Souccot

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Souccot
Jerusalemsukkas.jpg
Vous demeurerez dans des souccot durant sept jours; tout indigène en Israël demeurera sous la tente - Lévitique 23:42

Nom officiel Hag HaSouccot (hébreu: חַג הַסֻּכּוֹת « Fête des Cabanes »)
Autre nom « Fête de la récolte » (חַג הָאָסִף)
« La Fête » (הֶחָג)
Observé par le judaïsme
Type biblique (historique/agricole)
Signification Fête joyeuse commémorant l'Exode et la fin de l'année agricole.
Commence le 15 Tishrei
Finit le 22 Tishrei (le 21 en terre d'Israël)
Date 2010 du 22 septembre au coucher de soleil jusqu'au 29/30 septembre
Observances la soukka, les quatre espèces, etc.
Lié à Chemini Atzeret & Sim'hat Torah.

Souccot (hébreu חַג הַסֻּכּוֹת, Hag haSoukkot « Festival des Cabanes, » « des Tentes » ou « des Tabernacles »), est l'une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme, prescrites par la Bible, au cours de laquelle on célèbre dans la joie l'assistance divine reçue par les enfants d'Israël lors de l'Exode et la fin du cycle agricole annuel.

Elle est fêtée à partir du 15 Tishrei (qui correspond, selon les années, aux mois de septembre ou octobre dans le calendrier grégorien), et dure huit jours (sept en terre d'Israël et dans le judaïsme réformé), dont seuls les premiers sont totalement fériés. Elle est immédiatement suivie par une autre fête, Chemini Atseret.

Divers rites de commémoration de l'évènement historique ou de propitiation pour obtenir l'abondance des pluies et des récoltes s'y rattachent, parmi lesquels la prescription pour les Juifs de résider (au minimum prendre leurs repas) dans une soukka (une sorte de hutte, souvent décorée), et celle des quatre espèces végétales.

Sommaire

[modifier] Hag HaSoukkot dans les sources juives

[modifier] Dans la Bible hébraïque

Souccot est mentionnée pour la première fois comme la « fête de la récolte, » marquant la fin du cycle agricole annuel, au cours de laquelle grâce est rendue à la providence divine[1].

L'ordonnance de la « fête des Tentes » (dans la traduction de la Bible du Rabbinat) ou « des tabernacles » (dans celle de Louis Segond), et en particulier, deux prescriptions spécifiques à la fête — l'obligation pour « tout indigène en Israël » de demeurer dans sa tente en souvenir des tentes (hébreu : סֻכּוֹת soukkot) dans lesquelles les enfants d'Israël ont résidé lors de leur sortie du pays d'Égypte, et celle de prendre le premier jour quatre espèces[2] — font également ressortir son aspect historique : Souccot commémore l'assistance divine dont les Israélites ont bénéficié lors de l'Exode.

La « fête à YHWH[3] », devient rapidement, du fait de sa signification agricole, l'une des plus importantes du calendrier (elle n'est d'ailleurs souvent désignée que par le nom de « La Fête[4] ») et le côté solennel de la « convocation sainte[5] » en fait l'une des plus grandes occasions de rassemblement populaire, raison pour laquelle la cérémonie du haqhel (hébreu : הַקְהֵל « Rassemble ! »), au cours de laquelle le peuple entier, hommes, femmes et enfants, est rassemblé dans l'endroit élu par Dieu pour entendre la Torah[6], s'y tient à la sortie de l'année sabbatique[7]. D'après la Bible, c'est lors de « La Fête » que le roi Salomon choisit d'inaugurer le Temple de Jérusalem[8], et c'est son rite que Jéroboam veut changer (en la célébrant le huitième au lieu du septième mois) afin d'assoir son autorité et l'indépendance de son temple de Béthel sur celui de Jérusalem[9].

