Classe Iowa

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Classe Iowa
Image illustrative de l'article Classe Iowa
USS Wisconsin vers 1990
Caractéristiques techniques
Type Cuirassé
Longueur 270,4 mètres hors tout
Maître-bau 32,98 m
Tirant d'eau 11,6 m
Déplacement 45 000 tonnes
Port en lourd 58 000 tonnes en pleine charge
Propulsion 8 chaudières à mazout et 4 turbines à vapeur General Electric, 4 hélices
Puissance 212 000 ch (158 MW)
Vitesse 31 nœuds[1]
Caractéristiques militaires
Blindage
  • Ceinture : 310 mm
  • Traverses : 287 mm
  • Pont : 135 mm
  • Passerelle : de 184 à 445 mm
  • Toit : 184 mm
  • Barbette : 439 mm
Armement
Rayon d’action 20 150 milles nautique à 15 nœuds,
5 300 milles à 29 nœuds
Autres caractéristiques
Électronique 1986 : Radar de veille-air AN/SPS-49, radar de veille-surface AN/SPS-67, système de guerre électronique SLQ-32, système anti-torpille AN/SLQ-25 Nixie, 8 lance-leurres anti-missiles
Équipage 1 851 hommes (varie de 3 000 à 1 500 selon les périodes)
Histoire
Constructeurs New York Navy Yardet Philadelphia Navy Yard
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Commanditaire Congrès des États-Unis
Date début commande 1940
Période de
construction
1940-1944
Période de service 1943–1958, 1968–1969, 1982–1998
Navires construits 4
Navires prévus 6
Navires annulés 2
Navires désarmés 4
Navires préservés 4
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La classe Iowa est une série de cuirassés construits pour l’US Navy durant la Seconde Guerre mondiale comportant quatre unités (six commandées initialement). Ces navires furent engagées dans les campagnes du Pacifique. Ce fut à bord de l'un d'entre eux, l'USS Missouri, que fut signée la capitulation du Japon mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. Ils servirent durant les guerres de Corée et du Viêt Nam. Désarmés, ils furent modernisés et remis en service au milieu des années 1980 dans le cadre du plan pour une marine de 600 navires lancé sous la présidence Reagan. Ils seront engagés une dernière fois au Liban et dans la Première guerre du Golfe de 1990. Ils ont depuis été mis dans la réserve car ils nécessitaient trop de personnel. En mars 2006, ils ont été rayés des cadres de la flotte.

Les Iowa ont été construits dans un laps de temps très court ; ils sont les derniers représentants de la catégorie des cuirassés, bien que le navire anglais HMS Vangard soit entré en service plus tard. Dès leur mise en service, ces navires étaient devenus obsolètes, les batailles navales à coup de canons étant remplacées par les attaques aériennes menées depuis des porte-avions. Les gros canons dont ils étaient dotés furent malgré tout utiles pour appuyer les nombreuses opérations amphibies menées par les États-Unis durant la guerre du Pacifique puis dans les conflits suivants pour des bombardements côtiers. Vers la fin de leur carrière, les Iowa ont été reconvertis en tant que plate-forme de lancement de missiles visant des cibles terrestres.

Historique[modifier | modifier le code]

Conception et construction[modifier | modifier le code]

La conception de la classe Iowa démarra début 1938 : il s'agissait de construire des vaisseaux rapides capables d'escorter les porte-avions. Les Iowa purent être conçus pratiquement sans limitation de tonnage et d'armement. Les limites fixées à 35 000 tonnes par le traité de Washington et la conférence de Londres étaient, à l'époque, toujours en vigueur sur le papier, mais, en pratique, n'étaient plus respectées. Le tonnage officiel est de 45 000 t mais en réalité il approche les 57 000 t.

La classe Iowa fut conçue à partir de la coque des cuirassés de la classe South Dakota qui l'avait précédé ; une étude avait en effet démontré que cette coque une fois allongée pouvait atteindre les 33 nœuds souhaités. Les Iowa devaient initialement recevoir le même armement principal que les South Dakota, c'est-à-dire des pièces de 406 mm Mark VII de calibre 45. Toutefois, pour pouvoir faire jeu égal avec les canons des cuirassés de la classe Yamato, il fut décidé d'installer la nouvelle pièce Mark VII de calibre 50, qui pouvait tirer des projectiles de même diamètre mais plus lourds. On ne put par contre renforcer le blindage de manière à égaler l'épaisseur du blindage des cuirassés japonais, car cela aurait réduit la vitesse. Le plan de construction fut figé en 1939 : les trois premiers navires devaient être construits le plus rapidement possible tandis que la livraison des trois suivants était retardée pour leur permettre de recevoir la tourelle Mark VII. La priorité, à l'époque, était donnée à la vitesse sur l'armement. Le financement fut approuvé dans le cadre des budgets 1940 et 1941, il était prévu une enveloppe de 125 millions de dollars par navire qui fut approuvée par le Congrès américain, mais qui ne fut finalement pas complètement utilisée.

Les navires de la classe Iowa furent construits dans 3 chantiers navals : les BB-61 et BB-63 dans le chantier naval de la Navy à Brooklyn, dans l’État de New York, les BB-62, BB-64 et BB-65 dans le chantier naval de la Navy à Philadelphie, Pennsylvanie. La dernière unité, le BB-66, était construit au chantier naval de Norfolk, à Portsmouth en Virginie. Les BB-65 et BB-66 ne furent jamais achevés. Il s'écoula, pour les 4 navires achevés, de 2 à 3 ans entre la pose de la quille et le lancement, délai auquel il faut ajouter les 4 à 5 mois passés à quai pour achever l'armement des navires.

