Pantex

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35° 18′ 42″ N 101° 33′ 35″ O / 35.311568, -101.559725 ()

Vue aérienne d'une partie du site de Pantex près d'Amarillo au Texas, États-Unis.

Pantex désigne à la fois une société américaine et un site d'assemblage et de démantèlement d'armes nucléaires. En 2013, c'est le seul site effectuant ces tâches pour le compte des États-Unis. Il est également responsable de maintenir la sécurité et la fiabilité des armes nucléaires inactives des États-Unis[note 1]. Le site est situé sur un terrain d'une superficie de 65 km2 dans le comté de Carson à environ 27 km au nord-est d'Amarillo, Texas, États-Unis juste au nord de la U.S. Route 60. Le site est exploité pour le compte du Département de l'Énergie des États-Unis (DoE) par BWXT Pantex et Laboratoires Sandia. BWXT Pantex est une société conjointement détenue par BWX Technologies, Honeywell et Bechtel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Autre vue de l'usine Pantex.
Assemblage de bombes conventionnelles sur le site en 1944.

Le site de Pantex, dont le nom vient de Texas Panhandle, fut construit à l'origine pour la fabrication de bombe destinées à l’armée de terre des États-Unis par le Army Ordinance Corps pendant les premiers mois de l'entrée en guerre des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. La construction du Pantex Ordnance Plant fut autorisé le , laquelle fut complétée le . Par la suite, des travailleurs de toutes les régions des États-Unis vinrent y assembler des bombes.

La production fut arrêtée dès que la guerre se termina. Il resta inactif jusqu'en 1949, quand le Texas Technological College de Lubbock au Texas (maintenant l'Université de Texas Tech) l'acquit pour la somme symbolique de 1 $. Texas Tech utilisait le site pour des expériences alimentaires sur les vaches.

En 1951, à la demande de la Commission de l'énergie atomique des États-Unis (AEC, qui fait partie du DoE en 2010), l'armée américaine exerça son droit de reprendre le site principal ainsi que 40 km2 de terrains le bordant. L'AEC remit à jour les installations au coût de 25 millions de dollars américain dans le but de fabriquer des armes nucléaires ainsi que de fabriquer et de tester des explosifs spéciaux. Le site employait environ 2 700 travailleurs en 1985.

Les 24 km2 restants du site original furent loués de Texas Tech en 1989.

Des techniciens assemblent les dernières pièces d'une ogive nucléaire en 1985.

En 1989, le Rocky Flats Plant du DoE, situé près Golden, Colorado, fut mis hors service en tant que centre de traitement du plutonium pour différentes raisons : environnement, empiètement urbain, protestations de groupes environnementaux et perte de mission (lorsque le Congrès des États-Unis a refusé d'approuver la création d'une nouvelle génération d'armes nucléaires). La mise hors service du Rocky Flats Plant a obligé la délocalisation du plutonium vers le site de Pantex.

Démontage d'une B61 à Pantex. Cette arme comporte environ 6 000 piéces.

En 1994, le site de Pantex fut désigné comme éligible au Superfund[1]. L'Agence de protection de l'environnement des États-Unis (EPA) n'a pas analysé les contaminants et les risques d'exposition du site, mais a déclaré que la contamination des eaux souterraines n'est pas contrôlée[2].

Relativement aux personnes habitant près du site de Pantex, l’Agency for Toxic Substances and Disease Registry a publié des documents sur (1) la hausse significative du nombre de cancer et sur (2) le nombre plus élevé de bébés naissants ayant un poids inférieur à la moyenne nationale. Elle a cependant conclus que le site ne pose pas de risque majeur pour la santé humaine faute de pouvoir mesurer correctement les contaminants en provenance du site[3].

En 1998, Pantex employait environ 3 800 personnes et avait un budget d'exploitation de 308 millions USD.

De 1994 à 2009, 8 748 ogives nucléaires ont été démantelées[4].

Le nombre d'armes démantelé a parfois dépassé les 1 000 par an dans les années 1990. En 2003, le nombre avait chuté à 100, pour ensuite augmenter à 2008 à environ 300 par an. En 2010, environ 14 000 noyaux de plutonium soit environ 38 tonnes de plutonium sont stockés sur des armes anciennes et de la capacité de stockage des systèmes existants sont largement épuisé. Des extensions sont nécessaires pour être en mesure de stocker les futurs noyaux des armes actuelles[5].

Les noyaux de plutonium sont stockées dans des conteneurs fermés en acier inoxydable, qui sont à leur tour sont stockés dans 60 bunkers (igloos). Chaque igloo peut accueillir de 240 à 400 noyaux. Une partie du plutonium métallique à partir des carottes pour être converti en dioxyde de plutonium et le combustible MOX de Savannah River Site sont traitées pour les centrales nucléaires. Des noyaux sont conservés comme une réserve stratégique[6].