Au cours de l'exil de Babylone, Ézéchiel insiste sur le « festival du septième mois[10], » qu'il incombera aux princes de respecter après la reconstruction du Temple.
Souccot est d'ailleurs la première fête observée après la reconstruction du Second Temple de Jérusalem[11], et les enfants d'Israël, qui avaient redécouvert la prescription de résider dans des soukkot, ainsi que celle des quatre espèces, la célèbrent comme cela ne s'était plus vu, aux dires de Néhémie, depuis l'époque de Josué[12],[13]. Zacharie, l'un des derniers prophètes, contemporain des évènements, prophétise que la « fête des tentes » deviendra, aux temps messianiques, un festival universel, au cours duquel toutes les nations alentour se rendront à Jérusalem pour se prosterner devant Dieu, et pour célébrer la fête des Tentes, sous peine de quoi elles ne seront pas « favorisée[s] par la pluie[14] » (l'association de Souccot avec le don divin de la pluie, bien qu'exprimée pour la première fois de façon explicite, semble avoir été évoquée dans les Livres d'Isaïe[15] et de Néhémie, où le peuple se réunit « près de la porte de l'eau[16] »).

[modifier] Dans la littérature rabbinique

Les différentes observances attachées à la fête de Souccot sont détaillées dans la Mishna et les Talmuds, en particulier dans le traité Soukka, sixième de l'ordre Moëd (lois relatives au chabbat et aux fêtes juives) :

  • les lois relatives à la soukka, ses proportions, les matériaux avec lesquels elle doit être construite, les endroits où elle peut ou non se trouver, font l'objet des deux premiers chapitres.
  • les lois concernant les quatre espèces, les caractéristiques qui les rendent propres ou impropres à l'accomplissement de la prescription, etc. font l'objet des deux troisième et quatrième chapitres. Les prescriptions liées à la branche de saule font l'objet d'une investigation plus poussée.
  • la cérémonie de la libation d'eau, à laquelle feraient allusion Zacharie et Isaïe, est abordée dans le quatrième chapitre et une partie du cinquième et dernier chapitre du traité.
  • le reste du dernier chapitre décrit le service particulier qui se tenait dans le Temple lors de la fête de Souccot.
  • la cérémonie du haqhel est abordée dans d'autres traités[17].

Les lois contenues dans la Mishna sont amplifiées dans la Tossefta et commentées dans les Talmuds de Babylone et de Jérusalem. Ceux-ci incluent parfois des différences significatives au niveau de la pratique : à titre d'exemple, les docteurs de Galilée ont autorisé de réaliser la prescription des quatre espèces (cf. infra) à chabbat, alors que leur homologues babyloniens l'ont interdit, de crainte qu'on ne transporte les quatre espèces sur plus de quatre coudées dans le domaine public, ce qui constitue une infraction au chabbat[18].

Les aspects de la fête qui ne sont pas propres à Souccot, comme le statut des jours intermédiaires de la fête (hol hamoëd) et les lois générales sur les fêtes de pèlerinage (non applicables en l'absence d'un Temple construit), font l'objet de traités séparés, Moëd katan et Haguiga, onzième et douzième de l'ordre Moëd, respectivement.

[modifier] Observance de Souccot dans le judaïsme rabbinique

[modifier] Fête et mi-fête

Article détaillé : Hol hamoëd.

Sur les sept jours de Souccot en terre d'Israël, seul le premier est chômé. Dans les communautés de la diaspora, Souccot est célébrée huit jours, en vertu de l'institution rabbinique d'un second jour férié (et chômé) ; certaines congrégations juives réformées n'observent pas cette ordonnance.

Les autres jours (six en terre d'Israël, cinq en diaspora), appelés hol hamoëd, ont un statut intermédiaire : il est permis d'y réaliser toutes les activités nécessaires à l'accomplissement de la fête mais pas celles qui interfèreraient avec la relaxation et la réjouissance. Ils sont considérés, surtout en Israël, comme une période de vacances, prétexte à de nombreuses sorties en famille, en particulier parmi les Juifs d'ascendance kurde, qui célèbrent la Seharane (« fête de la nature »).