Comparaison[modifier | modifier le code]

Voici les comparaisons des devis de poids de plusieurs navires de ligne américains et européens construit dans les années 1930/1940 :

Parties constitutives du navire Dunkerque Richelieu[2] King George V[3] North Carolina[4] Iowa[5] Scharnhorst[6] Bismarck[7] Vittorio Veneto[8]
Coque 9 778 t 12 982 t 14 965 t 11 023 t 13 500 t 10 697 t 14 319 t 15 219 t
Artillerie 4 858 t 6 130 t 6 765 t 8 120 t 10 800 t 5 121 t 7 453 t 6 569 t
Blindage 11 040 t 16 045 t 12 500 t 13 976 t 18 700 t 14 006 t 17 256 t 13 545 t
Machines 2 214 t 2 865 t 2 700 t 1 881 t 2 500 t 2 578 t 2 756 t 2 405 t
Déplacement « lège » 27 910 t 38 022 t 36 930 t 35 000 t 45 500 t 32 402 t 41 784 t 37 738 t
Combustible 3 840 t 5 810 t 3 760 t 6 592 t[9] 7 251 t[10] 2 439 t 3 388 t 4 100 t
Déplacement « normal » 31 730 t 43 832 t 40 990 t 41 592 t 52 751 t 34 841 t 45 172 t 41 838 t

Les unités[modifier | modifier le code]

Comme il est de tradition dans l’US Navy, les six unités prévues reçurent toutes le nom d'un État des États-Unis. Les Iowa servirent durant la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Viêt Nam (une seule unité) et la deuxième guerre du Golfe (deux unités). En temps de paix, les unités étaient mises en réserve à cause des coûts élevés du personnel nécessaire pour entretenir le navire et maintenir en état de fonctionnement son artillerie lourde.

USS Iowa (BB-61)[modifier | modifier le code]

Iowa crest.jpg
Article détaillé : USS Iowa (BB-61).

L'USS Iowa fut la première unité à entrer en service. Sa quille fut posée le 27 juin 1940 et il entra en service le 22 février 1943. Il servit dans la guerre du Pacifique au cours de laquelle il participa entre autres à la bataille de la mer des Philippines. Après avoir été placé brièvement dans la flotte de réserve, l’Iowa reprit du service dans la guerre de Corée durant laquelle il bombarda les côtes coréennes. En 1958, l’Iowa fut de nouveau mit en réserve jusqu'en 1984. Cette année-là, le navire fut remis en service dans le cadre du plan de Ronald Reagan de la « marine de 600 navires ». Il fut alors utilisé entre autres au Nicaragua et dans le golfe Persique. Il fut replacé en réserve en 1990 et rayé des cadres de la flotte en 1995 puis réintégré peu de temps après dans la flotte de réserve où il figurait toujours en 2006. Il est mouillé dans la Suisun Bay au nord-est de San Francisco mais devrait être à terme transformé en navire musée et mouillé dans le port de Los Angeles en Californie. L’Iowa est resté en service actif 18 ans et 11 mois entre 1943 et 1990.


USS New Jersey (BB-62)[modifier | modifier le code]

Emblème de l'USS New Jersey
Article détaillé : USS New Jersey (BB-62).

L'USS New Jersey fut mis sur cale le 16 septembre 1940 et mis en service le 23 mai 1943. Durant la Seconde Guerre mondiale, il prit part entre autres au bombardement de Saipan, puis plus tard défendit une flottille de porte-avions devant Okinawa. Après avoir été intégré brièvement dans la flotte de réserve surnommée Mothball fleet, le New Jersey bombarda, durant la guerre de Corée, les côtes de Wonsan et d'autres villes de Corée du Nord puis fut retiré du service actif en 1957. Le New Jersey fut le seul navire de la classe Iowa à participer à la guerre du Viêt Nam : là-bas, il tira près de 3 000 projectiles avec son artillerie principale. De 1969 à 1982, il participa à plusieurs grandes manœuvres avant d'être retiré du service en 1991 et rayé des cadres de la flotte en 1995. Le New Jersey a aussi servi à bombarder les côtes irakiennes et koweïtiennes durant la guerre du Golfe de 1991. Le New Jersey est aujourd'hui mouillé à Camden dans le New Jersey, où il peut être visité. Le New Jersey est resté en service actif durant 21 ans et 5 mois.

USS Missouri (BB-63)[modifier | modifier le code]

Missouri crest.jpg
Article détaillé : USS Missouri (BB-63).

L'USS Missouri fut mis sur cale le 6 janvier 1941 et mis en service le 11 juin 1944. Durant la Seconde Guerre mondiale, il prit part, entre autres, à la bataille d'Iwo Jima et bombarda, peu de temps avant la fin de la guerre, les installations industrielles d'Hichiti au Japon. Le 2 septembre 1945, la capitulation sans conditions du Japon fut signée à son bord par Mamoru Shigemitsu en présence de l'amiral Chester Nimitz et du général des armées Douglas MacArthur. En 1950, le Missouri participa au bombardement des côtes de la Corée puis fut retiré du service en 1955. En 1986, il fut réactivé une première fois et participa en 1991 à l'opération Desert Storm durant laquelle il utilisa son artillerie mais lança également des missiles. Le Missouri fut mis en réserve en 1995 puis rayé des cadres de la flotte la même année. Aujourd'hui, il est transformé en bateau musée à Pearl Harbor, Hawaï. Le Missouri est resté en tout 16 ans et 4 mois en service actif.

USS Wisconsin (BB-64)[modifier | modifier le code]

Wisconsin crest.jpg
Article détaillé : USS Wisconsin (BB-64).

L'USS Wisconsin fut mis sur cale le 25 janvier 1941 et entra en service le 16 avril 1943. Durant la Seconde Guerre mondiale, il participa à la prise d'Iwo Jima et fut également utilisé pour la conquête des principales îles japonaises. La première mise en réserve eu lieu en 1948 mais, en 1951, il fut réactivé pour participer à la guerre de Corée. En 1958, il fut remis en réserve. En 1988, le Wisconsin entra une troisième fois en service et il participa à la guerre du Golfe en 1991. Il tira contre le territoire irakien 24 missiles dont les lanceurs avaient, à l'époque, été installé entre les cheminées. Il fut remis dans la réserve en 1991 puis rayé des registres en 1995. En 1998, il fut néanmoins réintégré dans la flotte et resta dans la réserve jusqu'en 2006, mouillé devant le Nauticus National Maritime Center à Norfolk, Virginie où sa passerelle pouvait être visitée. Le navire passa en tout 13 ans et 11 mois en service actif.

USS Illinois (BB-65)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : USS Illinois (BB-65).

L'USS Illinois fut mis sur cale le 15 janvier 1945 mais sa construction fut arrêtée le 12 août de la même année. À cette date, la construction de la coque était achevée à 22 %. La coque fut vendue pour être ferraillée en 1948.

