À la dérive (Buffy)

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À la dérive
Épisode de Buffy contre les vampires
Titre original Normal Again
Numéro d'épisode Saison 6
Épisode 17
Réalisation Rick Rosenthal
Scénario Diego Gutierrez
Diffusion Drapeau des États-Unis États-Unis : 12 mars 2002 sur UPN

Drapeau de la France France : sur M6

Chronologie
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Liste des épisodes

À la dérive est le 17e épisode de la saison 6 de la série télévisée Buffy contre les vampires.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le Trio envoie contre Buffy un démon qui la blesse avec un appendice en forme d'aiguille. Le poison injecté lui donne des hallucinations. Elle alterne les moments de sa vie de Tueuse et des phases de plus en plus longues, où elle se retrouve internée dans un hôpital psychiatrique. Joyce Summers, sa mère, serait encore vivante, et toujours mariée à son père. Sa vie de tueuse ne serait qu'un délire schizophrène, dont elle ne pourrait se libérer qu'en tuant ses amis quand elle retourne dans sa vie prétendument fictive. De son côté, Willow identifie le démon qui est la cause de l'état de Buffy et charge Alex et Spike de le retrouver. Après l'avoir rendu inconscient, le duo ramène le démon chez les Summers et l'enchaîne dans la cave alors que Willow prépare un antidote grâce au liquide contenu dans son aiguille.

Mais, quand l'antidote est prêt, Buffy, de plus en plus convaincue qu'elle est vraiment à l'hôpital psychiatrique, le jette au lieu de le boire. Elle entreprend alors de se débarrasser de ce qui la lie à sa vie fictive : ses amis. Elle capture successivement Willow, Alex et Dawn et les attache dans la cave avant de libérer le démon. Mais, quand elle se retrouve dans son autre réalité, Buffy prend conscience en parlant avec sa mère qu'elle doit croire en ses amis et elle les sauve à temps. La dernière scène de l'épisode montre un médecin examinant Buffy à l'hôpital psychiatrique et annonçant à ses parents qu'elle est définitivement partie.

Production[modifier | modifier le code]

Au stade de la saison où l'épisode se place, tout va mal dans la vie des personnages principaux et c'était pour les scénaristes le moment idéal pour introduire un concept qui remet tout l'univers des personnages en question, même si Diego Gutierrez, scénariste de l'épisode, trouve qu'il aurait également fait un très bon dernier épisode de la saison pour le cliffhanger que cela aurait apporté[1]. Gutierrez rapporte aussi que Joss Whedon lui avait bien spécifié qu'il ne voulait pas que l'une des deux réalités de l'épisode paraisse plus crédible que l'autre, d'où la recherche d'équilibre qu'il y a entre les deux histoires, qui alternent et se renforcent mutuellement, jusqu'à pratiquement se mêler à la fin de l'épisode[1].

Rick Rosenthal, dont c'était les débuts sur la série en tant que réalisateur, a été bizuté à cette occasion par Sarah Michelle Gellar qui lui a fait initialement croire qu'elle n'accepterait pas d'instructions de sa part. Rosenthal a retrouvé par ailleurs sur le tournage le directeur de la photographie Ray Stella qui était son cadreur sur le film Halloween 2 (1981)[1].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Jonathan fait référence au roman Shining quand il dit qu'il se sent devenir comme Jack Torrance (personnage principal du livre), alors qu'Andrew fait quant à lui allusion à Ocean's Eleven quand il dit qu'il leur faudrait huit autres gars avec eux[2].

Statut particulier de l'épisode[modifier | modifier le code]

Cet épisode remet en cause toute la mythologie de la série en faisant envisager au téléspectateur l'hypothèse que Buffy est en fait enfermée dans un asile psychiatrique depuis le début de la série et que tout ce qu'elle a vécu depuis n'est que le fruit de son imagination. La difficulté pour le scénariste et le réalisateur de l'épisode consistait à rendre cette idée suffisamment crédible pour faire douter le téléspectateur, naturellement porté à ne pas y croire, et tout a été fait dans ce sens. Le fait que tout aille mal dans la vie des personnages à ce moment rend l'idée de l'asile troublante et envisageable, tout comme la présence des parents de Buffy dans cette réalité alternative et les explications rationnelles données par le psychiatre sur certains événements passés de la série (notamment l'apparition de Dawn et la période où Buffy est morte et qui aurait été une période d'amélioration de son état mental)[1]. Les derniers instants de l'épisode laissent planer le doute. Le téléspectateur peut se demander si Buffy n'est pas une aliénée qui imaginerait ses aventures avec des vampires et des démons, ainsi que l'existence de ses amis. En effet, alors que Buffy s'est convaincue que sa vie réelle est celle qu'elle partage avec ses amis, sa vie dans l'asile continue, malgré tout, et elle demeure inconsciente dans sa cellule.

