Henri-Gustave Joly de Lotbinière

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Henri-Gustave Joly de Lotbinière
Image illustrative de l'article Henri-Gustave Joly de Lotbinière
Fonctions
4e premier ministre du Québec
8 mars 187831 octobre 1879
(&&&&&&&&&&&&06021 an, 7 mois et 23 jours)
Prédécesseur Charles-Eugène Boucher de Boucherville
Successeur Joseph-Adolphe Chapleau
Biographie
Date de naissance 5 décembre 1829
Lieu de naissance Épernay, France
Date de décès 16 novembre 1908 (à 78 ans)
Lieu de décès Québec, Canada
Parti politique Libéral
Conjoint Margaretta Josepha Gowen
Profession Avocat, sylviculteur et seigneur

L'honorable sir Henri-Gustave Joly de Lotbinière, C.P., né en 1829 à Épernay, France et mort en 1908 à Québec, Canada, est le quatrième premier ministre du Québec, et le premier protestant à occuper cette fonction. Il a aussi été ministre du cabinet fédéral ainsi que lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Henri-Gustave est le fils de Pierre-Gustave Joly (1798-1865), négociant français d'origine suisse et de Julie-Christine Chartier de Lotbinière (1810-1887), seigneuresse de Lotbinière et fille de Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière, militaire et politicien canadien. Baptisé à Épernay dans la religion calviniste, Henri-Gustave étudie à Paris au collège St-Louis et à l'institut Monge. C'est sa tante Catherine Alléon et sa grand-mère Ursula Fehr de Brunner qui veillent à son instruction tout comme à celle de son jeune frère, Edmond-de Lotbinière Joly qui deviendra officier dans l'armée britannique et mourra en Inde lors de la Révolte des Cipayes à Lucknow. De retour à Québec à l'âge de 20 ans, il suit son père en voyage et sur les chantiers forestiers de leur seigneurie. Tout en apprenant le métier de seigneur et d'investisseur, il croque dans ses carnets de dessins les hommes à l'ouvrage, les bâtiments pittoresques et les points de vue intéressant. Henri-Gustave travaille aussi dans un cabinet d'avocat de Québec pour parfaire ses connaissances du droit canadien. Il deviendra membre du barreau canadien en 1855.

Vie de famille[modifier | modifier le code]

La famille Joly de Lotbinière

Devenu anglican, Henri-Gustave se marie le 6 mai 1856 avec Margaretta Josepha Gowen de Québec (née le 25 juillet 1837 à Québec – décédée le 14 août 1904 à Victoria, Colombie-Britannique). Également anglicane, elle est la fille du notaire Hammond Gowen et s'implique auprès des orphelins de la ville et de l'éducation des femmes, notamment par le cercle d'études de l'œuvre de Shakespeare qu'elle a fondé. Le couple aura onze enfants entre 1858 et 1875 dont sept (quatre filles et trois garçons) ont atteint l'âge adulte. La famille habite des maisons louées à Québec, mais aussi le domaine du Platon, aujourd'hui nommé domaine Joly-De Lotbinière, situé à Sainte-Croix, et le bureau seigneurial de Leclercville.

Après le décès de sa mère, Julie-Christine Chartier de Lotbinière en 1887, il demande au gouvernement de Québec le droit d'ajouter "de Lotbinière" à son nom de famille pour éviter que celui-ci disparaisse. Il l'obtient en 1888.

Lorsque la vie politique demandera à Henri-Gustave de s'installer à Ottawa puis à Victoria, seule sa femme Margaretta le suivra, leurs enfants ayant eux-mêmes leur propre famille à ce moment. Elle en profitera pour fonder d'autres cercles de lecture pour femmes consacrés à Shakespeare dans ces deux villes. Elle s'impliquera aussi au sein du Conseil national des femmes du Canada.

Vie politique[modifier | modifier le code]

L'hon. Henri-Gustave Joly de Lotbinière

En 1860, sa mère lui transmet le titre de seigneur de Lotbinière et son père lui donne son domaine de la pointe Platon. Après une première défaite électorale en 1855, Henri-Gustave Joly est élu à l'Assemblée législative de la Province du Canada dans Lotbinière en juillet 1861 en tant que libéral modéré. Il devient membre du Parti rouge lorsqu'il est réélu en 1863.

