Guy Birenbaum

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Guy Birenbaum (né le 8 août 1961 à Boulogne-Billancourt) est un éditeur et enseignant-chercheur en science politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

Guy Birenbaum est scolarisé au lycée Victor-Duruy, dans le 7e arrondissement de Paris[1]. En 1978, il entre en fac de droit, où il obtient un Deug[1],[2], et poursuit ensuite des études de science politique. En 1984, son mémoire de maîtrise porte sur le Front national. Il y consacre aussi sa thèse de doctorat, soutenue à la Sorbonne en 1992[1],[2]. L'année suivante, n'obtenant pas de poste à l'Université, il est engagé par Henri Weber, un proche de Laurent Fabius, et devient corédacteur en chef avec Gilles Finchelstein de Vendredi-Idées, une publication du Parti socialiste. Bien que travaillant rue de Solférino, il n'adhère pas au PS[1],[3]. Il est également conseiller éditorial pour Globe Hebdo, hebdomadaire de Georges-Marc Benamou, jusqu'en 1994. Guy Birenbaum est finalement recruté comme maître de conférences en science politique à l'université Montpellier 1[4]. En 1995, Jean-Luc Mano, directeur de l’information de France 2, l'emploie en tant que consultant sur les émissions politiques[2]. En 1997, il devient chroniqueur pour le magazine VSD, où il a suivi Jean-Luc Mano[3],[4].

Carrière dans l'édition[modifier | modifier le code]

En tant qu'éditeur[modifier | modifier le code]

De 1998 à 2004, Guy Birenbaum est directeur de collection aux éditions Denoël. Dans la collection « Impacts », consacrée aux documents d’actualité, il publie notamment les témoignages du juge Éric Halphen, chargé en 1994 de l'instruction de l'affaire des HLM de Paris, du gendarme Michel Roussel, enquêteur dans l'affaire Alègre, des indépendantistes corses François Santoni et Jean-Michel Rossi[4], ou encore le récit de Samira Bellil, Dans l'enfer des tournantes[5]. Birenbaum édite également des livres de personnalités politiques comme Brice Hortefeux et Arnaud Montebourg. La collection compte plusieurs succès de librairie et ses ventes globales représentent 200 000 livres par an[6]. En 2003, quelques années après leur parution, les ventes totales de Sept ans de solitude d'Éric Halphen et La Machine à trahir d'Arnaud Montebourg atteignent respectivement 170 000 et 45 000 exemplaires[3].

En 2004, Birenbaum quitte Denoël et fonde les Éditions Privé avec l'avocat Emmanuel Pierrat et le journaliste Pierre-Louis Rozynès[6],[7]. La société est liée à la maison d'édition Michel Lafon par un accord de coédition, ses livres sont distribués par une filiale du groupe d'édition Editis[8]. Les Éditions Privé publient notamment Le Coupable idéal, l'ouvrage d'Imad Lahoud, impliqué dans l'affaire Clearstream et Le Crime de Napoléon du philosophe Claude Ribbe. En 2007, elles sont reprises intégralement par Michel Lafon, qui se sépare de Guy Birenbaum[7]. Ce dernier prépare alors la sortie d'un livre de Laurent de Villiers, fils de l'homme politique Philippe de Villiers, qui a déposé plainte pour viol contre son frère aîné. Birenbaum affirme que Michel Lafon a mis fin à leur collaboration car il était opposé la parution de l'ouvrage[7],[9].

D'octobre 2007 à janvier 2009, Guy Birenbaum est directeur de collection chez Ramsay, qui appartient au groupe d'édition Vilo[10]. Il publie notamment le premier livre de Bruno Roger-Petit. En 2010, il reprend des activités d'éditeur chez Fleuve noir[11], où il édite On nous appelle les Karachis, témoignage de deux filles de victimes de l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi[12].

En tant qu'auteur[modifier | modifier le code]

Nos délits d'initié, mes soupçons de citoyen, publié chez Stock en 2003, se vend à 75 000 exemplaires[4]. Le livre est réédité dans la collection Folio de Gallimard.

Ce livre créé une polémique médiatique à sa sortie. Christophe Barbier critique sévèrement dans l’Express un livre fait « de bric et de broc », « mal écrit » qui est « un hymne à la délation sans preuve ». Il ajoute : « En guise d'enquête, son livre n'est donc qu'un ragoût de racontars[13] ». Bernard-Henri Lévy dénonce une « pente du journalisme de caniveau et dont la défense ne saurait se dissocier de celle de l'esprit démocratique : gare à ces néo-inquisiteurs, ces mouchards, dont la prétention à la vérité ne fait que creuser le lit d'un type nouveau d'asservissement[14]. » Pour Maurice Szafran, de Marianne, « le “livre” de M. Birenbaum, Nos délits d'initiés, est une saloperie[15] ».

Pascale Nivelle, à Libération, plus indulgente, décrit un livre écrit « avec la prudence d'un éditeur rompu à la présomption de diffamation »[16]. Le Nouvel Observateur y voit « une critique acerbe du travail journalistique »[17].

Carrière télévisuelle[modifier | modifier le code]

Guy Birenbaum fait partie des collaborateurs de Karl Zéro sur BFM TV pour Sarko Info et Zéro Info, il travaille également sur les deux dernières saisons du Vrai Journal, de 2004 à 2006, et sur Le Grand Journal.