USS Kentucky (BB-66)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : USS Kentucky (BB-66).
Le Kentucky en construction en 1946

L'USS Kentucky fut mis sur cale le 6 décembre 1944 mais sa construction fut arrêtée le 17 février 1947. À cette date, la construction de la coque était achevée à 72 %. Le navire resta inachevé en cale sèche puis le long d'un quai à Newport News. En 1958, l’US Navy décida finalement qu'elle n'avait pas d'emploi pour cette coque et celle-ci fut vendue pour être ferraillée à la société Boston Metals Company.

Projets de refonte après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dès la première mise en réserve des Iowa après la Seconde Guerre mondiale, il existait des plans de refonte, qui concernaient en particulier l'USS Kentucky inachevé mais également les unités en service. Après la guerre du Viêt Nam, il y eut de nouveaux plans de refonte visant à adapter les cuirassés à de nouveaux types d'engagements.

Transformés en plates-formes d'artillerie mobiles[modifier | modifier le code]

1956[modifier | modifier le code]

En 1956, deux concepts étaient envisagés : transformer le navire en navire de défense antiaérienne ou en faire un navire lance-missiles.

Dans la première hypothèse, les tourelles de 406 mm étaient enlevées et remplacées par des pièces antiaériennes à 4 tubes de 203 mm qui tiraient des munitions propulsées sous-calibrées contre avion avec une fréquence de tir pouvant atteindre 7 coups par minute.

Dans la seconde hypothèse, la reconversion était encore plus radicale. Deux options étaient proposées en 1956. La première, au prix de 280 millions de dollars par navire (1 milliard de dollars actuels sur la base d'une inflation de 2,5 %), les tourelles de 406 mm étaient également débarquées, l'arme principale était constituée de 16 missiles Polaris intercontinentaux pour lesquels un massif était construit au milieu du navire, nécessitant le déplacement des cheminées. L'armement défensif était constitué de missiles anti-aériens : 12 lanceurs doubles de missiles Tartar à moyenne portée situés le long du bateau, avec 504 missiles stockés à bord, et 2 lance-missiles doubles Talos à longue portée installés à la poupe et à la proue, avec 320 missiles en stock. Seule la coque devait rester intacte, les superstructures elles-mêmes devant être profondément remaniées pour laisser la place au massif de lancement des missiles intercontinentaux.

La deuxième option, d'un coût de 130 millions de dollars, consistait à remplacer une partie des machines par 12 missiles Polaris et à confier la défense anti-aérienne à 4 lanceurs Tartar et 2 lanceurs Talos. Des pièces de 76 mm auraient également été installées.

1958[modifier | modifier le code]
Le Missouri après refonte dans les années 1980

En 1958, après le ferraillage du Kentucky, des plans de refonte furent établis pour les quatre cuirassés qui avaient été mis en réserve cette année-là. La première proposition consistait à conserver les tourelles de 406 mm avant, remplacer la tourelle arrière par un lance-missiles de type Talos et installer à mi-longueur 16 missiles intercontinentaux Polaris. Dans la deuxième proposition, les tourelles de 406 mm étaient toutes supprimées, le cuirassé conservait deux tourelles de 127 mm et 2 lanceurs Tatar et deux lanceurs Talos étaient installés au milieu du navire ainsi qu'un lanceur ASROC à 8 tubes. L'armement principal était constitué par les 16 Polaris. Le prix de la refonte se montait à 196 millions de dollars.

Conclusion[modifier | modifier le code]

Aucune de ces refontes ne fut réalisée, essentiellement à cause du coût qui à l'époque paraissait très élevé comparé à la construction d'un navire neuf. Mais il y avait également des obstacles pratiques : les navires auraient dû être parfaitement stabilisés dans l'axe longitudinal pour pouvoir lancer en toute sécurité les missiles intercontinentaux. Apparemment, ce problème ne fut jamais complètement résolu et les Polaris furent finalement installés uniquement à bord de sous-marins.

Porte-hélicoptères et porte-avions[modifier | modifier le code]

En 1962, on établit des plans pour convertir les cuirassés à la guerre amphibie. Les Iowa devaient être transformés en une combinaison de porte-hélicoptères et de transport de chaland de débarquement. À cet effet, après dépose de la tourelle 3, un pont d'atterrissage surélevé devait être installé avec un hangar pour hélicoptères en dessous ; les péniches de débarquement étaient accrochées par des bossoirs le long des bastingages. Il était prévu que le bateau embarque 1 800 marines. Les Iowa pouvaient appuyer les unités au cours du débarquement grâce à ses deux tourelles avant de 406 mm.

Dans les années 1990, il y eut de nouveau plusieurs propositions de refonte, qui devaient transformer les cuirassés en porte-avions de petite capacité. Dans la phase II de ce plan, la partie arrière du navire devait être surélevée de manière à aménager une piste d'atterrissage de 90 à 100 mètres ; à gauche et à droite de la cheminée arrière, il y aurait eu un petit tremplin pour le décollage ; il était prévu d'embarquer 12 Harrier. Juste derrière la cheminée arrière, un système de lancement vertical devait être installé. La marine repoussa toutefois ce plan.

La modernisation du début des années 1980[modifier | modifier le code]

Les nouvelles armes de gauche à droite : Phalanx CIWS, Harpoon, Tomahawk

Au début des années 1980, les quatre Iowa furent sortis de la réserve et réintégrèrent la flotte. À l'origine de cette décision, on trouve d'abord l'arrivée des navires de combat russes de la classe Kirov. Dans le contexte du programme de Ronald Reagan des « 600 navires » qui venait d'être lancé, les Iowa étaient la réponse la plus puissante et la plus appropriée aux Kirov. La modernisation des quatre navires coûta à l'époque 1,7 milliard de dollars.

Dans le cadre de cette refonte, les canons de la défense antiaérienne furent supprimés et des systèmes de missiles contre but terrestre et marin furent installés. Comme les navires n'avaient plus d'armes pour se défendre contre les attaques aériennes, ils auraient dû recevoir un nouveau système de missile Sea Sparrow RIM-7 ; mais il ne fut pas possible de trouver un endroit où le radar associé à ce système puisse résister aux chocs engendrés par les tirs de l'armement principal. Aussi les Iowa restèrent sans défense antiaérienne, hormis une arme de défense rapprochée (Phalanx) contre les missiles.

