Chloé Delaume

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Chloé Delaume

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Chloé Delaume au Salon du livre de Paris 2009

Nom de naissance Nathalie Dalain
Activités romancière et artiste
Naissance 10 mars 1973 (41 ans)
Versailles
Distinctions Chevalier des Arts et des Lettres

Chloé Delaume, de son vrai nom Nathalie Dalain, née à Versailles[1] le 10 mars 1973, est une écrivaine française. Elle est également et éditrice, performeuse, musicienne, chanteuse, de manière plus anecdotique. Son œuvre littéraire, pour l'essentiel autobiographique, est centrée sur la pratique de la littérature expérimentale et la problématique de l'autofiction.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Chloé Delaume passe son enfance à Beyrouth. En 1983 se déroule à Paris le drame familial qui hantera toute son œuvre : alors qu'elle n'a que 10 ans, son père tue sa mère devant ses yeux puis se suicide[2].

Elle va ensuite vivre chez ses grands-parents puis chez son oncle et sa tante. Voulant devenir professeure comme sa mère, elle s'inscrit à la faculté de Nanterre en Lettres modernes jusqu’à la maîtrise[3] et entame un mémoire inachevé sur La Pataphysique chez Boris Vian[4].

Déçue par le système universitaire, elle quitte la faculté et se met à écrire en travaillant dans des bars à hôtesses.

Vie littéraire[modifier | modifier le code]

Entre 1999 et 2002, elle fait partie du noyau dur[5] de la revue revue littéraire EvidenZ[6] fondée par Mehdi Belhaj Kacem (son mari jusqu'en 2002). Elle publie 3 textes dans la revue, pour la première fois sous le nom de Chloé Delaume. Le prénom Chloé a été emprunté à l'héroïne du roman L'Écume des jours de Boris Vian et le patronyme Delaume provient de l'ouvrage d'Antonin Artaud, L'Arve et l'Aume[7] : « il y a mort de l'identité civile parce que je ne l'ai pas choisie. Un beau matin je me suis dit "ça suffit, ma vie ne me convient pas, qui je suis ne me convient pas, je vais être autre" et j'ai pris cette décision[8]. » Chloé Delaume quitte la revue après le deuxième et dernier numéro.

Elle publie son premier roman, Les Mouflettes d'Atropos, en 2000, chez Farrago/Léo Scheer[9].

Elle collabore ensuite un temps sous son vrai nom à la revue littéraire Le matricule des anges.

En 2001, elle obtient le prix Décembre pour son deuxième roman, Le Cri du sablier[10].

De septembre à décembre 2001, elle est résidente au CipM[11].

Entre janvier 2005 et juin 2007, elle gère le forum de l'émission Arrêt sur images, présenté par Daniel Schneidermann sur France 5[12] et rend compte des critiques et remarques qui y sont écrites une fois par mois sur le plateau de l'émission. Chloé Delaume est alors surnommée « la forumancière ».

En 2008, elle participe à la création de la revue de littérature contemporaine Tina (avec Éric Arlix, Hugues Jallon, Dominiq Jenvrey, Emily King, Jean-Charles Massera, Émilie Notéris, Jean Perrier, Guy Tournaye)[13], aux éditions è®e.

En 2010, elle lance la manifestation « À vous de lire » dont elle est la marraine avec Frédéric Mitterrand[14].

Fin 2010, Chloé Delaume devient directrice d'une collection intitulée « Extraction[15] » aux éditions Joca Seria. Elle souhaite alors éditer principalement de la littérature expérimentale, au travers d'« une collection dédiée à la recherche littéraire, dans ses articulations les plus diverses et radicales. Hors des carcans traditionnels, des codes, des cadres et des chapelles, cet espace a pour seul objectif de donner la parole aux expérimentateurs. Découvrir de jeunes auteurs. Permettre à d’autres, plus confirmés, de publier des travaux plus singuliers ou transdisciplinaires qu’à leur accoutumée[16]. »

D'avril 2011 à avril 2012, elle est pensionnaire à la Villa Médicis[17].

À partir du 6 mai 2012, elle tient une chronique hebdomadaire intitulée « Bienvenue à Normaland », sur le site Arrêt sur images[18].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Chloé Delaume épouse, en 1999, le philosophe Mehdi Belhaj Kacem[19] dont elle se sépare en 2002. Elle se remarie en 2006 avec Thomas Scotto d'Abusco[20]. En 2013, elle divorce. Elle partage depuis sa vie avec Daniel Schneidermann.