[modifier] La soukka

Article détaillé : Soukka.
Intérieur d'une soukka, avec ses décorations

La soukka est un lieu de résidence temporaire, spécialement construit pour la fête. On commence généralement la construction au sortir de Yom Kippour[19], bien qu'il soit permis de la faire lors des jours de fête intermédiaires (hol hamoëd, cf. infra)[20]. Il est souhaitable de la décorer (hébreu : נוי סוכה nivouï soukka, « rendre [la] soukka agréable[21] ») avec des fruits, un beau service, etc.[22] (de nos jours, on ajoute des serpentins, des dessins d'enfants, etc.). Son toit, le skhakh, doit être construit dans un matériau organique, issu du sol, mais déconnecté de lui[23].
Une soukka inhabitable (trop étroite, trop basse, etc.), ancienne, dont le skhakh existait avant la fête (comme une soukka sous un arbre) ou n'est pas à ciel ouvert (comme une soukka dans une maison) n'est pas conforme aux prescriptions religieuses[24]. Il faut également porter une attention particulière au maintien de la pureté rituelle de la soukka[25], et de sa prestance[26].

La prescription de « résider dans la soukka » signifie qu'il faut y demeurer comme dans une maison, et y réaliser ses occupations habituelles, bien que ce soit le début de la saison froide[27] ; les femmes, les malades et les enfants en sont dispensés[28]. Il faut au moins y prendre un repas le premier soir de la fête (et le second, en dehors de la terre d'Israël), même par temps de pluie, bien qu'en ce cas, l'essentiel du repas puisse être pris dans la maison tant qu'il pleut[29]. Les pluies exemptent en effet de dormir dans la soukka, et celles qui risquent de gâter le repas en traversant le skhakh, d'y manger ; il n'y a aucun mérite à demeurer sous la soukka en pareils cas[30].

Il est de coutume de convier famille, amis, voisins, etc., à partager un repas dans sa soukka. De nombreux Juifs, suivant une coutume kabbalistique, « invitent » chaque soir dans leur soukka un hôte et, pour certains, une hôtesse spirituels (les oushpizzin et les oushpizziyot)[31].

La coutume de résider dans une soucca semble n'avoir jamais été observée par les Juifs éthiopiens, car ils vivaient dans des huttes tout au long de l'année[32].

[modifier] Les quatre espèces

Article détaillé : Quatre espèces.
Juifs apportant leurs quatre espèces à la synagogue (carte de vœux de 1900)

Il est prescrit dans la Torah de prendre le premier jour de Souccot quatre espèces, « du fruit de l'arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre-avoth et des saules de rivière[2] », ce que la tradition rabbinique a interprété comme une injonction à réaliser des processions en transportant ces espèces, qu'elle identifie respectivement à l’etrog (cédrat), au loulav (palme de dattier), au hadass (branche de myrte), et à l’arava (branche de saule), vers le Temple de Jérusalem (actuellement, vers la synagogue). Cette prescription est appelée netilat loulav (hébreu : נטילת לולב « port du loulav »), le loulav désignant, ici, le bouquet des quatre espèces, et non seulement la palme.

Réalisée à l'origine un seul jour « dans le pays » (c'est-à-dire hors du Temple), elle a actuellement lieu les sept jours de Souccot, sauf le chabbat, par décret de Rabban Yohanan ben Zakkaï en souvenir du Temple détruit, dans lequel les processions avaient lieu les sept jours de la fête[33].

Les espèces doivent satisfaire à des critères rigoureux de longueur, de grosseur, de fraicheur, de couleur, etc.[34], et il est recommandé de s'informer auprès d'un expert[35]. Le loulav, trois branches de hadass à droite de celui-ci, et deux branches d’arava à sa gauche, impérativement cueillis et arrangés avant la fête[36], sont tenus dans le sens de la croissance (tige en bas, feuilles et fleur en haut)[37] liés par un lacis, tenu dans la main droite (gauche pour les gauchers, selon la coutume ashkénaze[38], mais pas selon les décisionnaires séfarades[39]) tandis que l’etrog est tenu de la main opposée[40]. Les femmes ne sont pas tenues de réaliser la prescription des quatre espèces, étant donné que celle-ci est limitée dans le temps[41].

[modifier] Rite et liturgie

La fête de Souccot était principalement, à l'époque des premier et second Temples de Jérusalem, une fête de pèlerinage, au cours duquel les Juifs étaient tenus de se rendre à Jérusalem pendant sept jours et d'y faire des offrandes à Dieu selon les ordonnances bibliques.
Bien que de nombreux Juifs se rendent de nos jours en pèlerinage au Mur occidental, en absence de Temple reconstruit, la liturgie se concentre principalement, comme à Pessa'h et Chavouot, sur le souvenir des anciens rites et offrandes.

