Ein Kerem

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la source qui donne son nom à la localité
Église Saint-Jean-Baptiste

Ein Kerem (hébreu: עין כרם, Arabe: عين كارم - ‘Ein Kārem) est un ancien village du district de Jérusalem. C'est aujourd'hui un village d'artisans et un village résidentiel dans les limites municipales de Jérusalem, en Israël. Ein Kerem signifie la source de la vigne. Sa population était de deux mille habitants en 2010. L'endroit attire trois millions de visiteurs et de pèlerins par an.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ein Kerem en 1903

Les fouilles archéologiques y ont révélé une occupation à l'âge du bronze, lorsqu'on y découvre des poteries[1].

Selon la tradition juive, c'est de la vallée d'Ein Kerem qu'ont été extraites les pierres ayant servi à la construction de l'autel du Temple de Jérusalem (Mishna, traité Middot 3:4).

Une statue d'Aphrodite en marbre a été découverte pendant des fouilles de la fin du XIXe siècle. Elle se trouve aujourd'hui au musée Rockfeller.

Selon la tradition chrétienne, c'est l'emplacement où a eu lieu la Visitation de Marie de Nazareth à sa cousine Élisabeth et où saint Jean Baptiste est né. Ainsi le village est devenu un lieu de pèlerinage pour l'Église catholique romaine et les différentes confessions chrétiennes. À l'époque byzantine, c'était une station de la liturgie de Jérusalem. Les croisés nomment l'endroit Saint-Jehan-des-Bois.

Les registres d'imposition de l'époque ottomane recensent vingt-neuf familles musulmanes au village en 1596.

Dans les années 1950, Rachel Yannayit Ben-Zvi y fonde un village agricole ayant pour but de former les jeunes au travail de la terre. Le village devient ensuite l'école d'agriculture Ein Kerem qui est par la suite transférée dans le village de Bet Zayit, sur les pentes d'Ein Kerem.

Dans les années 1960, le centre médical Hadassah y est construit. Il comprend l'hôpital Hadassah Ein Kerem, la faculté de médecine de l'université hébraïque de Jérusalem et d'autres écoles de médecine.

Tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Fresque de la Visitation sur la façade de l'église de la Visitation

Selon le Nouveau Testament, Marie se rendit dans une ville de Judée située dans les collines pour rendre visite à Zacharie et à sa cousine Élisabeth[2]. L'empereur romain d'Orient Théodose déclare en 530 que la distance entre Jérusalem et l'endroit où Élisabeth, mère de saint Jean-Baptiste, vivait, est de cinq lieux. Les lieux de station de la liturgie de Jérusalem (avant 638) mentionnent le village comme célébrant une fête en l'honneur d'Élisabeth, le 28 août. Eutychius d'Alexandrie la cite encore en 940, comme étant le village et l'église du lieu de la Visitation de Marie à Élisabeth. Plus tard, le pèlerin anglo-saxon Saewulf note en 1102-1103 que le village accueille un grand monastère dédié à saint Sabas et que trois-cents de ses moines ont été massacrés par les Sarrasins.

Les croisés font édifier une église, qui tombe en ruines à l'époque ottomane. Le Père franciscain Thomas de Novare parvient à acheter les ruines et les franciscains de la custodie de Terre Sainte obtiennent enfin en 1672 un firman leur donnant la permission de relever les ruines et de construire une nouvelle église Saint-Jean-Baptiste. Il agrandissent encore leur couvent en 1693. Le Puits de Marie se trouve au sud du village.

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

En 1944/45 il y avait 3,180 habitants.  Immédiatement après le massacre de Deir Yassin (situé à 2 km au nord), la plupart des femmes et des enfants ont fui le village.Il a été attaqué par les forces israéliennes durant la campagne de juillet 1948, les habitants ont alors tous dû quitter le village (le 10-11 juillet 1948). Ein Karem est l'un des rares villages arabes à avoir conservé ses constructions presque intactes après la guerre de 1948.

Sites chrétiens[modifier | modifier le code]

Monastère orthodoxe d'Ein Kerem

Plusieurs confessions chrétiennes ont fait bâtir des églises, monastères, institutions ou écoles, après les franciscains. Il s'agit de:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) G. Ernest Wright, Bulletin of the American Schools of Oriental Research N°71, octobre 1938, pp.28sq
  2. Évangile selon Luc I, 39

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Rota, L’exode arabe d’Eïn-Kerem en 1948. La relation des événements par les sœurs de Notre-Dame de Sion, St. Jean in Montana, Tsafon, n° 46, hiver 2003

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Le puits de Marie, auprès duquel eut lieu la Visitation selon la tradition locale. Le puits a été restauré par le baron Edmond de Rothschild. Une petite mosquée est construite au-dessus

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