Marie du Divin Cœur

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Bienheureuse Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering
Image illustrative de l'article Marie du Divin Cœur
Bienheureuse Sœur Marie du Divin Cœur, comtesse Droste zu Vischering et Mère Supérieure du Couvent du Bon-Pasteur de Porto, en Portugal.
Bienheureuse
Naissance le .
Münster drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse
Décès le   (à 35 ans)
Porto Flag Portugal (1830).svg Royaume de Portugal
Nationalité allemande
Vénéré à Église-Sanctuaire du Sacré-Cœur de Jésus (Bon-Pasteur) à l'Ermesinde, Portugal
Béatification  au Vatican
par le Paul VI
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 8 juin
Saint patron Vocations sacerdotales et religieuses, et des Prêtres

Sœur Marie du Divin Cœur est une noble allemande et religieuse de la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur, née Maria Droste zu Vischering à Münster (Allemagne) le et morte à Porto (Portugal) le .

Elle est déclarée bienheureuse de l’Église catholique romaine, par le pape Paul VI, le . Sa fête liturgique est le 8 juin.

Propagatrice de la dévotion au Sacré-Cœur, elle inspira le pape Léon XIII pour la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus, dans son encyclique Annum Sacrum du 25 mai 1899, et mourut au Couvent du Bon-Pasteur[1] à Porto, dont elle était la Mère supérieure. Son corps incorrompu est exposé à la vénération publique dans l'Église-Sanctuaire du Sacré-Cœur de Jésus située a l'Ermesinde, au nord du Portugal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le Palais Erbdrostenhof.

Naissance[modifier | modifier le code]

Maria Anna Johanna Franziska Theresia Antonia Huberta Droste zu Vischering est née au palais Erbdrostenhof et elle était la fille du comte Clément Droste zu Vischering (1832-1923), petit-neveu de l'archevêque de Cologne Clément-Auguste Droste zu Vischering et de la comtesse, née Hélène von Galen, nièce de l'archevêque de Mayence, Mgr Wilhelm Emmanuel von Ketteler et sœur de trois prêtres[2]. Elle est donc la cousine germaine du bienheureux cardinal von Galen (1878-1946).

Formation[modifier | modifier le code]

Son enfance se passa au château de Darfeld, à proximité de Münster. Une chapelle attenante au château permettait de suivre les exercices religieux avec régularité[3]. Ensuite elle fut pensionnaire chez les Dames du Sacré-Cœur à Riedenbourg, près du lac de Constance.

La jeune fille s'identifiait aux luttes de son père, député du Zentrum depuis 1879, opposé à la politique du Kulturkampf menée par le chancelier Bismarck. Elle songeait à devenir religieuse dans la congrégation de Saint-Joseph de Chambéry qui se développait alors au Danemark, mais, tombée malade, tout projet religieux fut ajourné pendant cinq ans.

Elle entra dans la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur à Münster le 21 novembre 1888, dont le couvent en Westphalie avait été fondé par la Mère Sainte-Thérèse, née baronne von Rump et était gouverné par la Mère Saint-Lambert. Le couvent abritait 400 jeunes filles et fillettes que les religieuses formaient en apprentissage pour les sortir du danger de la rue ou de la pauvreté de leur milieu.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Peinture de la bienheureuse Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering et de sainte Marguerite-Marie Alacoque, les deux en adoration au Sacré-Cœur.

Sœur Marie du Divin Cœur prononça ses vœux solennels, le 29 janvier 1891 et devint maîtresse des enfants. En 1894, elle fut appelée au couvent de Porto, au Portugal. Elle fit d'abord le voyage à la maison-mère d'Angers où se trouvaient 1100 religieuses, puis repartit en train, en faisant étape dans la communauté, pour Perpignan et Barcelone, Manrèse, et enfin Lisbonne.

Elle fut nommée première maîtresse et apprit rapidement le portugais. Elle était joyeuse ; mais renouvelait à chaque instant le sacrifice d'avoir quitté Münster. Elle fut rapidement nommée Mère supérieure du couvent du Bon-Pasteur de Porto, dans le faubourg ouvrier de Paranhos.

Le couvent, qui avaient des ressources insuffisantes, abritait 20 religieuses et 78 jeunes filles et fillettes qui étaient pour elle sa perpétuelle préoccupation. Bientôt les fillettes furent au nombre de 157. Le couvent faisait office de ce que l'on pourrait appeler de centre de réhabilitation de la jeunesse et il fallait remettre dans le droit chemin nombre de jeunes filles.

En janvier 1896, elle se rendit à Angers à la maison-mère, puis rendit visite à sa famille en Allemagne; mais à son retour, elle tomba malade.

Ses parents vinrent la voir au mois de septembre et constatèrent qu'elle avait déjà les pieds paralysés. Depuis lors, elle entra en correspondance avec de nombreux ecclésiastiques et religieux et continua, au prix de grandes souffrances, sur ordre du cardinal de Porto à diriger le couvent. Elle se faisait porter au parloir jusqu'au soir et recevait allongée.