Le rituel liturgique de Souccot partage avec ces deux festivals :

  • une version particulière de la Amida (la prière principale des offices du matin, de l'après-midi et du soir) récitée lors du premier jour de la fête (des deux premiers jours, en dehors de la terre d'Israël),
  • la lecture du Hallel,
  • une lecture de la Torah spéciale,
  • un office de prière supplémentaire (moussaf),
  • une prière supplémentaire, yaalè veyavo, intercalée dans la Amida des jours de hol hamoëd.

Il s'en démarque par son caractère de liesse[42], et d'autres particularités, dont certaines ont pu être conservées ou adaptées aux offices synagogaux.

[modifier] Hallel

Article détaillé : Hallel.
Le Tosher Rebbe de Montréal, balançant les quatre espèces lors du Hallel

Le Hallel est déclamé dans son entièreté (du Psaume 113 au Psaume 118) lors des sept (ou huit) jours de la fête de Souccot, après la Amida du matin. Il se particularise par la netilat loulav et les nanouïm (hébreu : נענועים « balancements »), qui ne peuvent pas se faire à chabbat, par décret rabbinique[43].

Après avoir récité la bénédiction sur le loulav, en s'assurant que les quatre espèces sont bien réunies[44], l'orant le balance aux « quatre vents » (est, sud, ouest, nord), en haut et en bas (sans le retourner[45]), de façon à remuer légèrement les feuilles supérieures de la palme[43] (de l'avis de la plupart des codificateurs, mais non d'Isaac Louria[45], seul le loulav, et non l'orant, doit être tourné en direction des quatre vents[46]).

Il en fait de même lorsqu'on déclame au cours du Hallel le verset hodou (Psaumes 118:1) et la première partie du verset ana (Psaumes 118:25)[46].

Diverses interprétations ont été données à ce geste, qui impliquent pour la plupart un acte propitiatoire, en vue de demander la pluie à Dieu[47].

La bénédiction du loulav et ses balancements ne peuvent être faits le premier jour qu'avec un loulav acquis (et non prêté)[48].
Il est toutefois possible de faire don d'un loulav à celui qui n'en a pas, à titre temporaire, et de partager les frais d'achat entre deux personnes, qui se « vendront » ou se feront mutuellement don de leur « partie » du loulav au moment de la bénédiction, d'où la coutume parmi les communautés ashkénazes d'acheter un loulav à titre collectif[49].

[modifier] Lecture de la Torah

On lit à Souccot les passages bibliques relatifs à l'ordonnance de la fête (Lévitique 22:26 - 23:44 & Nombres 29:12-16).

Au premier jour, le quatorzième chapitre du livre de Zacharie est lu dans son entièreté comme haftara (lecture d'une section complémentaire) ; au second jour (qui n'existe qu'en diaspora), c'est le passage du Livre des Rois rapportant l'inauguration du Temple de Salomon, dont les réjouissances durèrent pendant tout le mois de Tishrei, et particulièrement à Souccot, qui fait l'objet de la lecture complémentaire[50].

[modifier] Office supplémentaire (moussaf)

Les offrandes que les enfants d'Israël devaient offrir les sept jours de Souccot en plus de l'offrande perpétuelle, étaient, contrairement aux offrandes supplémentaires (korban moussaf) demandées en d'autres occasions, différentes chaque jour. Par conséquent, les passages rappelant ces offrandes[5] dans l'office supplémentaire (Moussaf) varient également.

[modifier] La cérémonie de la libation d'eau

Article détaillé : Sim'hat Bet HaShoëva.

Selon la tradition rabbinique, Souccot était, à l'époque des Temples de Jérusalem, l'occasion de la cérémonie de la libation d'eau, au cours de laquelle de l'eau, puisée à la source de Gihon, était versée sur l'autel, afin d'obtenir la grâce divine pour les pluies. Elle était prétexte à de grandes réjouissances dans l’ezrat nashim (la partie du Temple normalement réservée aux femmes)[51].