Sur la toile[modifier | modifier le code]

En février 2006, Guy Birenbaum répond à l'invitation du directeur de la rédaction de 20 minutes, Frédéric Filloux, et ouvre un blog sur le site web du quotidien. Il dit vouloir en faire un lieu de débat, à l'approche de la campagne présidentielle de 2007[18]. Son blog accueille jusqu'à 235 000 visiteurs par mois durant la campagne[19]. Birenbaum annonce subitement son départ en septembre 2007, déclarant être « arrivé au bout de l'exercice »[18]. Il rejoint le site d'actualité Le Post, appartenant au Monde interactif, filiale du groupe Le Monde, où il publie des billets quotidiens jusqu'en 2010[20],[21]. Il ouvre ensuite son blog personnel, guybirenbaum.com[21]. Entre 2009 et 2011, il présente l'émission Ligne J@une sur le site d’Arrêt sur images. À la rentrée 2012, il rejoint l'équipe du site d'actualité Le Huffington Post[22].

Carrière radiophonique[modifier | modifier le code]

Guy Birenbaum intervient entre 2003 et 2007 dans l'émission On refait le monde sur RTL[1]. En 2007, il est invité à participer de manière hebdomadaire à l'émission de Jean-Marc Morandini sur l'antenne d'Europe 1[23], mais doit quitter RTL durant l'été. Il estime avoir été « viré » après avoir attiré l'attention sur une vidéo visible sur Internet, dans laquelle le journaliste Alain Duhamel, éditorialiste politique sur RTL, affirme son intention de voter pour François Bayrou lors des présidentielles de 2007. De son côté, Nicolas Poincaré affirme que le départ de Birenbaum n'est pas lié à des raisons politiques[18].

Birenbaum fait partie de l'équipe assemblée par Morandini, qui anime Le Grand Direct sur Europe 1 à partir de la rentrée 2007[24]. En 2008, il tient brièvement une chronique quotidienne sur Rire et Chansons[25]. Par la suite, Birenbaum anime plusieurs chroniques sur l'antenne d'Europe 1 : C'est pas très net durant Le Grand Direct des Médias en 2010, Deux minutes net pendant la matinée en 2011 et 2012. Par ailleurs il présente la chronique La revue du net et intervient depuis août 2011 dans l'émission d'actualité Des clics et des claques en compagnie notamment de Laurent Guimier et David Abiker[26].

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Éric Frezel, « Biographie : Qui est Guy Birenbaum ? » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), La République des Lettres, 2 décembre 2008
  2. a, b et c Pascale Nivelle, « Secrets bien crachés », Libération,‎ 1er septembre 2003
  3. a, b et c Olivier Malnuit, « Chauffe coco », Technikart,‎ 1er septembre 2003
  4. a, b, c et d Gaël Tchakaloff, « Guy Birenbaum », Le nouvel économiste, no 1264,‎ juin 2004 (lire en ligne)
  5. Emmanuel Lemieux, « Guy Birenbaum, le Net-toyeur », Lesinfluences.fr,‎ 18 mai 2009
  6. a et b JP-NO, « Edition : Birenbaum et Rozynès lancent "Privé" », Nouvelobs.com,‎ 10 mai 2004
  7. a, b et c Simon Piel, « Un peu de Birenbaum au cœur », Bakchich,‎ 18 décembre 2008
  8. Fabrice Milosevic, « Création des éditions Privé par Guy Birenbaum, Pierre-Louis Rozynès et Emmanuel Pierrat » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), La République des Lettres, 15 septembre 2004
  9. Isabelle Monnin, « Le fils perdu du clan Villiers », Nouvelobs.com,‎ 14 octobre 2010
  10. Anne-Laure Walter, « Guy Birenbaum arrive chez Ramsay », Livres-Hebdo,‎ 3 octobre 2007
  11. Marie Kock, « Guy Birenbaum revient à l'édition chez Fleuve noir », Livres-Hebdo,‎ 23 août 2010
  12. « Karachi : deux filles de victimes accusent », Arrêt sur images,‎ 16 novembre 2010
  13. « Flagrant délire », L'Express, 4 septembre 2003.
  14. « Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy », Le Point, 12 septembre 2003.
  15. Maurice Szafran, « Un livre ? Non, une mauvaise action », Marianne, 8 septembre 2003
  16. Secrets bien crachés, Pascale Nivelle, liberation.fr, 1er septembre 2003
  17. Les "initiés" au banc des accusés, sans signature, tempsreel.nouvelobs.com, 24 septembre 2003
  18. a, b et c Simon Piel, « "Je ne dis pas adieu, je dis au revoir" », Nouvelobs.com,‎ 3 septembre 2007
  19. Dominique Poiret, « Guy Birenbaum lâche un blog pour un autre », Libération,‎ 10 septembre 2007
  20. Benjamin Bonneau, « Avis de tempête au Post.fr », Le Journal du dimanche,‎ 3 mars 2010
  21. a et b « Guy Birenbaum ouvre son épicerie sur le net », Arrêt sur images,‎ 4 mars 2010
  22. Alexandre Debouté, « Le HuffPo passe devant Rue89 », Le Figaro,‎ 27 septembre 2012
  23. « Guy Birenbaum invité de nouvelobs.com », Nouvelobs.com,‎ 12 septembre 2007
  24. Julien Mielcarek, « Jean-Marc Morandini se lance dans "le grand direct" », Ozap,‎ 24 août 2007
  25. Thibault Leroi, « Rire & Chansons - Guy Birenbaum chroniqueur matinal », Radioactu.com,‎ 6 mars 2008
  26. Marjorie Philibert, « "Des clics et des claques", vrai magazine ou revue de buzz? », Les Inrockuptibles,‎ 26 septembre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]