Support de peinture

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Le support de peinture est la matière ou l'objet sur lequel on peint. La toile sur châssis est le support de peinture le plus répandu en Occident depuis l'époque moderne, et il existe de nombreux autres supports.

Le mur[modifier | modifier le code]

Peinture rupestre ayant environ 9 000 ans à Bhimbetka, Inde

La peinture murale a différents aspects, c'est une des plus anciennes connues avec des grottes préhistoriques comme, par exemple, celle de Lascaux. Désigné sous le terme d'art rupestre ou d'art pariétal pour désigner des peintures sur rochers pour le premier, et plus spécifiquement sur les parois des grottes pour le second, la peinture murale se retrouve à toutes les époques un peu partout autour de la planète.

On la retrouve également tout au long de l'histoire de l'art, sur les murs des temples (églises, pagodes…), d'habitations, de monuments ou de véhicules.

L'art de la mosaïque se rattache à l'art de la peinture murale.

La forme la plus récente d'art mural se retrouve dans les peintures à l'aérosol que l'on appelle aussi graffiti ou plus récemment que certains nomment graphs.

D'autres techniques de peintures murales sont :

Le bois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : peinture sur bois.
Peinture égyptienne du IIe siècle sur bois (portrait du Fayoum)
Musée national de Varsovie.

L’utilisation du bois comme support pictural est connue par des exemples qui remontent à l'Égypte de l'Ancien Empire. De cette époque on a retrouvé des statues funéraires de bois recouvert de gesso et polychromées. Les premiers véritables portraits sur bois connus datent de l'époque ptolémaïque, mais ils restent à usage funéraire.

L'utilisation du panneau de bois par les artistes voit son essor au Moyen Âge car il permet, contrairement aux fresques murales, de transporter facilement les œuvres. Le plus célèbre des tableaux, la Joconde de Léonard de Vinci, est peint à l’huile sur panneau de bois (de peuplier).

À partir de la Renaissance le support de toile tendu sur châssis, plus léger et moins sensible aux variations hygrométriques, remplace peu à peu le panneau de bois qui tombe en désuétude.

Il faut attendre le XXe siècle et l’apparition des bois contrecollés ou reconstitués modernes, moins sujets aux déformations et moins chers, pour que les artistes s’y intéressent de nouveau.

Le support bois « médium », de type aggloméré très fin et très doux, offre une alternative intéressante car facile à se procurer en grande surface spécialisée. Il suffit de poser un apprêt suivi d'un ponçage simple avant de pouvoir l'utiliser avec des peintures acryliques ou autres.

La toile[modifier | modifier le code]

La peinture sur toile consiste à appliquer de la peinture sur une toile spécialement préparée sur un châssis. C'est sans doute le support de peinture le plus répandu.

En Europe, la toile est généralement de lin qui présente une grande finesse. Moins onéreux mais de qualités inférieures, le coton, le chanvre, la jute ou les fibres artificielles (polytoile) sont des toiles courantes.

La soie est utilisée dans certaines techniques traditionnelles d'Extrême-Orient.

Afin de recevoir la peinture, la toile doit être soigneusement préparée. Dans le commerce, on trouve les châssis entoilés à préparation universelle, pour l'huile ou l'acrylique, et plus rarement, à enduction grasse, pour l'huile exclusivement. La préparation est constituée d'une couche de colle de peau et d'un apprêt ou enduit (universel ou gras).

Il est également possible d'acheter la toile en rouleau, enduite ou brute, et de la tendre soi-même sur un châssis, voire de la fixer temporairement, à l'aide d'agrafes ou clous, sur un support dense (bois ou mur) afin de travailler sur une surface plus dure, puis de la monter sur le châssis ou de la maroufler sur un support dur à la fin de l'exécution de la peinture.

L'œuvre peut être conservée tendue sur un châssis ou démontée du châssis et enroulée afin de faciliter le stockage (pour les grands formats en particulier). Dans les techniques traditionnelles d'Extrême-Orient, la toile est conservée enroulée.

Le châssis est composé d'un cadre de lattes de bois, simple ou renforcé selon le format. Les lattes sont légèrement biaisées du côté de la toile, de manière à ce que celle-ci ne soit en contact avec le bois que par les bords. Les lattes constituant le châssis de qualité sont emboîtées par tenons et mortaises tandis que la toile est clouée sur le pourtour, voire, de plus en plus souvent agrafée, ceci à l'aide d'une « pince à tendre ». Sur les châssis bon marché, la toile est simplement collée, d'où des châssis moins résistants. Des coins de bois ou « clés » sont introduits dans les angles des assemblages, de manière à écarter les lattes et à régler la tension de la toile.

La toile préparée peut recevoir une couche de fond colorée, ou impression (imprimeure ou imprimature), selon la technique choisie par le peintre (huile, acrylique). Aujourd'hui on peut appliquer directement un gesso coloré, apprêt tout préparé.

On trouve aussi dans le commerce des cartons ou des panneaux toilés, dans des petits à moyens formats. Il s'agit de cartons ou planches de bois recouverte d'un morceau de toile. Il existe aussi des papiers imitant la trame de la toile.

Le papier, papyrus, carton[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture sur papier.

Ces formes de support ont permis une plus grande facilité dans le transport des médias dessinés, peints ou écrits.

En Afrique du Nord, le papyrus a rapidement remplacé le parchemin. En Chine, le papier est arrivé dans l'Antiquité. Il faudra attendre la fin du Moyen Âge pour que la technique du papier arrive en Europe, et puisse enfin permettre la diffusion plus facile et rapide d'écrits et de peinture.