L'évènement est actuellement commémoré par des festivités nocturnes dans une synagogue ou un lieu d'études.

[modifier] Hoshannot

Article détaillé : Hoshannot.
Cérémonie des hoshannot au Mur occidental, à Jérusalem

Selon la tradition rabbinique, des orants effectuaient, ailleurs dans le Temple, des hakafot (hébreu : הקפות « circuits » ou « circambulations ») autour de l'autel des offrandes, avec des branches de saule redressées, en formulant des requêtes particulières pour une année de pluies abondantes ; elles étaient appelées hoshannot, d'après l'expression hosha na (hébreu : הושע נא « Sauve, de grâce ») qui revenait à la fin de chacune de ces requêtes.

De nos jours, en l'absence de Temple construit, les fidèles effectuent quotidiennement (après l'office de Moussaf chez les ashkénazes, immédiatement après le Hallel chez les séfarades[52]), une hakafa autour de l'estrade de lecture de la Torah avec leur loulav, en déclamant des poèmes liturgiques, également appelés hoshannot[53]. Chez les ashkénazes, les hakafot ne se font pas le chabbat[54], et ceux qui ont perdu l'un de leurs parents dans l'année, en sont dispensés[55]. Chez les séfarades, l'usage dépend de la communauté pour le chabbat, et les endeuillés doivent participer aux processions[56].

[modifier] Hoshanna Rabba
Article détaillé : Hoshanna Rabba.

Au septième et dernier jour de Souccot se tient la Hoshanna Rabba (« Grande hoshanna ») qui donne son nom au jour : les fidèles y effectuent sept hakafot autour de l'estrade, sur laquelle ont été montés tous les rouleaux de la Torah disponibles dans la synagogue[57].

La liturgie et l'atmosphère du jour sont quelque peu différentes, Hoshanna Rabba étant considéré comme le dernier des jours redoutables, au cours duquel les jugements sur la destinée du monde (en particulier sur l'abondance des pluies) et des individus, écrits par Dieu à Roch Hachana et consignés à Yom Kippour, sont rendus ; Aboudarham évoque une coutume de lire la Torah la nuit précédant Hoshanna Rabba, de laquelle dérive l'usage moderne de s'y retrouver en groupes pour une veillée d'étude[58]. Les Séfarades récitent des seli'hot (poèmes liturgiques implorant le pardon divin) à l'aube, et dans certaines communautés, dont celle d'Amsterdam, on sonne le chofar[59].

La Hoshanna Rabba se fait non pas avec un loulav, qu'il faut déposer après le Hallel, mais avec un faisceau de cinq branches de saule (d'autres branches que celles du loulav), qu'on balance avant de les battre sur le sol[60]. Selon une coutume kabbalistique, certains ajoutent des versets liturgiques exprimant leur espoir de la venue proche du Messie.

[modifier] Lecture de l'Ecclésiaste

La lecture du Livre de l'Ecclésiaste au cours de l'office du matin du chabbat de hol hamoëd (ou du premier jour de la fête, si le 15 Tishrei a lieu un chabbat), est une institution rabbinique tardive[61] afin de maintenir les manifestations de joie à un seuil raisonnable, du fait des discussions sur la vanité de l'existence et le rappel que l'homme est appelé à rendre compte de tous ses actes devant Dieu.

[modifier] Le Haqhel

Article détaillé : Haqhel.

Selon la tradition rabbinique, au temps du premier Temple de Jérusalem, tous les pèlerins, hommes, femmes et enfants étaient rassemblés devant le parvis du Temple le premier jour de hol hamoëd de la première année du cycle sabbatique, où le roi (du royaume unifié d'Israël puis, après le schisme de Jéroboam, de Juda), juché sur une estrade en bois construite pour l'occasion, lisait quelques passages à partir du début du Deutéronome[62].

Le Haqhel n'a plus eu lieu depuis la destruction du Temple, mais quelques groupes, ainsi que le gouvernement de l'état d'Israël, l'ont reproduit, à plus petite échelle.

[modifier] Chemini Atseret et Sim'hat Torah

Articles détaillés : Chemini Atseret et Sim'hat Torah.