En 2008, Pantex a mis en place un programme visant à prolonger de 30 ans la carrière opérationnelle d'ogives nucléaires, tout en leur ajoutant de nouvelles fonctionnalités et en améliorant leur capacités militaire. Le programme a un coût annoncé, pour l'année fiscale 2016, d'un milliard et demi de dollars américains. Dans le cadre de celui-ci et après des problèmes de démarrage, Pantex fabrique depuis 2008 des W76-1 destinés aux missiles balistiques mer-sol stratégiques Trident II (D5) de la United States Navy. La fabrication à pleine échelle sera atteinte en 2013 et continuera jusqu'en 2018. Les W76 seront fabriquées jusqu'à l'année fiscale 2022.

Toujours dans le cadre de ce programme, la fabrication d'ogives B61-12 à partir d'éléments de B61-3, B61-4 et B61-7 débutera lors de l'année fiscale 2017[7].

En septembre 2009, Pantex se composait de 638 installations d'une superficie de 289 165 , dont 14 installations louées d'une superficie de 8 020 m². Les installations de l'usine sont utilisées à cette date à 98,5 %.

Dans les années 2010, il est prévu la construction de trois nouvelles installations de fabrication d'explosifs à haute puissance qui se traduira par l'augmentation de l'espace de production de 9 383 m². Ce nouvel espace pourrait offrir 3 370 m² au personnel.

De plus, il est planifié que l'espace loué devrait augmenter d'environ 16 400 m², remplaçant 29 sites périmés, ainsi que 5 petits sites individuels en location[8].

Bunker de stockage provisoire d'armes nucléaires à Pantex. En 1996, 38 des 60 bunkers sont utilisées pour la stockage temporaire des armes nucléaires à destination ou passant de l'usine Pantex. Les 22 autres unités sont utilisées pour l'entreposage provisoire des composants scellés contenant du plutonium qui sont éliminés des armes démontées.
Bombe B53 en 2011 à Pantex pour y être démantelé.

Le 15 janvier 2010, le site fut temporairement fermé à cause d'un problème potentiel de sécurité après que des hommes armés furent aperçut à proximité. Il s'agissait de 2 employés chassant pendant leur temps libre sur des terrains à proximité du site : ils ont affirmé avoir le droit de le faire[9].

En 2011, l'usine doit mettre en fonction de nouvelles machines-outils permettant de réduire de moitié le temps de démantèlement des bombes B83[10].

Controverses[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, le pasteur Leroy Matthiesen a commencé à encourager les travailleurs catholiques à quitter leur emploi, offrant de l'aide financière à ceux qui le feraient. En 1986, un groupe d'activistes en faveur de la paix a acquis 81 000 m2 de terrains adjacents au site pour créer The Peace Farm : « un témoignage visible contre les armes de destruction massives[trad 1],[11]. » En 2010, le groupe continue à attirer l'attention sur le rôle joué par le site sur l'arsenal nucléaire américain.

En novembre 2006, le DOE a imposé une amende 110 000 USD aux exploitants du site lorsque fut révélé que des employés avaient appliqué une pression trop élevée lors du démantèlement d'une ogive W56[12].

Une autre controverse est survenue lorsqu'il fut découvert que des normes fédérales relatives à la sécurité des gardes n'étaient pas respectées. Certains gardes de sécurité n'ont pas les capacités physiques exigées. Également, ils doivent porter en tout temps un gilet pare-balles et un fusil pendant leur quart de 12 heures. Le syndicat des gardes s'est opposé à ces nouvelles exigences[13] et 500 gardes ont fait la grève pendant 45 jours en 2007[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions de[modifier | modifier le code]

  1. (en) « a visible witness against weapons of mass destruction »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces armes ne sont pas démantelées, mais elles ne sont pas immédiatement prêtes à être mises en service.

Références[modifier | modifier le code]

  1. NPL Sites in Texas | National Priorities List (NPL) | US EPA
  2. (en) EPA report on Pantex
  3. (en) ATSDR - PHA - Pantex Plant, Amarillo, Carson County, Texas
  4. (fr) Les USA révèlent posséder 5.113 têtes nucléaires dans leur arsenal, AFP, 3 mai 2010, Le Point
  5. U.S. Nuclear Forces, 2010, Bulletin of the Atomic Scientists, mai 2010
  6. Robert S. Norris et Hans M. Kristensen, Dismantling U.S. Nuclear Warheads, Bulletin of the Atomic Scientists, janvier 2004
  7. (en) Hans M. Kristensen, The Nuclear Weapons Modernization Budget, 17 février 2011
  8. (en) [PDF] PANTEX PLANT FY2011 - FY2020 LIMITED TEN-YEAR SITE PLAN, National Nuclear Security Administration
  9. Duck hunters spark nuclear weapons plant lockdown, BBC, 15 janvier 2010
  10. (en) Pantex Develops Tooling System To Save Time, Money, NNSA, 10 septembre 2010
  11. http://users.arn.net/~peacefarm/hiroshima04.html
  12. (en) « DOE/NNSA Cites BWXT Pantex for Price-Anderson Violations »,‎ 2006 (consulté en 2008-09-23)
  13. Fit to Guard Weapons?, US News and World Report,‎ avril 30, 2007
  14. LP: Security Guards Go On Strike At U.S. Nuclear Weapons Plant

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]