Clemens August von Galen

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Clemens August von Galen
Image illustrative de l'article Clemens August von Galen
Biographie
Naissance
à Dinklage, près d'Oldenburg Empire allemand Empire allemand
Ordination sacerdotale par
Mgr Hermann Dingelstad
Décès (à 68 ans) à Münster
Allemagne occupée Allemagne occupée
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Bernardo alle Terme
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Karl Schulte
Fonctions épiscopales Évêque de Münster (Allemagne)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le Bienheureux Clemens August Graf von Galen, né le à Dinklage (Allemagne) et mort le à Münster (Allemagne), est un prêtre catholique allemand, évêque de Münster en Allemagne de 1933 à 1946 et cardinal de l'Église catholique. Surnommé le Lion de Münster, il s'est distingué pendant la Seconde Guerre mondiale en menant l'opposition catholique aux euthanasies commises par le régime hitlérien et en dénonçant les abus de la Gestapo ainsi que la persécution de l'Église. Créé cardinal en 1946 par le pape Pie XII en reconnaissance de son attitude pendant le régime nazi, il est déclaré bienheureux par le pape Benoît XVI le .

Né dans une ancienne famille noble, Clemens von Galen est en partie éduqué en Autriche chez les Jésuites du Collège Stella Matutina à Feldkirch, près de la frontière avec la Suisse et le Liechtenstein. Après son ordination, il exerce son ministère à l'église Saint-Mattias de Berlin où il devient l'ami proche du nonce apostolique Eugenio Pacelli, future pape Pie XII. Von Gallen se montre alors très hostile aux valeurs libérales de la République de Weimar et s'oppose à l'individualisme, au socialisme et à la démocratie. Après avoir travaillé dans les paroisses berlinoises entre 1906 et 1929, il devient prêtre de l'église Saint-Lambert de Münster où il se fait remarquer pour son conservatisme politique. Vigoureux patriote allemand, il juge injuste le Traité de Versailles et considère que le bolchevisme représente une menace pour l'Allemagne et l'Église. Il expose son opposition à la modernité dans son livre Die Pest des Laizismus und ihre Erscheinungsformen ("Le fléau du laïcisme et ses formes d'expression"), publié en 1932.

Demeuré nationaliste fervent et soutenant certains objectifs "patriotiques" du gouvernement national-socialiste, von Galen se fait le critique du mouvement de Hitler dès 1934. Il condamne le culte nazi de la race dans une lettre pastorale du et assume la responsabilité de la publication d'une série d'essais critiquant les thèses de l'idéologue nazi Alfred Rosenberg et défendant les enseignements de l'Église catholique. Il devient un opposant public à certaines politiques nazies et participe, avec le cardinal-archevêque de Munich Michael von Faulhaber et l'évêque de Berlin Konrad von Preysing, à la rédaction de l'encyclique antinazie du pape Pie XI, Mit brennender Sorge (1937). En 1941, il reçoit le surnom de "Lion de Münster" et consolide sa réputation de principal opposant de l'Église d'Allemagne au Troisième Reich, à la suite d'une série de sermons l'euthanasie des invalides, les attaques contre l'Église et contre les droits de l'Homme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Clemens von Galen appartient à l'une des plus anciennes et distinguées des familles nobles de Westphalie et est né le 16 mars 1878 au sud du grand-duché d'Oldenbourg, au château de Dinklage, aujourd'hui situé dans en Basse-Saxe. Le nom des von Galen a été longtemps associé à l'histoire de la région. La famille s'y était établie dès 1667 quand Christoph Bernhard von Galen fut nommé premier évêque de Münster après avoir vaincu les anabaptistes, "laissant les corps des hérétiques pourrir dans des cages le long des portes de la ville."

Clemens von Galen est le fils du comte Ferdinand Heribert von Galen, membre du parlement impérial allemand (Reichstag) issu du Zentrum catholique, et d'Elisabeth von Spee.

Jusqu'en 1890, Clemens von Galen et son frère Franz sont éduqués chez eux. Néanmoins, Clemens August reçoit l'essentiel de son éducation au Collège jésuite Stella Matutina, en Autriche, où il était obligatoire de parler en latin. Les Jésuites n'avaient pas droit de cité à Münster, à cette époque, preuve de l'impact encore visible du Kulturkampf, ce qui oblige Clemens August à quitter sa famille et son pays pour receoirr une éducation jésuite. Il n'est pas un élève docile, selon le supérieur jésuite qui écrit à ses parents : "L'infaillibilité est le principal problème de Clemens qui, dans aucune circonstance, n'admettra qu'il pourrait avoir tort. Ce sont toujours ses professeurs et éducateurs qui ont tort."

Comme la Prusse ne reconnaît pas le collège Stella Matutina, Clemens passe les dernières années de ses études secondaires non loin de chez lui. En 1894, il retourne chez ses parents et est inscrit à l'école publique de Vechta et, en 1896, Clemens et Franz passent les examens qui leur permettent de s'inscrire à l'université. Dans le livre de classe, ses camarades écrivent : "Clemens ne fait pas l'amour et ne boit pas, il n'aime pas les illusions mondaines." En 1896, il se rend en Suisse pour étudier à l'université catholique de Fribourg, fondée en 1886 par les Dominicains, où il découvre les oeuvres de Thomas d'Aquin. En 1897, il commence à étudier une variété de disciplines dont la littérature, l'histoire et la philosophie. À la suite du premier semestre passé à Fribourg, Clemens se rend à Rome pour trois mois. À la fin de sa visite, il décide de devenir prêtre mais hésite encore entre l'ordre des Bénédictins et la Compagnie de Jésus. En 1899, il rencontre le pape Léon XIII lors d'une audience privée. Il étudie à la faculté de théologie d'Innsbruck, fondée en 1669 par les Jésuites, où l'accent est mis sur la philosophie scolastique au détriment des nouvelles idées. En 1903, Clemens vont Galen quitte Innsbruck pour entrer au séminaire de Münster et il est ordonné prêtre le 28 mai 1904. Au début de sa carrière ecclésiastique, il travaille comme chapelain pour un membre de sa famille, l'évêque auxiliaire de Münster.

