Paul Atréides

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Paul Atréides
Personnage de fiction apparaissant dans
Dune.

Emblème de la Maison Atréides(Faucon rouge sur fond vert).
Emblème de la Maison Atréides
(Faucon rouge sur fond vert).

Alias Muad'Dib, Usul, le Prêcheur
Origine Caladan
Sexe Masculin
Espèce Humain
Yeux bleus sur fond bleu (yeux de l’Ibad)
Activité Empereur
Famille Leto Atréides (père), Jessica Atréides (mère), Alia Atréides (sœur), Leto II (fils), Ghanima Atréides (fille), Irulan (femme), Harah (femme), Chani (femme)
Affiliation Fremen, Maison Atréides
Entourage Thufir Hawat (mentat précepteur), Gurney Halleck (maitre d’arme), Duncan Idaho
Ennemi de Vladimir Harkonnen (grand-père), Shaddam IV

Films Dune (1984)
Séries Dune (2000)
Les Enfants de Dune (2000)
Première apparition Dune (1964)
Dernière apparition Le Triomphe de Dune (2007)

Paul Atréides est un personnage de fiction issu du Cycle de Dune de l'écrivain Frank Herbert. Il est le personnage principal des deux premiers romans du cycle, Dune et Le Messie de Dune, et un personnage secondaire dans le troisième, Les Enfants de Dune. Son héritage continue à jouer un rôle crucial dans les tomes ultérieurs.

Héritier de la maison Atréides, Paul est âgé de quinze ans lorsque son père, le duc Leto Atréides, est tué par les Harkonnen, ennemis jurés de sa famille. Il doit s'enfuir dans le désert d'Arrakis, où il est recueilli par les Fremen, le peuple autochtone de la planète. Grâce à l'Épice, il acquiert le pouvoir de prescience et devient le leader des Fremen dans un jihad sanglant qui l'amènera, après avoir vaincu ses ennemis, à devenir Empereur de l'univers connu.

Durant ses douze années de règne, il s'efforce de diriger l'humanité vers une voie ne conduisant pas à la stagnation et à la destruction. Frappé de cécité à la suite d'un attentat manqué, il abdique et part seul dans le désert, en accord avec la tradition fremen. Son fils, Leto II, poursuivra son œuvre et deviendra plus tard l'Empereur-Dieu, régnant sur le Sentier d'Or.

À son arrivée chez les Fremen du Sietch Tabr, Paul reçoit le nom secret d’Usul, « la force de la base du pilier ». Son nom de guerre est Muad'Dib, « la souris du désert ».

Biographie du personnage[modifier | modifier le code]

Paul Atréides est le fils du duc Leto Atréides et de sa concubine Bene Gesserit, dame Jessica. Dans le roman La Maison Corrino (écrit postérieurement à l’œuvre originale de Frank Herbert), il est dit qu’il reçoit son premier prénom de son grand-père paternel, Paulus Atréides, et le second, Oreste, du mythe d’Agamemnon, le fondement de la Maison Atréides (les Atrides)[1].

Paul, né sur la planète Kaitain dans le palais de l'empereur Shaddam IV, manque d’être assassiné par le premier ghola, Piter de Vries, le Mentat-assassin du baron Vladimir Harkonnen. Il est sauvé par l’intervention de l’impératrice Anirul, qui le paye de sa vie.

Quand dame Jessica tombe amoureuse de Leto, il lui est ordonné d'engendrer une fille afin de continuer le plan de sélection génétique des Sœurs du Bene Gesserit. Mais, par amour pour Leto, elle enfante un garçon, désobéissant ainsi à ses sœurs. Le jeune Paul est élevé selon les méthodes spéciales de son ordre (la « Manière » Bene Gesserit), Jessica lui enseignant ces techniques secrètes, l'« Art étrange », ce qui le sauvera plus tard (notamment lors de la tentative d'assassinat contre Paul par les Harkonnen dans le palais d'Arrakeen, ou lorsque Paul découvrira des espions Sardaukar infiltrés dans son sietch dans le désert).

De Caladan à Arrakis[modifier | modifier le code]

Au début du roman Dune, Paul, tout juste adolescent, vit sur Caladan, la planète d’origine et la source de l’influence de la Maison Atréides. Quand son père le duc Leto reçoit en fief la planète Arrakis (appelée « Dune » par ses habitants), par ordre de l’empereur Padishah Shaddam IV, Paul suit sa famille sur Dune. Bien que très jeune, il prend alors part aux intrigues politiques complexes des Grandes Maisons aux côtés de son père et de sa mère Jessica.