Dans le cadre de cette refonte, un radar moderne chargé de la désignation des objectifs pour les systèmes de missiles fut installé sur un nouveau mât près la cheminée avant tandis que le mât arrière était enlevé. Après la disparition de toutes les petites armes antiaériennes dans le cadre de la refonte, le pont était bien plus dégagé.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Dans la flotte de réserve jusqu'en 2006[modifier | modifier le code]

Le Wisconsin bien que faisant partie de la Réserve pouvait être visité

En 1995 la suppression définitive des 4 cuirassés de la flotte ne se fit pas sans controverse, en particulier le corps des Marines craignait qu'après leur retrait les futurs débarquements amphibies ne disposent plus d'une artillerie de marine suffisamment puissante. Il fut mis en avant, en particulier, que la future génération de destroyers de la classe Zumwalt ne pourrait fournir cette puissance de feu qu'à partir de sa mise en service vers 2013. On opposa que ce type de bombardements côtiers intensifs n'était plus nécessaire, dans la mesure où il n'existait plus dans le monde de véritables défenses côtières et que celles-ci pouvaient être de toute façon combattues à l'aide d'opérations héliportées.

En 1996 le Congrès décida donc que deux des cuirassés devaient être conservés dans les registres de la flotte ce qui fut spécifié dans la section 1011 du National Defense Authorization Act de 1996 qui fut approuvé.

Iowa et Wisconsin côte à côte en 1982

Suite à cette décision les Iowa et Wisconsin furent versés dans la flotte de réserve de l’US Navy qui en assura l'entretien pour un coût de 250 000 dollars par an. Dans la mesure ou les navires avaient moins de 20 ans de service, soit la moitié de la durée de vie prévue, une réactivation paraissait réalisable. On pouvait compter sur les 34 canons de l'artillerie principale et plusieurs milliers d'obus toujours disponibles. Par contre la réactivation des missiles Tomahawk serait plus difficile car les modèles de missile encore en fabrication n'étaient plus compatibles avec les systèmes de tir installés sur les cuirassés.

Selon le rapport de U.S. Government Accountability Office de novembre 2004 les coûts de réactivation en 1999 étaient estimés à 430 millions de dollars pour les deux navires, en particulier la poudre pour l'artillerie principale devait être remise en fabrication pour la somme de 110 millions d'euros auquel il fallait ajouter la formation du personnel de la salle des machines et des artilleurs ainsi qu'un passage au chantier naval. La réactivation devait selon l'étude de 1999 prendre 14 mois. Dans le rapport de 2004 la durée d'une future réactivation était allongée à 20-40 mois compte tenu de la perte de connaissances des chantiers navals et de la nécessité de reconstituer les capacités desdits chantiers.

Les navires devaient rester ainsi en réserve jusqu'à ce que l’US Navy dispose d'une puissance de feu permettant de soutenir des débarquements amphibies. Le fait de savoir si cette condition était remplie au moment de la mise en retraite des navires qui intervint finalement en 2006 est contesté.

Dernière sortie en 2006[modifier | modifier le code]

Le 17 mars 2006 l’Iowa et le Wisconsin ont été rayés des cadres la flotte de réserve. Ces deux navires doivent devenir des bateaux-musées comme le New Jersey et le Missouri. Mais certains hommes politiques[Qui ?] se sont montrés préoccupés par la perte de la puissance de feu des New Jersey et Missouri et ont fait inscrire dans le National Defense Authorization Act of 2007 que les deux navires devaient être conservés et entretenus de manière à ce que, en cas d'urgence nationale, ils puissent redevenir opérationnels.

Les conditions de ce retrait de la réserve ressemblent à celles de 1996 ; il est, en particulier, clairement spécifié que l'utilisation des navires en tant que bateau-musée n'entraîne pas leur démilitarisation et que les pièces de rechange et les munitions doivent être conservées. En application des préconisations du Congrès concernant la conservation d'une artillerie navale, il est prévu de doter à partir de 2007 les navires de la classe Arleigh Burke de munitions à longue portée.

Actuellement (2014), l’Iowa (vue aérienne) se trouve mouillé à Los Angeles, Californie. Le New Jersey (vue aérienne) est quant à lui à Camden, New Jersey, le Missouri (vue aérienne) à Pearl Harbor, Hawaï et le Wisconsin (vue aérienne) à Norfolk en Virginie.

Photos détaillées[modifier | modifier le code]

Wisconsin1944-1.jpg

Photo du haut le Wisconsin en 1944, photo du bas New Jersey en 1985. On distingue clairement les différences entre les 2 navires découlant de la modernisation du second. Ainsi pour la mâture : en 1944 on trouve de petits mâts près des cheminées, alors qu'en 1985 un grand mât tripode est installé près de la cheminée avant avec le radar SPS-49. Entre les cheminées il existe en 1944 un armement anti-aérien remplacé en 1985 par les conteneurs des missiles Tomahawk. Autres différences dans l'armement : en 1944, des canons et mitrailleuses anti-aériennes se trouvaient dans les superstructures ainsi que sur les ponts avant et arrière. Sur le pont arrière se trouvait également une catapulte pour avion et une grue pour la récupération de l'avion, remplacées en 1985 par un pont d'envol pour hélicoptères. On peut remarquer également que l'immatriculation du navire très discrète en 1944 est devenue beaucoup plus visible en 1985.

New Jersey 1985-3.jpg

Spécifications techniques[modifier | modifier le code]

Coque[modifier | modifier le code]

Le Missouri dans le canal de Panama en 1945

Coque extérieure[modifier | modifier le code]

La coque du cuirassé de la classe Iowa est longue de 270 mètres, large de 33 mètres et a un tirant d'eau de 11 mètres. Le déplacement est de 45 000 tonnes standard et d'environ 58 000 tonnes à pleine charge, la coque vide pesant 12 000 tonnes. La taille de la coque répond aux spécifications Panamax qui permettent au navire d'emprunter les écluses du canal de Panama (en ne laissant toutefois que 30 cm de marge de chaque côté). L'étrave est à 11 mètres au-dessus de la surface tandis que la poupe domine la mer de 6,7 mètres. Les cheminées surplombent de 29 mètres le plan d'eau, le mât le plus haut de 40 mètres. Parmi les caractéristiques les plus marquantes de cette classe on trouve la longueur de la partie avant, avec son léger bulbe (surnommé bulbe Taylor) et son profil fortement concave ainsi que la position reculée (aux deux tiers de la longueur) de la partie la plus large du navire résultant du positionnement des salles des machines.