Bien qu'il ait travaillé à convaincre ses concitoyens de voter contre la confédération canadienne de 1867, Henri-Gustave Joly retourne au parlement avec le Parti libéral du Québec et est député de la circonscription de Lotbinière tant au fédéral qu'au provincial. Il devient chef de l'opposition et en 1869, le premier chef du parti Libéral du Québec. Joly conservera cette position jusqu'en 1882. Réélu au provincial en 1871, 1875, 1878, puis sans opposition en 1881. Au fédéral, Henri-Gustave est réélu dans Lotbinière lors de l'élection fédérale canadienne de 1872, mais choisi de rester au provincial lors de l'abolition du double mandat en 1874.

En 1878, le premier ministre conservateur Charles-Eugène Boucher de Boucherville démissionne le 2 mars alors qu'il était sur le point d'être démis de ses fonctions par le lieutenant-gouverneur Luc Letellier de Saint-Just. Ils étaient en conflit sur un projet de loi relatif aux chemins de fer que de Saint-Just considérait anticonstitutionnel. Ainsi, Joly devient premier ministre le 8 mars 1878. Minoritaire dans la Chambre, il lance des élections afin d'augmenter les effectifs libéraux.

Lors des élections du 1er mai 1878, les libéraux remportent un siège de moins que les conservateurs (il y a également deux conservateurs indépendants). Toutefois, Joly demeure au pouvoir à la tête d'un gouvernement minoritaire pendant environ un an et demi. Il cumule les fonctions de premier ministre, de président du Conseil exécutif et de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics pendant tout son gouvernement. Son gouvernement est finalement renversé par une motion de censure impliquant la défection de cinq libéraux (dont le futur premier ministre Edmund James Flynn) vers les conservateurs. Le chef de l'opposition, Joseph-Adolphe Chapleau, est appelé a former le gouvernement le 31 octobre 1879.

Joly demeure chef libéral jusqu'en 1883. En tout, il est chef libéral pendant 17 ans, mais n'est premier ministre que très brièvement.

En 1883, Joly démissionne en tant que chef libéral afin de laisser sa place à Honoré Mercier. Il démissionne en tant que député à l'Assemblée législative le 25 novembre 1885, à la suite d'un désaccord avec son parti et ses électeurs au sujet de l'affaire Riel.

Retraite forestière[modifier | modifier le code]

Retour à la politique[modifier | modifier le code]

En 1894, le débat sur les écoles du Manitoba a laissé des tensions palpables entre Ontariens anglophones protestants et Québécois francophones catholiques. Elles menacent la confédération au point où les libéraux convainquent Henri-Gustave Joly, francophone et protestant, de donner une série de conférences en Ontario pour rapprocher les deux opinions. Cet effort lui vaut en 1895 d'être créé chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-George, lui conférant le titre de "sir".

Sir Joly de Lotbinière est de nouveau élu à la Chambre des communes du Canada lors des élections de 1896, cette fois dans la circonscription de Portneuf. Il démissionne lors de son accession au cabinet fédéral et se fait réélire sans opposition à l'élection partielle du 30 juillet 1896. Laurier en fait son contrôleur du Revenu intérieur du 13 juillet 1896 au 29 juin 1897. À cette date, le ministère du Revenu Intérieur est créé et Joly en devient ministre et membre du Conseil privé du 30 juin 1897 au 21 juin 1900.

Durant son mandat, Joly accompagne le vice-roi chinois Li Hongzhang lors de son passage au Canada. Venu sensibiliser les gouvernements occidentaux au sort que subissent ses compatriotes sur leur territoire, il obtient de Joly la promesse d'ajuster certaines lois et ses efforts seront récompensés par son admission à l'Ordre du Double Dragon.

Il est nommé lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique le 21 juin 1900 et occupe ce poste jusqu'au 25 mai 1906.

Décès[modifier | modifier le code]

Il meurt à Québec en 1908 et rejoint au Mount Hermon Cemetery sa femme Margaretta et leurs cinq enfants décédés avant eux. Son fils aîné, Edmond-Gustave Joly de Lotbinière lui succède à titre de seigneur et de propriétaire du moulin à scie de Leclercville.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Famille Joly de Lotbinière (P351) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).