RIM-161 Standard Missile 3

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Un Standard Missile Three (SM-3) tiré depuis le système de lancement vertical du croiseur USS Lake Erie (CG 70) de classe Ticondegora.

Le RIM-161 Standard Missile 3 (ou simplement SM-3), conçu par la société américaine Raytheon, complète le système de combat Aegis (« Égide ») dans le domaine de la lutte maritime contre les missiles balistiques à courte et moyenne portée. Il est ainsi tiré depuis les navires disposant de l'Aegis qui peuvent l'utiliser efficacement avec leur radar SPY.

Cette arme fut développée dans le cadre de la défense antimissile, l'un des programmes les plus importants de la défense américaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Lancement du RIM-161 SM-3 pour détruire le satellite USA 193

Le premier tir d'essai a eu lieu en septembre 1999. Le missile est opérationnel en 2008 dans la United States Navy, la Force maritime d'autodéfense japonaise ainsi que dans la marine royale néerlandaise.

Bien que principalement conçu comme un missile anti-balistique, le SM-3 peut également être employé dans la lutte anti-satellite lorsque ces derniers se trouvent dans leurs orbites les plus basses.

Il s'agit d'une amélioration du RIM-67 Standard SM-2ER Block IV.

En décembre 2007, le Japon a procédé à un essai réussi d'un SM-3 IA bloc à bord de JDS Kongo contre un missile balistique. C'était la première fois qu'un navire japonais a été utilisé pour lancer le missile intercepteur au cours d'un test de l'Aegis Ballistic Missile Defense System. Dans ses précédents essais, la marine japonaise était chargée du suivi et de la communication.

En 2009, le gouvernement américain annonce son intention de déployer une version terrestre du SM-3 en Europe dans les années 2010[1].

Début septembre 2012, 135 missiles SM-3 block IA et IB sont livrés aux marines américaines et japonaise[2] et un contrat de 230 millions US$ est signé pour la livraison de 14 missiles SM-3 Block IA et 5 missiles SM-3 Block IB. La valeur totale du contrat concernant l'ensemble de ces missiles est de 1,7 à 1,93 milliard US$ pour Raytheon[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le missile[modifier | modifier le code]

Ce missile mer-air dispose d'une liaison de données cryptée avec le navire de guerre lanceur permettant de contrôler l'arme pendant le vol. Son coût unitaire est estimé à 10 millions de dollars américain en 2009, les versions améliorées en développement à cette date coûteront entre 13 et 15 millions de dollars [4];

L'arme dispose de quatre étages :

  • le booster MK 42 permettant de lancer le missile depuis le vaisseau ;
  • un moteur « double-poussée » MK 104 qui prend le relais juste après le lancement pendant la phase de guidage en vol vers la cible ;
  • le moteur « troisième étage » MK 136 qui pousse le missile hors de l'atmosphère ;
  • la tête cinétique SM-3.

À l'extinction de ce moteur, à environ 30 secondes de l'impact avec la cible, ce troisième étage se renverse et éjecte la tête cinétique SM-3 (la « SM-3 KW » ou Kinetic Warhead en anglais).

Cette tête dispose d'un système de manœuvre extra-atmosphérique (SDACS : Solid Divert and Attitude Control System), piloté par un capteur infrarouge à longue portée de détection. Ce système permet de manœuvrer la tête jusqu'à la cible, et d'identifier l'endroit optimum de collision pour obtenir la meilleure chance de détruire la cible.

La SM-3 ne dispose pas d'une tête équipée d'une charge explosive, mais d'une masse métallique nommée Lightweight Exo-Atmospheric Projectile (LEAP) (Projectile léger hors atmosphère en français) qui est propulsée à plus de 9 000 km/h par les 2e et 3e étages. La masse de la tête couplé à une grande vitesse permet de détruire la cible avec une énergie cinétique équivalente à celle d'un train de 1 000 tonnes se déplaçant à 100 km/h[5].

