Honoré Mercier

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Honoré Mercier
Image illustrative de l'article Honoré Mercier
Fonctions
9e premier ministre du Québec
29 janvier 188721 décembre 1891
(&&&&&&&&&&&017874 ans, 10 mois et 22 jours)
Prédécesseur Louis-Olivier Taillon
Successeur Charles-Eugène Boucher de Boucherville
Biographie
Date de naissance 15 octobre 1840
Lieu de naissance St-Athanase, Saint-Jean-sur-Richelieu (Bas-Canada)
Date de décès 30 octobre 1894 (à 54 ans)
Lieu de décès Montréal (Québec)
Parti politique Libéral, Nationaliste
Conjoint Léopoldine Boivin
Virginie Saint-Denis
Profession Avocat, journaliste

L'honorable Honoré Mercier (15 octobre 1840 - 30 octobre 1894) est un avocat, un journaliste et un politicien du Québec, au Canada[1],[2],[3]. Il est premier ministre du Québec du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891, étant le chef du Parti libéral. Il est né à Saint-Athanase (maintenant fusionné à Saint-Jean-sur-Richelieu) dans le Bas-Canada, étudie au collège jésuite de Sainte-Marie à Montréal et est admis au barreau du Bas-Canada en avril 1865. Il est le premier des successifs premiers ministres du Québec à parler d'autonomie provinciale et à prôner l'indépendance du Québec. En tant que premier ministre québécois, Honoré Mercier a été créé et élevé au titre de comte palatin par le pape Léon XIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Honoré Mercier est né le 15 octobre 1840 à Saint-Athanase-d'Iberville, il est le fils de Jean-Baptiste Mercier, cultivateur, et de Marie Kimener[4]. Honoré est baptisé le 16 octobre 1840 dans l'église de Saint-Athanase, son parrain est Jean-Baptiste Simard et sa marraine est Rose Boutin[5]. Du côté patrilinéaire, Honoré Mercier descend de Julien Mercier (1621-1676), un des pionniers de la Nouvelle-France, originaire de Tourouvre au Perche.

À l'âge de 22 ans, Mercier devient l'éditeur du journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe. Il s'oppose au projet de confédération dès 1864, croyant qu'il irait contre les intérêts des Canadiens Français.

En 1871, il fonde le Parti national, et il est élu à la Chambre des communes en tant que membre pour la circonscription de Rouville. Il est battu dans la circonscription fédérale de Saint-Hyacinthe en 1878. Il devient le chef du PLQ en 1883. Il s'oppose fortement à l'exécution de Louis Riel en 1885 : cet événement l'aide à gagner de l'appui populaire, et le Parti conservateur du Québec perdit des suffrages car son équivalent fédéral avait donné son aval à la pendaison de Riel.

Saisissant l'opportunité de construire une coalition avec des conservateurs dissidents, Mercier ravive le Parti National pour l'élection provinciale québécoise de 1886, et remporte une majorité de sièges. Cependant, la coalition était très largement constituée d'anciens libéraux, alors le nom Libéral fut bientôt restitué. Les Conservateurs, réduits au statut de minorité à l'Assemblée législative, continuent à gouverner pendant quelques mois de plus, mais Mercier devient premier ministre du Québec en 1887.

Il avance l'idée des conférences interprovinciales en 1887. Il est le premier dirigeant provincial québécois à défendre l'idée de l'autonomie provinciale à l'intérieur de la confédération, faisant campagne pour abolir le droit revendiqué par le gouvernement fédéral d'avoir un veto sur la législation provinciale. Deux ans après sa mort, le Conseil Privé britannique abolit cette pratique.

