Dune (roman)

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Dune
Auteur Frank Herbert
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Science-fiction
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Dune
Éditeur Chilton Books
Lieu de parution Philadelphie
Date de parution 1965
Version française
Traducteur Michel Demuth
Éditeur Robert Laffont
Collection Ailleurs et Demain
Lieu de parution Paris
Date de parution 1970
Type de média Livre papier
ISBN 2-221-02602-0
Série Cycle de Dune
Chronologie

Consultez la liste des éditions de cette œuvre :
Dune (Frank Herbert).

Dune (titre original : Dune) est un roman de science-fiction de l'écrivain Frank Herbert, publié aux États-Unis en 1965. Il s'agit du premier roman du cycle de Dune.

C'est le roman de science-fiction le plus vendu au monde[1]. Dans les éditions françaises, ce roman est quelquefois divisé en deux volumes (Dune I et Dune II)[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Intrigue[modifier | modifier le code]

L’histoire débute en l’an après la création de la Guilde spatiale. L’empereur Padishah Shaddam IV, chef de la Maison Corrino, exerce son pouvoir féodal[3] au sein des planètes de l'Imperium qui s'étend sur des centaines de mondes dans la galaxie.

L'Imperium est issu du Jihad Butlérien, qui débuta il y a plus de dix mille ans lorsque les humains se libérèrent du joug des Machines Pensantes et des robots intelligents qui les avaient asservis. Toute forme d’intelligence artificielle étant désormais proscrite, certains hommes ont été spécialisés dans certaines tâches, tels les mentats, des « ordinateurs humains » qui remplacent les machines.

En l’absence d’ordinateurs, la Guilde spatiale a pris le contrôle des voyages intersidéraux, dont elle possède le monopole. Après un long apprentissage et une mutation totale de leur être par l’Épice qui leur donne des dons de prescience, les navigateurs de la Guilde sont les seuls êtres aptes à pouvoir calculer des trajectoires sûres pour les voyages spatiaux longue distance.

Grâce à la Guilde spatiale et ses navigateurs, l’humanité a conquis une grande étendue de l’univers connu, aidée en cela d'une mystérieuse substance, dénommée « Épice » ou « Mélange ». Le Mélange constitue un puissant stimulant cérébral et permet à certains humains de décupler leurs capacités psychiques, comme les navigateurs de la Guilde lors de leurs voyages spatiaux. De plus, le Mélange accroît considérablement la durée de vie et immunise le corps contre certaines maladies.

L'origine précise de l’Épice est un mystère et les quantités produites sont extrêmement réduites, n'étant disponible dans tout l'univers que sur une seule planète, Arrakis ; elle est par ailleurs impossible à synthétiser. L'ensemble de ces paramètres confère à l’Épice une valeur monétaire particulièrement élevée, et l'attention spéciale de toutes les factions importantes qui s'agitent dans l’Imperium.

Dune, la planète[modifier | modifier le code]

On ne trouve l'Épice que sur la planète Arrakis, la « planète des sables » que ses habitants autochtones, les Fremens, appellent « Dune ».

Immense désert de sable torride ponctué de rares massifs montagneux, Dune est une planète au climat aride et désséché, du à une absence totale de précipitation, et désolée et hostile du fait des ravages engendrés par les verts géants de Dune et les puissantes tempêtes Coriolis qui ballaient sa surface. Du fait de ce climat inhospitalier, l’eau est, sur Dune, un bien rare et précieux, son absence étant souvent synonyme de mort pour les habitants pauvres qui viendraient à en manquer. L'eau constitue aussi une monnaie d’échange locale et plusieurs dispositifs permettent de l’économiser ou de la récupérer, comme les pièges à vent ou les faucilles à rosée qui récupèrent l'humidité naturelle du matin et, chez les Fremens, les distilles (des combinaisons spéciales qui permettent de récupérer l'humidité du corps). Les deux pôles glacés de la planète sont aussi exploités par les vendeurs d'eau.

Seule source d'Épice connue dans l'univers, la planète fait l'objet de la surveillance constante de l’empereur, qui a donné la gestion de ce fief planétaire à la Maison Harkonnen. Celle-ci dirige Arrakis d'une main de fer, ses équipes d’ouvriers parcourant le désert à la recherche d’Épice à moissonner afin de payer sa dîme à l’empereur et accroitre la fortune colossale du baron Vladimir Harkonnen et de sa famille. Dans sa quête éperdue du bénéfice, le baron n'hésite pas à « pressurer » et martyriser la population locale, en particulier les Fremen qu'il considère comme de la « racaille », les faisant chasser comme des bêtes sauvages.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le duc Leto Atréides, chef de la Maison Atréides, règne sur son fief planétaire de Caladan, une planète constituée de jungles et de vastes océans dont il tire sa puissance. Sa concubine, dame Jessica, est une adepte du Bene Gesserit, une école exclusivement féminine qui poursuit de mystérieuses visées politiques et qui possède des pouvoirs non moins étranges.