Chemini Atseret (hébreu : שמיני עצרת « convocation du huitième [jour] ») est une fête qui a lieu au huitième jour suivant le 15 Tishrei, et fait donc immédiatement suite à Soukkot, bien qu'elle soit considérée comme une célébration indépendante.

C'est en ce jour que, par décision rabbinique, le cycle annuel de lecture de la Torah s'achève (et recommence), à l'image du cycle agricole ; ceci donne lieu à d'autres réjouissances, appelées Sim'hat Torah (hébreu : שמחת תורה « joie de la Torah »).

En dehors de la terre d'Israël, en raison de l'institution rabbinique d'un second jour férié pour les fêtes bibliques, Chemini Atseret est célébré pendant deux jours, et les festivités de Sim'hat Torah ont lieu le second jour.

[modifier] Observance de Souccot dans le karaïsme[63]

Pour les Karaïtes, adeptes d'un courant du judaïsme qui ne suit que la Bible hébraïque, et en rejette l'interprétation rabbinique, seules les pratiques explicitement mentionnées dans la Bible doivent être pratiquées, ce qui exclut tous les rites propitiatoires[64]

Le pèlerinage, auquel ne sont tenus que les hommes (mais auquel participent également des femmes), s'effectue dans la Kenessa enterrée, lieu de culte karaïte le plus proche du Temple détruit, situé dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, près de la synagogue Tiferet Israel. Les prières de ce jour (et le rituel karaïte en général) diffèrent fortement de la liturgie rabbinique, et consistent principalement en psaumes déclamés en prosternation. Les membres de la congrégation se réunissent ensuite dans une soucca publique pour se restaurer et chanter des hymnes spéciaux, avant de se rendre au Mur occidental.

Les Karaïtes négligent les instructions rabbiniques pour la construction d'une soukka, et considèrent, d'après leur compréhension du Livre de Néhémie[12], que la seule obligation biblique est de confectionner, au premier jour de la fête[2], le skhakh à partir des quatre espèces[64].

Par ailleurs, selon la détermination du calendrier karaïte par observation directe de la nouvelle lune et de la germination du blé, le « quinzième jour du septième mois » n'est pas célébré à la même date que le 15 Tishrei du calendrier juif[65] (celui-ci a eu lieu le 22 septembre 2009, alors que le premier jour de Souccot a été célébré le 4 octobre par les Karaïtes[66]).

[modifier] Observance de Souccot dans le samaritanisme[63]

Samaritains, après leur pèlerinage sur le mont Guerizim
Articles détaillés : Samaritains et Calendrier samaritain.

Les Samaritains, adeptes d'un mosaïsme non-juif qui ne reconnaît que les six premiers Livres de la Bible comme canoniques, ont adapté leurs observances, globalement semblables à celles des Karaïtes, en fonction des persécutions dont ils ont été victimes au cours des siècles. Ils célèbrent donc Souccot dans le noir, en pleine nuit ou au petit matin.

Leur lieu saint n'étant pas le Mont du Temple, mais le Mont Guerizim, c'est là qu'a lieu leur pèlerinage, au premier jour de la fête (qui ne coïncide pas non plus avec celui des Juifs rabbanites), avant le lever du soleil. Ils se réunissent vers 3 heures du matin dans leur lieu de culte, et chantent leurs chants traditionnels, avant de se diriger en sept étapes sur la montagne, guidés par deux Cohanim qui tiennent la Torah samaritaine et son support. À chaque étape, le Cohen qui tient la Torah la soulève, et les congrégants prient.
À la septième étape, que les Samaritains appellent la « colline du monde » et où se tenait selon eux le Tabernacle, les orants récitent une longue prière et effectuent, pieds nus, sept circuits autour de la pierre. Les femmes arrivent ensuite avec des paniers chargés de victuailles, et tous se réjouissent sur la montagne.

La soukka est construite à l'intérieur des habitations (dans un souci de discrétion). Elle consiste en un cadre métallique et un skhakh constitué des quatre espèces, richement décoré de fruits et légumes de choix, qui sont arrangés selon des motifs géométriques. Les fruits seront pressés et consommés après les sept jours de la fête.

