Grand brochet

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Le brochet ou grand brochet (Esox lucius) est un poisson prédateur qui habite des fleuves, rivières, lacs, étangs, gravières et canaux d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Asie (et du Maroc où il a été introduit, dans le moyen Atlas).

Longtemps considéré à tort comme un monstre vorace[1] dévorant avec avidité[1] tout ce qui se présente à sa portée, il est reconnu aujourd'hui comme un excellent régulateur de population des lacs et des étangs, jouant un rôle sanitaire et de sélection naturelle essentiel en éliminant les poissons malades, malformés, blessés, rapidement remplacés dans leur niche écologique alors laissée libre.

Il est à ce titre partiellement protégé (son frai et ceux de ces habitats qui ont été listés par arrêté préfectoral sont protégés en France[2]. Il est souvent introduit dans les plans d'eau où les carpes sont en surnombre.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le mot « brochet » est issu du vieux français broche.

Surnoms[modifier | modifier le code]

Le brochet est affublé de nombreux surnoms : broc, bec, bec-de-canard, gros bec, béquet, brocheton, brochette, brouché, buché, filaton, flute, goulu, grand-bec, grand-gousier, lanceron, lançon, luceau, pognan, pogneau, poignard, sifflet, gobe poisson, fusil, requin de rivière ou d'eau douce.

Description[modifier | modifier le code]

Le brochet est fusiforme et couvert de fines écailles, avec des différences selon son milieu de vie. Les flancs et le dos sont généralement verdâtres ou jaunâtres. Sa taille varie de 30 à 110 cm et son poids entre 2 et 10 kg, cependant des individus de plus de 130 cm et de plus de 30 kg existent mais sont assez rares (ce sont généralement des femelles).

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Le brochet est présent sur toute la bande du globe entre le tropique du capricorne et le cercle polaire.

ce poisson a été introduit hors de son aire naturelle de répartition, dont par exemple par les colons français au début du XXe siècle dans le lac d'Aguelmame Aziza, Aguelmame Sidi Ali à Khénifra au Maroc,

Identification[modifier | modifier le code]

Chez le grand brochet, 5 pores sensoriels sont visibles sous ses mandibules inférieures[3] ; le maskinongé en a 6 à 9 et le brochet maillé n'en a que 4[4]. Seule la partie supérieure des opercules est écaillée tandis que la totalité de celles du brochet maillé est recouverte d'écailles. Un hybride entre le grand brochet et le maskinongé est parfois observé là où les deux espèces sont présentes. La couleur rappelle alors la livrée du maskinongé mais certains traits (forme de la queue notamment) sont intermédiaires. De plus, ces hybrides ont été ensemencés à certains endroits pour la pêche sportive. Il est probable qu'il s'hybride également naturellement avec le brochet maillé.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le brochet est souvent à demi caché dans la végétation aquatique (Ukraine)
Brochet dans une gravière d'alsace
Brochet dans l'Aquarium civique de Milan

Adulte il affectionne les milieux lentiques (rivières à courant lent, les bras morts, les fleuves, les étangs et les lacs riches en végétation.

Une étude canadienne[5] basée sur la mesure de la biomasse en poissons, qui a concerné 38 lacs du Québec. Elle cherchait à déterminer la contribution des variables géomorphologiques (morphométrie du lac et du bassin versant) et spatiales (p. ex. connectivité hydrographique et coordonnées géographiques) sur la structure des communautés de poissons (dont brochets). Les analyses multivariables faites par les ichtyologues ont conclu que près de la moitié des variation de structure des communautés de poissons était dû à des facteurs non spatiaux et non-géomorphologiques et elles ont aussi montré que la présence de grand brochet était « corrélé directement avec la présence de barrages de castor »[5]. L'altitude et la longitude sont de meilleurs prédicteurs que « les patrons actuels de connectivité entre les lacs » pour expliquer les patrons observés dans la structure des communautés de poissons[5]. Selon les auteurs « les anciennes voies de colonisation sont relativement plus importantes que les voies actuelles dans la structuration des communautés des poissons au niveau du paysage. Des données génétiques publiées récemment supportent cette hypothèse »[5].

Les jeunes sujets sont réputés préférer les courants rapides ou ils trouvent leur nourriture[réf. nécessaire].

Son habitat est souvent dégradé par la pollution et l'artificialisation, tout particulièrement les zones humides et inondables qu'il recherche pour frayer.

Malheureusement, à certains endroits dans le monde, le brochet est menacé d'extinction par le changement de son biotope : par la pollution, par la pêche abusive, par le manque de précipitation, et plus sûrement encore par la destruction systématique de ses lieux de reproduction (zones et prairies inondables) par le bétonnage des berges et le mitage des zones inondables. Au Canada, par exemple, la situation de cette espèce n'est pas préoccupante dans la quasi-totalité de sa distribution.