Quelques jours avant le départ de Caladan vers Arrakis, Gaius Helen Mohiam, une Révérende Mère de haut rang du Bene Gesserit lui fait subir le test du gom jabbar, une épreuve d’endurance à la douleur physique visant à tester son humanité. Paul réussit le test, mais se souviendra pendant longtemps de cette épreuve, notamment quand plus tard il imposera sa volonté à la vieille Révérende Mère et à l’Empire tout entier[2]. Du fait de ses dons (rêves prescients et Mentat potentiel), le Bene Gesserit décèle en lui les prédisposions d'un possible Kwisatz Haderach, l'aboutissement ultime du programme génétique des Sœurs. La Révérende Mère Mohiam et les Sœurs de l'Ordre émettent cependant des réserves, car leur plans prévoyaient que le Kwisatz Haderach devait apparaitrait avec l’enfant conçu par le fils de Feyd-Rautha Arkonnen et la fille que Jessica était censée donner au duc Leto au lieu de Paul.

Après l’assassinat de son père sur Arrakis, lors de l'attaque surprise des Harkonnen avec la complicité de Shaddam IV et de ses Sardaukar, Paul se réfugie avec sa mère dans le désert, chez les Fremen. Là, il sera accepté par Stilgar, le chef du Sietch Tabr. Paul prend alors le nom secret d’Usul pour le Sietch Tabr et Muad'Dib comme nom de guerre chez les Fremen. Il affirme ses dons de Mentat et commence à manifester ses dons de prescience.

Muad'Dib, la « souris du désert », devient peu à peu le mahdi (guide) et le chef des Fremen dans leur guerre contre les Harkonnen sur Dune, car pour eux il est le messie tant attendu désigné par les prophéties, qui les emmènera vers le Jihad (la guerre sainte) et la liberté.

De Paul à Muad'Dib[modifier | modifier le code]

Devenu un Fremen à part entière, Paul retrouve par hasard le soldat Gurney Halleck, l'un de ses anciens mentor et ami qui se cachait dans le désert après la ruine de la Maison Atréides. Croyant celle-ci totalement exterminée, Gurney le « guerrier-troubadour » avait pris la tête d'un groupe de contrebandiers, récoltant l’Épice dans le désert profond pour ses nouveaux maîtres. Retournant immédiatement au service de son ancien disciple, maintenant le nouveau duc et héritier de la Maison Atréides, il consolidera avec Stilgar la puissance de Paul Muad'Dib et de ses guerriers Fremen, l'assistant dans sa croisade pour la vengeance et la reconquête de Dune face aux Harkonnen.

Muad'Dib, à la tête de ses troupes Fremen (notamment sa garde d’élite Feydakin) va de victoires en victoires face aux soldats Harkonnen, usant de tactiques innovantes et de plans audacieux (conçus grâce à son éducation militaire et renforcées par ses capacités Mentat et son don de prescience) pour affaiblir Glossu Rabban, le gouverneur planétaire mis en place par le baron Vladimir Harkonnen et chargé de rançonner la planète ; grâce à ses victoires, Paul force bientôt Rabban à rester terré dans les limites de la cité d'Arrakeen, les Fremen contrôlant maintenant tout le désert d'Arrakis.

Paul, prenant finalement le dessus sur les Harkonnen, attire par voie de conséquence l’empereur Shaddam IV sur Dune. Ce dernier, souhaitant régler par lui-même la gestion Harkonnen défaillante du fief d’Arrakis, et voulant écraser cette rébellion fremen qu'il méprise ouvertement, débarque sur la planète à la tête de son imposante armée Sardaukar et de ses courtisans innombrables. Bien que Paul perde son premier fils, né de sa concubine fremen Chani, après une attaque-surprise des Sardaukar sur le Sietch Fremen loin au sud où Chani et son enfant étaient réfugiés[3], le piège de Paul se referme sur l'empereur. Profitant d'une tempête Coriolis qui cloue les forces ennemies au sol, Paul fait immobiliser le vaisseau impérial et attaque Arrakeen, ses troupes chargeant en utilisant les vers géants du désert comme montures, et submergent bientôt les Harkonnen alliés aux Sardaukar.

Capturé, son armée en déroute et son vaisseau détruit, Shaddam IV est alors à la merci de Paul. Après avoir mandaté Feyd-Rautha Harkonnen pour affronter Paul en combat singulier[4] (combat remporté par Paul), l'empereur est contraint d'accepter le mariage de Paul avec sa fille, la princesse Irulan. Paul utilise ce mariage pour reprendre son pouvoir de façon légitime et, ainsi, accéder au trône du Lion, devenant donc empereur. Marié à Irulan, Paul prévient toutefois la princesse Corrino qu’elle n’est qu'un instrument de son pouvoir politique et qu’elle ne doit pas s'attendre à une quelconque marque d'affection. Seule Chani, la concubine fremen de Paul, portera ses enfants et recevra son amour[5].

Durant sa reconquête du pouvoir, et malgré les victoires qui s'enchainent, Paul cherchera à tout prix à éviter que le Jihad, qu’il prévoit grâce à ses dons, ne s'étende dans tout l'univers. Il finira cependant par comprendre que c'est inévitable, car cela fait partie de son destin. Devenu empereur, ses légions Fremen se lancent alors à la conquête de la multitude des planètes de l'Imperium et feront flotter la bannière verte et noire des Atréides sur tous les mondes de l'univers connu qu'ils ravageront.