Avec ces idées fort nationalistes, tout comme Oliver Mowat de l'Ontario, Mercier est largement précurseur aux premiers ministres des décennies suivantes qui confrontent l'État fédéral pour ramener la balance des pouvoirs vers le côté provincial. Il encourage les contacts avec les francophones à l'extérieur du Québec, dans l'Ouest canadien et en Nouvelle-Angleterre. Mercier valorise la réforme, le développement économique, le catholicisme et la langue française et il gagne de la popularité mais se fait également des ennemis. Il adopte aussi plusieurs mesures favorables à l'Église. En effet, sur le plan éducatif, il crée les écoles du soir pour les paysans et les travailleurs. Sur le plan agricole, il crée un ministère de l'Agriculture et de la Colonisation et nomme le curé Antoine Labelle sous-ministre de la colonisation. Il est favorable à ce que l'Église puisse veiller sur la colonisation. Il fait aussi construire des chemins de fer reliant les Laurentides, le Lac-Saint-Jean et la Gaspésie. Le problème du développement du Québec se posait en effet en ces termes : ouvrir de nouvelles terres et freiner du même coup l'Émigration aux États-Unis qui découlait du manque d'opportunités économiques pour les Canadiens français.

Finalement, sur le plan économique, jugeant le Québec trop dépendant des capitaux anglo-américain, Mercier voulut diversifier les sources de capitaux de la province de Québec. Mercier alla spécialement à New York pour obtenir de nouveaux contrats, mais aussi en France et en Belgique. Pour sa part, le Premier ministre du Canada, John A. Macdonald, un conservateur, avait envoyé des émissaires à New York pour nuire à la demande de crédit de Mercier. Mercier avait obtenu de l'Assemblée l'autorisation de recourir à 3,5 millions en crédits, lesquels devaient servir au développement du Québec, notamment les voies ferrées. Or Mercier parvint à déjouer MacDonald en obtenant un emprunt du Crédit lyonnais. Il fut réélu à l'élection de 1890 avec une majorité accrue. Cependant, les manœuvres du grand organisateur du Parti libéral, Ernest Pacaud, autour d'un de ces chemins de fer, allaient faire tomber le gouvernement Mercier dans le Scandale de la Baie des Chaleurs, version réduite du scandale qui avait naguère fait tomber le gouvernement MacDonald-Cartier à Ottawa.

Le 16 décembre 1891, il est démis de ses fonctions par le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers, après qu'un rapport gouvernemental eut conclu que son gouvernement avait détourné des fonds publics. Il perd l'élection de 1892, et abandonne la direction du parti à Félix-Gabriel Marchand. Il est mené en procès plus tard la même année et trouvé non coupable lorsqu'un second rapport conclut différemment en la matière. Cependant, sa santé se détériorait et sa carrière politique était terminée. Il se fait remarquer une dernière fois en prononçant le discours du Parc Sohmer, resté célèbre.

Dans ce discours, Mercier critique l'Union et la Confédération, exprime ses convictions républicaines [réf. nécessaire] et les raisons pour lesquelles il souhaite un Canada indépendant où les provinces seront des États autonomes comme aux États-Unis.

Il meurt en 1894 à l'âge de 54 ans, et il est enterré au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal. Une foule estimée à 25 000 suivit son cortège funèbre. Il avait été fait Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand en 1888.

Deux fonds d'archives sont conservés au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec qui concernent Honoré Mercier : le fonds de la Famille Mercier[6] et le fonds de la famille Mercier-Gouin[7].

Élections à titre de chef de parti[modifier | modifier le code]

Honoré Mercier, monument près de l'hôtel du Parlement de Québec

Il gagne une majorité de sièges à l'élection de 1886 et devient premier ministre en 1887, lorsque le gouvernement minoritaire tombe. Il emporte l'élection de 1890 mais est démis de ses fonctions en 1891 et perd l'élection de 1892.

Famille[modifier | modifier le code]