Le blindage du navire est constitué par une ceinture épaisse de 307 mm qui court à peu près de la première tourelle jusqu'à la troisième tourelle ; le blindage s'amincit vers l'arrière et dans la partie inférieure de la coque. Les tourelles et le poste de commandement dans les superstructures ont un blindage de 500 mm, la partie inférieure des tourelles et les parois des barbettes sont recouvertes de plaques d'une épaisseur comprise entre 295 mm et 339 mm. Le cloisonnement intérieur de la coque a une épaisseur d'environ 287 mm. Le bâtiment comporte deux ponts blindés dont seul le premier court d'un bout à l'autre du navire, le second étant interrompu au niveau des salles des chaudières à vapeur. Le blindage complet pèse 18 000 tonnes soit plus d'un tiers du déplacement à vide du navire.

La coque comme les superstructures sont réalisées en acier, tandis que le pont supérieur est en acier recouvert d'une couche de teck de 5 000 m2 qui a été conservée après la Seconde Guerre mondiale (même si toutes les planches de teck originales ont sans doute été remplacées depuis). L'avantage du teck est qu'il n'est pas glissant lorsqu'il est mouillé, qu'il supporte bien l'eau salée et qu'il ne peut pas créer d'étincelle susceptible de déclencher une explosion de la poudre des canons. Pour le camouflage, le pont a été longtemps peint en bleu ou gris. Par la suite le camouflage visuel a perdu de son importance, et le teck a retrouvé sa couleur naturelle. La plate-forme hélicoptère située à la poupe est constituée de plaques d'acier dépourvue de teck.

Plan de ponts[modifier | modifier le code]

Suivi de la course des projectiles sur le Wisconsin

Sous le pont supérieur se trouvent les ponts 2 et 3 où sont regroupés, sur toute la longueur du bateau, la majorité des couchettes et des zones de détente de l'équipage. Sous ces ponts se succèdent trois niveaux qualifiés de platform. On trouve à ces niveaux des espaces de stockage depuis l'étrave jusqu'à la première tourelle puis sous les 2 tourelles leurs magasins d'alimentation en munition qui descendent jusqu'à la platform 3. Plus en arrière se situent les salles des machines des quatre moteurs d'où montent les tuyaux d'évacuation rejoignant les cheminées. Ensuite on trouve les magasins de munitions de la tourelle 3 puis, sous la partie arrière, de nouveaux espaces de stockage.

Sur le pont principal les superstructures comprennent 6 étages. Dans les premiers se trouvaient la cabine du capitaine et celle que l'amiral occupe lorsque le cuirassé est choisi comme navire amiral. Au-dessus en surplomb de la tourelle 2 sont situés le poste central de commandement et la direction de tir. On trouve également à ce niveau la barre de secours ainsi que les postes de surveillance radar et le système de suivi des obus permettant de s'assurer que leur trajectoire ne croisent pas la trajectoire d'avions. Au-dessus du poste de commandement, à une hauteur de 20 m, est situé le poste de navigation.

Propulsion[modifier | modifier le code]

Les deux hélices tribord du Missouri

Les bateaux de la classe Iowa sont, avec leur vitesse de 33 nœuds, les plus rapides des cuirassés jamais construits. Ils sont dotés de 4 arbres d'hélice, les deux arbres extérieurs portant des hélices à 4 pales de 5,5 mètres de diamètre et les arbres intérieurs des hélices à 5 pales de 5,3 mètres. La puissance installée fournissait 212 000 ch (156 MW) en marche avant et 44 000 ch (32 MW) en marche arrière. Le navire peut emporter 9,6 millions de litres de Distillate Fuel Marine (DFM), carburant utilisé par les navires de l’US Navy. L'autonomie obtenue est de 18 000 milles à vitesse économique (16 nœuds) et 8 000 milles à vitesse maximum.

Chaque arbre d'hélice est accouplé à un moteur distinct. L'eau portée à plus de 430 °C dans 2 chaudières génère la vapeur à une pression de 45 bars. Celle-ci est injectée dans une turbine à vapeur à haute pression de General Electric, qui tourne à la vitesse souhaitée, pouvant atteindre 5 000 tours par minute. La vapeur qui sort de la turbine à 3 bars est ensuite injectée dans une turbine basse pression dans laquelle sa pression est ramenée nettement en dessous de 1 bar (la pression exacte dépend de la température de l'eau de mer). Un réducteur placé sur l'arbre d'hélice réduit sa rotation à 250 tours par minute. Cette vitesse réduite permet aux hélices de fonctionner de manière plus efficace. Finalement la vapeur est recueillie dans un condenseur qui, après transformation de la vapeur en eau, réinjecte celle-ci dans les caisses d'alimentation des chaudières. Pour compenser l'eau perdue dans le processus il faut pomper en moyenne 225 tonnes d'eau par jour.

Armement[modifier | modifier le code]

Artillerie[modifier | modifier le code]

Les tourelles de 406 mm[modifier | modifier le code]
Coupe d'une tourelle de 406 mm

L'armement principal des Iowa est constitué par trois tourelles comportant chacune 3 canons de 406 mm de calibre 50 (tube long de 20,3 mètres). Deux des tourelles, (les tourelles 1 et 2) se trouvent à l'avant, la troisième à l'arrière des superstructures centrales. Les tourelles pouvaient pivoter de 300 degrés. Les tourelles sont simplement posées sur leur couronne et maintenues en place par leur seul poids (environ 1 700 tonnes). Il faut au minimum 77 hommes pour alimenter chaque tourelle en munitions et poudre.

Comparaison avec des visiteurs à bord du USS New Jersey

Chacun des canons peut tirer de manière autonome ; il doit être incliné de 5° pour pouvoir être rechargé. L'inclinaison du tir peut être comprise entre -5° et 45°, la vitesse d'inclinaison du canon étant de 12° par seconde. La tourelle pouvant pivoter de 300°, elle a la possibilité de tirer « par dessus l'épaule » à plus de 90° sur son arrière. Les tourelles avant ne peuvent pas tirer dans l'axe car une antenne se trouve juste devant depuis 1980, mais également parce que l'onde de choc du projectile pourrait endommager la proue. Une situation analogue existe pour la tourelle arrière. La vitesse de rotation est de 4° par seconde.

