Bruno Étienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Étienne.

Bruno Étienne

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Bruno Étienne le 3 février 2003 lors d'une conférence à l'IEP d'Aix-en-Provence.

Naissance 6 novembre 1937
La Tronche
Décès 4 mars 2009 (à 71 ans)
Aix-en-Provence

Bruno Étienne est un sociologue et politologue français né le 6 novembre 1937 à La Tronche (Isère) et mort à Aix-en-Provence le 4 mars 2009[1]. Il était spécialiste de l'Algérie, de l'islam et de l'anthropologie du fait religieux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de franc-maçon d'un côté, de protestant de l'autre[2], il étudie à La Seyne, est élève du lycée Thiers[3] puis diplômé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence et de l'université de Tunis en langue arabe. En 1975, il passe l'agrégation de science politique.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De 1962 à 1965, il est chercheur au CNRS. De 1966 à 1974, il vit en Algérie comme coopérant technique. Bruno Étienne a été aussi chercheur au Caire, enseignant à l'ENA-Alger, à la faculté de droit de l'université d'Alger, à l'université Hassan II Casablanca et à Marmara. Durant ces années, il se décrit comme étant « de gauche, tiersmondiste »[2].

Il a été directeur de recherches au CNRS, professeur à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, fondateur, et directeur jusqu'en 2006, de l'Observatoire du religieux[4]. Bruno Étienne était membre de l'Institut universitaire de France.

Inventeur de l'expression « Islam de France », Bruno Étienne est l'inspirateur du Conseil français du culte musulman. Il est à l'origine d'une véritable école de chercheurs à Aix-en-Provence parmi lesquels il faut mentionner Raphaël Liogier, Jocelyne Cesari et Frank Fregosi. Gilles Kepel a également subi son influence. Très médiatisé, iconoclaste et volontiers provocateur[réf. nécessaire] afin d'éveiller les consciences, ses cours ont marqué des générations d'étudiants aixois. Il cultiva une laïcité ouverte sur la diversité religieuse et culturelle[5].

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Bruno Étienne est initié dans la loge «Le Phare de la renaissance» à l'Orient de Marseille le 12 janvier 1960. Il passe ensuite au grade de compagnon le 17 janvier 1961, avant d'être élevé au grade de maître le 8 mai 1962, toujours dans la même loge. Il est ensuite affilié à la loge « Les Arts et l'Amitié » à l'Orient d'Aix-en-Provence le 16 décembre 1964[6], affiliée au Grand Orient de France dont il fut orateur en 1968[7]. Il devient enfin membre de la loge «Règle et Liberté» à l'Orient d'Aix-en-Provence, où il occupe le plateau d'élémosinaire du 26 septembre 1995 jusqu'à son décès.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Pratiquant du bouddhisme zen[8], en 1997, durant une semaine, il assista, accompagné de Raphaël Liogier, alors son étudiant en thèse, aux enseignements donnés par le dalaï-lama à Karma-Ling en Savoie[9]. Il avance néanmoins dans un entretien en 2008 être « d’un relativisme culturel absolu »[2].

Hommage[modifier | modifier le code]

Mort d'un cancer[10], il est inhumé au cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence. Sciences-Po Aix a rebaptisé son principal amphithéâtre en sa mémoire. La cérémonie s'est déroulée le 14 octobre 2009 en présence de sa veuve et de l'association des amis de Bruno Étienne[11]. Une association, «Les amis de Bruno Étienne»[12], a été fondée pour pérenniser son œuvre.

