Rébellion de la rivière Rouge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec la guerre de la rivière Rouge.
Le gouvernement provisoire Métis, avec au centre Louis Riel.

La Rébellion de la rivière Rouge, entre 1869 et 1870, est le terme générique pour décrire le gouvernement provisoire constitué par les Métis et leur chef Louis Riel dans la colonie de la rivière Rouge, située dans l'actuelle province du Manitoba, au Canada[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Rébellion fut la première crise d'importance que dut affronter le nouveau gouvernement canadien après la création de la Confédération canadienne en 1867. Le Canada avait acquis la Terre de Rupert de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1869, prononcé l’annexion de la future province du Manitoba sans en consulter la population et nommé gouverneur l'anglophone William McDougall ; celui-ci dut faire face à l'opposition des colons encore majoritairement francophones. McDougall entreprit un relevé cadastral du territoire avant même que celui-ci fut officiellement transféré sous souveraineté canadienne, les parcelles étant délimitées selon le système de cantons canadiens carrés en vigueur dans l'Ontario voisin, sans respecter la disposition des champs des métis, formés en bandes étroites perpendiculaires à la rivière. En outre les métis qui n’ont pas de titres de propriété sont spoliés de leurs terres.

Les Métis, sous la conduite de Riel, s’opposent d’abord aux opérations d’arpentage, puis contestent l’annexion de leur territoire par McDougall avant que des engagements précis ne soient pris. En octobre 1869, ils constituent un Comité national chargé d’assumer la défense de leurs intérêts. Le 2 novembre, Riel s’empare par surprise du fort Garry, construit au confluent de la Rivière Rouge et de l’Assiniboine, et contrôle la colonie.

Après que McDougall déclara que la région n'était plus sous contrôle de la Compagnie et que le Canada avait demandé l'ajournement du transfert de souveraineté, les Métis fondèrent leur gouvernement provisoire (9-10 décembre 1869) qui, toujours sous la direction de Riel, entreprit de négocier directement avec le gouvernement canadien afin de donner à l'Assiniboine le statut de province. Ce gouvernement provisoire dresse avec l’aide du clergé une liste de droits qui seront incorporés à la Loi sur le Manitoba.

L'exécution de Thomas Scott le 4 mars 1870.

C'est pendant cette période que les hommes de Riel arrêtèrent les membres d'une faction procanadienne qui s'était soulevée contre le gouvernement provisoire. Parmi eux se trouvait l'orangiste Thomas Scott, partisan de l’annexion sans condition, qui fut rapidement jugé et exécuté par peloton d'exécution pour diverses offenses mineures. Cette exécution relance l’opposition entre métis et colons ontariens. Le Canada et le gouvernement provisoire n'en arrivèrent pas moins à un accord, et en 1870 la colonie put entrer dans la Confédération en tant que province du Manitoba. La loi d'intégration inclut également certaines demandes particulières de Riel, notamment des écoles francophones séparées pour les enfants Métis ainsi que la protection du catholicisme.

Après la conclusion de l'accord, le Canada envoya sur place une expédition militaire constituée d'éléments de la milice du Haut-Canada et de forces régulières britanniques sous le commandement du colonel Garnet Wolseley, afin d'établir l'autorité fédérale sur le Manitoba. À mesure de sa progression vers l'Ouest, l'opinion publique en Ontario s'indigna de plus en plus du sort réservé à Scott, et nombreux furent les Ontariens à demander que l'expédition fût utilisée pour arrêter Riel et écraser ce qu'ils considéraient comme une rébellion. Bien que Riel ait fui avant l'arrivée des troupes canadiennes à Fort Garry, celle-ci marqua officiellement la fin de la rébellion.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]