[modifier] Échos de Souccot dans le christianisme

Souccot est évoquée à plusieurs reprises dans l'Évangile selon Jean (7:2, 10, 11, 14 & 37). Contrairement aux autres fêtes de pèlerinage, elle n'a pas été transposée dans le christianisme. Cependant, il en existe des vestiges dans la liturgie catholique, aussi bien lors du dimanche de la fête des Rameaux que dans la fête des Quatre-Temps, notamment celle de septembre.

La lecture de ces passages de Jean[67] est reprise lors des Quatre-Temps de septembre[68]. La théologie catholique contemporaine voit une résurgence de Souccot dans cette ancienne fête des Quatre-Temps[69], qui était répartie quatre fois dans l'année et soumise à un jeûne. Elle comprenait des processions et des prières pour les récoltes. Aujourd'hui, elle correspond plutôt à un temps liturgique qu'à une véritable fête religieuse.

Par ailleurs, le cérémonial du dimanche des Rameaux, qui commémore l'entrée de Jésus à Jérusalem, est apparenté à celui des Hoshannot. La théologie catholique relève le caractère messianique de cette fête, caractérisée par le Hosanna et par la présence des rameaux ou branchages, souvent de trois sortes dans une même église[70]. Cette célébration où les fidèles font bénir des rameaux[71] lors de processions a lieu une semaine avant le dimanche de Pâques, donc au printemps. Ces rameaux sont ensuite conservés à l'intérieur des maisons jusqu'à l'année suivante. Pour la théologie catholique, il s'agit à l'origine, comme pour la fête des Quatre-Temps, d'un vestige de la fête de Souccot[72],[73], qui aurait été ultérieurement décalée dans le calendrier chrétien[74].