Elle est la nièce de Georges Ibrahim Abdallah, détenu en France depuis 1984[21].

Écriture[modifier | modifier le code]

Chloé Delaume a écrit plusieurs romans dans lesquels elle travaille la forme dans une recherche poétique originale. Son œuvre est avant tout expérimentale[22].

L'autofiction, la technologie et le numérique[23], le « bio-pouvoir », le jeu et les enjeux de la littérature sont des thématiques récurrentes dans son œuvre[24].

Elle définit elle-même son entreprise littéraire comme une « politique de révolution du Je » dont la volonté interne serait de « refuser les fables qui saturent le réel, les fictions collectives, familiales, culturelles, religieuses, institutionnelles, sociales, économiques, politiques et médiatiques. » (La Règle du Je)

Son travail est très influencé par celui de l'Oulipo et de Raymond Queneau en particulier, des pataphysiciens[25]. Elle revendique de multiples sources d'inspirations allant de Pierre Guyotat à Christine Angot en passant par Marguerite Duras.

Outre son œuvre littéraire, elle compose, en compagnie de Julien Locquet, des textes qu'elle interprète sur les albums du groupe Dorine Muraille. Cette collaboration donne également naissance à des performances multimédia[26].

Elle participe également à l'écriture de pièces radiophoniques pour France Culture. Une des pièces fut d'ailleurs éditée. Il s'agit de Transhumances.

Son choc littéraire, le moment où, dit-elle, elle est « entrée en littérature », a été la lecture de L'Écume des jours de Boris Vian. Elle a d'ailleurs écrit un essai personnel sur l'apport de Boris Vian sur son œuvre, Les Juins ont tous la même peau, titre emprunté au roman de Vian Les Morts ont tous la même peau.

Le Cri du sablier, paru chez Farrago, lui a valu le Prix Décembre en 2001. Il peut être considéré comme le deuxième volet d'une trilogie autofictive entamée avec Les Mouflettes d'Atropos et clôturée par La Vanité des somnambules.

En 2007, elle publie un livre-jeu, La nuit je suis Buffy Summers, se fondant sur l'univers de la série télé Buffy contre les vampires. En 2004, dans Certainement pas, elle s'était d'ailleurs inspiré d'un jeu célèbre comme tissu narratif : celui du cluedo.

La même année, à la suite d'une commande des éditions Naïve, elle consacre un bref roman[27] au groupe de rock français Indochine, dont elle est fan ; en 2009, à l'occasion de la sortie du nouvel album de ce groupe, elle signe les paroles d'une de leurs chansons, Les aubes sont mortes.

Dans ma maison sous terre, publié en 2009, pousse l'aspect perfomatif de son œuvre à son paroxysme : le roman se fait arme et n'a d'autre prétention que de provoquer la mort de la grand-mère de Chloé Delaume[28],[29].

En 2012, elle publie Une femme avec personne dedans (Seuil).

En 2013, elle publie, avec Daniel Schneidermann Où le sang nous appelle (Seuil).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Textes et nouvelles[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • La Contribution, court métrage, 2014. Produit par Manufactura.

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Les Mouflettes d'Atropos, mise en scène d'Hélène Poitevin sur une chorégraphie de B. Altieri, Paris[30].
  • 2006 : Transhumance, pièce radiophonique, France Culture.
  • 2009 : Eden matin midi et soir, mise en scène de Hauke Lanz, La Ménagerie de verre, Paris.
  • 2011 : Veuillez laisser ce corps dans l'état où vous l'avez trouvé en entrant, d'après Les Mouflettes d'Atropos, Le Cri du sablier et La Vanité des somnambules, Compagnie Lever du Jour, Théâtre du Grand Rond, Toulouse[31].

Sur Chloé Delaume[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Le Matricule des anges consacré à Chloé Delaume, no 100, janvier 2009.
  • Marc Décimo, « De quelques histoires de famille à la naissance de Chloé Delaume : trauma et usage singulier de la langue », Relations familiales dans les littératures françaises et francophone du XXe et XXIe siècles, L'Harmattan, 2008[32].
  • Sylvie Ducas, « Fiction auctoriale, postures et impostures médiatiques : le cas de Chloé Delaume, "personnage de fiction" », Le Temps des médias, no 14, printemps 2010.
  • Michèle Gaudreau, « Violence et identité dans Les Mouflettes d'Atropos et Le Cri du sablier de Chloé Delaume », Cahiers de l'IREF, no 2.
  • Béatrice Jonguy, « Les écorchée : Chloé Delaume et Filipa Melo », Acte du colloque international : Projections : des organes hors du corps, 13-14 octobre 2006[33].
  • Fabrice Thumerel, « Chloé Delaume ou l'alteregographie », Libr-critique, 25 juin 2007[34].
  • Anysia Troin-Guis, « Une narrativisation singulière du féminisme : lecture de quelques œuvres de Chloé Delaume », Postures, no 15, Printemps 2012[35].

