Soukka

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Symbole central de la fête juive de Soukkot, la soukka (ou soucca, héb. סוכה, « cabane », « hutte ») est un lieu de résidence temporaire, construit spécifiquement pour cette fête, en vertu d'une prescription biblique (Lev. 23:34; Deut. 16:13, 16; 31:10).

Soukka, rue des Écouffes à Paris

Qui doit se trouver sous la Soukka ?[modifier | modifier le code]

Selon la Torah, les hommes (est considéré homme dans la tradition rabbinique tout mâle de plus de 13 ans) doivent leishev (לישב, qui peut signifier « s'asseoir » ou « siéger ») dans une soukka durant l'entièreté de la période sainte. Les femmes et les filles sont exemptées de cette mitzvah, bien qu'elle ne leur soit pas interdite si elles souhaitent l'accomplir.
Dans les communautés ashkénazes et marocaines, on prononce une bénédiction spéciale avant de manger d'un pain ou d'une pâte dans la soukka : « Béni sois-Tu, Seigneur notre Dieu, Roi du monde, Qui nous a sanctifiés par Ses prescriptions et nous a commandé de nous asseoir dans la soukka ».
Dans le judaïsme traditionaliste, la mitzvah de leishev incombe à tout Juif ayant atteint la majorité religieuse, filles comme garçons.

Structure[modifier | modifier le code]

Selon la Halakha, la soukkah est une structure consistuée de 2½, 3, ou 4 murs, et d'un toit en matériaux organiques qui ont été déconnectés du sol (le s'khakh (héb. סכך), cf. infra). Elle doit avoir au moins 1 mètre de haut, et son toit doit donner au moins en partie sur le ciel (seule la partie donnant sur le ciel est conforme aux prescriptions religieuses.) Une soukkah peut être construite sur le sol, sur un porche ouvert ou un balcon, ce qui soulève des questions juridiques lorsque cela a lieu dans une copropriété (liberté de religion versus règlement de copropriété)[1]. Des soukkot portables ont été inventées pour ceux qui ne possèdent pas la place suffisante, ou sont en voyage, afin de pouvoir consommer leurs repas.

Une soukka sur un balcon à Jérusalem

En pratique, les murs d'une soukka peuvent être construits avec n'importe quoi, depuis le bois à l'aluminium, et le toit en branches de pin, de palmier ou de bambou. Les murs peuvent aussi faire partie d'une maison ou d'un grillage. Les détails de ce qui constitue un mur, sa longueur, si des espaces peuvent ou non être ménagés, les murs et le toit, le matériel dans lequel le s'khakh doit être fait, peuvent être trouvés dans divers textes d'exégèse.

S'khakh[modifier | modifier le code]

Le S'khakh désigne en hébreu le matériel, obligatoirement issu du sol, dans lequel est fabriqué le toit de la soukka. Le S'khakh, bien qu'issu du sol, doit en être déconnecté. Des feuilles de palmier, des bâtons de Bambou, des branches de pin, en résumé tout matériel organique peut être utilisé pour le s'khakh, à moins d'avoir été fabriqué pour un usage différent.

Décorations[modifier | modifier le code]

Intérieur d'une soukka moderne, avec des décorations suspendues au toit

Bien que ce ne soit pas une prescription directe, il était d'usage de suspendre à la soukka des fruits afin de l'embellir, tout en soulignant son caractère « agricole ». De nos jours, d'autres décorations, comme des serpentins, des papiers brillants, etc. sont utilisés, ainsi que des dessins et/ou des photos sur les parois de la soukka.
Certaines familles recouvriront les murs intérieurs de draps blancs, afin d'émuler les « Nuées de Gloire » qui entourait les Israélites durant leur traversée du désert.
Les adeptes du mouvement HaBaD ont par contre pour coutume de ne pas décorer leurs soukkot, celles-ci étant par elles-mêmes considérées comme un objet de beauté[2].

Que fait-on dans la soukka ?[modifier | modifier le code]

En Israël et dans les climats tempérés, les Juifs pratiquants peuvent aisément réaliser toutes leurs activités dans la soukka comme manger, étudier, voire dormir. Beaucoup de Juifs s'abstiendront de consommer quoi que ce soit en dehors de la soukka, à l'exception d'eau et de fruits. En Israël, il est de pratique courante de trouver dans les hôtels, restaurants, snacks, et même les attractions touristiques (comme le jardin zoologique) des soukkot aimablement fournies aux clients.
Sur la directive de leur rebbe, les Hassidim Loubavitch diffèrent des autres Juifs orthodoxes, en ce qu'ils ne dorment pas dans la soukka, afin de ne pas souiller sa sainteté intrinsèque.

Dans les climats froids, l'observance absolue des prescriptions, comme dormir dans la soukka, est pratiquement impossible. Bien que la Torah prescrive d'habiter dans des cabanes construites de feuillages et de bois, en signe de confiance en Dieu et d'indifférence au confort matériel, la Halakha préconise de prendre les repas dans la Soukka, mais de n'y passer plus de temps que si le climat le permet, afin de ne porter atteinte ni à la santé des autres ou de soi, ni à l'esprit de joie et de fête qui doit présider pendant cette semaine. Les Juifs retournent donc chez eux pour dormir.
Bien qu'il ne soit pas obligatoire de manger dans une soukka lorsqu'il pleut, les Hassidim Loubavitch y prendront leurs repas par n'importe quel temps.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Antoine Garapon, « Religion et copropriété - Une comparaison France / Canada », France Culture, 13 octobre 2011.
  2. (en) 4. What Materials Do I Need? - Sukkot.