Plusieurs types de munitions peuvent être tirés ; le magasin à munitions contient 1 200 coups. Les munitions Mk 8 APC (obus coiffé anti-blindage) sont utilisés contre les objectifs protégés. Leur portée est de 39 km et ils pèsent 1 200 kg. L'APC a une vitesse initiale de 820 m/s et il reste environ 90 secondes en l'air. À 18 km il peut percer une épaisseur de blindage de 50 cm ou 6,4 m de béton armé. Il contient 18 kg d'explosifs, le reste du poids de cette munition longue de 1,67 m étant constitué par l'enveloppe, l'amorce et la coiffe. Les munitions contiennent également un colorant qui permet de colorer les gerbes d'eau soulevées par les munitions qui ont manqué leur cible.

Les munitions Mk 13HC (haute capacité explosive) de 850 kg sont utilisées contre les cibles non protégées ou pour les attaques de troupes terrestres. L'explosion peut selon le type de sol creuser un cratère pouvant faire un diamètre de 15 mètres et 6 mètres de profondeur, l'onde de choc effeuillant les arbres dans un rayon de 360 mètres.

Le W23/Mk23 Katie était un obus atomique d'une puissance comprise entre 15 et 20 kilotonnes, soit une puissance équivalente à la bombe qui détruisit Hiroshima. Fabriqué en 50 exemplaires à partir de 1956 pour être utilisé par ces cuirassés, il a été retiré du service dès 1962.

Les canons multi-emplois de 127 mm[modifier | modifier le code]
Une pièce de 127 mm sur le New Jersey
Un conteneur quadruple de missiles Tomahawk sur le New Jersey

Chaque unité dispose d'une artillerie secondaire composée de 10 pièces doubles de 127 mm (calibre 38) comportant un bouclier anti-éclats. Ces canons étaient disposés des deux côtés des superstructures centrales ; après la modernisation, il ne subsistait plus que 3 pièces de chaque côté.

Ces canons conçus pour la défense anti-aérienne durant la seconde guerre mondiale furent, durant la guerre du Golfe, convertis en armes contre but terrestre grâce au développement de fusées de proximité. Leur portée était de 14 km, ils pouvaient être rechargés aussi vite que les préposés pouvaient les alimenter, la cadence maximale se situant entre 16 et 23 coups par minute.

Canons antiaériens de 40 mm[modifier | modifier le code]

À leur lancement chaque cuirassé possédait 20 pièces antiaériennes de type Bofors 40 mm. Ces pièces se trouvaient de part et d'autre de l'îlot central, à la proue et à la poupe, ainsi que sur le toit des tourelles 2 et 3. Ces pièces furent démontées lors de la modernisation des cuirassés, car leur efficacité était réduite contre les avions à réaction.

Mitrailleuses de 20 mm[modifier | modifier le code]

49 pièces antiaériennes de 20 mm de Oerlikon Contraves étaient également situées de part et d'autre de l'îlot ainsi qu'à la poupe et à la proue. Ces armes, déjà relativement inefficaces contre les kamikazes, furent en grande partie démontées en 1950, les dernières étant enlevées dans les années 1980.

Système de défense aérien rapproché Phalanx CIWS[modifier | modifier le code]

À partir de la refonte, 4 systèmes Phalanx CIWS dédiés à la défense antimissile sont installés au niveau de l'îlot. Les canons Gatling qui équipent ces systèmes sont conçus pour abattre les missiles en fin de course avec des projectiles de 20 mm tirés à une cadence de 3 000 coups par minute.

Missiles[modifier | modifier le code]

À partir de la refonte les Iowa sont équipés de missiles. Quatre conteneurs blindés contenant chacun 4 Tomahawk BGM-109 (contre but terrestre) sont installés entre les cheminées au milieu du navire sur une plateforme sur laquelle se situaient auparavant des pièces anti-aériennes de 40 mm. Sur le même support sont également installés 4 lanceurs Harpoon AGM-84 anti-navires. Derrière la cheminée arrière sont installés 4 autres conteneurs de 4 Tomahawk. Ces systèmes d'armes présentent l'inconvénient de ne pas pouvoir être rechargés en mer, si bien que l'armement total en missiles du navire se limite à 32 Tomahawks et 16 Harpoonc, ces missile de croisière sont aussi tirés par des sous marin.

Électronique[modifier | modifier le code]

L'antenne noire sur le mât est un SPS-49. Devant elle, l'appareil gris est le système de conduite de tir Mk. 38. Les antennes radar au-dessus du pont et sur l'arrière droit font partie de la conduite de tir Mk-37.

Radar et système de conduite de tir[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, un radar de type SK plus tard SK-2 puis SC-2 était installé dans le mât principal. Ce radar de surveillance avait une portée de 120 milles pour les avions volant à haute altitude. À partir de la guerre de Corée, la surveillance aérienne fut confiée à un SPS-6 de Westinghouse, qui avait une portée de 140 milles. La surveillance des cibles aériennes à haute altitude était confiée à un SPS-8A. Le radar de navigation était au début de la guerre de Corée un SPS-10 de Raytheon.

Après l'installation des missiles, des radars plus modernes furent installés. Le SPS-49 de Raytheon, d'une portée de 250 milles nautiques, positionné dans le mât situé près de la cheminée avant, assure la surveillance aérienne. Le système URN-25 TACAN, d'une puissance de 360 Watt, installé derrière le SPS au plus haut point du navire, surveille les fréquences radar et la bande D. Le SPS-67 de EDO Corporation, qui émet sur la bande G avec une puissance de 28 kW, surveille la situation en surface avec une portée de 100 km.

Juste devant le centre de commandement se trouve le radar SPQ-9A à la forme sphérique d'une portée de 20 milles qui fonctionne en bande I et qui, avec les 4 systèmes de conduite de tir Mk37 situés autour des superstructures, dirige le feu des tourelles de 127 mm. La direction des tourelles de 406 mm est assurée par les conduites de tir Mk38 : un de ces systèmes se trouve sur un bâti situé sur le pont, un autre derrière la cheminée arrière. On ne sait pas s'il avait été prévu que le SPQ-9 devait être modifié pour desservir les tourelles de l'armement principal. Un autre radôme, situé devant la cheminée arrière, contient le système qui fournit la liaison entre le navire et les drones de reconnaissance.