[modifier] Références

  1. Exode 23:16-17, 34:22 ; voir aussi Deutéronome 16:13-16 et Juges 9:27
  2. a, b et c Lévitique 23:34-43
  3. Lévitique 23:39 ; Nombres 29:12 et, probablement, Juges 21:19
  4. 1 Rois 8:2 & 65; 2 Chroniques 5:3; 7:8
  5. a et b Nombres 29:12-39
  6. Deutéronome 31:10-13
  7. cf. Joseph Jacobs & H. G. Friedmann, TABERNACLES, FEAST OF, in Jewish Encyclopedia, éd. Funk & Wagnalls, New York 1901-1906
  8. 1 Rois 8 ; 2 Chron. 7
  9. 1 Rois 12:32
  10. Ézéchiel 45:25
  11. Ezra 3:1-4
  12. a et b Néhémie 8:13-18
  13. Certains biblistes critiques en déduisent que Lévitique 23:39-43 (le passage relatif aux cabanes et aux quatre espèces) est un ajout tardif du rédacteur de la Bible – cf. Richard Elliott Friedman, The Bible with Sources Revealed, pp. 228-29. New York: Harper San Francisco, 2003.
    Selon la tradition juive, c'est la sainteté, que la terre d'Israël avait retrouvée avec le retour des exilés, qui ne s'était plus vue depuis Josué – cf. T.B. Arakhin 23b
  14. Zacharie 14:16-19
  15. Isaïe 3:12
  16. Néhémie 8:16 (cf. Tossefta Soukka 3:3)
  17. T.B. Haguiga 3a, traité Sota 41a
  18. Cf. T.B. Soukka 43a-44a ; voir Mitzvah of lulav on Shabbat sur Ynet, publié le 10/05/2006, consulté le 13/10/2009
  19. R' Shlomo Ganzfried, Kitsour Choulhan Aroukh, chapitre 134, paragraphe n°1 (134:1)
  20. ibid. 134:12
  21. T.B. Soukka 10b
  22. Kitsour Choulhan Aroukh 134:2
  23. ibid. 134:4
  24. ibid. 134:6-9
  25. ibid. 134:5
  26. ibid. 135:2
  27. ibid. 135:1
  28. ibid. 135:15-16
  29. ibid. 135:3-4
  30. ibid. 135:9-11
  31. Welcoming ushpizot with ushpizin, sur ritualwell.org, consulté le 14/10/2009
  32. Soukkot, un article du Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, publié sous la direction de Geoffrey Wigoder, éd. Cerf/Robert Laffont, Paris, 1996, p. 965
  33. Mishna Soukka 3:10
  34. Mishna Soukka chapitre 3:1-7
  35. Kitsour Choulhan Aroukh 136:1-10
  36. ibid. 136:8-9
  37. ibid. 136:8 & 137:1
  38. ibid. 137:2
  39. Yossef Karo, Choulhan Aroukh, Orah Hayim 651:3 & glose du Rema sur ce passage
  40. Kitsour Choulhan Aroukh 137:1
  41. Cf. Mishna Kiddoushin 1:7
  42. cf. Deutéronome 16:14-15
  43. a et b Kitsour Choulhan Aroukh 137:1
  44. Selon une autre opinion, on récite la bénédiction sur le loulav, et on n'y adjoint l’etrog qu'ensuite — commentaire du Yossef Daat sur Kitsour Choulhan Aroukh 137:1
  45. a et b Yossef Daat sur K.C.A 137:4
  46. a et b ibid. 137:4
  47. Ziv (bulletin de la commission judaïsme de la Cité des Béatitudes), Présentation de la fête de Souccot, consultée le 17/10/2009
  48. Kitsour Choulhan Aroukh 137:8
  49. ibid. 137:9
  50. E. Gugenheim, Le judaïsme dans la vie quotidienne, p. 123
  51. Mishna Soukka 5:1
  52. Yossef Daat sur K.C.A. 137:11
  53. Kitsour Choulhan Aroukh 137:11
  54. ibid. 137:12
  55. ibid. 137:13
  56. Notes du Yossef Daat ad loc.
  57. ibid. 137:11
  58. ibid. 138:1
  59. C. Adler & L. N. Dembitz, HOSHA'NA RABBAH, in Jewish Encyclopedia, éd. Funk & Wagnalls, New York 1901-1906
  60. Kitsour Choulhan Aroukh 138:2-3
  61. Cf. Charles Mopsik, L'Ecclésiaste et son double araméen, éd. Verdier, 1990, collection Les Dix Paroles, p.17 note 3, ISBN 2-86432-102-5
  62. T.B. Sota 41a
  63. a et b Dentcher Arnon, Succot in Israel [doc], consulté le 21/09/2009
  64. a et b Nehemia Gordon, Hag Ha-Sukkot, sur Karaite Korner, mis à jour le 22/05/2008, consulté le 18/10/2009
  65. idem, Holidays and New Moons, consulté le 18/10/2009
  66. Moetzet Hakhamim Official Holidays Dates 2009-2010, consulté le 18/10/2009
  67. C'est aussi sur la base de l'Évangile selon Jean, ainsi que de Zacharie 14, qu'une version de la fête des Tabernacles a été instituée depuis 30 ans (G.F. Cashman, Tapping into their Hebraic roots, publié le 2/10/2009 sur Jpost.com, consulté le 21/11/2009) dans divers mouvements évangéliques judéo-chrétiens aux marges du christianisme.
  68. Jean Daniélou, Les premiers symboles chrétiens 
  69. Jean Daniélou, Les Quatre-Temps de Septembre et la Fête des Tabernacles, La Maison-Dieu n°46, 1956, p. 114-136 
  70. « Hosanna », article de Philippe Rouillard, osb, in Esprit et Vie, février 2008.
  71. En dehors de la question des trois sortes de branchages dans les églises, les rameaux sont généralement en buis, mais cela dépend des régions.
  72. Jean Daniélou, Les Quatre-Temps de Septembre et la Fête des Tabernacles, La Maison-Dieu n°46, 1956, p. 114-136 
  73. Résumé de Revolution in Judea: Jesus and the Jewish Resistance De Hyam Maccoby
  74. The Pre-Constantinian Originsof the Church Year ] Texte d'Alexander Schmemann (en)

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

  • Haoushpizzin, (« Les Invités »), un film israélien de 2004, contant les (més)aventures d'un couple de Hassidim pendant Soukkot.

[modifier] Liens externes

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[modifier] Bibliographie

Avertissement : Wikipédia n'est pas une source de jurisprudence en matière de Halakha (Loi juive).

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