Robert A. Heinlein

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Robert A. Heinlein
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Heinlein dédicaçant un de ses livres en 1976.
Nom de naissance Robert Anson Heinlein
Alias
Anson McDonald
Lyle Monroe
John Riverside
Caleb Saunders
Simon York
Naissance
Butler, Missouri, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 80 ans)
Carmel, Californie, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais américain
Genres

Œuvres principales

Signature de Robert A. Heinlein

Robert Anson Heinlein, né le à Butler dans le Missouri et mort le à Carmel-sur-mer en Californie, est un écrivain américain de science-fiction.

Souvent surnommé le « doyen des écrivains de science-fiction »[1], il a écrit des ouvrages parfois controversés qui continuent pourtant d'influencer le genre de la science-fiction et plus généralement la culture moderne.

Heinlein est devenu l'un des premiers auteurs de science-fiction américains à être publié dans les magazines grand public tels que The Saturday Evening Post à la fin des années 1940. Il fut l'un des romanciers de science-fiction les plus vendus pendant de nombreuses décennies et, avec Isaac Asimov et Arthur C. Clarke, il est souvent considéré comme l'un des « trois grands » (Big Three) auteurs de science-fiction de langue anglaise[2],[3],[4].

Parmi les œuvres les plus remarquables de Heinlein, on peut citer Etoiles, garde-a-vous ! (Starship Troopers, 1959)[a], En terre étrangère (Stranger in a Strange Land, 1961)[5] et Révolte sur la Lune (The Moon Is a Harsh Mistress, 1966)[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

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Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

L'aspirant Heinlein, extrait de l'annuaire de l'Académie navale américaine de 1929.

Né dans une petite ville du Missouri, au cœur de l'Amérique rurale du début du XXe siècle, Robert Heinlein grandit au sein « du plus bigot des fondamentalismes de la Bible Belt ». Il s'en échappe intellectuellement dès 13 ans, âge auquel il lit Charles Darwin et devient essentiellement athée, cette influence religieuse étant visible dans son œuvre.

Après sa scolarité au lycée de Kansas City, où il a pour camarade Sally Rand et peut suivre des cours de Will Durant, il entre à l'Académie navale d'Annapolis dont il sort diplômé en 1929. Il sert ensuite dans la Marine, d'abord à bord du porte-avions USS Lexington (CV-2), sous les ordres de Ernest J. King, puis à bord du destroyer USS Roper ; il atteint le grade de lieutenant avant de devoir quitter l'armée à la suite d'une tuberculose en 1934. Sa carrière militaire aura une certaine influence sur son œuvre.

Après son service, il étudie pendant quelques semaines la physique à l'université de Californie (UCLA), puis exerce différentes professions (agent immobilier, propriétaire d'une mine d'argent, etc.) et se lance dans la politique en Californie dans le mouvement socialiste EPIC d'Upton Sinclair, sans succès électoral.

Il trouve sa vocation en publiant sa première nouvelle de science-fiction, Ligne de vie (Life Line) en 1939. Cette nouvelle avait été originellement écrite pour un concours doté d'un prix de cinquante dollars. Mais la jugeant très bonne, il décide de la faire publier. John W. Campbell lui en donne soixante-dix dollars pour sa parution dans le magazine Astounding Science-Fiction[b].

Carrière d'écrivain[modifier | modifier le code]

Pendant les deux années qui suivent, Robert Heinlein publie plusieurs nouvelles, et en assure la cohérence en les inscrivant dans une Histoire du futur qu'il élabore pour décrire l'histoire de l'humanité de 1950 à 2600. La trame en est publiée pour la première fois dans le numéro de d’Astounding Science-Fiction.

Lors de l'entrée en guerre des États-Unis, Heinlein cesse toute activité littéraire et travaille comme ingénieur civil dans un laboratoire de la Marine. Il y fait entrer Isaac Asimov et L. Sprague de Camp.

Après la guerre et à la suite d'une brève période de militantisme actif pour un contrôle supranational des armes nucléaires de destruction massive (dont il avait été l'un des premiers à discuter, dès 1941, des conséquences géopolitiques dans la nouvelle Solution Unsatisfactory, très discutée à Los Alamos et qui l'obsédera le reste de sa vie), il ne vit plus que de sa plume.