Systèmes de protection[modifier | modifier le code]

Depuis la refonte il existe de nombreux systèmes défensifs à bord. Le SLQ-32(V)3 est destiné au combat électronique. Les antennes qui se trouvent sur les superstructures peuvent être utilisés pour la détection de radars et pour les contre-mesures électroniques. Le Mark36 SRBOC qui lance des leurres radar et des paillettes, fait également partie du SLQ-32 : ces dispositifs doivent détourner les missiles à guidage infrarouge ou radar approchant du navire. Contre les attaques par torpilles le navire dispose d'une torpille Nixie (bruiteur) qui lorsqu'elle est remorquée derrière le navire, imite le bruit d'hélices du navire pour détourner les torpilles de leur objectif réel.

Génération électrique[modifier | modifier le code]

L'énergie électrique est fournie sur les navires de la classe Iowa par 8 turbines à vapeur (Ship's Service Turbine Generators : SSTGs) construites par Westinghouse. Ces turbines d'une puissance de 1,25 MW chacune (10 MW en tout) utilisent la vapeur produite par les chaudières du système de propulsion principal. Deux moteurs diesel de 250 kW constituent le système de secours.

Pour pallier d'éventuelles coupures du circuit électrique dues aux avaries subies durant le combat, il existe sous le pont inférieur un circuit électrique de secours Casualty Power System Celui-ci est constitué de longs câbles reliés à des prises situées dans les cloisons. Grâce à ce système les sections endommagées peuvent être contournées et le courant électrique peut être fourni à toutes les parties du bâtiment malgré les dommages.

Aéronefs[modifier | modifier le code]

Un OS2U Kingfisher est installé sur la catapulte

Avions[modifier | modifier le code]

Les navires de batailles et les croiseurs de l’US Navy disposaient traditionnellement d'avions embarqués pour la reconnaissance et la désignation de cibles pour l'armement principal. C'étaient le cas des Iowa qui disposaient de deux catapultes installées à la poupe. Au début, les Iowa embarquaient des avions de reconnaissance de type Vought OS2U Kingfisher monoplace puis à partir de 1945 des monoplaces Curtiss SC Seahawk (en) de Curtiss. Ces avions étaient lancés selon un angle légèrement écarté de l'axe de progression du navire pour pouvoir bénéficier du vent apparent créé par le déplacement du navire. Ils n'étaient pas armés. À la fin de la mission les pilotes faisaient amerrir leur machine à proximité des navires ; les avions étaient récupérés à l'aide d'une grue située sur le pont arrière. Comme la mer était souvent trop agitée pour permettre l'amerrissage d'aussi petits avions, le cuirassé faisait d'habitude un demi-cercle pour créer une zone moins agitée dans laquelle l'avion pouvait se poser. Généralement, il y avait un avion de reconnaissance sur chaque catapulte, plus un avion de réserve sur le pont.

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

À partir de 1949, un hélicoptère fut utilisé pour la première fois ce qui permettait d'éviter le dangereux amerrissage. Comme à cette époque les catapultes et les pièces antiaériennes étaient toujours en place sur la plage arrière, l'hélicoptère décollait de la tourelle 1 ; les premiers modèles utilisés étaient des Bell 47. Durant l'engagement du New Jersey au Vietnam après refonte du navire au milieu des années 1980[pas clair] une plateforme d'atterrissage fut installée sur la plage arrière, mais aucun hangar n'était prévu pour abriter les appareils. À partir des années 1980 il y avait jusqu'à 4 appareils qui pouvaient être des Kaman SH-2 Seasprite, Sikorsky SH-3 Seaking, Boeing CH-46 Sea Knight ou des Sikorsky SH-60B Seahawk ; ces hélicoptères étaient utilisés non seulement pour la reconnaissance mais également pour le transport de l'approvisionnement et étaient parfois engagés pour la traque des sous-marins.

Drones[modifier | modifier le code]

Récupération d'un drone

À partir du début des années 1990 le cuirassé pouvait mettre en œuvre des drones RQ-2 Pionneer pour des missions reconnaissance. Les engins sont lancés depuis la poupe au moyen d'un propulseur. Les drones peuvent être contrôlés depuis le navire durant des missions de plusieurs heures. L'image vidéo envoyée par la caméra embarquée dans le drone est transmise en temps réel au navire. L'atterrissage du drone sur le petit pont d'atterrissage des Iowa étant délicat, une autre technique est utilisée : un grand filet est tendu en travers du navire vers lequel le drone est dirigé à faible vitesse. Durant la guerre du Golfe jusqu'à 8 drones ont été mis en œuvre simultanément sur les 2 unités Iowa engagées.

L'équipage[modifier | modifier le code]

Deux matelots en train de boire l'eau d'une fontaine dans le quartier de l'équipage du Missouri (été 1944).

À leur entrée en service, les bateaux de la classe Iowa avaient un équipage d'environ 2 800 hommes, dont 134 officiers, auquel s'ajoutait un détachement de marines. Après la refonte des Iowa l'équipage nécessaire est ramené à environ 1 500 hommes, essentiellement du fait du retrait des pièces anti-aériennes dont la mise en œuvre nécessitait un grand nombre d'hommes. Chaque marin a sa propre couchette (il n'y a pas de « couchette chaude » c'est-à-dire occupée successivement par plusieurs marins). Les espaces dédiés à l'équipage occupent pratiquement l'ensemble des ponts 2 et 3.

À bord, on trouve tout ce dont les marins ont besoin durant les longs déplacements. Entre autres, plusieurs médecins des différentes spécialités, des coiffeurs, des blanchisseries ainsi que des commerces dans lesquelles les matelots peuvent acheter le nécessaire pour leurs besoins de tous les jours. Pour nourrir l'équipage, il existe des cambuses et une boulangerie ; le repas est servi dans des cantines où matelots, gradés et officiers mangent séparés. Les marins peuvent choisir entre une restauration de type fast-food qui sert hamburger, pommes-frites et Hot Dog, et la « chaîne de restauration Truman » qui sert des repas plus équilibrés comprenant des légumes, des pommes de terre, des plats préparés.