Distinction[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Islamisme radical, Paris, LGF, 1989
  • La France et l'islam, Paris, Hachette, 1989
  • Abdelkader, Paris, Hachette, 1994
  • Une grenade entrouverte, La Tour d'Aigue, Éditions de l'Aube, 1999
  • L'Islam en France, Paris, CNRS Éditions, 2000
  • Ils ont rasé la Mésopotamie : du droit de coloniser au devoir d'ingérence, Paris, Eshel, 2000
  • Une voie pour l'occident, Dervy 2000
  • Les Amants de l'apocalypse, La Tour d'Aigue, Éditions de l'Aube, 2002
  • L'Initiation, Paris, Dervy, 2002
  • La France face aux sectes, Paris, Hachette, 2002 (ISBN 978-2-012-35569-9)
  • Islam, les questions qui fâchent, Paris, Bayard, 2003 (ISBN 978-2-227-47090-3)
  • Abd el-Kader : Le Magnanime (avec François Pouillon), Paris, Gallimard, 2003 (ISBN 978-2-070-76749-6)
  • La Voie de la main nue : Initiation et karaté-do, Paris, Dervy, 2004 (ISBN 978-2-844-54270-0)
  • Être bouddhiste en France aujourd'hui (avec Raphaël Liogier), Paris, Hachette, 2004 (ISBN 978-2-012-79139-8)
  • Heureux comme Dieu en France ? : La République face aux religions, Paris, Bayard, 2005 (ISBN 978-2-227-47337-9)
  • Pour retrouver la parole : Le retour des frères (avec Alain Bauer, Roger Dachez et Michel Maffesoli), La Table Ronde, 2006 (ISBN 978-2-710-32892-6)
  • La Spiritualité maçonnique : Pour redonner du sens à la vie, Paris, Dervy, 2006 (ISBN 978-2-844-54451-3)
  • Les 15 sujets qui fâchent les francs-maçons (avec Jean Solis), La Hutte, 2008 (ISBN 978-2-916-12310-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décès de Bruno Étienne, pionnier de la recherche sur le phénomène religieux Dépêche AFP 5/3/2009 sur le site de France Info
  2. a, b et c Bruno Etienne: "La religion est devenue un supermarché et pourquoi pas ?", entretien, 30 septembre 2008.
  3. Interview
  4. (en) World religion Watch Site Internet de l'Observatoire.
  5. « Une franc-maçonnerie ravagée par la démagogie profane », Bruno Étienne, Le Monde daté du samedi 9 septembre 2000.
  6. Fabien Bertrand, thèse de doctorat « Regards croisés sur la franc-maçonnerie : profanes, initiés, représentations et intersubjectivités » soutenue en 2009 à l'université de Bordeaux, p. 15-16 : « à partir des travaux produits par Bruno Étienne et par Michel Maffesoli, il nous a été donné d’aborder le phénomène maçonnique respectivement sous les angles anthropologiques pour le premier et sociologiques pour le second. Ces ouvrages sont pour nous dignes d’intérêt dans la mesure où, en dehors de l’histoire, ils fournissent concrètement une réflexion scientifique sur l’objet de nos propres recherches et il est donc évident que ces travaux trouvent une place légitime dans notre bibliographie. Le fait que les deux auteurs soient en outre membre de la Confrérie maçonnique est du plus grand intérêt, le regard scientifique conjugué au point de vue de l’intérieur de la société maçonnique conférant à ces travaux une garantie quant à leur pertinence. (...) La portée scientifique des travaux de Bruno Étienne et de Michel Maffesoli mérite en effet d’être relativisée sur certains points. Cette « double casquette » de chercheur et de franc-maçon amène en effet une certaine confusion auprès du lecteur qui ignore par conséquent en parcourant ces ouvrages à quels moments le discours produit relève du regard de l’anthropologue/sociologue ou de celui du franc-maçon. »
  7. Nos Travaux, Les Arts et l'Amitié
  8. Horizons maghrébins, numéros 40 et 41, Université de Toulouse-Le Mirail, 1999, p. 106 « Nous y apprenons que Bruno Étienne est provençal de souche et pas seulement d'adoption, franc-maçon et pratiquant du bouddhisme zen, [...] ».
  9. Raphaël Liogier, À la rencontre du Dalaï-lama : mythe, vie et pensée d'un contemporain insolite, Paris, Flammarion,‎ 2008, 253 p. (ISBN 978-2-081-20880-3, OCLC 317463050), p. 31.
  10. Benjamin Stora, « La mort de mon ami, Bruno Étienne », 5 mars 2009.
  11. Inauguration de l’amphithéâtre « Bruno Étienne »
  12. Site de l'association Les amis de Bruno Étienne.

Liens externes[modifier | modifier le code]