Premières années du prêtre[modifier | modifier le code]

Après une brève période comme vicaire capitulaire à Münster, avec son oncle Maximilian Gereon, comte von Galen, évêque auxiliaire de Münster, il fut nommé en 1906 chapelain de l’église Saint-Matthias à Berlin. Il exerça ses activités pastorales dans la capitale prussienne de l'empire allemand, puis pendant la Première Guerre mondiale et sous la république de Weimar. Il fut critique envers la société moderne, et envers la démocratie parlementaire. Il retourna à Münster en 1929, comme curé de la paroisse Saint-Lambert.

Évêque de Münster[modifier | modifier le code]

Il est consacré évêque de Münster en 1933. Il fut le premier évêque allemand à entrer en fonction selon le nouveau concordat, le « reichskonkordat ». Il devait alors promettre selon la formule suivante: « Par Dieu et par les Saints-Évangiles, je jure et promets, autant qu'il est permis à un évêque, fidélité à l'Empire allemand et à l'État prussien. Je jure et promets de respecter le gouvernement constitué selon la constitution, et de le faire respecter par mon clergé. » Cette promesse de fidélité est toujours d'usage actuellement, la République fédérale d'Allemagne à la place du Reich, et l'État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie à la place de l'État de Prusse.

Peu après sa consécration épiscopale, il fit à Xanten une homélie qui présenta comme d'actualité le martyre. Il s'opposa à l'idéologie raciste. Il collabora à la rédaction de l'encyclique du Pape Pie XI Mit brennender Sorge.

Il s'opposa aussi à l'euthanasie des personnes handicapées, organisée dans le cadre du Programme Aktion T4[1]. Le 3 août 1941, alors que l'Allemagne nazie s'engage dans une nouvelle campagne militaire, il déclare dans son sermon: « C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité… N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? »[2]. L'euthanasie avait déjà été fermement condamnée par Pie XII le 15 décembre 1940, et en Allemagne le 9 mars 1941, l'évêque catholique de Berlin Konrad von Preysing dénonçait en chaire les « meurtres baptisés 'euthanasies' ».

Ce sermon de Mgr von Galen eut un grand retentissement: des copies en étaient distribuées jusque parmi les soldats de la ligne de front de guerre.

Les autorités nazies voulaient l’arrêter[3] et le mettre à mort mais, craignant la réaction de la population catholique de Münster, elles s'en prirent plutôt à 24 membres du clergé séculier et 18 religieux. Enfermés dans des camps de concentration 10 d'entre eux y périrent. Néanmoins, Hitler renonça au Programme Aktion T4.

Difficile Après-guerre[modifier | modifier le code]

Dans les mois difficiles de l’après-guerre, il s’opposa quant il le fallait aux autorités d’occupation, particulièrement lorsqu'il s'agissait d’éviter que des injustices soient commises.

Le 18 février 1946, le pape Pie XII le créa cardinal au titre cardinalice de San Bernardo alle Terme pour sa conduite courageuse durant la période du national-socialisme. La Basilique Saint-Pierre bondée de fidèles l’acclama comme « Le Lion de Münster ».

Le 16 mars 1946, le cardinal von Galen, de retour à Münster fut accueilli par une foule enthousiaste. Devant les ruines de sa cathédrale, il donna son dernier discours. Le jour suivant, il tomba malade et mourut le 22 mars 1946. Il fut enterré dans le Ludgeruskapelle de sa cathédrale en ruines.

Souvenir et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le 20 décembre 2004, un miracle est reconnu dû à son intercession[4]. Le pape Benoît XVI a approuvé sa béatification, à Rome, le 9 octobre 2005. Le pape a salué en lui un « opposant intrépide au régime nazi » qui, « au nom de Dieu, dénonça l’idéologie néo-païenne du national-socialisme, en défendant la liberté de l'Église et des droits de l’homme qui étaient gravement violés, en protégeant les juifs et les personnes les plus faibles, que le régime considérait comme des rebuts à éliminer ».

Notes[modifier | modifier le code]

Consécration comme évêque de Mgr von Galen (au milieu) en 1933
  1. [ voir un article complet sur le sujet sur le site Hérodote.net http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19410803]
  2. Le sermon du 3 août 1941
  3. Georges Blond raconte dans L'Agonie de l'Allemagne que devant être conduit en prison, il demanda à changer de vêtements, et revint vêtu de ses habits épiscopaux, coiffé de la mitre et s'appuyant sur sa crosse. Dans cette tenue l'arrestation cessa. Selon le journal La Croix du 3 juillet 2009, cette crosse a été volée dans la nuit du 29 au 30 juin 2009 dans la basilique Saint-Ludger d'Essen
  4. http://www.libertepolitique.com/index.php?option=com_content&view=article&id=635

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]