Moondog

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Moondog (de son vrai nom Louis Thomas Hardin[1]) était un musicien américain (Marysville, Kansas, 26 mai 1916 - Münster, Allemagne, 8 septembre 1999).

Artiste de rue pendant plus de vingt-cinq ans, à New York puis en Allemagne, sa musique est riche de nombreuses influences (des musiques traditionnelles du Moyen Âge, des Indiens d'Amérique ou encore le jazz), il a édifié une œuvre originale, avant-gardiste et assez inclassable parmi lesquelles : Moondog and his Honking Geese (1955), Moondog Caribea Sextet / Oo Debut (1956), More Moondog (1956), Moondog in Europe (1977/78 ).

Musicien atypique et marginal, son talent fut reconnu tardivement. Un de ses titres connaîtra une célébrité posthume, Bird's lament, un hommage au musicien jazz Charlie Parker surnommé "Bird", devenu le sample du célèbre Get a move on du DJ anglais Mr Scruff.

Sommaire

[modifier] Biographie

Le père de Louis Thomas Hardin est un pasteur épiscopalien, sa mère était institutrice et jouait de l'orgue. En 1922, alors qu'il est encore enfant, il visite avec son père une réserve indienne Arapaho. C'est une expérience musicale forte et les rythmiques indiennes et la sonorité des percussions resteront présentes dans ses compositions.

En 1932, un bâton de dynamite lui explose au visage et l'aveugle de manière permanente [2]. Il fréquente alors un institut pour aveugles où il suit ses premiers cours de musique (harmonie et contre-point).

En 1943, il décide de partir pour New-York où il passera les 30 prochaines années de sa vie, dont une partie dans les rues. Il commence à composer et décide de faire appeler "Moondog". Il fait la connaissance du compositeur et chef d'orchestre Leonard Bernstein et du chef d'orchestre Arturo Toscanini, il fréquente également des musiciens de jazz brillants comme Charlie Parker et Benny Goodman. Il assiste pendant un temps aux répétitions de l'Orchestre Philarmonique de New York, mais son style vestimentaire extravagant le coupe peu à peu du monde la musique "sérieuse". Il insiste pour ne porter que des vêtements qu'il fabrique lui-même, notamment une cape et un casque de viking inspiré par le dieu nordique Thor, qui lui vaudront d'être connu à New-York comme le "Viking de la sixième avenue".

En 1974, il est invité à donner un concert à Francfort et découvre l'Allemagne. Il se sent alors mentalement plus proche de l'Europe que des Etats-Unis et décide de s'installer en Allemagne. Une étudiante en géologie, Ilona Goebel, fait sa connaissance dans les rues de Recklinghausen, une petite ville de la région de Cologne. Intriguée elle apprend rapidement qu'il est compositeur et décide de l'héberger chez ses parents à Oer-Erkenschwick puis à Münster en Westphalie. C'est là que Moondog passera le reste de sa vie.


[modifier] Style de composition

L'œuvre de Moondog en fait l'un des grands maîtres du contrepoint au XXe siècle, ce qui a priori pourrait sembler incongru, le contrepoint, le canon et la fugue étant réputés procédés d'écritures historiques, voire archaïques.

Au début de sa carrière, Moondog était un musicien de jazz un peu farfelu, qui a tenté d'ajouter quelqu'influences amérindiennes aux rythmes afro-américains qui sont le corps traditionnel du jazz. Mais il a peu à peu, selon ses propres dire, et de façon patente à l'examen de ses compositions, voulu réemployer les techniques d'écriture classiques tels qu'on les enseigne à l'école (enseignement qu'il a reçu à Saint Louis): le contrepoint, l'harmonie et la sévérité des règles traditionnelles. Il s'est ingénié à les respecter plus scrupuleusement même que les grands classiques. Techniquement, Moondog est ainsi plus proche de Palestrina et de Monteverdi que de Bach.