Bien qu'espèce exclusivement d'eaux douces, le brochet se pêche aussi dans les eaux salées de la mer Baltique. En effet, la forme particulière de cette mer, son très étroit accès à l'océan Atlantique, ses forts apports en eau douce fluviale et la faiblesse du marnage observable, font qu'une couche d'eau douce de plusieurs mètres surnage à l'eau salée. Les brochets vivent donc dans cette couche d'eau, et font des intrusions fréquentes dans la couche salée pour se gaver, notamment de harengs. Leur taux de grossissement annuel et leur taille maximale (plus de 2 mètres[6],[7]) deviennent extraordinaires.

Éthologie[modifier | modifier le code]

Le brochet est un prédateur qui chasse essentiellement à l'affut.

L'adulte est solitaire (sauf au moment du frai) et il a un comportement territorial marqué (il défend son espace vital contre toute intrusion).

Mode de vie[modifier | modifier le code]

C'est un chasseur sédentaire et solitaire. Dans les grands lacs, on le trouve aussi en bancs, surtout quand il s'agit de jeunes sujets. Le brochet peut vivre plus de 20 ans.

Les populations de brochets sont en régression en raison de la surpêche, de la pollution et de la destruction des habitats mais surtout par le manque de prairies inondables où il se reproduit, et de la mauvaise gestion du niveau d'eau sur ces frayères, bien souvent catastrophique pour toute une nouvelle génération de brochetons.

Le brochet n'aime pas l'obscurité contrairement au sandre. Il lui préfère la lumiere et s'aventure souvent en bordure. En effet, il patrouille régulièrement sur son territoire et il vit parfois temporairement en groupe de 2 ou 3 individus.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Brochet attrapant une proie

L'alimentation du brochet évolue avec l'âge. Il commence par se nourrir de zooplanctons et d'insectes lorsqu'il est alevin (30 mm). Ensuite, à l'âge adulte, il se nourrit de poissons vivants, malades ou morts (gardons, brèmes, perches, truites et même brochetons), mais ne dédaigne pas quelques extras (écrevisse, grenouille, caneton, poule d'eau, rongeur...). Le cannibalisme n'est pas rare chez les brochets. En fait, il existe des lacs canadiens où il est le seul gros prédateur, et où les gros spécimens se nourrissent principalement de... petit brochets. C'est un poisson qui chasse en embuscade ; il se camoufle dans les herbes aquatiques ou se confond avec des branchages immergés, et attend qu'une proie passe à sa portée. Son corps élancé n'est pas adapté à de longues poursuites mais bien aux accélérations brusques et en ligne droite. Il n'est pas rare qu'il s'attaque à un poisson pris à la ligne d'un pêcheur.

Le grand brochet est un carnivore opportuniste qui se nourrit de tout ce qui est le plus facile à capturer. La taille de ses proies peut être aussi grande que le tiers ou la moitié de sa propre taille.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le frai survient de février à avril dans une eau dont la température est comprise entre 5 et 12 °C). La femelle pond entre 15 000 et 20 000 œufs par kilogramme de son poids (entre 3 000 et 600 000 œufs). Aucun nid n'est construit ; les œufs semblent éparpillés au hasard dans des herbiers situés près des berges. Une grosse femelle est fécondée par un ou deux mâles plus petits qu'elle.

Les œufs sont ambre clair de 2,5 à 3,0 mm et se fixent à la végétation. Come chez la plupart des poissons pondant un grand nombre d'oeufs sans ensuite les protéger, la très grande majorité de ces oeufs mourront desséchés ou mangés par d'autres animaux. Une étude a ainsi estimé la fécondité potentielle et quantifié la survie entre l'oeuf et les juvéniles de l'année en sortie de frayère (« survie oeufs–juvéniles ») ; cette étude a été faite dans le milieu naturel d'une part (en 1975) et en situation de niveau contrôlé des eaux d'autre part (en 1976). Dans le premier cas 3393 juvéniles 0+ ont survécu à partir d'environ 9 210 900 oeufs estimés pondus par 404 femelles. 0,037% des oeufs ont donné un brocheton d'un an. Dans le second cas, 34 062 juvéniles 0+ ont survécu (issus d'environ 8 536 800 oeufs estimés pondus par 310 femelles, soit un taux de survie nettement meilleur de 0,399% (sans doute en partie dû au contrôle de l'eau, et à une crue plus forte l'année de l'expérience). Les auteurs ont noté que les alevins nés dans ces deux cas (1975 et 1976) ont été plus nombreux que la moyenne, « suggérant que la fécondité potentielle et la production de juvéniles 0+ sur les frayères ne sont pas les seuls facteurs qui déterminent l'importance du recrutement chez cette espèce ».