Du Jihad Atréides vers le Sentier d'Or[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Jihad et Sentier d'Or.

Dans Le Messie de Dune, l'empereur Paul Atréides, après douze ans de règne sans partage sur l'Imperium, a enfin deux enfants, des jumeaux, de sa concubine fremen Chani : un fils, Leto (portant le même prénom que son premier fils mort brutalement, et que celui de son propre père), et une fille, Ghanima. Mais Chani meurt à la naissance des jumeaux. Paul, qui est devenu aveugle à cause des radiations d’un brûle-pierre utilisé contre lui lors d’un attentat, part seul dans le désert selon la tradition Fremen. La régence est assumée par sa sœur et tante des jumeaux, Alia, qui dérivera dans le tome suivant en une dictature religieuse.

Dans Les Enfants de Dune, Paul réapparait sous la forme méconnaissable du Prêcheur, appelant à la révolte dans la capitale d'Arrakeen contre les excès du culte lié sa personne et des méfaits causés par sa sœur Alia, qui a succombé à la présence intérieure dans son esprit de son grand-père, le baron Vladimir Harkonnen, qui la manipule pour mieux détruire la Maison Atréides. Après avoir été retrouvé par son fils Leto, qui est recouvert de la peau de la truite des sables, lui donnant des pouvoirs dépassant les siens, Paul est finalement tué, après un ultime prêche devant le palais d'Alia à Arrakeen. Leto reprend alors le pouvoir des mains d’Alia, la forçant à se suicider.

Son fils Leto poursuivra son œuvre et sa vision, avec le Sentier d'Or, devenant l'Empereur-Dieu Leto II.

Dans Les Chasseurs de Dune et Le Triomphe de Dune, de Kevin J. Anderson et Brian Herbert, Paul Atréides revient en tant que ghola dans le non-vaisseau de Duncan Idaho et Sheana, cherchant à échapper au mystérieux ennemi, à l’issue du Sentier d'Or.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Paul Atréides est interprété par Kyle MacLachlan le film Dune de David Lynch (1984)[6] et par Alec Newman dans la mini-série Dune (2000)[7] et sa suite Les Enfants de Dune (2003)[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Citoyens de Caladan, je désire que vous fassiez la connaissance de votre prochaine seigneur : Paul Oreste Atréides ! Il avait choisi ce nom en hommage à son père. Quant au second prénom, il l’avait emprunté au drame de la Maison des Atrides : Oreste avait été le fils d’Agamemnon. », Brian Herbert (trad. Michel Demuth), La Maison Corrino, Paris, France, Robert Laffont, coll. « Pocket Science-fiction », , 797 p. (ISBN 2-221-08991-X), page 784
  2. « Je me souviens de votre gom jabbar, dit Paul. N’oubliez pas le mien. D’un mot je peux vous tuer. » Frank Herbert (trad. Michel Demuth), Dune, vol. tome II, Robert Laffont, coll. « Pocket science-fiction / Cycle de Dune », , 512 p. [détail des éditions] (ISBN 2-266-11403-4), p. 490
  3. « Il est mort, bien-aimé, dit Chani. Notre fils est mort. ». Frank Herbert (trad. Michel Demuth), Dune, vol. tome II, France, Robert Laffont, coll. « Pocket science-fiction / Cycle de Dune », , 512 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-266-11403-4), p. 477
  4. « Piège sur piège, se dit Paul. Il utilisa le contrôle Bene Gesserit pour relâcher ses muscles afin de provoquer un réflexe de Feyd-Rautha mais essayant d’échapper à la menaçante pointe, il trébucha, tomba sur le sol et Feyd-Rautha s’abattit sur lui. ». Frank Herbert (trad. Michel Demuth), Dune, vol. tome II, France, Robert Laffont, coll. « Pocket science-fiction / Cycle de Dune », , 512 p. [détail des éditions] (ISBN 2-266-11403-4), p. 505
  5. Chani s’approcha : « Veux-tu que je me retire, Muad'dib ? » Il la regarda. « Te retirer ? jamais tu ne quitteras mon côté. ». Frank Herbert (trad. Michel Demuth), Dune, vol. tome II, France, Robert Laffont, coll. « Pocket science-fiction / Cycle de Dune », , 512 p. [détail des éditions] (ISBN 2-266-11403-4), p. 491
  6. Janet Maslin, « Movie Review: Dune (1984) », The New York Times, (consulté le 15 mars 2010)
  7. Marilyn Stasio, « COVER STORY: Future Myths, Adrift in the Sands of Time », The New York Times, (consulté le 21 août 2015)
  8. Ron Wertheimer, « TELEVISION REVIEW; A Stormy Family on a Sandy Planet », The New York Times, (consulté le 19 janvier 2015)

Article connexe[modifier | modifier le code]