MGM-31 Pershing

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48° 10′ 39″ N 9° 17′ 17″ E / 48.1775, 9.28806

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MGM-31 Pershing II
Image illustrative de l'article MGM-31 Pershing
Missile Pershing au moment de son lancement[note 1]
Présentation
Fonction Missile balistique
Constructeur Martin Marietta
Déploiement 1964
Caractéristiques
Vitesse Mach 8
Portée 1 800 km
Charge 1 tête nucléaire W50 de 50 kt
Guidage guidage au sol
Précision 50 mètres
Plateforme de lancement Tracteur M1001 MAN en Allemagne
et tracteur M983 HEMTT aux États-Unis

Le MGM-31 Pershing était un missile balistique à carburant solide utilisé par l'armée de terre des États-Unis. Il a été conçu par Martin Marietta pour remplacer le missile PGM-11 Redstone en tant qu'arme de courte portée pendant la guerre froide. Son nom lui a été donné en l'honneur du général américain John Pershing.

Description[modifier | modifier le code]

Tir d'un Pershing I (MGM-31A) en février 1966. Le deuxième missile sur son lanceur sera tiré peu après

Sa conception date de 1956. Les premiers tests de tir ont été réalisés en 1960. Il a été distribué aux armées américaines en 1962 pour l'entraînement, avant d'être déployé en Allemagne de l'Ouest en juin 1964 sur 4 véhicules plate-forme de lancement. Le Pershing I était haut de 10,5 mètres et 1,02 mètre de diamètre et pesait 4 655 kg. Le temps total de vol était au maximum de 77 secondes avec une portée maximale de 740 km. La tête pouvait être de type conventionnelle ou nucléaire, dans ce cas, une ogive W50 de 50 kt.

En 1966 a été développé le Pershing Ia en tant que missile de réaction rapide, en bénéficiant d'un véhicule plate-forme de lancement plus rapide et d'un temps de déploiement meilleur, ainsi que d'une électronique améliorée. Ces versions ont été déployées en 1969. En 1970, tous les Pershing I ont été transformés en Pershing Ia. Près de 700 missiles Pershing I ont été construits, dont 108 ont été déployés en Europe.

Dans les années 1970, il a été nécessaire d'améliorer les Pershing I pour des considérations tactiques. Le Pershing II apparaît alors avec une tête différente et un véhicule plate-forme avec un radar de guidage. Les objectifs étaient de se rapprocher des performances du missile SS-20 soviétique, qui avait une portée de 1 600 km. Cela nécessita la mise en place de nouvelles fusées, ainsi qu'une armature en kevlar plus légère. Bien que les dimensions restaient identiques aux anciens modèles pour rester compatible avec l'équipement terrestre existant, son poids passa à 7 490 kg et sa portée à 1 770 km.

Près de 380 Pershing II ont été fabriqués. Ils ont été déployés dans trois bases du Baden-Württemberg en Allemagne de l'Ouest dépendant du 56th Field Artillery Command (devenu le 56th Field Artillery Command le 17 janvier 1986) à partir de janvier 1984 jusqu'en 1991 malgré l'opposition de nombreux pacifistes. Chaque site comportait 36 missiles opérationnels soit 108 au total à partir de 1985.

François Mitterrand prononce le 22 janvier 1983, vingtième anniversaire du traité d'amitié franco-allemand, un important discours au Bundestag affirmant que les Pershing seront déployés. Lors d'un voyage officiel en Belgique, Mitterrand confirme sa position et le 13 octobre 1983 déclare : « Je suis moi aussi contre les euromissiles. Seulement, je constate des choses tout à fait simples. Dans le débat actuel, le pacifisme, et tout ce qui le recouvre, il est à l'Ouest ; et les euromissiles, ils sont à l'Est. Et euh... je pense qu'il s'agit là... d'un rapport inégal[1]. » Il apporte ainsi un soutien clair de la France à la politique de fermeté de Ronald Reagan dans ce que l'on appelle la crise des euromissiles. Ceci évite à l'Europe – et en premier lieu l'Allemagne – de se trouver vassalisée par la menace de centaines de fusées soviétiques de moyenne portée SS-20 et contrainte de marchander son soutien économique à l'Union soviétique[2].

Les Pershing ont été démantelés à la suite du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire américano-soviétique du 27 mai 1988.

Tir d'un Pershing II

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À cause de sa position verticale (les nuages en arrière-plan le démontrent), il était probablement en phase de lancement, plutôt près du sol. De plus, les gaz libérés par la combustion sont près du missile. Par la suite, il circule à très haute vitesse et il est pratiquement impossible d'en prendre une photographie aussi nette.

    Le missile a très probablement été photographié lors d'un test balistique. En effet, aucune charge nucléaire transportée par un missile de ce type n'a officiellement explosé en date de 2011. De plus, s'il avait été lancé lors d'une alerte, les opérateurs humains auraient été affectés à leur poste de contrôle, ne pouvant ainsi prendre une photographie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « François Mitterrand "Le pacifisme est à l'ouest et les euromissiles sont à l'est" », sur Institut national de l'audiovisuel (consulté le 22 avril 2014)
  2. Roland Hureaux, « La chute du mur de Berlin et l'Occident », Le Monde,‎ 11 novembre 2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]