Propagatrice[modifier | modifier le code]

La réputation de cette infirme se propagea dans la région et nombreux furent ceux qui vinrent lui demander conseil. Depuis l'enfance, elle pratiquait la dévotion au Sacré-Cœur qu'elle communiquait à son entourage et à partir de 1897, elle désirait communiquer au pape Léon XIII un projet de consécration du genre humain au Cœur de Jésus. Son confesseur, vice-recteur du séminaire de Porto lui permit d'écrire au pape, et le cardinal Jacobini à Rome fut chargé de l'enquête. En avril 1898, le pape fit envoyer personnellement à la religieuse deux exemplaires du futur décret proclamant cette consécration. Le 18 mai, le comte et la comtesse Droste zu Vischering furent reçus en audience par Léon XIII à qui il annonça la parution prochaine d'une encyclique sur ce thème.

Tombe-reliquaire avec le corps incorrompu de la Bienheureuse Marie du Divin Cœur dans l'Église du Sacré-Cœur de Jésus à l'Ermesinde.

Sœur Marie du Divin Cœur mourut le 8 juin 1899 et l'encyclique Annum Sacrum avait paru quelques jours auparavant, le 25 mai.

Morte et incorruptibilité[modifier | modifier le code]

Sœur Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering meurt le 8 juin 1899 dans la veille du triduum préparatoire de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus. Son corps incorrompu est exposé à la vénération publique dans l'Église-Sanctuaire du Sacré-Cœur de Jésus située a l'Ermesinde, au nord du Portugal.

Décrets pontificales[modifier | modifier le code]

Peinture avec le Sacré-Cœur de Jésus à verser Ses grâces sur le monde par l'intercession de la bienheureuse Sœur Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering.

En 1964, Sœur Marie du Divin Cœur, la comtesse Droste zu Vischering, a reçu officiellement le titre de vénérable par l'Église catholique. Le , elle a été déclarée bienheureuse par le pape Paul VI.

Dans ce moment, Docteur Waldery Hilgeman est le postulateur de sa cause de canonisation.

Promesses du Sacré-Cœur de Jésus[modifier | modifier le code]

Dans ses révélations à Sœur Marie du Divin Cœur, Jésus lui a révélé à ses deux grandes et merveilleuses promesses:

Promesse d'obtention des grâces par l'intercession de Sœur Marie du Divin Cœur[modifier | modifier le code]

«Vous devez savoir, ma fille, que pendant la charité de mon Cœur je veux faire descendre des torrents des grâces à travers ton cœur pour les cœurs des autres. C'est la raison pour laquelle ils seront à vous adresser avec confiance; ce ne sera pas par tes qualités, mais c'est Moi même qui serai la cause de celui-ci. Jamais quelqu'un qui se rencontrera avec vous ne s'éloignera sans que son âme soit, de quelque manière, consolée, soulagée ou sanctifiée, ou sans avoir reçu quelque grâce, ni même le pécheur le plus endurci... seul de lui même dépend pour profiter de cette grâce.»[4]

Promesse d'obtention des graces dans l'Église du Sacré-Cœur de Jésus[modifier | modifier le code]

«Il ya longtemps, comme vous le savez, que c'est mon désir de construire sur le terrain du Bon-Pasteur une église. Indécis sur l'invocation de la même, j'ai prié et consulté de nombreuses personnes mais sans parvenir à une conclusion. Le premier vendredi du mois, j'ai demandé au Seigneur de m'éclairer sur ce sujet. Après la Sainte Communion, Il m'a dit: "– Je veux que l'Église soit consacré à Mon Cœur. Vous devez ériger ici un lieu de réparation: pour Ma part, il sera un lieu des grâces. Je vais distribuer abondamment des grâces à tous les habitants de cette maison, a ceux qui y vivent, a ceux qui vont y vivre, et même a les gens de leurs relations". Puis il m'a dit qu'il voulait cette Église, en particulier, comme un lieu de réparation pour les sacrilèges et pour obtenir des grâces pour le clergé[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Congrégation du Bon-Pasteur, ou de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur, fut fondée par la religieuse française Sainte Marie-Euphrasie Pelletier en 1835.
  2. in Comte de Courson, les contemporains, Editions Bayard, hebdomadaire du 12 décembre 1902
  3. La fillette était vive et gaie, très pieuse elle aurait voulu être un garçon pour être jésuite et aller aux mission, in comte de Courson, op cité P.2
  4. Lettre de Sœur Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering - 23 juin 1897 - Autobiographie de Sœur Marie du Divin Cœur, religieuse du Bon-Pasteur. Lisbonne: Édition de la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur, 1993
  5. Lettre de Sœur Marie du Divin Cœur Droste zu Vischering - 13 août 1897 - Autobiographie de Sœur Marie du Divin Cœur, religieuse du Bon-Pasteur. Lisbonne: Édition de la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur, 1993

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Louis Chasle, Sœur Marie du Divin Coeur, née Droste zu Vischering, religieuse du Bon-Pasteur (1863-1899), Paris, Beauchesne,‎ 1905