Il participe activement à la création du film Destination... Lune !, réalisé par Irving Pichel (1950), qui exerça une influence profonde sur le cinéma de science-fiction par son accent sur le réalisme (en particulier des scènes de chute libre) et dont les effets spéciaux valurent un Oscar à Lee Zavitz. De même, la série radio et télévisée Tom Corbett, Space Cadet, adaptée de son roman La Patrouille de l'espace, constitue l'un des premiers étalons du genre.

Grand voyageur, Heinlein fit plusieurs fois le tour du monde et visita plus de quatre-vingts pays sur les cinq continents, y compris l’URSS et la Chine communiste pendant la guerre froide.

Dans les années 1980, il sera l'un des piliers du Conseil citoyen sur la politique spatiale (en) à l'origine de l’Initiative de défense stratégique (IDS) du président des États-Unis Ronald Reagan.

Plusieurs ouvrages posthumes ont été publiés sous son nom : Grumbles From the Grave (1989, recueil de correspondances) Take Back Your Government (1992, d'après un manuel inédit de 1946), Tramp Royale (1992, journal d'un voyage autour du monde de 1954) et For Us The Living (2003, manuscrit « retrouvé » d'un premier roman de ca. 1938). En 2006 est paru Variable Star, roman composé par Spider Robinson à partir d'un synopsis des années 1950, et curieusement cosigné par Spider Robinson et Robert Heinlein.

Robert et Virginia Heinlein dans un article de 1952 de Popular Mechanics, intitulé « Une maison pour rendre la vie facile ». Les Heinleins, tous deux ingénieurs, conçurent la maison pour eux-mêmes avec de nombreuses fonctionnalités innovantes.

Pour le centenaire de sa naissance, l’Université de Californie à Santa Cruz commence à mettre en ligne l'intégralité des archives d'Heinlein[7]. Cette collection inclut notamment l’ensemble des manuscrits de ses œuvres, y compris quelques articles inédits, les brouillons et la documentation afférents et sa correspondance professionnelle. L'ensemble des 112 références disponibles contient près de 106 000 pages (sur 200 000 à terme).

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Robert Heinlein a été marié trois fois : à Elinor Leah Curry (1929), à Leslyn McDonald (1932-1946) et à Virginia Gerstensfeld (1947-1988). Il n'a pas eu d'enfant. Sa dernière épouse est décédée en 2003 à 86 ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Robert Heinlein a publié 32 romans, 59 nouvelles et 16 recueils.

Romans[modifier | modifier le code]

Recueils originaux[modifier | modifier le code]

L'Histoire du Futur[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Histoire du Futur.
La nouvelle « Sky Lift » de Heinlein dans le magazine Imagination (1953).
Le roman « Podkaine of Mars » de Heinlein publié par extraits dans le magazine If (1962). Couverture de Virgil Finlay.

La liste suivante recense les nouvelles et récits traduits en français s'inscrivant dans l’Histoire du futur, regroupés suivant leur dernière édition :

Autres recueils[modifier | modifier le code]

Recueils français[modifier | modifier le code]

Autres nouvelles[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • How To Be a Politician (Take Back Your Government, essai), 1946.
  • Grandeur et misères de la science-fiction (Science Fiction, Its Nature, Faults and Virtues), 1957[9]

Adaptations audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Dans son roman Révolte sur la Lune, Robert Heinlein mentionne l'adage connu sous son acronyme « TANSTAAFL » pour « There Ain't No Such Thing As A Free Lunch ». Cet adage, utilisé par certains économistes dès les années 1940 sous la forme plus grammaticale « There Is No… », signifie qu'on n'a rien sans rien ; littéralement : « Un repas gratuit, ça n'existe pas »[réf. souhaitée]. Une autre traduction littérale serait : « Il n'y a pas / Y'as pas de repas gratuit ».

La première traduction française de Révolte sur la Lune utilisait l'acronyme « URGESAT » (« Un Repas Gratuit Est Supérieur À Tout »), ce qui constitue un contre-sens dans le contexte de l'ouvrage ; l'édition révisée utilise le terme « URGCNEP » (« Un Repas Gratuit, Ça N'Existe Pas »[10]).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le cratère Heinlein (en) sur la planète Mars (Promethei Terra).

