Jacques Lévy (géographe)

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Jacques Lévy

Nom de naissance Jacques Lévy
Activités Géographe, Politique
Naissance 14 octobre 1952 (61 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Mouvement Géographie Politique

Œuvres principales

Jacques Lévy est un géographe français, qui a notamment enseigné à l'Université de Reims, à l'Institut des hautes études d’aménagement et de développement du territoire, à l'Institut d'études politique de Paris, puis à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse). En 1991, il publie Géographies du politique, puis en 1994 L'Espace légitime, en 2001 From Geopolitics to Global Politics, mais surtout en 2003 le Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés, codirigé avec Michel Lussault.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1952 à Paris, Jacques Lévy a obtenu son agrégation de géographie à l'Université de Paris VII en 1974. Après avoir été chargé d'enseignement dans cette institution, il devient chercheur au CNRS dès 1984 et obtient le titre de Docteur d'Etat en 1993, avec une thèse de géographie du politique portant sur l'« espace légitime ». En 1989, il aurait aimé être maître de conférences puis professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po). Bien qu'exclusivement francophone, comme en témoigne sa bibliographie, il a été invité dans des institutions comme l'Université de New York ou à UCLA, ainsi que dans des universités d'Amérique latine. De 2000 à 2002, il a été professeur à l'Institut des hautes études de développement et d'aménagement du territoire à Paris. Auteur et coauteur de plus de quatre cents publications scientifiques, il est fellow au Wissenschaftskolleg zu Berlin pour l'année 2003-2004.

Spécialiste de géographie politique, il a « mené de nombreuses missions de recherche sur l'urbanité dans des villes du Nord et du Sud, et il participe activement au débat sur les villes, l'aménagement du territoire, les relations entre espace et politique, l'Europe et la mondialisation »[1].

Il participe en tant que membre du comité de rédaction à la revue EspacesTemps.net.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1991 : Géographies du politique (sous la dir.)
  • 1992 : Le Monde : espaces et systèmes, avec Marie-Françoise Durand et Denis Retaillé, Dalloz
  • 1994 : L'Espace légitime, Presses de Sciences Po
  • 1995 : Egogéographies
  • 1996 : Le Monde pour Cité
  • 1997 : Europe, une géographie : la fabrique d'un continent, Hachette Supérieur (2e édition 2011)
  • 1999 : Le Tournant géographique, Belin
  • 2000 : Logiques de l’espace, esprit des lieux (dir.), avec Michel Lussault
  • 2001 : From Geopolitics to Global Politics (ed.)
  • 2003 : Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés, codirigé avec Michel Lussault, Belin.
  • 2004 : Les Sens du mouvement (sous la dir.), avec Sylvain Allemand et François Ascher
  • 2004 : La Carte, enjeu contemporain, coll. La Documentation photographique, dossier n°8036, La Documentation française.
  • 2007 : Milton Santos, philosophe du mondial, citoyen du local, Presses polytechniques et universitaires romandes
  • 2008 : L'invention du monde. Une géographie de la mondialisation, Paris, Presses de Sciences Po (sous la dir.)
  • 2013 : Réinventer la France : Trente cartes pour une nouvelle géographie, fayard
  • 2013 : "Urbanité/s"

Apports théoriques majeurs[modifier | modifier le code]

Menées au sein de groupes interdisciplinaires, ses recherches portent sur des objets tels que les modèles urbains, la mobilité, la microgéographie des espaces publics ou encore la mesure de la mondialisation dans les aires métropolitaines. Ses travaux embrassent aussi bien la sociologie, l'anthropologie, l'architecture que la géographie humaine maîtrisant à la fois la théorie et la réalisation de projets concrets. Au sein de la Direction à l'aménagement du territoire et à l'action régionale, à Paris, il a par exemple développé des pratiques de cartographie participative, impliquant dès lors pleinement les populations concernées.

Citations[modifier | modifier le code]

« Pour la première fois [lors du référendum sur le Traité de Maastricht, NDLR], la recomposition l'emporte désormais sur la décomposition. C'est d'abord vrai pour la dimension sociologique du vote. Pour la première fois depuis l'institution du suffrage universel, une majorité s'est constituée sans — c'est-à-dire contre — à la fois les ouvriers et les paysans. Cette possibilité avait été ouverte par les évolutions de la structure sociale (...). Cet évènement revêt une signification. D'une part, il signifie la défaite politique des perdants sociaux, qui cessent d'être les arbitres de la légitimation des grands courants politiques.(...) Les patrons dynamiques, innovateurs et exportateurs n'ont plus besoin de trainer les BOF qui, eux, cèdent plus ardemment que jamais à l'idéologie beauf. Les intellectuels ne voient plus l'intérêt de continuer à se prétendre mandataires naturels du prolétariat : l'affaiblissement des grands récits eschatologiques leur a enlevé le goût des sacrifices pour le peuple dont, en outre, la crise d'existence renforce les inclinations corporatistes, peu compatibles avec les nouveaux universalismes.(...) Riches et cultivés se sont donc retrouvés, pour des raisons différentes mais convergentes, en faveur de l'Europe. Marché et culture, finances et communication ont en commun de se penser et de s'organiser en réseaux à plusieurs échelles, du local au mondial, sans donner à une seule l'exclusivité. C'est justement l'inverse qui unit la France qui perd : la crispation ethnique, géopolitique et socio-économique sur un échelon unique, celui de l'État-Nation. (...) »

— « Un nouvel espace légitime », Libération, 25 septembre 1992, cité par Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs, 1999, p. 94-96

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait d'un article du Monde

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]