À bord des Iowa on trouve 3 distillateurs qui peuvent fournir 225 000 litres d'eau douce par jour. Cette eau est principalement utilisée pour alimenter les chaudières du système de propulsion. Une fraction de cette eau est également utilisée pour la cuisine, le nettoyage et les douches ; les WC du bord utilisent l'eau de mer : cela vaut pour toutes les toilettes du bord, sauf celle de la prison (le Brigg), cette dernière étant alimentée en eau douce pour empêcher les prisonniers de se rendre malades en ingurgitant l'eau salée afin d'être transportés à l'infirmerie (sick bay).

La classe Iowa au combat[modifier | modifier le code]

Les différents engagements des Iowa[modifier | modifier le code]

Le Missouri tire une bordée complète.

Les cuirassés Iowa avaient été conçus pour une confrontation directe avec des navires similaires, c’est-à-dire disposant d'un armement lourd et d'un blindage épais. Mais les Iowa n'eurent jamais l'occasion de livrer ce « combat de titans » car les cuirassés les plus récents de la flotte japonaise, le Yamato (construit en 1941) et le Musashi (1942), n'étaient pratiquement plus opérationnels à l'époque de la mise en service des Iowa, faute de carburant, et furent finalement coulés par des attaques aériennes. Aussi les Iowa furent-ils essentiellement utilisés dans la phase préparatoire des débarquements dans les îles du Pacifique : ils écrasaient les plages de débarquement sous leurs projectiles et la portée des canons de 406 mm leur permettaient de détruire les installations militaires et industrielles situées à l'intérieur des terres. En tant que navire de soutien, les cuirassés Iowa, dotés d'un puissant armement antiaérien, permirent également de repousser les attaques des avions torpilleurs puis plus tard des kamikazes. Les Iowa eurent également ce rôle d'artillerie mobile et de navire antiaérien durant la guerre de Corée.

Durant la courte intervention du New Jersey durant la guerre du Viêt Nam, le navire fut utilisé uniquement pour bombarder des objectifs terrestres, les avions à réaction étant trop rapides pour la DCA du navire. Au cours du dernier engagement des Iowa, durant la deuxième guerre du Golfe, leur capacité opérationnelle chuta encore fortement. Les 2 navires engagés servirent de plateforme de lancement pour des missiles tirés sur l'Irak ; ils tirèrent respectivement 24 et 28 Tomahawks. L'artillerie ne put être utilisée car les Iowa ne pouvaient s'approcher suffisamment de la côte faute d'un sonar et d'une protection adaptée contre les mines que les Irakiens avaient mouillées en grand nombre dans les eaux côtières.

Accidents et pertes humaines[modifier | modifier le code]

Attaque de kamikaze sur le Missouri à Okinawa. La photo est prise une fraction de seconde avant l'impact d'un Zéro

Seul le Missouri, touché à 2 reprises par des kamikazes japonais, subit des dommages durant les conflits auxquels participèrent les cuirassés de la classe Iowa. Le premier kamikaze s'écrasa le 11 avril 1945 sous le niveau du pont principal, à hauteur de la tourelle 3. Une partie de l'avion et le corps du pilote japonais s'écrasèrent sur le pont tandis que le carburant de l'avion se déversait en mer sans exploser. Le feu qui s'était déclaré à bord fut éteint en quelques minutes. Il n'y eut aucune victime côté américain. La deuxième attaque manqua le bateau, l'avion kamikaze accrocha avec son aile la grue qui servait à hisser les avions. L'avion tomba dans le sillage du Missouri et explosa. Les éclats fusèrent jusqu'à la tourelle 3 et blessèrent plusieurs hommes d'équipage.

Durant les années 1950 le Missouri s'échoua une fois devant la côte ouest des États-Unis et le Wisconsin trois fois. Le Missouri s'échoua près de Hampton Roads, Virginie et ne fut déséchoué que 2 semaines plus tard par des remorqueurs ; il dut effectuer un séjour de plusieurs jours en cale sèche. Le Wisconsin ne fut pas endommagé par ses échouages. Par contre, en 1956, sa collision avec le USS Eaton fit de tels dégâts que le navire passa 16 jours au chantier naval de Norfolk où 20 mètres de l'étrave furent remplacés par la même pièce prélevée sur le USS Kentucky inachevé.

L'accident le plus important eu lieu sur l'USS Iowa en 1989 à bord duquel une explosion eut lieu dans la tourelle 2, faisant 47 victimes. L'origine de l'accident fut une surcharge de gargousse de poudre servant à propulser le projectile. Comme le navire devait être retiré du service peu de temps plus tard, aucune réparation ne fut entreprise.

Durant la guerre du Golfe, le Missouri fut victime d'un tir ami. Le Missouri avait tiré des leurres anti-radar, car deux missiles SS-N-2 avaient été tirés sur l'escadre depuis la terre ferme. D'après les informations fournies par l'US Navy, le phalanx CIWS de l'USS Jarrett prit pour cible les paillettes lancées par le Missouri et quelques projectiles frappèrent le Missouri. Un marin fut blessé par des éclats, lorsqu'une balle frappa la coque et traversa une coursive. Un autre projectile traversa la cheminée avant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Friedman, Norman (1986). U.S. Battleships: An Illustrated Design History. Annapolis: Naval Institute Press. ISBN 0-87021-715-1. P.317
  2. Dumas 2001
  3. Lenton, British battleships 1972, p. 55
  4. Breyer 1973, p. 241
  5. Breyer 1973, p. 250
  6. Breyer 1973, p. 295
  7. Breyer 1973, p. 300
  8. Giorgerini et Nani 1969, p. 329
  9. Lenton, American battleships 1968, p. 37
  10. Lenton, American battleships 1968, p. 45

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War American battleships, carriers and cruisers, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1968 (ISBN 0356-01511-4)
  • (en) H. T. Lenton, Navies of the Second World War British battleships and aircraft carriers, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1972 (ISBN 0356-03869-6)
  • (en) Siegfried Breyer, Battleships and battle cruisers 1905-1970, Macdonald and Jane's,‎ 1973 (ISBN 0356-04191-3)
  • (it) Giorgio Giorgerini et Antonio Nani, Le Navi di Linea Italiane 1861-1969, Ufficio Storico della Marina Militare,‎ 1969 (lien OCLC?)
  • Robert Dumas, Les cuirassés Dunkerque et Strasbourg, Rennes, Marine Éditions,‎ 2001 (ISBN 2-9096-7575-0)