Il se concentre durant les années 1990 sur Les Cités obscures pour des histoires désormais publiées directement en album par Casterman, mais se diversifie aussi, expérimentant dans différents médias.

De 1989 à 1993, il travaille avec Maurice Benayoun sur Les Quarxs, une des toutes premières séries animées en images de synthèse 3D.

Il collabore également à la conception visuelle de cinq films :

Avec Benoît Peeters, il a coscénarisé deux documentaires-fiction :

Dans la BD, il écrit et dessine en 2004 Les Chevaux de Lune puis retrouve Benoît Peeters pour signer La Maison Autrique. Toujours avec Peeters, il réalise le livre illustré Les Portes du Possible.

Confirmation (années 2010)[modifier | modifier le code]

En 2012, Schuiten écrit et dessine le one-shot en noir et blanc d'anticipation, 12 La Douce.

La même année, pour la sixième fois, il achève la conception visuelle d'un film : Mars et Avril, de Martin Villeneuve, tiré des photo-romans du même nom. La première mondiale de ce film a eu lieu au 47e Festival international du film de Karlovy Vary en République tchèque dans la catégorie « Another View », qui présente des films faisant preuve d’une approche artistique hors du commun[4]. Il travaille actuellement, avec son collègue Benoît Sokal, à la conception visuelle d’un long métrage d’animation fantaisiste, Aquarica, dont la réalisation a été confiée à Martin Villeneuve[5],[6].

Entre 2014 et 2016, il réalise avec Benoît Peeters le diptyque Revoir Paris.

En 2017, il écrit pour Benoît Sokal le one-shot fantastique Aquarica.

En 2016-2017, le Musée des Arts et Métiers présente l'exposition Machines à dessiner, autour des Cités obscures, qui s'est conclu en 2009 avec un douzième tome[7].

Depuis 2015, il dessine un album de Blake et Mortimer intitulé Le Dernier Pharaon sur un scénario de Thomas Gunzig et Jaco Van Dormael dont la sortie est prévue pour juin 2019[8]. La mise en couleurs est réalisée par le graphiste Laurent Durieux[9].

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • Cinq récits courts (dessin), avec Luc Schuiten (scénario), dans Métal hurlant, 1977-1980
  • Aux médianes de Cymbiola (scénario et dessin), avec Claude Renard (scénario et dessin), dans Métal Hurlant, 1979-1980
  • Le Rail (scénario et dessin), avec Claude Renard (scénario et dessin), dans Métal Hurlant, 1981
  • Deux récits courts de La Terre creuse (dessin), avec Luc Schuiten (scénario), dans (À suivre), 1978-1981
  • Les Cités obscures (dessin), avec Benoît Peeters (Scénario), dans (A SUIVRE) :
  1. Les Murailles de Samaris, 1982
  2. La Fièvre d'Urbicande, 1983-1984
  3. La Tour, 1986
  4. La Route d'Armilia, 1987-1988
  5. Brüsel, 1991
  • La Terre creuse (dessin), avec Luc Schuiten (scénario), dans Métal Hurlant, 1984
  • Dolorès (scénario), avec Benoît Peeters (scénario), avec Anne Baltus (dessin), dans (A SUIVRE), 1989-1990

Albums[modifier | modifier le code]

  1. Carapaces, 1981
  2. Zara, 1985
  3. Nogegon, 1990
  1. Les Murailles de Samaris, 1983
  2. La Fièvre d'Urbicande, 1985 (Alfred du meilleur album de l’année).
  3. La Tour, 1987
  4. La Route d'Armilia, 1988
  5. Brüsel, 1992
  6. L'Enfant penchée, 1996
  7. L'Ombre d'un homme, 1999
  8. La Frontière invisible, deux volumes, 2002 et 2004
  9. La Théorie du grain de sable, deux volumes, 2007 et 2008
  10. Souvenirs de l'éternel présent, 2009

Collectifs[modifier | modifier le code]

  • « Flipper trip », dans Le 9e Rêve, Louis Musin, 1977
  • « La Chambre », dans Le 9e Rêve, Éditions des Archers, 1979
  • « L'Épopée de Filinor von Katseff », dans Le 9e Rêve, Éditions des Archers, 1980

Illustration[modifier | modifier le code]

François Schuiten a dessiné d'innombrables affiches, illustrations, sérigraphies et lithographies. Il a aussi réalisé une dizaine de timbres-poste pour La Poste belge. Il a également illustré un coffret long box de Gérard Manset. Il est l'auteur de la lithographie réalisée sur commande des Chœurs de l'Union européenne, une allégorie sur les thèmes de la musique et de l'Europe.

