Mascara

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mascara (homonymie).
Cils mis en valeur par du mascara.

Le mascara est un produit cosmétique permettant de surligner les yeux en colorant les cils et leur donnant plus de longueur ou d'épaisseur apparente.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le mascara existe en différents coloris. Il se compose d'un tube contenant le produit colorant sous forme liquide ou crémeuse et d'une brosse droite, courbée voire sphérique. La brosse est plongée dans le tube puis appliquée sur les cils.

Le mascara contient de l'eau, des épaississants, des agents filmogènes, des colorants et des conservateurs.

Le mascara waterproof est résistant à l'eau, ce qui lui évite de couler sur le visage en cas de pluie, de larmes ou de sueur excessive.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, le mascara était de la poudre d'antimoine. L'antimoine est une roche noire aux reflets bleutés qu'on concassait et qu'on broyait jusqu'à donner une poudre dont on en tirait un collyre, le khôl. Les Français l'ont découvert lors de la conquête de l'Algérie au milieu du XIXe siècle car les tribus nomades et semi-nomades des hauts plateaux l'utilisaient comme produit de beauté mais aussi pour se prémunir des différents trachomes et maladies des yeux. Dans l'Antiquité, les Égyptiennes utilisaient également une mixture à base d'amandes calcinées réduites en poudre, de miel et de fiente de crocodile alors que les Romaines se maquillaient avec un produit issu de pétales de rose cramés, de datte et d'antimoine. Pendant le Moyen Âge et la Renaissance, les femmes ne mettent rien, préférant l'épilation du visage. Dans les années 1850, en Occident, les femmes riches se noircissaient les yeux en mixant du jus de baies de sureau avec de la suie[1].

Le produit que les gens reconnaissent aujourd'hui comme le mascara ne se développe pas avant le XIXe siècle : un chimiste nommé Eugène Rimmel développe un cosmétique vers 1880, le Rimmel, à partir d'un distillat de pétrole, la vaseline. Le nom du cosmétique rimmel est devenu synonyme avec la substance même et se traduit encore aujourd'hui par "mascara" en italien (mascara veut dire "masque" dans cette langue, comparer à mascarade, d’origine aussi italienne), français, espagnol, néerlandais, turc, roumain, etc[2].

En 1913, le chimiste T. L. Williams et sa sœur, Maybel lancent le mascara moderne, fait de poussière de charbon mélangée à de la vaseline, à l'origine pour masquer les cils et les sourcils abîmés de Maybel dans un incendie. Williams met au point en 1917 le premier cake mascara, petit pain noir solide enfermé dans un boîtier, que l'on appliquait à l'aide d'une brosse en poil animal préalablement mouillée. L'objet connaît vite un énorme succès grâce à cette innovation d'un produit cosmétique sous forme solide[3]. Williams vend son produit par correspondance et crée une société qu'il appelle Maybelline, combinaison du nom de sa sœur et de « vaseline » (le premier nom du produit est « lash-brown-ine »). Maybelline est aujourd'hui une importante société de cosmétiques appartenant au groupe L'Oréal[1].

Le mascara était disponible sous forme de pain, et était composé de colorants et de cire de carnauba. Les utilisatrices mouillaient une brosse, la frottaient sur le pain de mascara puis l'appliquaient sur les yeux. La version actuelle du mascara « automatique », comprenant un tube et un petit tube avec un applicateur de métal intégré dont les fines rainures gravées favorisaient une application précise, a été présentée en 1957 par Helena Rubinstein. En 1939, elle avait déjà inventé le mascara waterpoof, présenté dans un show aquatique à la foire de New York. En 1964, le Mascara Matic devient le Long Lash, comprenant filaments de soie et éléments traitant. Les mascara de couleur apparaissent dans les années 1980. En 1986, L'Oréal met au point des brosses « intelligentes » dont la forme, l'orientation et la longueur des poils du goupillon permettent de mieux répartir le mascara. En 1987, Lancôme insère de la kératine dans son nouveau produit Kéracils, ce polymère permettant de bien étirer la crème sur toute la longueur du cil. Les années 2000 se distinguent par les mascara permettant d'augmenter le volume des cils[1].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Jeune femme manipulant l'applicateur de son tube de mascara.

Avec la brosse imbibée de produit, on peigne tous les cils, de la base vers l'extrémité. Un recourbe-cils peut être utilisé en complément pour accentuer la courbure des cils. L'application de mascara est une opération délicate car on risque de mettre du produit sur les paupières ou de faire des paquets en mettant trop de produit sur les cils.

Il faut également faire attention à ne pas mettre la brosse dans l'œil, ce qui pourrait causer une infection de l'œil. Une autre précaution est de ne pas se maquiller avec un mascara qui a été utilisé par une autre personne.

Composition[modifier | modifier le code]

Les mascaras modernes se scindent en deux grandes familles : les mascaras résistants à l'eau (dits waterproof) et les mascaras peu résistants à l'eau[4].

Les premiers sont composés d'un solvant volatil (isododécane), de cires d'origine animale (cire d'abeille), d'origine végétale (cire de carnauba, de son de riz, de candelila), d'origine minérale (ozokérite, paraffine), de pigments (oxydes de fer, bleu outremer) et de polymères filmifiant. Ces mascaras ne contiennent pas d'ingrédients sensibles à l'eau. Ceci leur apporte une excellente résistance aux larmes, à la sueur ou à la pluie. En contrepartie, ces mascaras doivent être retirés à l'aide d'un démaquillant spécifique, capable de diluer le film de mascara.

Les mascaras non-résistants à l'eau sont composés d'eau, de tensioactifs doux (stéarate de triethanolamine), de cires d'origine animale (cire d'abeille), d'origine végétale (cire de carnauba, de son de riz, de candelila), d'origine minérale (ozokérite, paraffine), de pigments (oxydes de fer, bleu outremer), de polymères épaississants (gomme arabique, celluloses modifiées) et de conservateurs. Ces mascaras peuvent couler sous l'effet des larmes, mais se retirent simplement avec un peu d'eau et de savon.

On peut noter l'utilisation de polymères sous formes dispersée dans l'eau (latex), capables d'apporter à cette famille des mascaras normalement non-résistants à l'eau, une certaine tenue.

Les compositions de ces mascaras reflètent les familles de peintures avec respectivement les peintures à l'huile (mascaras résistants à l'eau), les peintures à l'eau (mascaras non résistants à l'eau) et les peintures dites acrylates (mascaras composés majoritairement d'eau avec des polymères sous formes dispersée dans l'eau (latex)). Ces fards à cils se sont depuis spécialisés en de nombreuses catégories : allongeant, épaississant, recourbant, waterproof, etc[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Maïté Turonnet, « Du fard plein les cils », in Libération - Next n°54 (supplément au Libération n°9974 du 8 juin 2013), pages 90-92.
  2. (en) Parwani Kritika, Mascara Ingrédients, Buzzle. 2010
  3. a et b Louise Prothery, « La saga du mascara », sur lexpress.fr,‎ 13 novembre 2006
  4. Valentine Pétry, « Ces cils sont si sexy », L'Express Styles, no 3164,‎ 22 février 2012, p. 50 à 51

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]