Jodorowsky's Dune

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Jodorowsky's Dune
Réalisation Frank Pavich
Acteurs principaux
Sociétés de production City Film
Snowfort Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre documentaire
Durée 87 minutes
Sortie 2013

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Jodorowsky's Dune est un film documentaire américain réalisé par Frank Pavich, sorti en 2013 aux États-Unis et le en France.

Ce film décrit la tentative du réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky[1] d'adapter le roman de science fiction Dune de Frank Herbert au milieu des années 1970. Le documentaire fait partie de la sélection officielle de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2013.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Article connexe : Dune (Alejandro Jodorowsky).

Au début des années 1970, après les succès en Europe des films El Topo et La Montagne sacrée, le producteur français Michel Seydoux propose au réalisateur Alejandro Jodorowsky de produire son prochain film, lui laissant carte blanche[2]. Jodorowsky se lance alors dans son projet le plus ambitieux : l'adaptation du roman Dune de Frank Herbert, qu'il n'a pas lu au départ, donnant par hasard le nom de cette œuvre à Seydoux car il en a entendu du bien par un ami[2]. Mais, stimulé par le roman, il souhaite en faire une expérience spirituelle qui changera la vision des spectateurs, ce projet devenant pour lui un idéal mystique et conceptuel, du fait notamment de la présence dans le roman de l'épice, qu'il relie avec les excès de son époque (utilisation du LSD par les hippies, etc.)[2].

Par la suite, Jodorowsky rassemble à Paris autour de lui tous ceux qui l'inspirent et qui seront, selon lui, les plus à même de réaliser son projet[a],[2] : il travaille sur les aspects visuels avec Jean Giraud, alias Moebius (pour le design de la famille Atréides, le dessinateur concevant sous son impulsion l'imposant storyboard du film[b],[2]), l'artiste H. R. Giger (pour la famille Harkonnen, notamment le château du baron Harkonnen que Jodorovsky imagine de A à Z, n'étant pas décrit dans l’œuvre originale[2]) et l'illustrateur Chris Foss (pour les Fremen), ainsi qu'avec le spécialiste des effets spéciaux Dan O'Bannon. Il prévoit que la musique serait composée par les groupes Pink Floyd et Magma. Concernant les acteurs du film, la distribution comprendrait David Carradine (le duc Leto Atréides), Salvador Dalí (l'empereur Padishah Shaddam IV), Orson Welles (le baron Vladimir Harkonnen), Mick Jagger (Feyd-Rautha Harkonnen), son propre fils Brontis Jodorowsky (Paul Atréides)[c], Udo Kier (Piter de Vries) et la muse de Dalí, Amanda Lear (la princesse Irulan), Jodorowsky et Seydoux étant prêts à satisfaire toutes les demandes si nécessaire, même les plus farfelues[d],[2].

Jodorowsky apporte des modifications à l'histoire originale[e],[2] qu'il confesse ne pas respecter, préférant montrer « sa » vison du roman d'Herbert, et admettant « violer » l'œuvre, « mais avec amour »[2].

Après deux ans d'écriture du script et un storyboard quasi-complet, lorsque l'équipe de production recherche 5 millions de dollars pour finaliser le budget (estimé au total à 15 millions)[2], elle se heurte au refus des studios hollywoodiens, qui craignent le tempérament de Jodorowsky et ses ambitions, effrayés lorsque celui-ci évoque un film de 12 heures[f]. La production s'arrête alors net. L'abandon du projet marquera profondément Jodorowsky qui, blessé par ce refus, en tirera une rancœur concernant les majors américains, ces derniers employant l'équipe qu'il a réuni pour son projet sur d'autres productions hollywoodiennes, notamment Alien[2].

Le projet d'adaptation est repris ensuite par la fille de Dino de Laurentiis, son père produisant le film Dune réalisé par David Lynch. Cependant, d'autres réalisateurs (comme Nicolas Winding Refn, interviewé dans le documentaire), ainsi que le producteur Michel Seydoux[2] considèrent que le projet initial a circulé dans les studios et que de nombreuses idées ont été reprises dans des films, comme le premier Star Wars de Georges Lucas, Alien de Ridley Scott ou Contact de Robert Zemeckis. Selon eux, sans les idées développées par Jodorowsky dans son story-board, des films comme Aliens, et par la suite Blade Runner ou Matrix n'auraient pas pu voir le jour à Hollywood[2].

En outre, le documentaire relève un nombre de films prenant dans son projet des parallèles ou des sources d'inspiration, tels Flash Gordon, Les Aventuriers de l'arche perdue, Terminator, Les Maîtres de l'Univers ou Prometheus[2].

Jodorowsky se basera sur les restes de son Dune dans l'univers des bandes dessinées qu'il écrira plus tard pour L'Incal, dessinée par Mœbius et la série de La Caste des Méta-Barons, dessinée par Juan Giménez.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France : (Festival de Cannes 2013)
Drapeau de la France France : [3] (sortie nationale)

Distribution[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

En France, l'accueil critique du documentaire est très bon : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,8/5, et des critiques spectateurs à 4,3/5[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans le documentaire, Jodorovsky les surnomme ses « guerriers spirituels », qui partagent sa vision du projet, et qu'il motive en ce sens tous les matins.
  2. Dans le documentaire, Jodorowsky indique qu'il a complètement écrit le film dans le story-board, celui ci étant composé de 3 000 images, dessinées par Moebius.
  3. Dans le documentaire, le fils de Jodorovsky dit s'être s'entrainé aux arts martiaux deux années durant, pour se préparer et, selon son père, « s'éveiller » à son rôle.
  4. Dans le documentaire, Jodorowsky et Sédoux évoquent celles de Dalí, qui notamment aurait été payé 100 000 dollars la minute, pour une apparition de trois minutes dans le film, ou bien concernant Orson Welles, Jodorovsly lui promettant d'embaucher le cuisinier du restaurant parisien où Welles avait ses habitudes afin que ce dernier puisse déjeuner chez lui tous les jours, pour le convaincre de jouer dans le film.
  5. Naissance de Paul Atréides par une goute de sang d'un Leto émasculé qui arrive dans l'utérus de sa mère, se transformant en semence ; mort de Leto sectionné par une pince coupante maniée par Piter de Vries puis le baron, qui lui coupe la tête ; le château des Harkonnen représenté par le corps géant du baron, ouvrant la bouche pour accueillir les vaisseaux spatiaux, etc.
  6. Dans le documentaire, Jodorovsky évoque aussi un film d'une durée de 20 heures.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Depelley, « Jodorowsky’s Dune », bdzoom.com, (consulté le 25 avril 2016)
  2. a b c d e f g h i j k l m et n Citations et commentaires tirés du documentaire Dune de Jodorowski de Frank Pavich (France/États-Unis, 2013, 1 h 27 min), diffusé par Arte en 2019 [présentation en ligne] et sur le site d'Arte.tv (consulté le 9 mars 2019).
  3. Laurent Melikian, « Jodorowsky’s Dune enfin en salle ! », actuabd.com, (consulté le 25 avril 2016)
  4. Jodorowsky's Dune sur Allociné

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]