Sa croissance de l'alevin et du brocheton est rapide, lui permettant d'atteindre 30 cm en fin de sa première année, 50 cm à la fin de sa seconde, puis 10 cm par an jusqu'à 100 cm, en cas de croissance normale. Le brochet utilise 17 % de ce qu'il mange en créant directement du muscle. Ainsi s'il ingurgite un gardon de 100 g, il fabriquera 17 g de muscle [réf. nécessaire].

Les spécificités de la reproduction du brochet le rendent vulnérable à la régression des zones humides et à la pollution des zones inondables où il pond. Ce poisson recherche des herbiers situés entre 0.2 et 0.8 m de profondeur, qui doivent rester immergés durant la période de frai. Le marnage important et le manque d'herbiers au niveau des lacs de barrage entraînent des difficultés pour le brochet.
Ainsi des rempoissonnements sont annuellement ou périodiquement effectués par des sociétés de pêche, avec des risques de pollution génétique, de dérive génétique ou d'introduction de maladies ou parasitoses à partir de piscicultures.

Les lieux de frai de ce poisson ont beaucoup décliné depuis la révolution industrielle en raison de l’artificialisation des cours d'eau, du drainage ou de la pollution des zones humides (le brochet comme tous les poissons est mortellement sensible à de nombreux pesticides), sans solution alternative souvent[8].

La restauration de frayères par les pêcheurs ou d'autres acteurs est un pis-aller, mais le retour du castor dans les petites rivières et ruisseaux (où il fait volontiers des barrages) pourrait être favorable au frai du grand brochet et à une bonne croissance de ses alevins[5]. Le Castor nord-américain et le castor eurasiatique vivaient autrefois dans la plupart des cours d'eau des zones froides et tempérées de tout l'hémisphère nord, et même dans les petits cours d'eau de certains déserts (Au Nouveau-Mexique et en Arizona par exemple). Ces deux espèces reconstituent depuis quelques décennies des populations respectivement en Amérique du Nord et en Europe. De nombreuses études scientifiques ont montré l'intérêt des barrages de castors pour de nombreuses espèces de poissons, et d'autres espèces aquatiques (qui sont des proies pour le brochet et d'autres poissons carnivores). Là où le castor ne fait pas de barrage, il lui arrive fréquemment de creuser de petits canaux dans les milieux herbacés, canaux qui peuvent aussi être exploités par les poissons (dont pour le frai).

Pêche[modifier | modifier le code]

Il se pêche au vif, au mort manié ou tout simplement aux leurres. Les nouveaux pêcheurs arrivent à les attraper maintenant à la mouche. Il arrive parfois que de jeunes brochets mordent au vers, destinés à la pêche a l'anguille.

Pêche commerciale[modifier | modifier le code]

Il est soumis à une certaine pêche commerciale dans plusieurs provinces canadiennes[9] bien qu'il ne soit pas l'espèce directement visée par ces pêches.

Pêche sportive[modifier | modifier le code]

brochet venant d'être pêché

Le brochet est une des grandes espèces de poissons, considéré comme le roi des lacs et rivières qu'il fréquente. Sa taille et ses « combats » parfois spectaculaires en eau douce font qu'il est recherchée par les pratiquants de la pêche sportive en rivière ou en lacs. Les petits spécimens (environ 60 cm) sont relativement faciles à prendre là où le brochet abonde. Les gros spécimens représentent un réel défi.
Certains pêcheurs, par exemple de doré, considèrent en revanche le brochet comme un animal « nuisible », ne voyant en lui qu'un compétiteur, alors qu'une étude canadienne a montré en 2006 que ces deux espèces semblent rechercher et occuper une niche écologique différente (le brochet apprécie le plus les étangs créés par le castor, alors que le doré et le corégone occupent les cours d'eau à courant plus rapide, sans castor).

Ses dents étant très coupantes, le fil de nylon utilisé pour sa pêche est facilement sectionné, c'est pourquoi, bon nombre de pêcheurs préfèrent une crinelle d'acier, de la tresse, un bas de ligne en fluorocarbone à leur nylon. Il se pêche au vif, mais bon nombre de pêcheurs préfèrent aujourd'hui des techniques moins meurtrières comme le poisson nageur, le leurre souple ou la cuillère qui permettent ainsi, de remettre les prises à l'eau. Certains pêcheurs le pêchent à la mouche. Les mouches de grandes tailles ou imitant un petit poisson utilisées sont alors appelées streamers.

Brochet et écotoxicologie[modifier | modifier le code]

Parce qu'étant carnivore, vivant assez longtemp, il fait partie des poissons fortement bioaccumulateur. En tant que superprédateur du milieu aquatique, il peut se contaminer en bioconcentrant certains métaux lourds dont plomb, mercure[10], sélénium[11], métalloïdes, radionucléides[12] et autres polluants (pesticides, PCB, furanes, TCDD et autres dioxines[13], etc)[14].