Voir article détaillé: Famille Mercier

Son fils, aussi nommé Honoré Mercier (1875-1937), fut député à l'assemblée législative et ministre des les gouvernements Gouin et Taschereau[8] et le fils de celui-ci, également nommé Honoré Mercier (1908-1988), fut lui aussi député[9]. Le gendre d’Honoré Mercier,Lomer Gouin, fut premier ministre du Québec. Un autre de ses petits-fils, Gaspard Fauteux[10], fut député fédéral puis lieutenant-gouverneur du Québec. Enfin, son arrière-arrière-petit-fils Thomas Mulcair fut ministre dans le gouvernement du Québec puis chef du Nouveau parti démocratique du Canada.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le pont Honoré-Mercier, qui relie Kahnawake à Montréal en enjambant le fleuve Saint-Laurent, est nommé en son honneur. À Québec, une avenue est nommée en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Dufour et Jean Hamelin. « Mercier, Honoré  », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, University of Toronto et Université Laval, 2000, consulté le 8 février 2009.
  2. « Honoré Mercier (père) (1840-1894) », sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.
  3. Daniel Latouche, « Mercier, Honoré », dans l'Encyclopédie canadienne.
  4. Kemeneur, Quemeneur… dit Laflamme, selon René Jetté, Répertoire des noms de famille du Québec, des origines à 1825, Montréal 1988 (ISBN 2-9801-2400-1).
  5. Extrait du registre paroissial de Saint-Athanase pour l'année 1840 : Baptême 170, Honoré Mercier, « Le seize octobre mil huit cent quarante par nous Prêtre soussigné a été baptisé Honoré né hier du légitime Mariage de Jean Baptiste Mercier cultivateur et de Marie Kimener de cette paroisse. Parrain Jean Baptiste Simard Marraine Rose Boustin, qui n'a su signer. Le Parrain et le Père ont signé avec nous. Signé : JBaptiste Simard, JBaptiste Mercier, Eus Durocher prêtre ».
  6. Fonds Famille Mercier (P74), Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  7. Fonds Famille Mercier-Gouin (P764), Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  8. « [http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/mercier-%28fils%29-honore-4473/biographie.html Honoré Mercier (fils) », sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.
  9. « [http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/mercier-%28petit-fils%29-honore-4477/biographie.html Honoré Mercier (petit-fils) », sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.
  10. « [http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/fauteux-gaspard-3137/biographie.html Gaspard Fauteux », sur le site de l'Assemblée nationale du Québec.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Couture. Honoré Mercier, l'un des plus grands premiers ministres du Québec, Montréal : Michel Brûlé, 2008, 170 p. (ISBN 978-2-8948-5411-2)
  • Daniel Latouche. « Mercier, Honoré », dans L'Encyclopédie canadienne, 2008
  • L'Encyclopédie de L'Agora. « Dossier Honoré Mercier », dans L'Encyclopédie de l'Agora, 25 avril 2006
  • Pierre Dufour et Jean Hamelin. Honoré Mercier dans le Dictionnaire biographique du Canada (édition en ligne). Université de Toronto/Université Laval. 1979-2005.
  • Augustin Gosselin. « Honoré Mercier à l'abbaye de Bellefontaine », dans Québec Histoire, vol. 6, no 3, mars 2001.
  • Gérard Bergeron. Révolutions tranquilles à la fin du XIXe siècle : Honoré Mercier, Félix-Gabriel Marchand, Saint-Laurent : Fides, 1997, 230 p. (ISBN 2-7621-1891-3)
  • Gilles Gallichan. Honoré Mercier: la politique et la culture, Sillery : Les éditions du Septentrion, 1994, 212 p. (ISBN 2-8944-8018-0) (en ligne)
  • Luc Bertrand. Honoré Mercier, Montréal : Lidec, 1994, 59 p. (ISBN 2-7608-7050-2)
  • Pierre Charbonneau. Le projet québécois d'Honoré Mercier, Saint-Jean-sur-Richelieu : Éditions Mille roches, 1980, 254 p. (ISBN 2-8908-7003-0)
  • Robert Rumilly. Honoré Mercier et son temps, Montréal : Fides, 1975
  • Robert Rumilly. Mercier, Montréal : Éditions du Zodiaque, 1936, 545 p.
  • J. O. Pelland. Biographie, discours, conférences, etc. de l'Hon. Honoré Mercier, Grand' croix de l'ordre de St. Grégoire le Grand, officier de la Légion d'honneur et premier ministre de la province de Québec, 1890 (en ligne : BAnQ, Nos racines, archive.org)
  • Joseph Israël Tarte. Procès Mercier : les causes qui l'ont provoqué, quelques faits pour l'histoire, 1892 (en ligne : BAnQ)
  • Ernest Mercier. Mercier depuis des siècles, 1987, p. 345

Articles connexes[modifier | modifier le code]