AGM-86 ALCM

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AGM-86 ALCM
Image illustrative de l'article AGM-86 ALCM
Présentation
Fonction missile de croisière conventionnel ou nucléaire
Constructeur Drapeau des États-Unis Boeing Integrated Defense Systems
Coût à l'unité 1 000 000 $
Déploiement 1982
Caractéristiques
Moteur 1 turbofan Williams International F107-WR-10 de 2,7 kN de poussée
Masse au lancement 1 429 kg
Longueur 6,3 m
Diamètre 0,62 m
Envergure 3,65 m
Vitesse 890 km/h
Portée 2 400 km
Charge AGM-86B : nucléaire (5 ~ 150 kT)
AGM-86C : 1 450 kg d'explosif soufflant;
AGM-86D : pénétrateur de 540 kg.
Guidage AGM-86B : guidage inertiel avec mise à jour en fonction du terrain;
AGM-86C : Navigation inertielle avec mise à jour GPS.
Détonation impact
Plateforme de lancement B-52H
Pays utilisateurs
Drapeau des États-Unis États-Unis

L'AGM-86 ALCM est un missile de croisière conventionnel ou nucléaire américain.

Mission[modifier | modifier le code]

L'ALCM a été conçu pour augmenter l'efficacité du bombardier Boeing B-52 du Strategic Air Command en environnement très défendu. Il est capable d'en emporter 8 en soute sur un lanceur rotatif plus 12 sous les ailes. La portée de 2 000 km permet de le tirer à distance de sécurité. Après le tir, le missile de croisière déploie ses ailes, sa dérive et l'entrée d'air puis démarre un petit turboréacteur lui permettant de voler à une vitesse légèrement inférieure à celle du son. Le guidage est assuré par reconnaissance du relief, une base de données embarquée dans la mémoire du missile lui permet de déterminer sa position et sa route. Capable de voler à très basse altitude il est très difficile à détecter et donc à contrer. Le guidage terminal est très précis. Il est chargé de trois différentes missions :

  • La frappe nucléaire tactique/stratégique grâce à sa charge thermonucléaire W80 (puissance entre 5 kT et 150 kT).
  • La frappe chirurgicale en environnement très défendu avec une charge conventionnelle de 1 450 kg.
  • La destruction d'ouvrages fortifiés avec un pénétrateur de 540 kg.

Développement[modifier | modifier le code]

L'histoire de l'AGM-86 commence en 1968, lorsque l'US Air Force envisage de créer un petit aéronef capable de se diriger seul, afin de tromper les radars en faisant croire à une formation de bombardiers. Rapidement, l'idée de l'équiper d'une tête nucléaire fit son chemin et, en 1970, le programme ZAGM-86A est lancé. Rapidement, la facture grimpe, notamment en ce qui concerne l'électronique, et en 1973, le développement de la partie leurre est abandonnée. L'AGM-86 devient un missile de croisière à part entière. En 1974, Boeing gagne le contrat, renommé AGM-86A. En mars 1976 a lieu le premier vol, puis en septembre le premier vol guidé. L'US Air Force demande une rallonge de la portée du missile, pour atteindre l'objectif de 2 400 km. Pour parvenir à ce nouvel objectif, il est nécessaire d'augmenter la taille du missile, ce qui va poser un problème majeur… Il ne rentre plus dans la soute du B-1 et nécessite la création de nouveaux pylônes d'emport ! L'US Air Force abandonne donc son projet appelé ERV (Extended Range Vehicle) et décide de s'en tenir à la production de l'AGM-86A en 1977.

Suite au lancement du programme JCMP (Joint Cruise Missile Project - Projet de Missile de Croisière Commun), l'US Air Force et l'US Navy doivent harmoniser leurs décisions concernant les missiles de croisière. En effet, si l'US Air Force a choisi l'AGM-86, l'US Navy a opté pour le BGM-109 Tomahawk. Finalement, les deux missiles recevront la propulsion de l'AGM-86 et le système de guidage du BGM-109. La version courte portée AGM-86A est abandonnée et seul l'ERV, renommé AGM-86B est conservé pour être mis en compétition avec l'AGM-109, version Air-Sol du BGM-109. En août 1979, l'AGM-86B fait son premier vol, et en mars 1980, il est déclaré vainqueur du concours. En 1981, il est déclaré opérationnel sur le B-52H.

