Jean de Leyde
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Hans Bockhold ou encore Jan Bockelson dit Jean de Leyde[1], du nom de sa ville natale, est le chef tyrannique des anabaptistes de la ville allemande de Münster (Westphalie), promue sous sa direction au statut de Nouvelle Jérusalem (Leyde 1509 - Munster 1536)[2].
Ce personnage violent et singulier appartient au courant des premiers anabaptistes, alors transportés par une violente fureur millénariste à l'instar des adeptes du Libre Esprit[3].
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Biographie [modifier]
Jan Bockelson est d'abord un fils bâtard éduqué, éloquent et amoureux du théâtre. Au terme de ses études, il se lance dans les affaires. Mais il abandonne vite le métier rigoureux de marchand drapier pour devenir un prêcheur habile de l'Apocalypse, au sein du premier mouvement anabaptiste. Il combat les péchés de l'amour par les cohortes pernicieuses de l'Anti-Christ.
Envoyé comme apôtre à Münster par son maître Jan Matthijs, Jean de Leyde parvient à convertir la ville à sa foi. Sa digne mission est d'établir le Paradis sur terre, en abolissant la propriété égoïste, l'usage dégradant de l'argent, l'achat et la vente, l'intérêt et l'usure. En pratique, l'homme accumule les pouvoirs dictatoriaux et impose aux habitants séduits par son discours le travail forcé dans l'enthousiasme, la polygamie officielle et le théâtre en plein air comme délassement. Devant les résistances à son programme qui commence à paraître suspect, le maître politique de la ville réagit en instaurant la terreur, la persécution et le meurtre des récalcitrants. L'institution de la polygamie lui permet d'acquérir ou de faire acquérir à ses dévoués hommes de main ou frères partisans les biens des trucidés par le remariage forcé de leurs filles ou veuves héritières, soumises à son autorité.
Après l'exécution de Matthijs aux portes de la ville assiégée (avril 1534), il se proclama « roi de Sion », confirma la communauté universelle des biens et des personnes (la polygamie). Quand Munster fut reprise par son évêque, Jean de Leyde périt dans les tortures.
Un personnage littéraire [modifier]
Voltaire parle de Jean de Leyde dans son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations :
- « Un garçon tailleur, nommé Jean de Leyde, né à Leyde en Hollande, assura que Dieu lui était apparu, et l’avait nommé roi ; il le dit, et le fit croire[4]. »
Les derniers mois du « règne » de Jean de Leyde et la prise de la ville par l'évêque catholique sont racontés dans le roman historique de Marguerite Yourcenar L'Œuvre au noir[5].
Notes [modifier]
- Jan van Leiden, en Allemagne
- Larousse encylopédique en couleurs, 1978.
- Norman Cohn, Les Fanatiques de l'Apocalypse, Julliard, vers 1970.
- Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII (1755), tome troisième, chapitre CXXXII, Suite du luthéranisme et de l’anabaptisme, p. 138, Treuttel et Würtz, Paris, 1835.
- pp. 80-107 dans l’édition Folio des éditions Gallimard (1968).
Voir aussi [modifier]
Article connexe [modifier]
- Le Prophète, opéra de Giacomo Meyerbeer
Liens externes [modifier]
- Le baptisme sur un site de la Moselle
- Texte de Voltaire sur Jean de Leyde