Interview[modifier | modifier le code]

  • « Le soi est une fiction : Chloé Delaume s'entretient avec Barbara Havercroft », Revue critique de fixxion française contemporaine, no 4,‎ 2012 (ISSN 2033-7019, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lieu de naissance indiqué sur le site de l'artiste en page « bio ».
  2. (fr) Chloé Delaume, Evene.fr, consulté le 16 janvier 2012.
  3. Chloé Delaume. « Les représentants de qualité ? Marguerite Duras, Christine Angot... », L'Internaute, 8 avril 2010.
  4. (fr) Biographie, Chloédelaume.net, consulté le 16 janvier 2012.
  5. (fr) Chloé Delaume, « Prostituationnisme », EvidenZ, n°1.
  6. (fr) EvidenZ n°1, LeLibraire.com, 2000.
  7. (fr) Delaume, Chloé, Cadex-éditons.net, consulté le 17 janvier 2012.
  8. [vidéo] Bibliothèque Médicis, Personnages, 3 février 2012.
  9. (fr) Les mouflettes d'Atropos de Chloé Delaume : Les monologues du vagin dévasté..., Buzz littéraire, 23 septembre 2011.
  10. Le Cri du sablier de Chloé Delaume : tempête de sable paternelle, Buzz littéraire, 6 octobre 2007.
  11. (fr) Monologues pour épluchures d'atride, Chloédelaume.net, consulté le 16 janvier 2012.
  12. (fr) Chloé Delaume, Prixdécembre.com, consulté le 17 janvier 2012.
  13. Tina, editions-ere.net, 27 août 2008.
  14. Article dans Livres hebdo - annonce sur le site du Ministère de la Culture - Discours de F. Mitterrand
  15. Fiche de la collection dans le catalogue de la BnF
  16. Présentation de la collection sur le site des éditions Joca Seria.
  17. Chloé Delaume, villamedici.it, consulté le 3 août 2012.
  18. Chez Normaland, arretsurimages.net, consulté le 3 août 2012.
  19. Emmanuel Poncet, « M. le messie », Libération, 13 juin 2005.
  20. Où le sang nous appelle, Evene.fr, consulté le 20 juin 2013.
  21. http://www.liberation.fr/politiques/2013/01/23/georges-ibrahim-abdallah-l-embarras-de-valls_876196
  22. Un livre qui n'a pas de synopsis c'est problématique pour les journalistes (Chloé Delaume), Buzz littéraire, 23 septembre 2011.
  23. Camille Tenneson, Chloé Delaume: « Le numérique est une ouverture sur la littérature », Le Nouvel Observateur, 24 mars 2009.
  24. Cf. Fabrice Thumerel, « Chloé Delaume ou l’alteregographie », sur le site « libr-critique.com »
  25. Interview de Chloé Delaume
  26. Chantiers sonores, chloedelaume.net
  27. Chloé Delaume, La Dernière Fille avant la guerre, Éditions Naïve, coll. « Sessions 2007 », 2007 (ISBN 978-2-35021-099-5).
  28. (fr) Éric Loret, « "La haine s'étiole." Chloé Delaume assassine sa grand-mère », Libération, 15 janvier 2009.
  29. (fr) C.T., Chloé Delaume, d'entre les morts, Le Nouvel Observateur, 14 mars 2009.
  30. Fiche du spectacle
  31. Article sur la pièce sur le La Dépêche.fr'.
  32. (fr) Marc Décimo, « De quelques histoires de famille à la naissance de Chloé Delaume : trauma et usage singulier de la langue », sur Google Livres (consulté le 21 juillet 2011)
  33. Béatrice Jonguy, « Les écorchée : Chloé Delaume et Filipa Melo », 2006.
  34. (fr) Fabrice Thumerel, « Chloé Delaume ou l'alteregographie », sur Libr-critique,‎ 25 juin 2007
  35. Anysia Troin-Guis, Une narrativisation singulière du féminisme : lectures de quelques œuvres de Chloé Delaume, 2012, p. 83-96.

Liens externes[modifier | modifier le code]