Lors d'un sondage organisé en 2012 par la chaîne Syfy, les téléspectateurs l'ont classé à la 17e place des meilleurs épisodes de la série[3]. Brian Ford Sullivan, du site Futon Critic, classe l'épisode à la 35e place des meilleurs épisodes de séries télévisées de 2002[4]. Noel Murray, du site A.V. Club, voit l'épisode comme hautement métafictionnel, avec certains éléments ayant bien fonctionné pour lui, Buffy essayant de tuer ses amis et son choix final de rester avec eux, et d'autres moins, le jeu de Sarah Michelle Gellar dans les scènes de l'asile et la réaction de Dawn à la situation que vit sa sœur[5]. Mikelangelo Marinaro, du site Critically Touched, lui donne la note maximale de A+, estimant que c'est « l'un des épisodes les plus captivants qu'il ait vus sur le plan émotionnel » qui arrive à « prendre pour point de départ une convention scénaristique éculée et à la transformer en chef-d'œuvre de travail sur les personnages »[6]. À l'inverse, les rédacteurs de la BBC trouvent que l'épisode présente « un bon postulat de départ ruiné par une surcharge d'angoisse et de mélodrame », « des dialogues stéréotypés et une réalisation assez plate »[7].

Analyse[modifier | modifier le code]

L'épisode oppose un univers « réel » froid, aseptisé, qui pourrait être celui du spectateur, à celui de l'imagination, de la fiction (le monde quotidien de la Tueuse depuis 6 saisons), dur, lui aussi, mais où les combats ne se réduisent pas à une lutte contre l'enfermement et l'aliénation de soi[8]. Selon l'essayiste Martin Winckler, auteur de nombreuses analyses sur les séries télévisées, « Buffy choisit finalement de vivre et de combattre là où, même si les causes sont désespérées, imagination et engagement vont de pair »[8]. Le choix de l'imaginaire, assimilé à la folie par les médecins, devient ainsi, paradoxalement, celui de la responsabilité.

Pour la romancière Chloé Delaume, dont le livre-jeu La nuit je suis Buffy Summers commence dans l'hôpital psychiatrique où se déroule À la dérive, cet épisode donne au spectateur une nouvelle clé de lecture, dans laquelle toute la vie de Buffy dans le monde que nous lui connaissons n'est que fantasmes délirants : « Elle n'est l'élue de rien, juste un membre, même pas éminent, du peuple des pyjamas bleus »[9].

Pour Diego Gutierrez, le scénariste, l'idée de détruire toute la mythologie de la série, tout le Buffyverse, en un seul épisode nous renvoie « à nos propres peurs et à notre sentiment d'insécurité »[1]. Pour Joss Whedon, l'épisode est postmoderne dans la façon dont il examine les éléments fantastiques de la série « comme toute personne normale le ferait »[10].

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs et actrices crédités au générique[modifier | modifier le code]

Acteurs et actrices crédités en début d'épisode[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Intégrale de la saison 6, disque 5, commentaire audio de l'épisode
  2. (en) Fiche de l'épisode sur TV.Com
  3. (en) « SyFy’s Top 20 Buffy Episodes Ever », sur buzzpatrol.com (consulté le 31 mai 2013)
  4. (en) Brian Ford Sullivan, « The 50 Best Episodes of 2002 - #40-31 », sur The Futon Critic (consulté le 30 mars 2012)
  5. (en) Noel Murray, « Normal Again/Forgiving », sur A.V. Club (consulté le 30 mars 2012)
  6. (en) Mikelangelo Marinaro, « Normal Again », sur criticallytouched.com (consulté le 10 mai 2013)
  7. (en) « Normal Again - Review », sur BBC (consulté le 10 mai 2013)
  8. a et b Martin Winckler, Les Miroirs Obscurs, Au Diable Vauvert Éditeur, Introduction. Le texte de l'introduction est disponible sur le site de Martin Winkler.
  9. Interview de Chloé Delaume sur son site, à propos de La nuit je suis Buffy Summers
  10. (en) « 10 Questions for... Joss Whedon », sur The New York Times (consulté le 30 mars 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Winckler (sous la direction de), Les Miroirs Obscurs, Au Diable Vauvert, coll. « DOC »,‎ 17 mars 2005, 462 p. (ISBN 978-2846260817)

Lien externe[modifier | modifier le code]