Récompenses[modifier | modifier le code]

Robert Heinlein reçoit quatre fois le prix Hugo du meilleur roman et, à titre posthume, trois prix Retro Hugo. Il reçoit également le premier prix Nebula Grand Master.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un cratère martien (en) porte son nom ; un autre sur la Lune porte celui d'un de ses personnages, Rhysling (Les Vertes Collines de la Terre).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce roman aidera d'ailleurs à façonner les archétypes des Marines et des Mecha spatiaux dans la science-fiction moderne.
  2. Du moins est-ce l'histoire officielle du commencement de la carrière littéraire de Heinlein. Une reconstitution alternative est proposée par Robert James, sur la base de faits partiellement connus, dans la postface de l'édition suivante de For Us, The Living (en) (Scribner, New York, 2004). Dans la même édition, Spider Robinson en propose une troisième, plus romancée, en introduction. Dans sa compilation de nouvelles, Expanded Universe (en), R. Heinlein donne sa version officielle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) M. Keith Booker et Anne-Marie Thomas, The Science Fiction Handbook, John Wiley & Sons, coll. « Blackwell Guides to Literature Series », (ISBN 978-1-4051-6205-0, lire en ligne), p. 155 :

    « Sometimes called the 'dean of science fiction writers,' Robert A. Heinlein was one of the leading figures of science fiction's Golden Age and one of the writers most responsible for establishing the science fiction novel as a publishing category. »

  2. (en) « The Big Three – Asimov – Clarke – Heinlein – A Bibliography », sur SFandFantasy.co.uk (consulté le 28 août 2016) : « Isaac Asimov, Arthur C. Clarke and Robert Heinlein are informally known as the "Big Three" - the best known members of the group of authors who brought science fiction into a Golden Age in the middle years of the twentieth century »
  3. (en) Patrick Parrinder, Learning from Other Worlds: Estrangement, Cognition, and the Politics of Science Fiction and Utopia, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-2773-8), p. 81 :

    « This short discussion of Asimov, Clarke and Heinlein—the so-called Big Three, who largely dominated American (and, to a lesser extent, Anglo-American) science fiction during the 1940s, the 1950s and well into the 1960s—should serve to suggest the particularly complex affinity between science fiction and critical theory in its Blochian version. »

  4. (en) « Science Fiction Writer Robert J. Sawyer: The Death of Science Fiction », sur SF writer (consulté le 26 novembre 2017) : « And yet, the publishers do whatever they can to continue to milk the big three: Asimov, Clarke, and Heinlein »
  5. (en) « 15 Things You Might Not Know About "Stranger in a Strange Land" », sur mentalfloss.com,
  6. (en) kanopiadmin, « Was Robert A. Heinlein a Libertarian? », sur mises.org,
  7. (en) « The Robert A. and Virginia Heinlein », heinleinarchives.net (consulté le 30 juillet 2018).
  8. Le livre d'or : Robert Heinlein, Pocket, coll. Le Livre d'or de la science-fiction no 5102, 1981. (ISBN 2-266-00985-0)
  9. Dans « Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel », Editions Somnium, 2008.
  10. « Critique de Révolte sur la lune », sur nebalestuncon.over-blog.com/,  : « "TANSTAAFL !" C’est-à-dire : "There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch". En français : "URGCNEP : Un Repas Gratuit, Ça N’Existe Pas" (la voilà, la grosse erreur de traduction : dans l’ancienne version, Jacques de Tersac avait traduit par "URGESAT : Un Repas Gratuit Est Supérieur A Tout" […]) »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexei Panshin, Heinlein in dimension : a critical analysis, Chicago, Advent Publishers, , 214 p. (ISBN 9780911682120)
  • (en) H. Bruce Franklin, Robert A. Heinlein : America as science fiction, New York, Oxford University Press, (ISBN 9780195027471)
  • Robert A. Heinlein par Leon Stover (1987, Twayne)
  • Solutions non satisfaisantes, une anatomie de Robert A. Heinlein, par Ugo Bellagamba et Éric Picholle (2008, Les Moutons électriques)
  • « Robert A. Heinlein et la pédagogie du réel », Actes des premières Journées Interdisciplinaires Sciences & Fictions de Peyresq, ouvrage collectif dirigé par Ugo Bellagamba et Éric Picholle (2008, Éditions du Somnium).
  • Bifrost spécial Heinlein, no 57, janvier 2010
  • (en) Joseph D. Olander (éditeur) et Martin Harry Greenberg (éditeur), Robert A. Heinlein, New York, Taplinger Pub. Co, (ISBN 9780800868024)

Liens externes[modifier | modifier le code]