Depuis 2015, les éditions d'illustrations sont réalisées par Atlantic 12, la société détentrice des droits de reproduction des œuvres de François Schuiten

  • The Book of Schuiten, 2004
  • Christine Coste (texte), Bruxelles, itinéraires, Casterman / Lonely Planet, 2010. Un des premiers volumes d'une nouvelle collection de guides touristiques, mêlant les visions personnelles d'illustrateurs et d'auteurs.
  • Les Mers perdues, avec Jacques Abeille, Attila, 2010.
  • Les serres chaudes, 2014

Ouvrages des Cités obscures[modifier | modifier le code]

Prenant place dans le cycle des Cités obscures sans être des bandes dessinées, ces ouvrages, parfois édités à tirage limité, ont été écrits par Benoît Peeters et illustrés par François Schuiten

Autres réalisations[modifier | modifier le code]

Scénographie[modifier | modifier le code]

François Schuiten a réalisé plusieurs scénographies, dont La ville imaginaire (Cités-Ciné Montréal), Le Musée des Ombres (présenté successivement à Angoulême, Sierre, Bruxelles et Paris), le Pavillon du Grand-Duché de Luxembourg à l'Exposition Universelle de Séville, le gigantesque Pavillon des Utopies (A planet of visions) qui a accueilli cinq millions de visiteurs à l'Exposition Universelle d'Hanovre en l'an 2000, de même que le pavillon belge à l'Exposition de Aichi en 2005.

Il a scénographié l'opéra de Rossini, La Cenerentola, présenté à La Monnaie à Bruxelles et à l'Opéra de Lyon, de même qu'un spectacle itinérant de chevaux autour des performances de Mario Luraschi.

Aménagement intérieur et extérieur[modifier | modifier le code]

Station Arts et Métiers du métro de Paris, conçue par François Schuiten
Maison de Jules Verne, boulevard Longueville à Amiens, avec la tour en brique surmontée d'une sphère armillaire métallique.

François Schuiten a conçu la décoration des stations de métro Porte de Hal à Bruxelles et Arts et Métiers sur la ligne 11 du réseau parisien : recouverte de cuivre avec des hublots montrant des inventions.

En 2005, il orne la tour de la maison de Jules Verne à Amiens d'une sphère armillaire et réalise une grande fresque en trompe-l'œil qui habille le mur mitoyen, fresque évoquant les voyages autour du monde[11].

Avec Benoît Peeters et l'architecte Francis Metzger, il s'est également occupé de l'aménagement du premier édifice Art nouveau du grand architecte belge Victor Horta : la maison Autrique, devenue lieu d'expositions.

En collaboration avec Expoduo, il a travaillé sur la scénographie du musée Train World dans la gare de Schaerbeek (Bruxelles), inauguré le 25 septembre 2015. Ce musée nous transporte dans l'univers des chemins de fer du passé, du présent mais aussi de l'avenir. Un voyage sensoriel dans une ambiance inédite y est présenté et agrémenté d'histoires personnelles et passionnantes. Un projet qui a d'ailleurs inspiré l'album La Douce, le premier que Schuiten a réalisé en solo.

Exposition[modifier | modifier le code]

François Schuiten, Lumières sur les Cités, au Centre de la gravure et de l'Image imprimée à La Louvière (B) du 3 octobre 2015 au 7 février 2016

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lili l'archi » Revoir Paris Schuiten & Peeters », sur lili-larchi.com (consulté le 17 août 2015)
  2. Notice d'autorité de la BnF.
  3. Groensteen (1984), p. 87.
  4. « Mars et Avril sera présenté à Karlovy Vary », La Presse Canadienne, 14 juin 2012.
  5. « EXCLUSIVE: Whale archipelago tale AQUARICA in development! », Quiet Earth, 17 juin 2012.
  6. « Martin Villeneuve : « On ne peut pas penser un film comme un objet fini » », Thibault Van de Werve, Cinephilia, 6 avril 2013.
  7. Anne Douhaire, « Machines à dessiner, l’invitation au dessin de Benoît Peeters et François Schuiten au Musée des Arts et métiers », France Inter,‎ (lire en ligne)
  8. http://centaurclub.com/site/2018/02/17/blake-mortimer-schuiten-2019/
  9. Interview de Laurent Durieux dans Casemate n°114, mai 2018.
  10. « «Le dernier pharaon»: le nouveau Blake et Mortimer raconté par ses auteurs », sur Le Soir, (consulté le 22 juin 2019)
  11. Amiens insolite.
  12. « Les Grands Prix 84 des lecteurs de Bédésup », Bédésup, no 28,‎ , p. 21 (ISSN 0224-9588).
  13. Daniel Couvreur, « À Urbicande, l’homme était peu de choses », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  14. « Festival d'Angoulême », sur Encyclopédie Larousse (consulté le 31 janvier 2019)
  15. Article citant l'anoblissement de François Schuiten en 2002..

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Interviews[modifier | modifier le code]

  • François Schuiten (int. Stanislas Sinclair), « Entretien avec François Schuiten », dans L'Indispensable no 2, octobre 1998, p. 7-14.
  • François Schuiten (interviewé par Christian Marmonnier), « Le Rêveur de mondes », DBD, no 14 (cahier n°2),‎ , p. 3-38.
  • François Schuiten (interviewé par Céline Bagault), « François Schuiten, la mécanique de l’horloger », BoDoï,‎ (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]