Le fonctionnement du système d'arme[modifier | modifier le code]

Le radar AN/SPY-1 du navire détecte la cible balistique et le système d'arme Aegis calcule une solution de tir sur la cible. Lorsque le missile est paré au lancement, le moteur fusée d'appoint Aerojet MK72 à combustibles solides lance le SM-3 hors du navire et de son système de lancement vertical (VLS) MK41. Le missile établit ensuite la communication avec le navire de lancement et la poursuite de la cible peut débuter.

Une fois que le booster a brûlé son combustible, il se détache et c'est au tour du moteur fusée Aerojet MK104 à combustible solide et double poussée (DTRM) de prendre en charge la propulsion dans l'atmosphère. Le missile reçoit de manière continue jusqu'à mi-parcours des informations d'orientation du navire de lancement et est également aidé par des données GPS.

C'est au tour du moteur fusée de troisième phase ATK MK 136 à alimentation solide (TSRM) de se mettre à feu et d'engager la phase finale de la poursuite, en dehors de l'atmosphère s'il le faut. Le TSRM assure la propulsion du SM-3 jusqu'à 30 secondes pour permettre l'interception. Une fois ce temps écoulé, le TSRM se sépare et le Projectile Léger Extra-Atmosphèrique (LEAP) à ogive cinétique (KW) commence à chercher sa cible en utilisant des données de pointage issues du navire de lancement. Un dispositif de petites fusées ATK et un système de contrôle d'altitude (SDACS) permet à l'ogive de manœuvrer dans la phase finale de l'engagement.

Les capteurs de l'ogive cinétique identifient la cible en s'assurant que la tête cinétique demeure continuellement pointée sur son objectif. Si l'ogive (KW) intercepte sa cible, elle dégage 130 mégajoules d'énergie cinétique au point d'impact.

Faits d'armes[modifier | modifier le code]

Son premier tir contre une cible réelle eut lieu dans le rôle de missile antisatellite lors de la destruction à 247 km d'altitude du satellite espion américain en perdition USA 193 le 21 février 2008.

Le 14 février 2008, les États-Unis avaient annoncé leur intention d'utiliser un missile SM-3 modifié depuis un groupe de trois navires dans le Pacifique Nord afin de détruire un satellite d'espionnage américain en perdition : USA 193 à une altitude de 130 milles nautiques (240 kilomètres) peu de temps avant sa rentrée atmosphérique. Les autorités avait indiqués qu'elles souhaitaient réduire le danger pour les êtres humains d'une rentrée en atmosphère non contrôlée. Le satellite contenait en effet une substance toxique : l'hydrazine, un carburant transporté par le satellite. Un porte-parole avait déclaré que les logiciels associés au SM-3 ne nécessiteraient pas d'importantes modifications pour atteindre le satellite, reconnaissant, tout de même que le missile n'avait pas été conçu en tant qu'ASAT (arme anti-satellite).

Le 21 février 2008 à h 26 UTC, l’USS Lake Erie, un croiseur lance-missiles de la classe Ticonderoga, a tiré un seul SM-3 qui a frappé et détruit avec succès le satellite à une vitesse d'environ 36 667 km/h (22 783 mph), alors que le satellite se trouvait à 247 km (133 miles) au-dessus de l'océan Pacifique. L’USS Decatur, l’USS Russell, des unités sur terre, en l'air, sur mer et également des capteurs spatiaux ont participé à l'opération.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Personnel de rédaction, « The next salvo », The Economist,‎ 18 février 2010 (lire en ligne)
  2. (en) Defense World, « Raytheon To Supply SM Block-3 IA, IB Missiles To U.S », Defense World,‎ 5 septembre 2012 (lire en ligne)
  3. (en) DoD, « Contract No. 717-12 », Defense.gov, Département de la Défense des États-Unis,‎ 30 août 2012 (lire en ligne)
  4. (en) Colin Clark, « Likely Winners From Euro Missile Cut », sur http://www.dodbuzz.com,‎ 17 septembre 2009 (consulté le 1er octobre 2009)
  5. [PDF] Standard Missile-3 sur le site de Raytheon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]