Missile antisatellite

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Lancement d'un Vought ASM-135 ASAT le 13 septembre 1985 par un F-15.

Les missiles antisatellites sont des missiles destinés à détruire des satellites artificiels.

Seuls trois pays ont procédé à des tirs de tels missiles : les États-Unis d'Amérique (dernier tir en 1985, abandon officiel), la République populaire de Chine (premier tir en 2007) et l’URSS (aujourd’hui disparu).

Les États-Unis et l’URSS ont signé un accord excluant l’espace comme champ d’opérations. Au contraire, la Chine considère celui-ci comme un champ possible de combat, ce qui a entraîné le changement de position des États-Unis (tous deux en 2006).

À la suite de la destruction d'un satellite météo chinois par la Chine en janvier 2007, les États-Unis ont relancé des essais : le premier tir contre une cible réelle eut lieu lors de la destruction à 247 km d'altitude d’un satellite espion en perdition USA 193 le 21 février 2008.

La relance des essais de missiles antimissiles et antisatellites menace l’équilibre géo-stratégique instauré par l’équilibre de la terreur (voir destruction mutuelle assurée).

Les missiles antisatellites reconnus[modifier | modifier le code]

Un Bold Orion embarqué sous un B-47.
Lancement du missile Standard Missile 3 qui détruira le satellite USA 193
  • États-Unis :
    • l’ancêtre des missiles antisatellite est le Bold Orion avec le premier tir le 13 octobre 1959 depuis un B-47 Stratojet contre le satellite Explorer-6 à 251 km d'altitude. Construit à une douzaine d'exemplaires, il fut en service seulement de 1958 à 1959 ;
    • LIM-49A Spartan du système anti-missiles Safeguard. Opérationnel seulement d’octobre 1975 à début 1976 ;
    • ASM-135 ASAT : il s'agissait d'un missile destiné à frapper les satellites espions soviétiques qui utilisait la grande capacité du F-15 à grimper en vol vertical à haute altitude. Le radar du chasseur désignait la cible et l'ASAT poursuivait son ascension jusqu'à sa cible qu'il détruisait grâce à un projectile cinétique. Ce programme débuté en 1977 a été abandonné en 1988 pour raisons politiques après un unique tir réel contre un satellite le 13 septembre 1985[1];
    • RIM-161 Standard Missile 3 : ce missile est issu du programme « Missile Defense » américain. Il dérive du missile anti-aérien SM2 et est embarqué sur des croiseurs américains classe Ticonderoga. Cette arme est opérationnelle depuis les années 2000.

Satellite détruit[modifier | modifier le code]

Le 11 janvier 2007, la Chine réussissait à détruire un de ses anciens satellite météo évoluant à environ 800 km d'altitude à l'aide d'un missile probablement dérivé de ses armes intercontinentales[2]. Des essais similaires avaient déjà eu lieu précédemment, tant par les Américains que par les Soviétiques qui les avaient arrêté au milieu des années 1980.

Les États-Unis ont détruit, le 20 février 2008 (21 février 2008 vers 3h30 GMT), un de leurs satellites espions en perdition au-dessus de l'océan Pacifique, à l'aide d'un missile tiré depuis le croiseur américain USS Lake Erie. L'objectif officiel était d'empêcher la rentrée dans l'atmosphère de ce satellite contenant un réservoir de 450 kg d'hydrazine, carburant hautement toxique[3]. Le Pentagone affirme que celui-ci a été réduit en débris de faible taille[4] et, en particulier le réservoir d'hydrazine, qu'ils ne présentent plus aucun danger[5].

Mais le but pourrait être différent d'une simple mesure de protection[6]. Certains, dont la Russie et la Chine, pensent que Washington a voulu éviter que d'éventuels morceaux de ce satellite ultra-secret, ne tombent aux mains de puissances étrangères, mais surtout que la destruction de ce satellite était l'occasion pour les États-Unis de tester leurs armes anti-satellites[7], risquant ainsi de relancer la « Guerre des étoiles »[8],[9].

Indépendamment de la tension politique et de la course à l'armement engendrée, ces destructions de satellites posent un grave problème de débris spatiaux en orbite moyenne ou géostationnaire. Ces milliers de débris, même de très petites tailles, sont particulièrement dangereux pour les satellites et les missions habitées[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. P78-1
  2. Un missile chinois détruit un satellite en orbite
  3. La marine américaine a abattu un satellite
  4. En bref : USA 193 détruit en orbite par un missile
  5. Le satellite espion pulvérisé, selon le Pentagone
  6. Pourquoi les États-Unis veulent-ils détruire le satellite USA 193 ?
  7. Washington suspecté de tester la guerre des étoiles
  8. La Chine s'inquiète de la destruction du satellite américain
  9. Moscou : La destruction d'un satellite américain cacherait un essai militaire
  10. Pollution spatiale en 2007 : année record pour les débris orbitaux