En raison de sa propension à bioconcentrer les métaux lourds, certains métalloïdes ou des polluants peu biodégradables tels que les PCB, furanes ou dioxines, il peut dans certains cours d'eau pollué être interdit de pêche, de détention et de toute commercialisation[15].

Génétique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b plusieurs dictionnaires français le citent, (avec le chien, le loup et le requin) comme exemple d'animal "vorace". Depuis qu'on peut le filmer et l'observer dans son milieu, on sait que ce n'est pas vrai
  2. Légifrance : Arrêté du 8 décembre 1988 fixant la liste des espèces de poissons protégées sur l'ensemble du territoire national (Version consolidée au 22 décembre 1988)
  3. Fiche sur le grand brochet sur le site du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.
  4. Fiches sur le maskinongé et sur le brochet maillé sur le site du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.
  5. a, b, c, d et e Bertolo A & , Magnan P (2006) Spatial and environmental correlates of fish community structure in Canadian Shield lakes ; Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques, 2006, 63(12): 2780-2792, 10.1139/f06-161 (résumé)
  6. http://www.carnavenir.com/forumphpbb/phpBB2/viewtopic.php?t=1599&start=15&sid=64f91d72ac934485a404202f2e056516
  7. http://www.igfa.org/Records/World-Records-Fish-List.aspx?LC=ATR
  8. Methodology for drawing up a Red List of threatened freshwater fish in France P. KEITH and L. MARION
  9. Fiche sur le grand brochet sur Pêches et Océans Canada
  10. Lockhart, W. L., Uthe, J. F., Kenney, A. R., & Mehrle, P. M. (1972). Methylmercury in northern pike (Esox lucius): distribution, elimination, and some biochemical characteristics of contaminated fish. Journal of the Fisheries Board of Canada, 29(11), 1519-1523 (résumé).
  11. Turner, M. A., & Swick, A. L. (1983). The English-Wabigoon River system: IV. Interaction between mercury and selenium accumulated from waterborne and dietary sources by northern pike (Esox lucius). Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 40(12), 2241-2250.
  12. Ilyinskikh, N. N., Ilyinskikh, E. N., & Ilyinskikh, I. N. (1998). Micronucleated erythrocytes frequency and radiocesium bioconcentration in pikes (Esox lucius) caught in the Tom River near the nuclear facilities of the Siberian Chemical Complex (Tomsk-7). Mutation Research/Fundamental and Molecular Mechanisms of Mutagenesis, 421(2), 197-203 (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0027510798001675 résumé]).
  13. Helder, T. (1980). Effects of 2, 3, 7, 8-tetrachlorodibenzo-[p]-dioxin (TCDD) on early life stages of the pike (Esox lucius L.). Science of the Total Environment, 14(3), 255-264.
  14. Burreau, S., Axelman, J., Broman, D., & Jakobsson, E. (1997) Dietary uptake in pike (Esox lucius) of some polychlorinated biphenyls, polychlorinated naphthalenes and polybrominated diphenyl ethers administered in natural diet. Environmental Toxicology and Chemistry, 16(12), 2508-2513.
  15. ARS (Agence régionale de santé Nord- Pas- de- Calais)Arrêté interpréfectoral portant interdiction de consommation, de commercialisation, et de détention de certaines espèces de poissons pêchés dans les cours d'eau des départements du Nord et du Pas-de-Calais. Arrêté n °2014202-0003 signé par Dominique BUR (Préfet du Nord) et Denis ROBIN (Préfet du Pas-de-Calais) ; le 21 Juillet 2014]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Crossman, EJ & Casselman, JM Bibliographie annotée ; An Annotated Bibliography of the Pike, Esox lucius (Osteichthyes: Salmoniformes), Royal Ontario Museum ; PDF, 412 pages
  • Fiche ONEMA : Le Brochet Esox lucius Linnaeus, 1758
  • Casselman, J. & Lewis, C. (1996). Habitat requirements of northern pike ( Esox lucius ). Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences , 53 (suppl. 1), pp. 161 - 174.
  • Craig, J. (2008). A short review of pike ecology. Hydrobiologia , 601, pp. 5 - 16.
  • Farrell JM, J. V. Mead, B. A. Murry, (2006) Protracted spawning of St Lawrence River northern pike (Esox lucius): simulated effects on survival, growth, and production. Ecology of Freshwater Fish 15 (2), 169 - 179
  • Harvey, B. (2009). A biological synopsis of northern pike ( Esox lucius ). Can. Manuscr. Rep. Fish. Aquat. Sci. , 2885, 31.
  • Jönsson, M., Hylander, S., Ranåker, L. & Nilsson, P. (2011). Foraging success of juvenile pike Esox lucius depends on visual conditions and prey pigmentation. Journal of Fish Biology , 79, pp. 290 - 297.
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