Construction[modifier | modifier le code]

Le missile peut être séparé en 4 sous-sections :

Guidage[modifier | modifier le code]

Le système TERCOM (TERrain COntour Matching - Repérage des contours du terrain) AN/DPW-23 fonctionne en comparant le relief entourant le missile à celui stocké dans une base de données interne. Ainsi, le missile est en permanence capable de se recaler sur sa route théorique et est très difficile à brouiller. Le guidage du missile utilise des centrales inertielles pour déterminer l'attitude du missile et le système TERCOM pour déterminer sa position. Le taux d'erreur circulaire à l'impact se trouve compris entre 30 et 90 m.

Charge militaire[modifier | modifier le code]

Le missile peut emporter 3 types de charges selon la mission à remplir :

  • Nucléaire (W-80-1) de 5 à 150 kT
  • Conventionnelle à fragmentation/souffle de 1 450 kg
  • Pénétrante avec pénétrateur AUP-3M de 540 kg

Contrôle[modifier | modifier le code]

Le contrôle en vol est assuré par les trois surfaces de l'empennage. Ces trois surfaces sont repliées tant que le missile n'est pas tiré. La portance est assurée par deux ailes à grand allongement, également repliées sous le fuselage avant le tir.

Propulsion[modifier | modifier le code]

La propulsion est assurée par un petit turboréacteur Williams F107-WR-100 ou -101 de type turbofan, fournissant 2,7 kN de poussée. Ce réacteur équipe également le missile BGM-109 Tomahawk.

Carrière opérationnelle[modifier | modifier le code]

Seule la version AGM-86C conventionnelle, développée dans le secret à la fin des années 1980, a été employée au combat. Leur baptême du feu a lieu lors d'une mission secrète à l'ouverture de l'opération Tempête du désert le 15 janvier 1991 par le tir depuis sept B-52G du 2nd Bomb Wing, décollant de Barksdale Air Force Base en Louisiane, de 35 missiles de croisière AGM-86 équipés d'une charge conventionnelle de 1 000 livres contre des centrales électriques et d'autres cibles en Irak. Cette mission fut alors la plus longue de l'histoire militaire aérienne (plus de 14 000 milles nautique et 35 h de vol)[1].

En 1996, ils entrent de nouveau en action en Iraq lors de la répression de Saddam Hussein envers les Kurdes, 13 missiles sont tirés. En 1998, de nouveaux AGM-86 sont tirés contre l'Iraq, puis en 1999 contre l'ex-Yougoslavie durant la guerre du Kosovo. Enfin, l'arme a été utilisée pour la dernière fois en 2003, dans sa version AGM-86D, contre des bunkers irakiens.

Versions[modifier | modifier le code]

AGM-86B
  • ZAGM-86A : (1970) Étude initiale de l'arme, rayon d'action et forme différentes.
  • AGM-86A : (1974) Version de production du ZAGM-86A. Non produit.
  • AGM-86A ERV : (1976) Étude d'une version à rayon d'action allongée (2 400 km). Non produit car ne rentrait plus dans la soute de l'avion qui devait l'employer.
  • AGM-86B block I : (1979) Version de production de l'ERV.
  • AGM-86B block II CALCM : (1986) Un petit nombre d'AGM-86 est mis à jour, nouveau TERCOM, centrales à inerties recalées par GPS, charge conventionnelle de 900 kg. Sert de base à l'AGM-86C CALCM.
  • AGM-86C CALCM block 0 : Version de production de l'AGM-86B bloc II CALCM. Le rayon d'action est significativement plus court en raison de la masse plus importante.
  • AGM-86C CALCM block 1 : (1996) Mise à jour du GPS, charge utile portée à 1 450 kg.
  • AGM-86C CALCM block 1A : (2001) Mise à jour du GPS, très grande précision terminale (métrique).
  • DATM-86C : Version inerte d'entraînement à la manutention. (pas de propulsion, pas de charge)
  • AGM-86D CALCM Block II : (2001) Version équipée d'une tête pénétrante AUP de 540 kg pour détruire les cibles fortifiées ou profondément enterrées.

Vecteurs[modifier | modifier le code]

Un B-52H photographié avec son arsenal embarqué à Barksdale Air Force Base

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) C. Reed, « Strategic Air Command in Desert Storm » (consulté le 29 décembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Armes du même type[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]