Mamilla

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

31° 46′ 34.02″ N 35° 13′ 24.44″ E / 31.7761167, 35.2234556 ()

Le quartier de Mamilla

Mamilla (hébreu : ממילא) est un quartier de Jérusalem ouest situé dans la vallée qui relie la ville moderne à la porte de Jaffa et à la Vieille Ville.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom de Mamilla serait celui d'une sainte chrétienne[1] qui prit soin de l'enterrement d'un grand nombre de martyrs chrétiens massacrés pendant le siège de 614. En son honneur, on construisit à proximité l'église de Sainte Mamilla[2], sur le site de la caverne du lion (מערת האריה), maintenant située dans le Parc de l'Indépendance. Les ruines en étaient toujours visibles en 1882[3].

L'expression Charnier du lion vient d'une légende racontant que les corps des chrétiens tués lors du siège de Jérusalem par Chosroës furent portés en une nuit par un lion dans les sépulcres qui entourent l'église[4].

Près de ce que l'on appelle la Piscine de Mamilla, des recherches récentes ont mis au jour des ossements attribués selon certaines sources à des chrétiens massacrés par les Perses et les juifs[5], selon d'autres à des juifs massacrés par les Grecs[6]. Le site aurait été le cadre de massacres de masse de chrétiens byzantins par les Perses dirigés par Khosro II en 614 selon certaines sources, par des Juifs de Jérusalem selon d'autres[7]. Les fouilles archéologiques n'ont permis que d'identifier 526 personnes dans cette tombe en dépit du nombre de 24,000 à 90,000 victimes, venant de sources chrétiennes[8], notamment Stratègios.

Le cimetière musulman de Mamilla[modifier | modifier le code]

La Piscine de Mamilla se trouve au milieu du cimetière musulman du même nom (ou encore appelé Ma'man Allah en arabe), mais cette formulation est un anachronisme. En réalité la piscine existait bien avant l'apparition de l'islam. C'est donc plutôt le cimetière musulman qui s'est installé autour de la piscine.

Controverses[modifier | modifier le code]

Les musulmans reprochent aux israéliens de provoquer des destructions dans le cimetière de Mamilla.

  • Il existe un projet de construction d'un Musée de la tolérance (en) à l'angle nord-ouest[9]. Le chantier a débuté discrètement depuis plusieurs années de façon plus ou moins clandestine, caché derrière une palissade truffée de caméras de surveillance. Selon plusieurs témoignages, ceux qui essaient de s'approcher du chantier pour faire des photos sont victimes d'intimidations et de tracasseries policières[10],[11].
  • On peut voir aussi un chantier à l'angle sud-ouest où s'activent des bulldozers, et où on aperçoit au-dessus des palissades, de gros tas de terre et de fragments de dalles en pierre.
  • de nombreuses tombes avaient déjà été détruites au bulldozer en 1955 lors de la création du Parc de l'Indépendance voisin[12].
  • Une autre partie de ce cimetière avait déjà été détruite auparavant lors de la construction de l'hôtel "Palace" en 1928-1929 (à l'angle des rues Ben Shim'on et Agron)[13].
  • En août 2010, Israël détruit 300 tombes au bulldozer, arguant qu'il s'agit de "fausses tombes vides[14],[15]".

Le centre commercial de luxe de Mamilla[modifier | modifier le code]

Cette galerie marchande est relativement luxueuse par rapport aux échoppes du souk de la vieille ville, mais elle est très comparable aux centres commerciaux de la région parisienne, tel "Parly II".

Le parking Carta[modifier | modifier le code]

Le parking Carta se trouve sous la galerie marchande et il a défrayé l'actualité au cours de l'été 2009, suite à la décision de la municipalité de l'ouvrir durant le Shabbat, ce qui a provoqué la colère des juifs religieux de Méa Shéarim.

Le village fantôme de Kfar David[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un complexe immobilier de grand luxe, situé juste devant la Porte de Jaffa, dont les appartements ont été acquis par de riches juifs américains qui n'y habitent pas. ce phénomène n'est pas unique, il peut être observé dans plusieurs immeubles des quartiers de Ginot Ha-Ir (גינות העיר).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire hagiographique ou Vies des saints et des bienheureux, L.-M. Pétin, 1848 Mamille (sainte), Mamilla était autrefois honorée en Palestine, près de Jérusalem.
  2. [1] L'étang situé à l'ouest de la porte de Jaffa ou de Bethléem est connu des Arabes sous le nom de Birket-el-mamilla (étang de Mamilla), parce qu'une église dédiée à sainte Mamilla s'élevait autrefois dans le voisinage (Bernardi (sapientis monachi) Itinerar. m loca sancla, xvi. — Fundgruben des Orients, II, 131.)
  3. Souvenirs de mon pèlerinage aux Lieux saints (25 avril-10 juin 1882), l'abbé L. Alazard -Vve E. Carrère (Rodez)-1883
  4. Les églises de la Terre Sainte, Melchior Vogüé Il nous reste à mentionner deux chapelles ruinées situées, sur les grottes sépulcrales de la vallée de Hinnom : la première, près de la piscine nommée « Birket Mamillah », et au moyen âge « Lay du Patriarche »; ... J'ignore l'origine du mot « Mamillah »; Bernard le Sage en fait le nom d'une sainte; M. de Saulcy (II, 326) le considère comme la corruption de Babylas...Les chrétiens tués lors du siège de Jérusalem par Chosroës furent ensevelis (Eutychius, ^nn.,1I, 212, 242) dans les sépulcres qui entourent l'église. La légende raconte que leurs corps y furent portés en une nuit par un lion. Aussi, pendant tout le moyen âge, on appela ces grottes « le charnier du lion  » (Jean de Wirtzbourg. — Fetellus. — Thetmar. — La Citez de Jérusalem, etc)
  5. Squelettes Les ossements trouvés sont ceux de chrétiens massacrés en 614, au moment de la prise de Jérusalem par les Perses. Les ultra-orthodoxes affirment qu'il est possible que des Juifs aient été ensevelis là aussi.
  6. Israel handbook: with the Palestinian Authority areas sur Google Books pages 207-208
  7. What We Choose to Remember: Jerusalem in World History, Judith Mendelsohn Rood There has been scarce mention of the horrific massacre of Byzantine Christian residents by Jews in the extensive coverage of the museum controversy. Although the incident is well-attested in the historical record, despite the discovery and analysis of the physical evidence over almost twenty years and the fact that it is the subject of an important scholarly article on the way that the massacre has been treated by Christian, Jewish and Israeli historians, its significance has been ignored in the public controversy over the museum.
  8. Analyse par le prof. Judith Mendelsohn Rood
  9. article du Monde Diplomatique
  10. Police detain Director filming Mamilla Cemetery
  11. [http://www.ipcri.org/files/mus-updatedec1-08.html Dr. Gershon Baskin, un père de famille arrêté par la police pour avoir pris des photos du chantier

    « "I was immediately accosted by some private security guards who conspired between themselves that I had attacked them violently. They said that they were calling the police to have me arrested on charges of assault. They photographed me and my car." »

    ]
  12. Jerusalem in the time of the crusades sur Google Books, p. 184
  13. Israel Prize laureate opposes Museum of Tolerance - Haaretz

    « the Palace Hotel was built in 1928-1929 on cemetery land. »

  14. Les tombes musulmanes rasées en Israël sont-elles des fausses ?
  15. Exclusive: Arabs Faking Graves to Grab Jerusalem Land

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :