M47 Dragon

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M47 Dragon
Image illustrative de l'article M47 Dragon
Présentation
Fonction Missile antichar
Constructeur McDonnell Douglas Astronautics & Raytheon
Coût à l'unité 13 000 $
51 000 $ avec le viseur de nuit AN/TAS-5
Déploiement de 1975 à 1995
Caractéristiques
Moteur 30 paires de mini-moteurs fusée à carburant liquide, 1.2 kN chacun.
Masse au lancement 10,9 - 12,2 kg (missile)
Longueur tube de lancement : 115,4 cm
Diamètre missile : 127 mm
tube : 140 mm
Envergure 29,2 cm
Vitesse 90 m/s
Portée de 65 à 1000 m (1500 m maximum)
Charge charge creuse de 2,5 kg
Guidage télécommande automatique par alignement optique avec filoguidage
Détonation à l'impact
Plateforme de lancement poste de tir fixe M175 (optionnel)

Le M47 Dragon, connu aussi sous la désignation de FGM-77, fut le premier missile antichar, transportable et mis en œuvre par un seul homme. Son nom a été donné suite aux séries d'étincelles et de crépitements émis par la trentaine de mini-moteurs fusée propulsant le missile. Il a été remplacé au milieu des années 1990 par le FGM-148 Javelin après vingt années de service.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1960, l’US Army lança le programme MAW (Medium Anti tank Weapon) sur une proposition de Douglas. En 1966, Douglas reçut le contrat pour développer le XM-47. En 1967, le XM-47 fut redésigné FGM-77 et FTM-77 (le FTM-77 étant la version d’entrainement). Le premier test du missile eut lieu en décembre 1967 suivi par le premier tir en conditions réelles (ensemble de tir, guidage et lanceur) le 5 juillet 1968.

Il avait une portée de 1 500 m (dans sa dernière version). Dans son tube de tir, l’ensemble du système pesait 14 kg et mesurait 1,12 m. 50 000 exemplaires furent construits[1] entre 1974 et 1981. Une autre source cite 200 000 exemplaires construits[2].

Description & fonctionnement[modifier | modifier le code]

Tube portatif lanceur[modifier | modifier le code]

Le missile, dès sa sortie de l'usine, est scellé dans un cylindre en fibre de verre, de couleur vert foncé traversé de bandes jaunes. Le transport s'effectue à l'aide d'une sangle ajustable, le missile étant protégé des chocs par de larges couvercles en polystyrène expansé montés aux extrémités du tube (le couvercle frontal étant retiré avant le tir).

Sous l'avant du lanceur se trouve un bipied repliable retenu par une petite sangle, généralement déployé juste avant le tir. Les viseurs sont clipsés sur le tube par l'intermédiaire d'un rail de fixation équipé de connecteurs électriques, le récepteur infrarouge de chaque viseur étant alimenté par une petite batterie montée à l'arrière du tube.

Missile[modifier | modifier le code]

Le souffle généré par l'expulsion du missile est dangereux dans un cône de 30 mètres derrière le lanceur

Lors du tir, le missile est éjecté de son tube portatif par une charge de poudre qui neutralise automatiquement le recul.
Le missile va alors activer deux composants nécessaires à son guidage : un filin qu'il déroule durant son parcours et la mise à feu d'un dispositif pyrotechnique situé dans sa queue.
Pour stabiliser le projectile durant son vol, trois ailerons courbes dépliables font tourner le missile sur lui-même, la charge explosive, quant à elle, est armée après avoir parcouru une distance de 65 m.

L'engin est propulsé jusqu'à sa cible à la vitesse de 90 mètres par seconde grâce à la mise à feu séquentielle de 30 paires de mini-moteurs de poussée, disposés sur toute la longueur du corps du missile. Dans certaines configurations, la vitesse avant l'impact peut atteindre les 900 km/h.

Viseur de jour SU-36/P[modifier | modifier le code]

Le système de visée est composé d'un viseur électro-optique de jour SU-36/P conçu par Kollsman, réutilisable après chaque tir. Pesant 3,10 kg, il est entièrement fait en aluminium et ses optiques sont protégées par des œilletons en caoutchouc. Le SU-36/P possède une capacité de grossissement de × 6 à travers un angle de vue de 6°. Le tireur dispose d'une lunette monoculaire à grossissement variable, en plus du réticule en forme de croisillon en son centre, qui est graduée avec deux lignes stadimétriques verticales. À droite de la monoculaire du tireur se trouve un récepteur infrarouge, composé d'une grosse lentille équipée d'un filtre servant à capter le signal infrarouge émis par le missile durant son vol.



Viseur de nuit AN/TAS-5[modifier | modifier le code]

Le viseur infrarouge AN/TAS-5 monté sur le lanceur.

Le tir tout temps est possible, grâce à l'utilisation d'un viseur infrarouge passif AN/TAS-5 à refroidissement cryogénique. Son mode de fonctionnement est similaire au viseur de jour SU-36/P, mais il est beaucoup plus lourd (9,82 kg) et bien plus encombrant que ce dernier.
L'AN/TAS-5, conçu au début des années 1970 par Texas Instruments, offre une capacité de grossissement de × 4 pour angle de vue ajustable de 3,4° à 6°. Il transforme les émissions infrarouges en signaux électriques, qui vont restituer à la manière d'une caméra une image colorée en rouge et noir en fonction de la température de l'environnement visé. Le contraste et la luminosité peuvent être ajustés comme sur un écran de télévision. La mise sous tension du viseur infrarouge se fait à l'aide d'un commutateur à quatre positions, la première servant à éteindre le système, la deuxième permettant de vérifier l'état de la batterie et du liquide de refroidissement à l'aide d'un témoin lumineux, la troisième permettant d'activer le viseur, et la quatrième servant à éjecter la cartouche abritant le gaz de refroidissement. L'AN/TAS-5 ne requiert pas d'alimentation externe : il possède sa propre batterie rechargeable de 4,8 volts à courant continu, lui procurant une autonomie de fonctionnement de 2 heures.

Détonateur électrique M57[modifier | modifier le code]

Le système de mise à feu est composé d'un détonateur électrique M57. Ce petit boîtier en plastique, de la taille d'un paquet de cigarettes, est composé d'une détente, d'une prise électrique et d'un levier de sécurité. Lors de son utilisation sur le M47 Dragon, il est attaché au viseur. Appelé couramment « Clacker » par les soldats, le M57 servait aussi de détonateur sur la mine antipersonnel M18A1 Claymore.

Système de guidage[modifier | modifier le code]

Le M47 Dragon fait appel à un système de guidage à télé-commande automatique (TCA) précédemment utilisé sur les missiles TOW et Shillelagh.
Avec ce système, tout ce que l'on demande au fantassin, c'est de regarder au travers d'un viseur optique amplificateur et de maintenir celui-ci exactement aligné sur l'objectif.

Pendant ce temps là, un deuxième système électro-optique monté parallèlement au viseur reçoit visuellement, un rayonnement thermique (généralement des infrarouges) en provenance d'un système pyrotechnique situé sur la queue du missile et le focalise sur un récepteur/localisateur sensible. Celui-ci mesure continuellement via un calculateur la position de la source de chaleur (le missile) par rapport à la ligne de mire fixée sur l'objectif, toute déviation provoquant automatiquement le signal de correction voulu, qui est à son tour transmis le long des fils (reliant le missile au lanceur) et cela sans aucune intervention de l'opérateur.

Versions[modifier | modifier le code]

  • FGM-77 : Désignation du missile lors de son développement.
  • M47 Dragon : Nom attribué lors de son entrée en service. La munition M222 HEAT de 10,9 et de 74,4 cm de longueur est capable de percer une plaque de 330 mm d'acier.
  • Dragon II : Version améliorée en 1985, uniquement pour l'USMC, désignée officiellement FGM-77B. Sa munition MK 1, MOD 0 HEAT de 12,2 kg et de 84,6 cm de longueur perce aux alentours de 400 mm d'acier.
  • Super-Dragon : Apparue en 1990, ce modèle dérivée du Dragon II offrait une capacité de pénétration de 450 mm pour une portée allongée à 1 500 m.
  • Dragon III : Seconde modèle du programme de modernisation du missile, sa charge creuse de 5,4 kg est dotée d'une perche augmentant sa capacité de pénétration de 500 à 600 mm d'acier.
  • Saeghe : Copie du M47 Dragon américain, réalisée en 2002 par rétro-ingénierie. Une version améliorée à depuis été réalisée sous le nom de Saeghe-2.


Engagement[modifier | modifier le code]

Deux soldats de la 82e division aéroportée de l’Armée des États-Unis, portant chacun un M47 Dragon, lors de l'opération Urgent Fury durant l'invasion de la Grenade en 1983.

Le Dragon fut utilisé par l’US Army et le Corps des Marines durant l’opération Desert Storm en 1991. Il a été remplacé depuis le milieu des années 1990 par le FGM-148 Javelin dans l'armée américaine.

Le M47 a été acquis par l'armée suisse et retiré du service en 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert Berman et Bill Gunston, "rockets & Missiles of World War III" 1983, Bison Books Corp, Greenwich USA, 192 p. (ISBN ISBN 0-86124-133-9.[à vérifier : ISBN invalide])

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]