Cette volonté pour un compositeur de jazz d'assimiler le savoir-faire classique le rapproche à certains égard de Scott Joplin, dont la technique, bien qu'il appartînt au style "Ragtime", était influencée par l'enseignement allemand traditionnel de la musique et le traité de contrepoint de Salomon Jadassohn.

Considérant qu'il avait un pied en Europe et un pied en Amérique (il s'est installé en Allemagne, dans une petite ville de la Ruhr, Oer-Erckenscwick), Moondog a combiné avec une maîtrise assez stupéfiante les rythmes du jazz et des procédés extrêmement contraignants comme le canon et le contrepoint renversable à deux, trois, quatre ou cinq voix. Il emploie aussi, assez fréquemment, des mesures à 7/8, 5/4 et autres rythmes impairs. Bien que classé dans la catégorie jazz, l'art de Moondog ne laisse aucune place à l'improvisation, chaque partie étant écrite avec précision.

Certaines de ses compositions, comme par exemple "Do Your Thing" (H´art Songs (1978 ; édition CD Kopf / Roof Music), semblent simples et répétitives à la première écoute, avant que ne se révèle une richesse rythmique et contrapuntique étonnante et une imagination mélodique inépuisable. L'impression de "musique répétitive" que donne nombre de ses compositions est donc trompeuse. En dépit de son amitié avec Steve Reich et Phil Glass, sa musique n'a que peu de rapport avec ce courant, dont il nie faire partie.

Moondog a écrit d'innombrables pièces pour orchestre, en général écrites en "parties réelles" (c'est à dire qu'il n'y a presque pas de doublure ni d'unisson, chaque pupitre étant une partie contrapuntique). Il affectionne particulièrement les saxophones, son merveilleux "Lament" ("Moondog" LP Columbia Masterworks MS 7335(1969) en étant un exemple poignant.

Aucun musicien sachant lire une partition et connaissant le contrepoint et la fugue ne peut nier que ce personnage bizarre est un remarquable contrapuntiste, dont les canons serviront tôt ou tard de modèle aux classes de contrepoint.

Enfin son oeuvre est considérable en quantité, la discographie à ce jour n'en donnant qu'un mince aperçu. On lui attribue 300 oeuvres vocales et instrumentales (qu'il appelait "madrigaux, passacailles, canons", etc.) et plus de 80 "symphonies", c'est à dire des oeuvres pour orchestres.


[modifier] Discographie

  • Moondog and his Honking Geese (1955 ; édition CD Moondog Records, 2003).
  • Moondog Caribea Sextet / Oo Debut (1956 ; édition CD : Prestige, 1991)
  • More Moondog (1956 ; édition CD Prestige/Ace, 1991)
  • The Story of Moondog (1957 ; édition Prestige/Ace, 1991)
  • Moondog (1969/71 ; édition CD CBS Columbia, 1989)
  • Moondog in Europe (1977/78 ; édition CD Kopf / Roof Music)
  • H´art Songs (1978 ; édition CD Kopf / Roof Music)
  • A new Sound of an old Instrument (1979 ; édition CD Kopf / Roof Music)
  • Elpmas (1992 ; Kopf / Roof Music)
  • Big Band (1995 ; Trimba)
  • Sax Pax for a Sax (1997 ; Atlantic)
  • Bracelli und Moondog (2004 ; Laska Records)
  • The German Years 1977-1999 (2004 ; Roof Music) (compilation + concert au festival MIMI de 1999)
  • The Viking Of Sixth Avenue (2005 ; Honest Jons) (Compilation)
  • Moondog Rare Material (2006 , Roof Music) (Compilation)

[modifier] Notes et références

  1. « J'ai commencé à utiliser 'Moondog' comme nom de plume en 1947 », Julian Cowley, Moondog - Howling at the Moon, The Wire n° 303, p. 11 (mai 2009).
  2. http://www.managarm.com/2008/en/mdbiogra.htm

[modifier] Liens externes

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