Méa Shéarim

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31° 47′ 13″ N 35° 13′ 20″ E / 31.78694, 35.2222

Enfants à "Méa Shéarim".
Rue Meah Shearim.
Consultation des affiches dans le quartier "haredi" de "Mea Sharim" (Jérusalem) en 2006. Les affiches murales sont une voie traditionnelle de communication des positions de Rabbins dans les quartiers ultra-orthodoxes.
Enfants de la hassidout "Toldot Aharon (he)".

Méa Shéarim est un quartier au Nord de Jérusalem. C’est l’un des cinq premiers quartiers juifs construit hors des murailles en 1874. À l'origine, il était beaucoup moins étendu qu'aujourd'hui et ne comportait qu'un bloc de bâtiments qui existe toujours. Il est très connu car c’est un quartier où vivent uniquement des Juifs ultra-orthodoxes. Des écriteaux invitent les visiteuses à ne pas rentrer dans ce quartier vêtues de manière "indécente".

Histoire[modifier | modifier le code]

Méa Shéarim signifie cent portes en hébreu. Le nom fait référence aux cent portes d’entrée évoquées dans la Torah et correspondait à la section hebdomadaire lue à la synagogue la semaine où fut créé le quartier. Ce nom "Méa Shéarim", contrairement à l’opinion courante de "cent portes", fait surtout allusion à "cent mesures" : « Isaac sema dans ce pays là, et recueillit cette même année au centuple, tant Dieu le bénissait. » (Genèse 26, 12). « Au centuple » : méa shéarim.

le quartier originel de Méa Shéarim refermé sur lui-même, avec des portes d'accès qui étaient fermées la nuit.

Construit au cours du XIXe siècle car la vie dans la vieille ville de Jérusalem était trop inconfortable, le quartier était composé de petites maisons de deux pièces pour une dizaine de personnes chacune qui, serrées les unes contre les autres, formaient un rempart naturel. Les écoles étaient dans la vieille ville. La guerre de 1948 a donné à Israël Méa Shéarim, tandis que la vieille ville tombée aux mains des Arabes était vidée de ses Juifs, et que les synagogues y étaient détruites.

Lorsque l’État d’Israël fut créé, la population de Méa Shéarim et ses objectifs particuliers furent pris en compte. Le droit primordial de tout juif religieux de souhaiter revenir en Israël, sans pour autant souhaiter se mêler à la société moderne et civile, fut respecté, le droit du retour s’appliquait aux orthodoxes comme aux laïcs. Le service militaire ne leur fut jamais imposé, les raisons religieuses étant acceptées par l’armée israélienne pour ne contraindre personne à porter une arme, et le service dit « national » d’aide alternative ne leur était pas non plus imposé si leur mode de vie leur imposait d’étudier dans une yeshiva.

Le tourisme[modifier | modifier le code]

La réputation de Méa Shéarim y attire beaucoup de touristes, un phénomène qui n’enchante pas la plupart des habitants. Des règles strictes encadrent les visites. Elles sont d’ailleurs rappelées sur de grands panneaux aux entrées du quartier :

  1. Les groupes de touristes ne sont pas admis.
  2. Les femmes doivent porter une jupe longue qui descende jusqu’aux chevilles, des chaussures fermées (ou des sandales avec des chaussettes), et elles doivent couvrir leurs épaules, leurs bras et leurs coudes jusqu’à la nuque.
  3. Les hommes doivent porter des vêtements corrects.
  4. Le jour du shabbat : il est interdit d’utiliser toutes les sortes d’appareils électroniques. Sont donc interdits les téléphones mobiles ou les MP3 et appareil-photo. Pendant le Shabbat, le quartier est interdit aux voitures et la route appartient alors aux enfants qui dévalent les rues en pente à toute vitesse sur leurs vélos ou toutes sortes d'engins à roues.
  5. Le port de symboles chrétiens ou sionistes (comme une chaîne avec une petite croix ou un T-shirt représentant Israël) est fortement déconseillé.
  6. Prendre en photo les habitants n’est pas apprécié. Les rares photos qui existent sont prises à la sauvette, dans le dos des gens.

Qui ignore ces règles risque de se faire mal voir.

Leur raison d’être est que les habitants de ce quartier de Jérusalem, qui est pour eux la ville sainte, y sont justement venus pour mener une vie sainte. Ils veulent donc protéger la sainteté de leur ville et n’ont pas envie que les "souillures" du monde extérieur pénètrent leur "saint quartier".

L’antisionisme des habitants de ce quartier est dû au fait qu’il est principalement habité par des membres de Neturei Karta, un mouvement ultra-orthodoxe extrêmement antisioniste (on peut voir ainsi de violentes insultes antisionistes taguées sur les murs) qui soutient qu’un État juif ne peut être recréé en Palestine que par le Messie.

Actualité[modifier | modifier le code]

  • Le 15 juillet 2009, on apprend qu’une mère de famille de 30 ans de Jérusalem, appartenant à la hassidout "Toldot Aharon (he)" ("postérité d’Aaron"), a été arrêtée pour avoir affamé son fils de 3 ans, lequel ne pèse plus que 7 kilos. La police estime que cette femme souffre du Syndrome de Münchausen. Cette arrestation a déclenché des émeutes de la part des adeptes de cette secte dans les quartiers Méa Shéarim et Geula et autour de la rue Bar Ilan (he), qui se sont propagées jusqu’à Bet Shemesh. Ils ont mis le feu à des bennes à ordures, lancé des pierres sur la police et les voitures, agressé plusieurs employés municipaux et attaqués un centre social et le ministère de l’éducation qui se trouve à proximité de leur quartier[1].
  • Cela faisait déjà plusieurs semaines que des troubles se produisaient dans ces quartiers à la suite du projet de la municipalité de laisser ouvert le jour du Shabat le parking de Safra (en) qui se trouve à proximité, puis le parking Karta à Mamilla, devant la porte de Jaffa. Ces événements ont été baptisés la "guerre du Shabat", car ils se produisent principalement ce jour-là.

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. articles dans la presse : Poursuite des violences à Jérusalem sur fr.Jerusalem Post, Ynetnews, Ha’aretz, Los Angeles Times, MedIndia, News24, France24, AFP…