Aujourd'hui, le papier est devenu un support de peinture très utilisé, que ce soit via des cahiers, des carnets de croquis ou des rouleaux. On peut peindre sur du papier à dessin, du papier aquarelle ou des papiers multi-supports. Plus spécifiquement pour l'huile et l'acrylique ont été mis au point des 'papiers à peindre' munis d'un encollage particulier et à texture toilée ou grainée.

Le support est traditionnellement rempli manuellement mais aussi parfois par des procédés automatiques, telles les imprimantes personnelles pour les artistes ou le grand public, ou bien encore les machines à offset dans l'industrie du livre, de l'affiche, ou plus généralement de l'imprimerie.

Le verre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture sur verre inversé.

La peinture sur verre inversé s'exécute sur le dos du verre, en inversant le modèle. La peinture sur verre a pour avantage d'offrir une bonne protection à la peinture mais elle demande une grande maîtrise technique car la couche peinte en premier sera la première couche visible.

Aussi pour le verre églomisé on va utiliser en plus des feuilles d'or ou d'argent. De plus, si la réalisation d'un vitrail consiste essentiellement à assembler des pièces de verres colorées, il fait parfois appel à la peinture pour compléter et préciser le dessin (visages, mains).

La porcelaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture sur porcelaine.

La céramique, qu'il s'agisse de faïence ou de porcelaine, est souvent décorée de peintures.

Cette technique tout à fait particulière fait partie des arts du feu, c'est-à-dire des techniques dont le résultat final n'apparaît qu'après cuissons des différents pigments et matières dans des fours à diverses températures. Elle a pris son expansion au milieu du XVIIe siècle, notamment avec le développement des grandes manufactures européennes, telles que Sèvres ou Chantilly, qui petit à petit développèrent des techniques propres passant de la classique décoration pour services de table à la création de véritables tableaux sur plaques de porcelaine.

La peau et la corne[modifier | modifier le code]

La peinture corporelle, ou bodypainting, est une pratique très ancienne.
  • La peinture sur peau regroupe principalement le tatouage et le bodypainting (sur peau vivante) et la peinture sur parchemin (peau morte) qui sont des traditions millénaires. On trouve des traces de tatouages sur des corps de 5000 ans comme Otsie que l'on a retrouvé congelé dans les montagnes italiennes.
  • Le parchemin, à partir de peau d'animal (veau, chevreau, mouton, agneau) a quant à lui longtemps été utilisé, notamment tout au long du Moyen Âge en France, jusqu'à ce que l'on importe la technique du papier de Chine. Le parchemin était d'abord utilisé sous forme de rouleaux, puis sous forme de codex (feuillets pliés).
  • La peinture sur ivoire : Jusqu'à récemment, l'ivoire était utilisé comme support de peinture. On retrouve notamment des œuvres peintes sur ivoire à la Renaissance.
  • La peinture sur carapace : La carapace de tortue a été utilisée par les oracles chinois comme première forme de support d'écriture.

Le métal[modifier | modifier le code]

Le cuivre est un bon support pour la peinture à l'huile mais nécessite un ponçage avant son application. Le zinc et l'aluminium sont également de bons supports.

Le tissu[modifier | modifier le code]

On peut peindre presque sur n'importe quel tissu avec de la peinture spéciale tissu. On peut utiliser aussi de la peinture acrylique mélangée à du médium pour tissu à proportion de 2/1 et repasser après que la peinture a séché pour que la peinture tienne au lavage en machine.

Le numérique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : peinture numérique.

Depuis les années 1970, la peinture numérique à fait son apparition, d'abord balbutiante, car limitée par la palette de couleur de ces outils et principalement utilisée dans des applications d'illustration vidéo. Néanmoins dès les premières années, des palettes graphiques ou crayons optiques ont fait leur apparition afin d'obtenir une souplesse et précision de travail proche des crayons ou pinceaux. On l'a trouvé assez tôt dans des émissions débats à caractère politique, ou des caricaturistes croquaient des dessins satiriques affichés au cours de l'émission. Par exemple, en France une des premières émissions à utiliser cette technique était « Droit de réponse » de Michel Polac.

Plus récemment, vers la fin des années 1990, avec le développement technologiques récents permettant de traiter en temps réel des palettes de 16 millions de couleurs et plus, est apparu ce que l'on appelle le speed painting et le matte painting, ces termes anglophones n'ont toujours pas de traduction aujourd'hui.

  • Le speed painting (peinture rapide), se rapproche des techniques de pochade en peinture traditionnelle, où le but est de croquer par gros aplats de couleurs, le sujet à représenter en peu de temps, puis d'y ajouter quelques touches plastiques avec des brosses (au sens numérique) spécialisées. On y classe généralement les travaux n'excédant pas 1 h 30.
  • Le matte painting est quant à lui plutôt une application numérique de la peinture sur verre, autrefois placée entre la caméra et la scène et utilisée pour créer des décors artificiels. Dans sa version numérique on peut créer de nombreux plans, via les systèmes de calques qui remplace les plaques de verres et parmi lesquels on peut mélanger des images en prise de vue réelle ou en synthèse d'image 3D.

De nombreux pratiquants de matte painting pratiquent le speed painting et réciproquement. Le matte painting étant une version plus finie et le speed painting (bien que celui-ci pouvant être très fini également), est plutôt utilisé pour l'esquisse ou par jeu, pour mettre en place un projet, mais peut très bien convenir à certain types d'illustrations.