Ézéchias

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Ézéchias
Ézéchias peint par Michel-Ange en 1509(détail de la chapelle Sixtine)
Ézéchias peint par Michel-Ange en 1509
(détail de la chapelle Sixtine)
Titre
Roi de Juda
-716-687[1]
Prédécesseur Achaz, son père
Successeur Manassé, son fils
Biographie
Dynastie Maison de David
Date de naissance vers -739
Lieu de naissance probablement Jérusalem
Date de décès -687
Nature du décès Mort naturelle
Père Achaz
Mère Hephzibah
Enfant(s) Manassé
Entourage Prophètes Isaïe et Michée
Religion Judaïsme
Résidence Palais royal de Jérusalem
Roi d'Israël contemporain : Osée

Ézéchias (hébreu: חזקיה ou חזקיהו - "Dieu a renforcé") fut le 13e roi du royaume de Juda indépendant et régna pendant 29 ans de -716 à -687. Pendant son règne, le royaume israélite du nord fut envahi par les troupes assyriennes et sa population fut déportée. Le royaume de Juda a ainsi accueilli à cette époque de nombreux réfugiés israélites.

Présentation[modifier | modifier le code]

Roi sage et pieux, Ézéchias suit dès son avènement les conseils des prophètes Isaïe et Michée, ses contemporains. Il fait prospérer le commerce et l'agriculture, fait fortifier Jérusalem, y fait acheminer l'eau potable, fait fructifier le trésor royal et fait orner le temple de Salomon. Sur le plan religieux, il renverse les idoles auquel son père rendait le culte et célèbre le vrai Dieu[2].

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Le récit du règne d'Ézéchias est raconté dans la Bible hébraïque dans le Deuxième livre des Rois (18-20), le Livre d'Isaïe (36-39) et le deuxième Livre des Chroniques (29-32). Ces sources le décrivent comme un roi grand et bon, suivant l'exemple de son aïeul Osias. Il introduisit des réformes politiques et religieuses dont la centralisation du culte au temple de Salomon par la destructions de divers lieux saints où l'on pouvait auparavant sacrifier localement (les « Hauts-lieux »)[3]. Les louanges envers ce roi ne manquent pas dans le livre des Rois. Le récit biblique raconte la guérison miraculeuse du roi Ézéchias, qui lui valut la visite de délégations nombreuses.

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Ézéchias souhaite rompre avec la domination assyrienne, et ce malgré la désapprobation du prophète Isaïe et l'erreur déjà commise par le roi d'Israël contemporain Osée, conduisant à l’anéantissement de son royaume en -722.

Profitant de la mort de Sargon II avant la prise de pouvoir de son fils et successeur, Ézéchias demande à l'Égypte sinon le concours de son armée, du moins l'envoi de chevaux pour combattre l'envahisseur. Pour rompre avec les Assyriens, le roi Ézéchias cesse alors d'envoyer son tribut à Ninive.

La réaction assyrienne ne se fait pas attendre et Sennachérib (ou Sancherib), le successeur de Sargon II, envoie vers -701[4] ses troupes armées sur Juda et sur l'Égypte, dont l'accès est rendu facile en raison de la soumission des Araméens, des Phéniciens et des Israélites du nord. Les troupes de Koush se seraient alors alliées pour défendre Jérusalem.

Pour se préparer à l'invasion punitive assyrienne, Ézéchias fait construire des fortifications, notamment à Ophel, et un tunnel, dit tunnel d'Ézéchias, de 533 mètres (que l'archéologie a retrouvé) pour permettre l'approvisionnement en eau depuis la source de Gihon à la cité de David en cas de siège. Après la prise de Lakhish, Sennachérib assiège Jérusalem. Ézéchias, voyant la détermination du roi d'Assyrie, aurait proposé alors de verser un important tribut, employant pour cela les richesses du Temple de Jérusalem.

Le long siège assyrien sur la ville aura probablement usé les troupes assyriennes et la promesse d'un tribut a pu rendre inutile une offensive plus décisive contre la ville et les alliés de Koush et d'Égypte. Le récit biblique raconte qu'à la veille de l'assaut assyrien contre Jérusalem, l'ange de Yahvé aurait tué 185 000 des assaillants (2 R 19,35-37). Hérodote précisa plus tard que les Assyriens auraient été victimes d'une épidémie.

Le royaume de Juda, bien qu'affaibli par Sennachérib (qui mourra assassiné par son fils 17 ans plus tard), réussira néanmoins à maintenir son autonomie jusqu'en -587.

Tradition juive[modifier | modifier le code]

Dans le Talmud (Sanhédrin 94a), il est enseigné qu'Ézéchias aurait pu devenir le roi choisi par Dieu comme Messie et que la guerre menée par Sennachérib aurait pu être l'ultime guerre décrite dans les prophéties bibliques comme celle de Gog et Magog, s'il avait fait un chant de louange à Dieu en signe de reconnaissance[5].

Tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Certains savants chrétiens l'assimilent à l'« Emmanuel » de l'ancien testament, mais la majorité des fidèles rejettent cette théorie.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Thiele. Comme de nombreuses dates concernant les personnages bibliques de cette époque, celles-ci sont approximatives, et peuvent faire l'objet de débats entre exégètes. Cf. Rois de Juda
  2. Encyclopédie Larousse du XXe siècle, Paris, 1932
  3. Qui a écrit la Bible ?, p. 98
  4. Histoire visuelle de la Bible, National Geographic, Les Nouveaux Essentiels,‎ octobre 2013, 512 p. (ISBN 9782822900331)
  5. (en) « Hezekiah », dans Jewish Encyclopedia, New York,‎ 1906 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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