Par amour pour son concubin, Jessica donne à Leto un fils, Paul, désobéissant en cela aux directives de ses supérieures du Bene Gesserit, dont le programme génétique prévoyait qu’elle engendre une fille. Les Bene Gesserit (surnommées les « Sorcières » par ceux qui les craignent) cherchent, avec ces accouplements contrôlés, à créer par sélection génétique un être mâle, le Kwisatz Haderach, qui pourra voir ce qu’elles ne peuvent voir.

Paul, le fils de Leto et Jessica, est formé par les hommes du duc, qui comptent parmi les meilleurs guerriers de l'Imperium (notamment le mentat-assassin Thufir Hawat et les soldats d'élite Duncan Idaho et Gurney Halleck). Ils l'instruisent notamment à l’art du combat au couteau (l’arme la plus efficace dans l'Imperium depuis l’invention du bouclier à Effet Holtzman, un écran énergétique qui bloque les projectiles au delà d'une certaine vélocité). Qui plus est, Paul bénéficie, grâce à sa mère Jessica, de l’enseignement Bene Gesserit sur le contrôle du corps et du système nerveux (prana-bindu) et, sous sa supervision, devient un combattant non armé redoutable. Enfin, Paul, qui fait des rêves prescients, semble aussi posséder des dons latents de Diseur de vérité et de mentat, à la satisfaction de son père qui rêve de le voir accéder un jour au trône du Lion de l'Imperium.

C'est alors que l'empereur Shaddam IV ordonne au duc Leto d'occuper le fief d'Arrakis, lui confiant la gestion de la planète Dune et de son Épice, jusqu'alors fief exclusif de la Maison Harkonnen, l'ennemi héréditaire des Atréides. L’Empereur, avec cette décision, joue en fait un double jeu. Il complote en secret avec les Harkonnen afin de détruire les Atréides dans le piège d’Arrakis, irrité par la popularité grandissante de son cousin Leto, le « duc Rouge »[a], auprès de l'assemblée des nobles des Grandes Maisons du Landsraad.

Après s'être installé avec sa Maison sur Arrakis et contré plusieurs attaques des Harkonnen (dont une qui visera son fils Paul), Leto est trahi par son médecin personnel de l'École Suk, le docteur Yueh, qui le livre inconscient aux Harkonnen après que ceux-ci aient envahi par surprise Arrakis, assistés secrètement par les troupes d’élite de l’Empereur, les Sardaukar. L'armée des Atréides est décimée et Jessica et Paul sont capturés par les Harkonnen.

Yueh, pourtant un serviteur loyal de la Maison Atréides et de son duc bien-aimé, est persuadé que son maître est tôt ou tard condamné, du fait des machinations de l'empereur contre lui. Par cette trahison, il souhaite utiliser Leto pour se venger des Harkonnen, sa femme Wanna, captive du baron Vladimir Harkonnen étant soumise aux effroyables tortures de Piter de Vries, son cruel Mentat « tordu ». Le baron, faisant chanter Yueh (lui ayant promis de libérer sa Wanna sitôt Leto remit entre ses mains), réussit à annuler le conditionnement impérial strict de l’École Suk, qui normalement empêcherait Yueh d'agir ainsi. De son côté, Yueh sait que c'est la seule chance qu'il a de tuer le baron et, au moyen d'une dent creuse remplie d’un gaz toxique qu'il a implantée dans la bouche de Leto, pense avoir sa revanche.

Le plan de Yueh ne fonctionne qu'à moitié : alors qu'il livre Leto aux Harkonnen, il est tué par Piter de Vries qui lui révèle auparavant que sa femme est déjà morte ; le baron, quant à lui échappe de peu à l'attentat, Leto (affaibli par sa détention) le confondant avec De Vries, relâche en mourant son gaz toxique sur le mentat, se trompant de cible.

Pendant ce temps, Paul et Jessica, aidés secrètement par Yueh qui leur a préparé un moyen de s'échapper, parviennent à s’enfuir dans le désert où ils étaient conduits pour y être tués par les Harkonnen. Retrouvés par Duncan Idaho, ils se rendent au sietch Fremen de Liet Kynes, le planétologiste impérial autochtone, qui hésite à les aider. Mais ils sont retrouvés par les Sardaukar qui attaquent le sietch. Duncan meurt en protégeant leur fuite.

Échappant aux Harkonnen toujours à leur trousses, Paul et Jessica se dirigent dans le désert profond. Ils y rencontrent une troupe Fremen menée par Stilgar, le naib (chef tribal) Fremen du sietch Tabr, et parviennent à intégrer la tribu.

(Ici se situe la transition entre les tomes I et II du roman)

Jessica et Paul sont réfugiés au sietch Tabr chez les Fremen, le peuple du désert « natif » d’Arrakis. Les Fremen, guidés par Liet Kynes (qui a depuis été éliminé par les Harkonnen), voient en Paul un messie, leur Mahdi, qui leur apportera la liberté. Paul change alors de nom, devenant Muad-Dib et prend comme concubine une Fremen, Chani, la Sayyadina du sietch Tabr et la fille de Liet.

Utilisant à son profit la Missionaria Protectiva du Bene Guesserit, Jessica devient la nouvelle Révérende Mère du sietch Tabr, après avoir transformé l’Eau de la Vie (un poison violent que seules les Révérendes Mères du Bene Gesserit sont censées pouvoir neutraliser), prouvant ainsi aux Fremen qu'elle ne ment pas. Peu après, elle donne naissance à sa fille Alia, fruit de son union avec Leto et sœur de Paul.

Paul, au fur et à mesure de son contact avec l’Épice, voit ses pouvoirs de prescience s'éveiller. Il a une révélation lorsqu’il absorbe l’Eau de la Vie et, après un long coma, survit à l'expérience. Par la suite, sa conscience est décuplée ; il peut voir le « maintenant » et l'avenir en tout lieu. Il est alors révélé comme le Kwisatz Haderach, celui qui peut voir de passé et le futur.

Au fil du temps, Paul Muad’dib, aidé par Stilgar et Jessica, rassemble les tribus Fremen sous son autorité, les entraine et harcèle les troupes Harkonnen sur Arrakis, dirigés par Glossu Rabban, dit « Rabban la Bête », un des neveux du baron qui exerce la gérance de la planète. La Maison Harkonnen doit alors affronter la puissance du désert, réveillée et dirigée par l'insaisissable Muad’dib, la « souris du désert » aux tactiques surprenantes. Paul retrouve ensuite Gurney Halleck, alors allié aux contrebandiers de Dune qui l’avaient recueilli.

Devenu chef et messie des Fremen, Paul Muad’Dib mène ses troupes de victoires en victoires face aux forces Harkonnen et aux Sardaukar de l’empereur, bien qu'il perde son premier fils lors d'une bataille. Dominant le désert, il s'attaque ensuite à la capitale, Arraken, qu'il prend d'assaut alors que l'empereur Shaddam IV, venu faire régner l'ordre de l'Imperium sur Arrakis, y est réfugié avec ses soldats. Au moment de l'assaut final, Alia tue le baron Vladimir Harkonnen (son grand-père maternel) avec une aiguille empoisonnée.

Vaincu, Shaddam IV est forcé d'abdiquer. Il est ensuite obligé par Paul d’accepter le mariage de ce dernier avec sa fille, la princesse Irulan Corrino, ce qui donne par voie de conséquence le trône impérial à Paul Atréides. Shaddam IV est par la suite exilé sur Salusa Secundus, la planète-mère de la Maison Corrino et le siège de la formation des Sardaukars, pendant que les légions Fremen sont lâchées sur l'Imperium, plantant la bannière verte et noire des Artréides sur tout les mondes habités de l'univers connu, dans un jihad qui ravage la galaxie...

Place dans le cycle de Dune

Article détaillé : Cycle de Dune.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Œuvres de l’univers de Dune

Un classique de la science-fiction[modifier | modifier le code]

Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction dans les ouvrages suivants :

  • Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;
  • Jacques Sadoul, Anthologie de la littérature de science-fiction, Ramsay, 1981 ;
  • Jacques Goimard et Claude Aziza, Encyclopédie de poche de la science-fiction. Guide de lecture, Presses Pocket, coll. « Science-fiction », no 5237, 1986 ;
  • Denis Guiot, La Science-fiction, Massin, coll. « Le monde de … », 1987 ;
  • La Bibliothèque idéale de la SF, Albin Michel, (1988) ;
  • Enquête du Fanzine Carnage mondain auprès de ses lecteurs, 1989 ;
  • Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;
  • Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994 ;
  • Bibliothèque idéale du webzine Cafard cosmique.

Il est étudié d'un point de vue philosophique dans l'article de Terence Blake, « Deleuze et Dune : éloge de la divergence », in Philosophie, science-fiction ?, sous la direction de F. Albrecht, E. Blanquet, J.-L. Gautero & É. Picholle. Éditions du Somnium, octobre 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En référence au titre de « chevalier de l'Imperium » du duc Léto et au faucon à crête rouge, l'emblème de la Maison Atréides.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « SCI FI Channel Auction to Benefit Reading Is Fundamental », pnnonline.org, 18 mars 2003, archivé depuis [1] : «  »
  2. (en) « Dune (Livre, 1991) », worldcat.org.
  3. « En effet le Jihad Butlérien a créé une société féodale quelque peu bloquée ». Frank Herbert (trad. Michel Demuth), Dune, vol. tome II, Robert Laffont, coll. « Pocket science-fiction / Cycle de Dune », , 512 p. (ISBN 2-266-11403-4), p. 8
  4. Alejandro Jodorowsky, Moebius et Christopher Foss, « Dune le film que vous ne verrez jamais », Métal hurlant, no 107,‎ , p. 116 (lire en ligne)
  5. Marc-André Lussier, « Denis Villeneuve réalisera la nouvelle adaptation de Dune », La Presse,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]